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civilisation sicilienne

Gigi l'Amoroso

Publié le par Eric Bertrand

              Journal du 24.06 (1/2) :je n’ai pas fini… J’écris, je crois, l’ossature de la scène finale, celle qui oppose le départ de Gigi aux implorations de Francesca et Carolina. Elles ne veulent pas le laisser partir avec une étrangère qui vient d’un monde hostile et dangereux.    
              Dans cette scène, elles vont incarner une sorte de chœur collectif sicilien. Ceux qu’elles ont connus enfants font l’épreuve de leur liberté et hésitent un peu à tourner le dos à ce que représentent ces deux femmes qui les retiennent et qu’ils respectent.
 
              En ce qui concerne les traits de la réfection : Francesca et Carolina connaissent non seulement des contes mais aussi des chansons. Ainsi, la chanson « Gigi l’Amoroso » fournit-elle une base cohérente au final, base que je vais mieux exploiter. »
 
              La chanson de Dalida convient bien à la génération de Carolina et Francesca. Et puis, elle rend bien compte de l’esprit des deux conteuses. Elle va prendre une importance remarquable dans la version finale, tant par la forme que par le contenu puisqu’elle met en scène un autre Gigi, parti vivre en Amérique… De là, un effet de mise en abyme comme je les aime…
              Après cette rentrée fracassante est tellement chargée, une nouvelle pause argentine qui s’offre enfin sous un beau soleil d’été indien. A lundi !

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Sabbia rossa sulla spiaggia...

Rubrique Goncourt : il est toujours plus juste pour sonder une classe afin de leur demander de réagir à l’écrit… Alors voici pêle-mêle quelques-unes des réactions : la majorité affronte avec une sérénité relative la perspective de lire tant de livres… Ils parlent de « projet enthousiasmant ». Ils soulignent aussi tout l’intérêt qu’il y a à préparer la rencontre avec des écrivains réels et de découvrir ce secteur de la littérature qui leur est inconnue. De rencontrer d’autres lycéens aussi… Certains d’entre eux sont plus mesurés et évoquent une sorte de « peur panique » face au travail à accomplir... Enfin, plus pragmatique, un autre savoure à l’avance l’idée de manquer quelques cours...

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Deux adolescentes très différentes

Publié le par Eric Bertrand

              « Journal du 21.06 : le début de l’acte II met en confrontation deux types de filles. La fille libérée : Gilda et la fille coincée : Tiziana. La scène se joue sur le ponton : Tiziana a rendez-vous avec Salvatore mais elle tombe sur Gilda qui ne s’attend pas à la voir là à pareille heure.
              Le ressort de la scène tient en deux points : d’abord, elle joue sur l’agacement de l’une et l’autre des deux filles qui se gênent mutuellement, ensuite, elle joue sur le discours incitatif de Gilda qui pousse Tiziana à éclairer le contenu de ses pensées et à tout mettre en œuvre pour séduire Salvatore puisqu’elle l’aime. »
 
              L’opposition entre les deux filles reste en effet flagrante dans la version définitive. Elle produit un rapport d’attraction-répulsion entre les protagonistes, intéressant pour les jeux de scène, pour l’évolution psychologique de la bande des villageoises et pour la progression dramatique de l’histoire.
 
Rubrique Goncourt : « Le projet Goncourt des lycéens sur les rails » !
 
              A la demande de certains de mes lecteurs, j’ouvre à partir d’aujourd’hui une rubrique « Goncourt des lycéens ». Elle intéresse tous ceux que la lecture passionne et l’aventure qui s’engage dans un lycée de Centre Bretagne mérite vraiment une page quotidienne.
              Je vais être concis, tenir le carnet de bord de ce défi qui se jouera sur environ trois mois, la clôture de l’expérience est prévue autour du 10 décembre. Elle implique les élèves de premières L dont j’ai la charge. A l’heure qu’il est, ils ne le savent pas, ils ont dix romans de la rentrée littéraire à lire en environ huit semaines, je leur annonce « la bonne nouvelle » en début d’après-midi, comment vont-ils réagir !
 
PS : je viens de recevoir « le Ponton » en format PDF, 180 pages qu’il me faut relire pour en repérer les éventuelles coquilles… Après quoi, le chantier sera terminé de ce point de vue…
 
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Angelika, il puppo coi capelli biondi...
 

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Manipulateur italien

Publié le par Eric Bertrand

            « Journal du 20.06 :avant de passer à l’acte deux, un nécessaire aménagement s’est imposé. Il faut serrer le cercle des relations et dynamiser les dialogues en fonction de l’acte à venir. En effet, il semble que je me dirige vers une confrontation entre les trois filles qui, à l’évidence, « ont des vues » sur les deux garçons (Salvatore et Gigi). Elles n’ont encore jamais osé se déclarer mais leur ont bien fait sentir leurs sentiments et ils ne sont pas dupes.
              C’est l’entrée en scène de Gilda dans le champ de vision de Gigi qui précipite la fin de l’acte : il propose aussitôt une mise à l’épreuve des filles au ponton. Cette mise à l’épreuve sera davantage une mise au pilori car son but est avant tout de s’amuser à leurs dépens. La fille qu’il convoite en effet, c’est d’ores et déjà la séduisante Américaine.
              Ainsi, il me semble important, dans cette fin d’acte, de mettre en évidence la versatilité italienne et l’ardeur du désir quand il se manifeste après le traditionnel « coup de foudre » : le comique de la scène tiendra dans le jeu excessif de Gigi qui, de l’état de passivité dans lequel il se trouvait au début de la scène, passe à un état de surexcitation… J’ai souvent observé cette versatilité de l’Italien au bar… »
 
              Le ponton s’impose d’emblée comme un lieu expérimental. Gigi, sous ses airs de dragueur italien, serait-il, dans une version beaucoup plus langoureuse et lumineuse, l’équivalent de Ronald Macdonald ? Je suggère cette piste aux lecteurs du « Ceilidh »…
 
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Lo sguardo di Don Giovanni...
 

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La céramique à Santo Stefano di Camastra

Publié le par Eric Bertrand

              « Journal du 19.06 : j’ai finalement prolongé l’apologue d’une manière inattendue. Je voulais simplement boucler la scène de façon spectaculaire et cela m’a amené à trouver un prolongement particulier à l’histoire…
              La légende d’Angelika, telle que je l’ai fait rapporter par Francesca, a quelque chose à voir avec l’origine du développement de la céramique dans le village. Du même coup, cela renforce davantage la fonction de Carolina dans la scène et souligne l’hommage particulier que je souhaite rendre au village de Santo Stefano di Camastra, dont la spécialité locale, c’est la céramique… »
 
              Le motif des céramiques est très présent dans le texte. Il collabore à l’impression du pittoresque du récit final (impression signalée par mes premiers lecteurs). La céramique est inscrite dans le paysage, et puis, Carolina, rappelons-le, est artiste en céramique et Gigi est fils d’un marchand de céramiques... Pour preuve, je joins la première phrase du récit :
« Le soleil était ardent, tenace. Il chauffait la céramique du sol dans cette petite ville sicilienne de Santo Stefano di Camastra où les artisans cuisent des masques et des objets d’ornement, de décoration ou de cuisine… »
 
              Au chapitre des « potins », je signale aux amateurs de scène, la rénovation du site qui comporte cette fois une série de vidéos qui dévoilent notamment tout le travail musical et qui donnent un bon aperçu du spectacle : « le Ceilidh ». Je rappelle l’adresse :
 
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Ecco il primo personnaggio e la prima attrice : Angelika...
 
 
 
 

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La marionnette Angelika

Publié le par Eric Bertrand

             « Journal du 18.06 :l’apologue d’Angelika est écrit. C’est une belle histoire complètement inventée. Elle m’a été inspirée par la fameuse marionnette (« puppi ») chère au folklore sicilien. Cette Angelika trône en bonne place à la maison. Elle fait partie des « souvenirs » ramenés de Siracusa. J’ai lu hier que Pirandello avait été très marqué par ces éléments de la tradition sicilienne. Je n’ai pas cherché à exploiter la référence au passé des « rois normands » auquel se rattache cette marionnette.
              J’ai préféré inscrire en creux dans cette légende, les motifs essentiels qu’on retrouvera sous une autre forme dans le drame qui va se nouer sur l’espace du ponton. Quel est le sens de cet apologue ? La vie est sensation, ouverture au monde, il faut tenir ses sens en éveil pour ne pas passer à côté de la vie et découvrir la beauté du monde. Tout en racontant cette histoire (Francesca est une « diseuse d’histoires », un peu comme la « Donna mimma » de Pirandello), j’ai cherché à donner à cette scène une dimension théâtrale : la présence du public des enfants et adolescents et la fonction de Carolina sont sans cesse sollicitées, ceci dans le but d’éviter un trop long monologue à Francesca. »
 
              Angelika demain en photo dans ce blog. Je vais la décrocher de l'escalier où elle trône.
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Pupi in Sicilia...
 

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