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pedagogie

L’art du portrait (4/4)

Publié le par Eric Bertrand

Voici le récapitulatif des portraits examinés par Eliante :

- Une jeune fille trop pâle, trop brune, trop maigre, trop grasse, sale, trop grande, trop petite, orgueilleuse, fourbe, sotte, bavarde, taciturne.  Mais, dès qu’il change son optique et qu’il adopte le point de vue d’un amant, Eliante découvre alors une qualité chez chacune d’elles et ainsi :

- Pâleur devient délicatesse, noirceur devient charme exotique, maigreur devient grâce et élégance, grosseur devient majesté, saleté devient simplicité, grandeur devient souveraineté, petitesse devient miniature du divin, vanité devient noblesse, méchanceté devient intelligence, sottise devient innocence, bavardage devient gaîté, mutisme devient discrétion.

       Inspirez-vous de cette galerie de portraits pour dresser la suite des portraits : vous expliquerez d’abord le défaut (portrait omniscient)  avant de le transformer en qualité sous le regard d’un amant (focalisation interne). Vous pourrez suivre la méthode indiquée dans ce qui suit :

- Je cite le vers : « La pâle est aux jasmins en blancheur comparable » :

- J’imagine une explication pour renseigner le lecteur :

Cette jeune fille était d’une pâleur extrême. Elle avait hérité cela de ses parents qui tous deux arrivaient de Scandinavie et n’avaient jamais supporté les rayons du soleil de nos climats.

- Je place un regard d’amant et recommence autrement mon portrait :

Il la vit assise sous la tonnelle. Son visage avait le teint délicat du jasmin, ce qui faisait ressortir davantage la rougeur de ses lèvres.

 

vernissage l'Houmeau (23) [1600x1200]

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L’art du portrait (3/4)

Publié le par Eric Bertrand

Le double portrait. Correction de la rédaction

Objectif de correction : pratiquer les différents types de focalisation dans un portrait

 

Remarque : pour réussir ce devoir, il ne fallait pas reproduire seulement le portrait d’une personnalité, mais surtout opérer un travail personnel d’interprétation de ce portrait. En point de vue omniscient (c'est-à-dire que le narrateur sait tout sur son sujet et renseigne le lecteur), puis en focalisation interne, c'est-à-dire qu’un observateur se place entre le narrateur et son sujet et impose sa vision du même sujet... Le portrait est donc différemment reproduit et en aucun cas il ne doit prolonger le précédent !

 

Exercice : inspirons-nous des maîtres ! Dans le passage suivant, extrait de la célèbre comédie de Molière le Misanthrope, un personnage nommé Eliante rapporte que le portrait qu’on fait de quelqu’un n’est jamais objectif et que chacun y apporte son interprétation surtout s’il est amoureux.

 

Eliante
L'amour, pour l'ordinaire, est peu fait à ces lois,
Et l'on voit les amants vanter toujours leur choix ;
Jamais leur passion n'y voit rien de blâmable,
Et dans l'objet aimé tout leur devient aimable :
Ils comptent les défauts pour des perfections,
Et savent y donner de favorables noms.
La pâle est aux jasmins en blancheur comparable ;
La noire à faire peur, une brune adorable ;
La maigre a de la taille et de la liberté ;
La grasse est dans son port pleine de majesté ;
La malpropre sur soi, de peu d'attraits chargée,
Est mise sous le nom de beauté négligée ;
La géante paroît une déesse aux yeux ;
La naine, un abrégé des merveilles des cieux ;
L'orgueilleuse a le coeur digne d'une couronne ;
La fourbe a de l'esprit ; la sotte est toute bonne ;
La trop grande parleuse est d'agréable humeur ;
Et la muette garde une honnête pudeur.
C'est ainsi qu'un amant dont l'ardeur est extrême
Aime jusqu'aux défauts des personnes qu'il aime.

Molière, le Misanthrope (II.4)

 

vernissage l'Houmeau (21) [1600x1200]

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L’art du portrait (2/4)

Publié le par Eric Bertrand

Sujet de rédaction

 

            Choisissez un personnage et faites-en un portrait précis en deux paragraphes distincts : d’abord selon le point de vue omniscient (vous savez tout sur votre personnage) puis selon le point de vue d’un observateur fortement ému par ce personnage (focalisation interne, un amoureux par exemple).

             Vous rédigerez votre devoir à l’imparfait et prendrez le soin d’installer votre personnage dans un décor de votre choix.

             Réfléchissez bien et correction demain !

 

Objets 7501 [1600x1200]

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Le métier d'enseigner

Publié le par Eric Bertrand

            C’est un fait pas toujours reconnu par le grand public (et c’est aussi pour cette raison que j’ai écrit « l’Organisme »), le métier d’enseigner n’est pas une tâche facile... Témoin un courrier envoyé par une jeune collègue et à qui j’ai adressé la réponse suivante.

 

 

              « Ton courrier pose une grande question et met le doigt sur la complexité et j'irai jusqu'à dire "le romantisme" de notre mission... Quand on sait à quel point le mot « romantisme » oscille entre chimère et désespoir, exaltation et désenchantement...

Les premières années d’enseignement font appréhender la réalité du métier si on l'a empoigné comme il fallait... L'expérience, le "recyclage" de cours déjà « tout faits » et « réchauffés » n'y font rien. Et ce sentiment trouble d'insatisfaction à la sortie de certains cours, cette impression de gâchis, d'incompétence, ce syndrome de Don Quichotte qui vient frapper les ailes...

On sort brisé par des mesquineries, des paroles déplacées, des rafales de vulgarités diverses... Et puis revient le matin, et puis jaillit la conscience et ça repart avec la même voix qui vibre et qui résonne, l'intelligence qui claque, et le fouet qu'on brandit avant que les chevaux ne fatiguent à nouveau... Et ainsi de suite dans un éternel recommencement. C'est un métier qu'on mérite. Courage. »

 

blackpo1.jpg

 

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Le collège unique, milieu de "l'Organisme"

Publié le par Eric Bertrand

               Dans leur mission d’enseignement, certains professeurs laissent une large part à l’enthousiasme. Il est enthousiasmant de lire un poème, de faire partager l’émotion d’une lecture, de réaliser une démonstration mathématique, de réussir une expérience, d’expliquer l’origine d’un fait ou d’un événement. Et ce moment d’euphorie illumine les meilleurs des élèves qui témoignent d’une curiosité et d’une pertinence inattendues à leur âge.

                Hélas, le triomphe de l’intelligence et de la sensibilité est la plupart du temps terni par la réaction des élèves qui « décrochent » trop vite ou qui, par divers moyens, manifestent leur hostilité ou leur refus. Difficile dans ces conditions de garder le cap et de laisser l’enthousiasme intact ! Alors il faut transiger. Céder à la tentation d’un enseignement plus adapté à la grosse majorité...

                 La politique du collège unique mise en place à la fin des années soixante-dix partait de l’idée noble entre toutes que la mission de l’enseignement consistait avant tout à donner sa chance à n’importe quel élève. Qu’ils le souhaitent ou non, les plus démotivés doivent rester en classe jusqu’à la fin de la troisième et « subir » la situation.

                 Passivité chronique, apathie, dilettantisme affiché, impertinence, bouffonnerie, provocation... Autant de comportements face auxquels les professeurs se sentent un peu désarmés. C’est à partir de ce constat désenchanté que le chapitre intitulé « les dix-sept plaies » a été rédigé.   

 

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