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theatre au lycee

Mots de metteurs en scène : Avant le spectacle (2/2)

Publié le par Eric Bertrand

Deuxième étape du “mot” du metteur en scène pour vous accompagner dans cette expérience unique de la représentation. Je reviens aujourd’hui sur cette relation particulière que le comédien et sa troupe entretiennent avec le public. Relation si particulière qu’elle fait de l’instant de la représentation une expérience unique.
               Le grand metteur en scène Peter Brook analyse les choses en ces termes : il dit que le public “assiste” à la représentation aux deux sens du terme : “assiste” parce qu’il voit, mais aussi “assiste” parce qu’il aide... L’idée d’aide me paraît très juste dans la mesure où en effet, le public est ce dernier intervenant dans la collaboration à la mise en scène d’un texte...
               Dans un passage du Tennessee club, j’avais mis dans la bouche d’un personnage, Thelma, femme blessée et exaltée, une conception de la scène qui résume aussi ma conception de la relation au public : je la relis avec vous en cette occasion :
 
« (…) Thelma : Je m’avancerai devant le public, comme ça… (Elle suspend son jeu, se met à rêver, s’approche de l’avant-scène…) Il est là, il ouvre la bouche, il s’attend à tout. Je me donne le luxe de quelques secondes de silence. Le temps est suspendu, les yeux sont grands ouverts, quelques sourires attendris sur les lèvres bienveillantes, un chuchotement ou deux à des oreilles attentives, les coudes qui se frôlent, la toux masquée d’un spectateur, un regard collectif… Je m’avance vers l’avant-scène… « Se décidera-t-elle enfin à parler ou à dire quelque chose ?…» La musique s’élève, une musique troublante, la chorégraphie imaginée par Miranda et Sissy, je trouve ma place dans le ballet, les claquettes se mettent à résonner sur le parquet, la porte du « Ziegfeld Follies » vient de s’entrouvrir… »
 
Vision exaltée d’un public qui « se donne » dans les premiers instants mais qu’il s’agit ensuite de captiver… Tout est là, car cet instant de grâce peut ne pas durer !...

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Sono belle le cose...

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Foule sentimentale... Comment jouer devant le public ? (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

             Nous y voilà enfin. L’aboutissement de tout le travail dont ce blog peut constituer une mémoire... Ultimes modifications sur “Power Point” pour ajouter de nouvelles diapos, derniers points relatifs à l’organisation du spectacle (et des classes qui viendront)... Infos disponibles sur le site du lycée : http://www.stationbienvenue.fr/ (semaine du 21 au 27/05)
             Et maintenant, quelques indications importantes pour que ce moment vous apporte, à vous comédiens, musiciens, les émotions les plus intenses... Je commence par des recommandations, je continuerai demain sur le thème du plaisir de la relation au public.
             Mesurer l’audience... Tout est là... Rien à voir avec les répétitions... Le public est devant, agité, exigeant, bruyant, il tousse, il siffle, il réagit (surtout les lycéens !).. Il faut donc en tenir compte dans l’interprétation et modifier insensiblement sa façon de jouer et d’être sur scène...
-         Parler fort, pour le dernier spectateur un peu sourd, situé tout là-bas, au fond de la salle...
-         Occuper l’espace, s’amuser avec ses partenaires, éclabousser les planches de cette énergie qui doit se communiquer au public.
-         Ne pas dire le texte quand le public réagit (rires, sifflements...)... Suspendez, suspendez ! Le silence est une parole... attendez que le silence revienne pour continuer.
-         Savourer le texte, le personnage, “l’occuper” pleinement car le plaisir ne dure pas. Attention à ne pas gâcher “la cérémonie” et “la parade” du personnage... Le stress fait parfois accélérer le débit de parole, ce qui génère une mauvaise articulation. Rappelez-vous que les silences font partie du texte...
-         Jouez avec votre personnage et avec les autres. Par définition, le personnage que vous incarnez est un “éphémère” qui s’évanouit après la représentation. Mettez le en suspension sous la lumière du projecteur pendant la durée de la “veillée théâtrale”. Pensez à tous ceux qui, du côté de la technique, vous soutiennent dans cette opération d’équilibrisme! 
Et prenez du plaisir ! Le plaisir immense d'un bonheur subtil dans lequel vous pouvez entraîner peu à peu la "foule sentimentale" du public. (Musique, fragments d'émotion, souvenirs enfouis, palpitations intimes... "on a soif d'idéal", et cet idéal, le théâtre le cotoie...) J'y reviens demain !

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"Adesso, un spettacolo unico ! Quello della Befana sotto le stelle ! "

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La générale de mardi : indications pour les acteurs du Ponton (2/2)

Publié le par Eric Bertrand

Avant d’ultimes recommandations, voici donc ce qui devra être repris lors de la représentation prochaine.
 
-         Dans la scène du prologue, accentuer la dispute et la fâcherie entre les deux sœurs.
-         Le passage de Gilda dans la rue : moins de stress ! Plus d’aisance et d’insolente provocation… Le rituel du gant est trop timide : il faut exagérer cette référence à « la déesse de l’amour » !
-         L’entrée en scène de Gilda sur le ponton : le texte du monologue doit être revu afin d’éviter les trop nombreuses hésitations. Accentuer le plaisir de la provocation : Gilda est belle et effrontément ivre de l’être.
-         Dans la scène du bar entre Gigi et Salvatore, Salvatore doit monter la voix et mieux articuler, surtout dans le début de la scène. Quand Gigi développe sa stratégie, il doit aussi impliquer le public en l’associant à « la machination » des « tigresses sur le ring »…
-         Quand Gilda laisse la place à Salvatore sur le ponton, elle appuie son regard et s’assure de son pouvoir de séduction en ralentissant sa démarche.
-         Sur le ponton, Tiziana doit penser à s’accrocher avant que Salvatore ne constate son agitation. Cela rappelle l’état de perturbation dans lequel elle se trouve. A la fin de la scène, piquée dans son orgueil, elle joue la femme fatale. Davantage travailler « la pause » : « Salvatore, est-ce que tu m’as déjà bien regardée ? »
-         Le duo amoureux est forcément un sommet d’intimité. Mais en même temps, il faut le faire partager au public qui se trouve dans une situation de voyeurisme. Par conséquent, les voix (censeées murmurer) doivent être projetées en avant, sans quoi on n’entend rien !
-         Dans la scène d’affrontement qui a gagné en énergie et en intensité, Gilda doit penser à jouer « l’inspecteur de police » quand elle plonge dans la conscience des befana : cela doit se voir, elle se rapproche, retient la voix et lance son œil inquisiteur et lance :
 
« (…) Gilda : et quand ils ont grandi, vous leur interdisez d’interpréter vos histoires !... Il a grandi, Gigi !... Il a grandi et il a certainement compris dans votre dernière histoire quelque chose que vous ne voulez pas admettre !... Quelque chose qui vous dérange et que vous avez refoulé !... Peut-être que vous jouez un double jeu dans vos spectacles ! Peut-être que cela vous aide à supporter la vie, parce qu’entre nous, elle n’est pas drôle votre vie !... »
 
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La passeggiata di Gilda...

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« Santo Stefano di Kamazutra » : la générale d’hier (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

             D’abord un lien qui complète l’article d’hier… Où l’on verra à l’œuvre la fameuse Gilda et son gant… Que notre Gilda s’en inspire ! http://www.youtube.com/watch?v=_Q1SMBjfSjI
 
              Au lendemain de la générale, que j’ai savourée aux côtés de tous les partenaires et visiteurs présents dans la salle, je reviens sur quelques détails que j’ai notés afin d’aider les comédiens à parfaire leur jeu. J’enverrai, avant le spectacle de mardi prochain, deux articles spécialement dédiés à ceux qui sont sur la scène.
              Commençons par les petits reproches et les suggestions… J’avoue que j’ai passé un très bon moment lors de cette répétition. Comédiens, musiciens, vous avez continué de m’étonner par certains accents, moments de jeu, trouvailles qui indiquent encore une progression.
              L’ambiance générale du « Ponton » est agréable, le rythme enlevé. Les morceaux de musique, le diaporama assuré par Liliane, les costumes variés, le ton général et la bonne voloné des acteurs contribuent à ravir le spectateur. Comme l’a dit avec humour quelqu’un dans la salle : « ce n’est pas Santo Stefano di Camastra, mais di kamazutra »… Il soulignait ainsi la légèreté des tenues et des discours et il faut dire que les comédiennes n’ont pas eu froid aux yeux dans le choix de leurs tenues de scène.
               Je reviens samedi matin (demain, je suis sans connexion du côté des abers) sur les dernières indications à considérer en priorité.

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Amore nel cuore sul pontile...
 

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“La déesse de l’amour” : Rita Hayworth et Gilda

Publié le par Eric Bertrand

              Au lendemain d’une bonne répétition sur laquelle je reviendrai, actualité oblige, parenthèse dans cet éventail de devoirs qui ont pour fond “le Ponton” : hier, sur France Inter, Caroline Cartier dans sa chronique “Cartier libre” a évoqué les vingt ans de la mort de Rita Hayworth... http://www.radiofrance.fr/franceinter/chro/cartierlibre/
              Je rappelle que le personnage de Gilda est directement inspiré de la comédienne qui jouait la sulfureuse créature... Dans le film du même nom, le spectateur se souvient qu’elle se livrait notamment à un strip-tease très suggestif à travers la fameuse scène du gant...
              Clin d’oeil à cette scène au moment où Gilda passe dans la rue, sous les yeux médusés des deux garçons assis au bar. Sur la musique de Paolo Conte, “Sotto le stelle del jazz”, Gilda se livre à un numéro de séduction chorégraphiée qui débouche sur l’abandon du gant, ce “refuge à doigts tièdes” que respire Gigi sitôt qu’elle a disparu...
 
« (…) Gigi : (sous le coup de l’éblouissement) : che marevigliosa ! ...Non ci credo, non ci credo ! Merveilleuse élégance ! Des yeux brillants, malicieux, insolents, des yeux de braise, Salvatore ! Una principessa ! Les cheveux en diadème, la nuque torsadée comme un thyrse, l’échine de bronze ! (Comme un somnambule, il se lève pour mimer la démarche de la jeune fille) Quel déhanchement Salvatore, tu as vu cela ? Un coup à droite, à coup à gauche, une vraie balade entre deux hémisphères !... Je n’ai jamais vu une fille comme ça, Salvatore ! Elle me fait l’effet d’un coup de tonnerre… »

12m.jpgUn colpo di fulmine.

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