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civilisation sicilienne

Répétitions des 27 et 28.02 (7/11)

Publié le par Eric Bertrand

Dans le texte, Lauredana est silencieuse lorsqu’elle monte sur le ponton avec les deux Befana. Elle est choquée par ce qu’elle vient de voir sur la plage (Gigi et l’Américaine déjà occupés à bavarder comme de vieux camarades !...) Pour faciliter le jeu d’Aurélie, j’ai modifié légèrement la scène afin d’accentuer le trait du commérage chez Lauredana (et le ridicule de son comportement) qui renvoie directement à l’acte un...

 

« (…) Lauredana : elle reprend les jumelles : je suis d’accord avec toi, Tiziana, c’est honteux ! Oui, c’est honteux ! Quand tu penses que les enfants pourraient la voir ! Va savoir jusqu’où elle est capable d’aller comme ça ! (...)”

 

              Aux côtés de Francesca et Carolina, elle et Tiziana (qu’elle invite à les rejoindre) font vite pelote de commères. Voici le texte qui remplace le précédent :

 

« (…) Francesca : et Gigi qu’on a surpris occupé à faire les yeux doux à l’Américaine !

Lauredana : (visiblement contrariée !) : c’est honteux !

Carolina : les yeux doux à l’aguicheuse !

Francesca : allez savoir ce qu’ils sont en train de tramer en ce moment !

Carolina : c’est honteux ! Ils se connaissent à peine !

Francesca : c’est qu’elle sait y faire, l’animal !

Lauredana : (Comme butée) : c’est honteux !

Carolina : je me suis retournée pendant que Lauredana ramait !

Francesca : moi aussi, je me suis retournée quand tu m’as fait signe !

Lauredana : (Elle entraîne Tiziana dans un coin pour continuer ses commérages) c’est honteux !

Carolina : envolés les deux oiseaux ! (…) »
 

              A ce moment, Lauredana a d’autres choses à dire à sa copine, c’est pourquoi elle lui demande de l’accompagner sur un espace à l’écart des deux femmes. Resté seul, Salvatore s’allonge et assiste en spectateur.

Senza vergogna ! (Photo Nino)

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Répétitions des 27 et 28.02 (6/11)

Publié le par Eric Bertrand

 
              Scène 2, confrontation entre Salvatore et Tiziana. Tiziana a un faible pour Salvatore, mais elle ne l’a jamais compris et, du reste, se l’est-elle jamais avouée ? En tout cas, sur le ponton, elle y voit clair et Salvatore devine assez vite les choses. D’ailleurs, c’est bien ce que les deux « metteurs en scène » s’étaient promis à la fin de l’acte un : utiliser le ponton comme un champ d’expérimentation.
 
« (…) Les filles seront jalouses les unes des autres ! Tu vas voir ça, Salvatore !... Tout le monde sur les planches ! On va la faire bouillir, ta marmite au large de Torremuzza !
Salvatore : tu es vraiment génial, Gigi ! Ces trois crâneuses nous courent après depuis six mois… Et devant tout le monde, elles font semblant de se moquer de nous… Chiche, on leur met le dos au mur !
Gigi : le dos sur les planches du ponton, Salvatore ! Sur les planches du ponton ! Il va y avoir du spectacle ! (…)
 
              Il y a cet enjeu dans cette scène… Arrivée décontractée de Salvatore, serviette sur l’épaule. Agacement de Tiziana, signe de nervosité qui est signe d’un trouble plus profond… Autres signes de ce trouble qui vont, cette fois, dans un sens beaucoup plus « aimable » pour Salvatore : rougeurs et esquives diverses, affolement du langage... Tiziana « sort de sa coquille », un peu comme Angelika sortant de sa cuirasse… Elle le dit elle-même à propos du ponton (et ainsi, elle livre en passant, l’une des clés de lecture de la fable) :
 
“(...) Au moins, ces planches ont le mérite de jeter le grand jour sur la vérité de chacun d’entre nous (…)”
Dov'è la verità ?

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Répétitions des 27 et 28.02 (5/11)

Publié le par Eric Bertrand

Je rappelle que cette série de scènes a déjà été abordée à l’occasion de répétitions précédentes au cours desquelles j’ai proposé des « analyses de textes » détailleés. J’y renvoie donc le lecteur. Cependant, je reviens sur les traits majeurs du travail sur lesquels les acteurs doivent porter leurs efforts.      
              La scène 1 met Tiziana en vedette. Elle se mire sur le ponton, se découvre sous le soleil et au milieu de l’eau, sans masque, jusqu’au moment où paraît Gilda. Ses contradictions se révèlent alors. Sévérité et douceur, dédain et attirance, pudeur et sensualité… Gilda « n’est pas une mauvaise fille »… Au contraire, elle s’amuse beaucoup du trouble de sa partenaire et, très souveraine, dirige le jeu… Ainsi, j’encourage les comédiennes à prendre leur temps, à jouer beaucoup des silences, des rapprochements divers, des visages et des mines…
 
« (…) Gilda : tout de même ! Le soleil éclaire à peine les planches et il n’y a personne sur la plage… Comment tu as fait pour être ici avant moi ? Toi, tu viens du village… Moi, j’habite juste en face !
Tiziana : c’est mon secret !
Gilda : tu as des secrets à cacher, toi ? (Elle la jauge) Tu n’en as pas l’air !
Tiziana : pas “des secrets”, un secret !
Gilda : et on peut savoir quel genre de secret ?
Tiziana : (elle s’allume une cigarette) : de toute manière, comme tu es là avec moi, tu vas tout savoir dans les minutes qui viennent !
Gilda : alors, pas besoin d’attendre plus longtemps ! Un secret, ça doit se dire pour être un secret ! Si la personne qui écoute sait se taire, ça devient un vrai secret…
Tiziana : (elle réfléchit un instant) : j’aime bien ta façon de présenter les choses !(…) »
HPIM0943.JPGC'é un segretto...

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Répétitions des 27 et 28.02 (4/11)

Publié le par Eric Bertrand

Mercredi après-midi, Palais des Congrès. Retrouvailles avec la grande salle qui a connu tant de moments forts depuis le début des représentations. Je revois à chaque fois que je reviens là, des fragments de scènes du passé. Des Shakespeare aux dernières réalisations… Les morceaux de bravoure des meilleurs de mes comédiens galvanisés par la rumeur du public, notamment le public des lycéens, généreux mais si facilement déconcentré…
              L’optique est le travail en profondeur : contrairement aux soirs de semaine, nous disposons de trois heures devant nous. L’occasion de revenir en profondeur sur les scènes de l’acte deux, les unes après les autres pour ce lent et fascinant façonnement du jeu de l’acteur et de son déplacement sur la scène. Sans aucun préalable, les choses se font dans la matière même du jeu, à l’issue de tentatives diverses et de propositions qui émanent souvent des comédiens eux-mêmes.
              On revient sur le détail de chacune des scènes dans les articles qui suivent.
              Au passage, l’adresse d’un site sur l’importance des marionnettes en Sicile… Clin d’œil à l’un de nos personnages fondateurs : Angelika…
 
hpim1107.jpg
Personnagi non sono tutti umani...
 

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Répétitions des 27 et 28.02 (3/11)

Publié le par Eric Bertrand

L’émotion des Befana… L’épilogue est un moment fort. Tout affleure à la mémoire, les drames personnels et familiaux, les souvenirs d’amour trahi, les frustrations, les images du passé… Beaucoup de  concentration dans le public et Françoise et Jennifer savent le texte… 21h15, c’est la fin de la répétition. Beaucoup d’émotion au fil des mots, et une part d’affectif qui rejaillit dans la voix même des deux actrices. Et pour couronner le tout, la mélancolique chanson de Gian-Maria Testa qui bouclera le spectacle : « sono belle le cose… »
 
« (…) Francesca : je suis restée auprès d’elle etelle m’a tout appris…
Carolina : « La Beffana sotto le stelle », c’est toujours elle !
Francesca : elle t’a attendue tu sais… Elle était convaincue que tu reviendrais. Et elle avait raison : au bout de deux ans, tu es revenue... Tu avais beaucoup changé… Ton regard s’était terni, tu avais coupé tes cheveux, ta voix traînait un peu. Tu étais vêtue d’une bien étrange façon et tu ne riais plus… Pour me rassurer, la mamma affirma que si on avait du mal à te reconnaître, c’était à cause de ton maquillage… Elle dit même en riant que tu ressemblais à Angelika, la marionnette…
Carolina : elle sourit, de plus en plus émue. Je revois la scène, le jour de mon retour… C’était comme dans un conte de Pirandello… Il faisait très chaud, le sirocco soufflait… Pour me faire plaisir, elle m’a proposé un plat de polenta pour le dîner et des cédrats de Sicile… Longtemps, je l’ai serrée dans mes bras, puis je suis montée au grenier, j’ai enfilé une vieille jupe et je suis venue l’aider à préparer la polenta… Jamais on n’a travaillé la pâte comme je l’ai travaillée ce jour-là !... »
HPIM0981.JPGEmozione sul pontile... "Sono belle le cose"...
 

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