Merveilleuse chanson emprunte du mystère que lui confèrent « ces sorciers indigènes qui invoquent les jets dans la jungle de Nouvelle Guinée ». Elle apparaît à la fin de l’album
le plus poétique de Gainsbourg, « l’Histoire de Melody Nelson ». Elle évoque les ombres de la mort, la marque des souvenirs et les réminiscences amoureuses et lascives.
Dans la pièce, elle convient bien à cette méditation finale de Serge aux
portes de la folie, au moment où « Clyde » vient de perdre « Bonnie »... Effet de bouclage, la porte du rêve se referme et le spectateur revoit le schizophrène du début
enfermé dans son « lunatic asylum » et son culte de Marilou...
Quelles sont les comparses de la nouvelle « Bonnie » ? Il me fallait distribuer de nombreux rôles féminins et leur attribuer un nom retenu dans le répertoire de
Serge. Elles sont nombreuses les femmes qui passent dans ses chansons...
Mais il y a les héroïnes et les
autres, les anonymes. Elles ont des noms d’entraîneuses, des Pamela Popo, des « filles qu’on met sur les Harley Davidson » ou des « Roller Girl »... Bonne idée de
composition pour une actrice qui veut jouer sur le mode extraverti !
Une chanson qui raconte une histoire... Avec des
effets de dramatisation : « vous connaissez l’histoire... ». Moment rêvé pour la scène : un personnage un peu hâbleur cherche à baratiner une fille afin de l’entraîner dans son sillage et de la manipuler, elle et sa bande.
C’est spectaculaire, un anonyme se déclare « Clyde » et fonde
immédiatement son gang, à condition que le gang accepte. Par stratégie, il baptise aussitôt sa nouvelle comparse, la surnomme « Bonnie »
pour l’impliquer davantage... Et la tragédie se précipite car le spectateur est bien conscient que le « gang » en question se composera d’une bande de pieds nickelés !
Chanson d’une rare violence qu’on dirait écrite exprès pour
le scénario d’un polar noir... Mots précis, syntaxe syncopée, onomatopées... Tout contribue à rendre le texte jubilatoire pour des comédiens à qui
j’avais demandé de jouer une véritable scène totémique afin de montrer l’escalade de la violence du couple Bonnie and Clyde...
Bonnie
veut se séparer de son « leader » et cherche à lui montrer de quoi elle est capable !
Ce n’est pas une grande chanson du répertoire, Serge le
confiait lui-même ! Il s’agit d’une fadaise... Voltaire qualifiait bien son « Candide » de « couillonnerie ». « L’ami
Caouette » est simplement un exercice de style à prendre à la légère, pour s’amuser au jeu artificiel de la rime forcée.
Mais
dans le contexte du jeu imbécile auquel se livrent pendant un temps mort les gangsters du gang Burrow, le texte devient jubilatoire pour les acteurs
de la pièce et pour les spectateurs qui se divertissent de cette folie !
Littérature, écriture et voyage. Comment la lecture et le voyage nourrissent-ils la pensée et suscitent-ils, en même temps que le plaisir, la curiosité, l'écriture ?
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