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theatre au lycee

Shakespeare : monologue d’Othello ou de Macbeth ?

Publié le par Eric Bertrand

              Un de mes anciens acteurs m’annonce qu’il prépare une audition et qu’il souhaite mon conseil. On lui demande de présenter un monologue et avoue être attiré par Shakespeare. Quel passage vais-je lui proposer ? « Othello » ou « Macbeth » ? (Ce dont je me frotte les mains)
 

               En tenant compte de sa personnalité et de son expérience de la scène, je crois que cela lui convient le mieux. Je donne, pour le plaisir du lecteur qui comprend l’anglais, les deux extraits l’un après l’autre.

 


Macbeth :

She should have died hereafter;

There would have been a time for such a word.

To-morrow, and to-morrow, and to-morrow,

Creeps in this petty pace from day to day

To the last syllable of recorded time,

And all our yesterdays have lighted fools

The way to dusty death. Out, out, brief candle!

Life's but a walking shadow, a poor player

That struts and frets his hour upon the stage

And then is heard no more: it is a tale

Told by an idiot, full of sound and fury,

Signifying nothing."

Othello :

It is the cause, it is the cause, my soul,--

Let me not name it to you, you chaste stars!--

It is the cause. Yet I'll not shed her blood;

Nor scar that whiter skin of hers than snow,

And smooth as monumental alabaster.

Yet she must die, else she'll betray more men.

Put out the light, and then put out the light:

If I quench thee, thou flaming minister,

I can again thy former light restore,

Should I repent me: but once put out thy light,

Thou cunning'st pattern of excelling nature,

I know not where is that Promethean heat

That can thy light relume. When I have pluck'd the rose,

I cannot give it vital growth again.

It must needs wither: I'll smell it on the tree.

(Kissing her)

Ah balmy breath, that dost almost persuade

Justice to break her sword! One more, one more.

Be thus when thou art dead, and I will kill thee,

And love thee after. One more, and this the last:

So sweet was ne'er so fatal. I must weep,

But they are cruel tears: this sorrow's heavenly;

It strikes where it doth love. She wakes. "

 

 

 

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Le théâtre et un lycée pour tous...

Publié le par Eric Bertrand

               En ces temps de réflexion autour d’une nouvelle façon d’enseigner, j’ai, on l’a vu avec la proposition récente d’un éditeur, l’occasion de revenir sur ces années de pratique particulière du théâtre que je mène depuis le lycée de Loudéac.

               Dans le cadre de cette opération de réflexion sur le collège et le lycée, je suis intervenu sur un site nommé « lycée pour tous » et vous pouvez lire ma contribution depuis hier matin sur le site suivant :

http://blog.lyceepourtous.fr/2009/04/relancer-le-projet-atelier-dexpression-artistique/

               Découvrez les beaux commentaires qui y ont déjà été mis et n’hésitez pas à ajouter le vôtre : l’enjeu, même s'il reste utopique, est de faire évoluer l’école !

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« N’y a-t-il pas grand danger à contrefaire le mort ? »

Publié le par Eric Bertrand

             

              Ce titre n’est pas une accroche ! Ni une sourde ironie à l’encontre d’un tiers à qui l’on reprocherait son silence ! Il s’agit simplement d’une citation de la pièce de Molière : le Malade imaginaire. Qui ne l’a pas, au moins une fois dans sa scolarité, abordée d’une façon ou d’une autre ?

               On se souvient au moins de cet Argan hypocondriaque soumis à la tyrannie des médecins et abandonnant son corps à la médecine pour avoir le sentiment d’exister ! Mais à la vérité, et c’est tout ce qui fait le charme de cette comédie, Argan est parfaitement bien portant et n’attend de ses visiteurs qu’une seule chose, c’est qu’ils lui parlent de ses poumons, de son estomac, de son intestin, bref, de son nombril.

                Jusqu’au moment où, par ruse, la servante lui demande de « contrefaire le mort » afin de confondre une hypocrite qui abuse de sa crédulité. A ce moment, Argan refuse vigoureusement l’expédient et se lamente avant de jouer : « n’y a-t-il grand danger à contrefaire le mort ? »

                Ces mots acquièrent une saveur particulière et quasi douloureuse ou mélancolique, c’est selon, si on sait que, lorsque Molière joue le rôle d’Argan, il est vraiment malade et qu’il n’est pas, à la différence de son personnage, hypocondriaque ! Si bien que, à ce moment précis, ce qui est jeu pour la scène et jubilation pour l’acteur (Argan acteur, jouant par dérision sa propre hypocrisie) devient sinistre anticipation du Destin tragique de Molière qui s’effondre lors de la quatrième représentation du Malade imaginaire !

               Quelle pièce ! Quel enjeu que ce texte écrit par un auteur qui se savait condamné et qui a choisi, comme ultime pirouette, celle de l’hypocondriaque ! « N’y a-t-il pas grand danger à contrefaire le mort ? »

 

 

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« Contribution » à un projet d’éditeur

Publié le par Eric Bertrand

                L’épisode issu du « Bal des têtes » dans le Temps retrouvé est assez long et me servira de fil conducteur dans les jours qui viennent. Les « besoins de l’actualité » ou de la variété m’amèneront à rompre ce fil ! Par exemple la nouvelle reçue hier qui me pose un nouveau défi à court terme...

                Les médias l’indiquent beaucoup, la tendance est à la rénovation dans l’enseignement. Dans ce contexte, les missions pour « faire bouger le collège et le lycée » se réalisent et, dans ce sillage, des éditeurs emboitent le pas.

                J’ai donc été contacté par une maison d’édition au sujet d’une collaboration à un ouvrage portant sur l’Histoire de l’art et sur la manière de l’enseigner au sein des établissements, à des adolescents pas forcément très ouverts... Ceux qui connaissent ce blog entrevoient dans quel « créneau » je vais me glisser.

              "Comment passer de l'univers d'un auteur de langue étrangère à l'écriture pour la scène et pour le public adolescent ? "


              Je me servirai donc des expériences effectuées dans le cadre de l’atelier à partir de Kérouac, Orwell, Shakespeare, Tennessee, Pirandello et, à un autre niveau Gainsbourg et La Fontaine, le problème majeur étant toujours de rendre accessible et de "scénariser" des textes de nature particulière...

            L’ouvrage est prévu pour septembre, je dois donc « activer » ma contribution, mais point d’affolement : l’article ne devra comporter environ que 8000 signes, soit trois ou quatre pages... Une nouvelle forme du lit de Procuste ? Pas forcément ! La concision est un excellent exercice !



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Le temps des projets de théâtre

Publié le par Eric Bertrand

          Dans l’Education Nationale, il faut être réactif. Tous les projets doivent être « montés » bien longtemps à l’avance afin d’être « viables ». J’ai reçu ces jours-ci dans mon casier un certain nombre de dossiers à remplir afin de proposer quelque chose pour l’an prochain. Voici le « signal » que j’ai donc envoyé au reste de l’équipe...

 

          « Notre spectacle « à PAC » n’a pas encore vu le jour et déjà il faut constituer le dossier pour l’an prochain... Certains des collègues de l’équipe ont affirmé leur volonté de continuer dans le même sens... Je vous propose donc un embryon de projet qu’il faudrait étoffer en m’indiquant de quelle façon vous seriez prêt à travailler dans ce cadre. Merci de votre collaboration !

 

           L’idée de ce projet de classe à PAC est de construire collectivement un travail de création qui débouchera sur un spectacle théâtral fondé sur la référence implicite ou explicite à un choix de poètes et de poèmes de diverses époques.

           Le texte composé dans le cadre d’un atelier d’écriture mené en cours de français sera axé sur le thème de la découverte d’une île baptisée « île de la Poésie ». Au croisement du « Petit Prince » de Saint-Exupéry et de « la Grammaire est une chanson douce » d’Erik Orsenna, le projet consiste à explorer à la fois l’univers du conte et celui de la poésie.

            Il raconte l’histoire d’un naufrage. Les enfants naufragés partent à la découverte de poètes et de textes qui disent le monde façon poétique. La Fontaine, Hugo, Baudelaire, Rimbaud par exemple, ont des choses intéressantes et simples à révéler à nos jeunes voyageurs (soit du fait de leur vécu, soit du fait de leur œuvre, et il sera intéressant de noter parfois la corrélation entre les deux !)             

 

            Directement lié à la réalisation du spectacle, l’activité passe d’abord par l’élaboration d’un scénario et d’un texte en atelier d’écriture. Cet aspect du travail implique au moins deux compétences liées au français : la cohérence de l’expression écrite et l’analyse conjointe de la poésie et du conte, objets d’étude de la classe de sixième.

          La pratique du théâtre et l’intervention de la comédienne et metteur en scène permettra aux élèves d’acquérir davantage de maîtrise de l’oralité, de la gestuelle et du contact avec l’autre...


 

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