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theatre au lycee

Le Petit Prince dans tous ses états (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

              Le texte de la pièce étant à peu près fixé, il nous restait à nous réunir en équipe pour redéfinir le projet. L’effort porte désormais sur les lieux de la représentation et sur la mise en scène des cinq scènes. Chaque salle étant, comme chaque scène, porteuse d’une tonalité différente, il nous reste à déployer le travail en fonction des différents relais. Voici les idées retenues :

             Dans la salle de SVT, c’est la nuit étoilée. Le silence du désert est représenté par le travail remarquable du collègue de musique qui, dans ses premières ébauches qu’il nous a fait écouter, demande aux élèves de formuler les sons du silence. Cette interrogation conduit à un résultat sonore surprenant qui convient bien à l’inquiétude du désert dans lequel le Petit Prince vient d’atterrir. Silence astral et silence de bêtes à l’affut... Rappelons que la scène fait vivre la faune du désert.

             Au-dessus de nos têtes devrait passer un petit avion éclairé, reproduction en miniature du gros avion de la salle d’Arts Plastiques. Le collègue de technologie qui a rejoint le projet suggère un effet de surprise : l’avion viendrait de la salle qui jouxte la salle de SVT et irait finir sa course dans le couloir à côté... Un ange passe.

            Salle d’Arts plastiques, présence encombrante de l’avion qui écrase l’espace et autour duquel les spectateurs et les comédiens trouveront à se placer. Le collègue de musique imagine une « ambiance mécanique », des bruitages de moteur pour créer une atmosphère en harmonie avec le thème de la panne, largement présent dans la scène (...)


 

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« Britannicus » : la rage au corps au Vélodrome de La Rochelle

Publié le par Eric Bertrand

                J’évoquais hier le « corps à corps » mis en scène par la troupe qui jouait « Britannicus », et c’était sans évoquer le parti-pris du décor. Pas de grande pompe pour ce palais impérial, mais une simple structure métallique figurant une sorte de terrasse en surplomb et un escalier en fer descendant vers l’estrade de plain-pied avec les spectateurs.

                Tout ce métal était propice à l’exercice de barre-fixe... Le cœur tourmenté et le corps gymnase trouve un espace de déchainement tout au long de ce parcours du combattant qu’est le piège tragique... Qu’on écoute en illustration à cette « rage au corps », la merveilleuse tirade de la passion naissante de Néron pour Junie : c’est au début de la pièce lrosque Néron évoque le coup de foudre qu’il a ressenti en présence de la fiancée de Britannicus qu’il a ravie...

Excité d'un désir curieux,
Cette nuit je l'ai vue arriver en ces lieux,
Triste, levant au ciel ses yeux mouillés de larmes,
Qui brillaient au travers des flambeaux et des armes,
Belle, sans ornement, dans le simple appareil
D'une beauté qu'on vient d'arracher au sommeil.
Que veux-tu ? Je ne sais si cette négligence,
Les ombres, les flambeaux, les cris et le silence,
Et le farouche aspect de ses fiers ravisseurs,
Relevaient de ses yeux les timides douceurs.
Quoi qu'il en soit, ravi d'une si belle vue,
J'ai voulu lui parler, et ma voix s'est perdue :
Immobile, saisi d'un long étonnement,
Je l'ai laissée passer dans son appartement.
J'ai passé dans le mien. C'est là que solitaire,
De son image en vain j'ai voulu me distraire.
Trop présente à mes yeux, je croyais lui parler,
J'aimais jusqu'à ses pleurs que je faisais couler.
Quelquefois, mais trop tard, je lui demandais grâce ;
J'employais les soupirs, et même la menace.
Voilà comme, occupé de mon nouvel amour,
Mes yeux sans se fermer, ont attendu le jour.


 
 

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Souvenons-nous toujours de l’homme à la tête de chou !

Publié le par Eric Bertrand

 

               Evénement à venir : le film sur Gainsbourg dont j’ai vu la bande annonce. Evidemment, pour un fan comme moi, tous les ingrédients de la « saga Serge » s’y retrouvent. Sans parler de la troublante ressemblance de l’acteur et du jeu particulier auquel il se livre... 

               Je suis particulièrement sensible aux situations qui sont relatées dans la bande annonce et aux mélodies qui renvoient à des situations de scènes que j’avais exploitées à l’époque de l’Homme à la tête de chou et au cœur d’artichaut ! 

               Je vous laisse découvrir :

 

http://www.orange.fr/bin/frame.cgi?u=http%3A//gainsbourg.cine.orange.fr/

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De Ronald Mac Donald, Master of Caithness à Othello...

Publié le par Eric Bertrand

             J’ai eu la grande satisfaction d’apprendre dimanche dernier que l’un de mes anciens comédiens venait d’être reçu parmi les vingt sur plus de mille au cours Florent.

             Cet élève avait incarné le double rôle difficile de George Sinclair Master of Caithness et de Ronald Mac Donald dans ma pièce « le Ceilidh », rôle qu’il avait interprété avec beaucoup de finesse et d’élégance.

             Il jouait à la fois sur le côté démoniaque et cynique du personnage, metteur en scène redoutable, manoeuvrant avec sadisme et pudeur le reste de la troupe qu’il avait sous sa direction.

             Pour l’occasion, je lui avais proposé de travailler le monologue d’Othello à la fois dans sa version anglaise et française. Nul doute qu’il a su trouver les bons accents. 


Entrée en scène de Ronald (trois minutes)

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Après le spectacle, le Vendée Globe à l’école de la mer...

Publié le par Eric Bertrand

               Comme la plupart du temps en termes de spectacle scolaire, tout a finalement très bien fonctionné mardi soir lors de la représentation, sous un ciel clément. Les élèves, enfin au pied du mur, ne pouvaient plus reculer ni s’égarer et, la plupart des parents étant là, sous leurs yeux, parfois très proches (dans les salles par groupes d’environ 25), ils avaient vraiment le trac.

               Du début à la fin, le spectacle a duré 1 heure 30. Une heure trente pour un parcours de la salle de permanence qui réunissait l’ensemble des spectateurs à la cour de récréation qui rassemblait tous les groupes sous le franc soleil de la fin mai.

               Chacun a vécu son aventure personnelle, les plus calmes et les plus timides surpris d’avoir montré tant d’assurance, les plus dissipés déçus d’avoir déjà terminé une expérience dans laquelle ils sont devenus presque leaders...

               Ravissement de l’équipe et du metteur en scène avec qui nous sommes allés finir la soirée au restaurant. Un film a été tourné, il sera doublé prochainement en salle de façon à ce que le son soit meilleur, puis il devrait être accessible sur internet... A suivre.

               Dernière phase aujourd’hui en présence d’un petit groupe d’élèves que nous amenons à l’Ecole de la mer afin de témoigner de notre travail autour du Vendée Globe et de les laisser jouer devant l’ensembles des participants, les organisateurs et quelques skippers la fameuse scène consacrée à la course en mer que voici :

 

Scène 1 (Salle histoire-géo)

 

 

Sur la route, deux voyageurs parlent avec passion de voyage… Assis sur un banc, « un vieux » tente de tempérer les ardeurs.

Voyageur 1 : la tortue est lasse de son trou… elle plonge parmi les laminaires !

Voyageur 3 : elle plonge parmi les rochers et les grottes sous-marines !

Voyageur 1 : elle glisse au-dessus des sables rouges, jaunes et blancs !

Voyageur 3 : au-dessus des anémones et des étoiles de mer !

Voyageur 1 : elle se frotte le ventre aux éponges !

Voyageur 3 : aux iles de corail et aux fonds sous-marins illuminés par un soleil tiède.

Voyageur 2 : je partirai !

Vieux : (sceptique et cassant) : rien ne sert de courir, il faut partir à point !

Voyageur 1 : la cigale chante tout l’été…

Voyageur 3 : elle écoute les chants des baleines et des dauphins !

Voyageur 1 : le glouglou des poissons rappeurs !

Voyageur 3 : la rumeur rock’n roll des vagues qui éclatent sur les récifs !

Voyageur 1 : les clameurs slang des mouettes et des goélands !

Voyageur 3 : les trombes d’eau reggae qui martèlent le pont du navire !

Voyageur 1 : les hurlements du vent, le sifflement jazzy de la tempête et de l’ouragan.

Voyageur 3 : le murmure de la brise, le souffle de l’alizé !

Voyageur 1 : le clapotis du « pot au noir » et la voix des navigateurs (enregistrement de la voix d’un skipper).

Voyageur 2 : je partirai !

Vieux : « se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue… »

Voyageur 3 : le loup voit le cou du chien pelé…

Voyageur 1 : et déjà le loup qui n’avait plus que les os, le loup skipper, le loup de mer regrette les mâts…

Voyageur 3 : les boutes, les focs, les poulies, les grandes et belles voiles, le gouvernail dans ses pattes, la coque, la poupe, la dérive et la quille.

Voyageur 1 : arc-bouté sur le pont de son bateau, c’est si bon de tirer des bords à plus de 25 nœuds loin des balises !

Voyageur 2 : je partirai !

Vieux : (menaçant) Raminagrobis !

Voyageur 3 : la grenouille se fait plus grosse que le bœuf…

Voyageur 1 : elle voit des alligators, des requins scies, des orques et des baleines blanches, des pieuvres géantes et des krakens.

Voyageur 3 : ses gros yeux se dilatent davantage. Elle grossit, elle grossit.

Voyageur 1 : elle voit des lames de fond, essuie des paquets de mer, des cyclones, des tornades et des triangles des Bermudes.

Voyageur 3 : elle n’en peut plus, elle éclate. Elle voit Poséidon, Neptune, des icebergs démesurés, des défilés de poissons lumières et de méduses éclairées comme des villes entières.

Voyageur 2 : je partirai !

Vieux : « point de pigeon pour une obole ! »

Voyageur 1 : le lapin a bien raison, il part à l’Aurore faire sa cour, à marée basse, parmi le thym et la rosée…

Voyageur 3 : il ramasse berniques, huitres, moules, pétoncles…

Voyageur 1 : couteaux, palourdes, patelles, bigorneaux…

Voyageur 3 : coquilles saint jacques, bulots, crustacés…

Voyageur 1 : crevettes et crabes qui lui pincent gentiment les pattes.

Voyageur 2 : je partirai !

Voyageur 1 : dès que les chèvres ont brouté elles vont chercher fortune…

Voyageur 3 : elles quittent les pâturages des Sables d’Olonne, se grisent aux parfums verts des prairies d’Espagne et du Portugal…

Voyageur 1 : reniflent les senteurs des fleurs du Maroc, des sables du Sahara, hument la terre du Sénégal, de Guinée…

Voyageur 3 : raclent la caillasse du Cap de Bonne Espérance, s’enivrent aux relents de Madagascar, caracolent au large de l’Australie…

Voyageur 1 : donnent un coup de corne du côté du Cap Horn, et ruminent leur voyage le long des côtes d’Argentine et de Brésil.

Voyageur 2 : je partirai !

Vieux : « qu’allez-vous faire ? Voulez-vous quitter votre frère ? »

Voyageur 3 : nuit et jour, on danse, ne vous déplaise !

Voyageur 1 : dans la soute du navire, remué par les vagues, les houles, et les creux, on danse, ne vous déplaise !

Voyageur 3 : dans la soute du navire, secoué par les grains et les tempêtes, plus ça gîte et plus on danse ! Shake your body !

Voyageur 2 : je partirai !

Vieux : « Quittez les bois, vous ferez bien ! »

Voyageur 1 : vous ne courez donc point où vous voulez, quelque part, du côté des cinq continents ?

Voyageur 3 : Europe, Afrique, Asie, Amérique, Antarctique ?

Voyageur 2 : je partirai !

Vieux : « Il ne faut jamais vendre la peau de l’ours avant qu’on ne l’ait mis à terre »

Voyageur 1 : « le pot de fer propose au pot de terre un voyage »…

Voyageur 3 : ils vont peut-être démâter, s’échouer, faire fausse route, heurter un iceberg, affronter des tempêtes… mais le pot de fer propose au pot de terre un voyage, au moins jusqu’au pot au noir !

Voyageur 2 : je partirai !

Vieux : « ne nous associons qu’avec nos égaux ! »

Voyageur 1 : « en toute chose, il faut considérer la fin ! »

Voyageur 3 : l’appel du large, ça vous dit ?

Voyageur 1 : le défi contre l’élément, la volonté de sauver l’environnement, ça vous dit ?

Voyageur 3 : la passion de naviguer…

Voyageur 1 : le plaisir de partir en mer…

Voyageur 3 : de faire le tour du monde en solitaire, ça vous dit ?!

Voyageur 2 : je partirai !

 

Scène 2 (Salle histoire-géo)

 

Deux autres voyageurs paraissent sur scène et s’affrontent dans un débat sur le voyage (sur le mode du crescendo)

Voyageur 4 : je partirai parce qu’en voyageant…

Voyageur 5 : parce qu’en voyageant, je réaliserai mes ambitions…

Voyageur 4 : je m’émanciperai…

Voyageur 5 : j’aiderai les autres…

Voyageur 4 : j’éprouverai ma vaillance…

Voyageur 5 : je verrai le vaste monde…

Voyageur 4 : je me sentirai libre…

Voyageur 5 : je changerai de vie…

Voyageur 4 : je découvrirai de nouvelles choses…

Voyageur 5 : je découvrirai de nouvelles filles…

Voyageur 4 : je découvrirai des saveurs nouvelles…

Voyageur 5 : je découvrirai de nouvelles cultures et de nouvelles religions…

Voyageur 4 : je découvrirai de nouvelles langues…

Voyageur 5 : I will change my mind…

Voyageur 4 : cambiero il mio spirito…

Voyageur 5 : je changerai mes idées…

Voyageur 4 : je changerai de métier…

Voyageur 5 : je changerai d’air…

Voyageur 4 : je m’émerveillerai devant les anciens monuments…

Voyageur 5 : je deviendrai loup…

Voyageur 4 : je deviendrai lièvre…

Voyageur 5 : je deviendrai cigale…

Voyageur 4 : je deviendrai pot de fer…

Voyageur 5 : je deviendrai grenouille…

Voyageur 4 : je deviendrai géographe…

Voyageur 5 : je deviendrai historien…

Voyageur 4 : je deviendrai philosophe…

Voyageur 5 : je deviendrai navigateur…

Voyageur 4 : je deviendrai petit Prince…

Voyageur 5 : je deviendrai grand !

 

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