Le gros problème de nos classes, c’est qu’il y a
toujours au sein d’un groupe d’une trentaine d’unités quelques élèves qui ne sont pas à leur place et qui choisissent, pour s’affirmer d’une façon ou
d’une autre, de déranger, de provoquer, de démonter… Bref de jouer les trouble-fête. Alors, ils se complaisent dans ce rôle...
Ils ont en général les faveurs de certains gamins plus rangés
qui trouvent amusantes les pitreries du bouffon et qui ne tardent pas à vouloir les imiter. Ceci pour commenter le proverbe :
Quand le loup est dans la bergerie, les louveteaux tendent la patte
Salvatore met Tiziana à l'épreuve de la langueur sur le ponton !
Les expressions du type « vouloir le beurre et
l’argent du beurre » sont courantes. Elles taisent un aspect bien réel dans ce qu’elles incriminent implicitement : la paresse intellectuelle et
physique. Toute entreprise suppose un engagement permanent, un réel investissement personnel que trop souvent, les individus dédaignent. Pour cela, je préfère le proverbe
suivant :
Le chat veut manger du poisson sans se mouiller la patte.
Formule qu’on retrouve sous une autre forme dans une pièce de Musset « Lorenzaccio » où un libertin qui guette sa prochaine proie déclare à
propos d’une femme qu’il juge un peu trop prude à son goût :
« Une chatte qui veut goûter des confitures mais qui a peur de se salir la
patte »…
Il y a un proverbe que je
détourne souvent en classe : « Femme fenestrière n’est pas bonne ménagère (écolière !)
Combien de fois
faut-il interrompre un cours pour ramener les yeux errants de telle ou telle sur le tableau… J’ai demandé à changer de salle cette année, préférant à
la vue sur la cour de récréation, la vue sur les arbres de la rue.
Ceci dit, le
proverbe est fort juste et combien d’Emma Bovary se sont laissé aller aux fenêtres ? Et quand les élèves sont vraiment trop loin, j’avoue que
moi-même me laisserais bien entraîner dans le frisson des feuilles à la crête des arbres !
Sur la place du village en Sicile, la chaleur monte...
Homme, il faut se taire pour écouter le chant de l’espace qui affirme que
l’ombre et la lumière ne parlent pas (ces gens méritent plus notre respect que notre curiosité : Monod).
C’est un proverbe
touareg que cite en le commentant l’arpenteur de désert qu’était le grand Théodore Monod. Je relis en ce moment des pages de Claude Lévi Strauss dont la leçon essentielle pour les générations futures est dans la même veine.
C’est aussi la grande leçon du
livre « Vendredi ou la vie sauvage », de son illustre élève Michel Tournier.
Les élèves apprécient en
général cette œuvre que je ne me lasse pas d’étudier avec eux : au lycée, c’était la version « Limbes du Pacifique », au collège, c’est la version « Vie
sauvage »…
Une baigneuse inattendue monte sur le ponton de la plage de Torremuzza...
Le lecteur se souvient peut-être que j’avais commencé dans ce blog une série
consacrée aux commentaires de proverbes et citations diverses (voir les articles aux alentours du 10 juin).
Je vais reprendre ce fil à partir de
demain, et je l’interromprai à chaque fois que l’occasion se présentera de compléter l’un des nombreux « dossiers » ouverts depuis cette rentrée scolaire.
Je rappelle que nous avions en juin dernier
commencé par une série de proverbes d’origine étrangère et destinée à réfléchir notamment en termes de pédagogie.
L'Americana fait scandale sur la plage de Torremuzza...
Littérature, écriture et voyage. Comment la lecture et le voyage nourrissent-ils la pensée et suscitent-ils, en même temps que le plaisir, la curiosité, l'écriture ?
Lien vers l'ensemble de mes livres :
http://ericbertrand-auteur.net/