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theatre au lycee

Répétition du 17.10

Publié le par Eric Bertrand

              La première répétition a lieu comme prévu. Après le passage des journalistes et d’une ancienne actrice très émue, (« la très talentueuse Rebecca Darlington » comme la présentait Ronald MacDonald dans le Ceilidh !) nous avons commencé le travail. Le groupe des adolescents est au complet et c’est Francesca qui manque à l’appel.              
Nous faisons donc travailler les scènes autour du ponton… Le groupe ne se connaît pas encore bien et je propose quelques exercices à la fois d’occupation de l’espace et d’articulation à partir des expressions italiennes présentes dans le texte : « Ciao ! », « Che calore ! », « Ecco l’Americana ! ».

 

              Outre le caractère linguistique de l’exercice (il s’agit de les faire collaborer à l’ambiance italienne), l’intérêt est surtout de les faire bouger dans l’espace, et d’indiquer quelques notions élémentaires de jeu : le rôle du partenaire sur la scène, les relations de force au théâtre, l’importance de la voix, du regard et du geste. Du contact et de l’ouverture à l’autre aussi car je décèle un peu de timidité et une tendance au « petit groupe », tendance qu’il faut abolir…

 

              Demain, je reviens sur les premières scènes.

 

hpim1174.jpgPorta Messina...

 


Rubrique Goncourt :
« Les Bienveillantes »
              La compréhension de ce roman dont il faut percevoir la profondeur passe aussi en amont par une réflexion sur les conditions du génocide. D’où le rôle du cours d’histoire dans cette approche d’une œuvre que je n’ai, hélas, pas encore lue !
Exposé de Mélinda : Mélinda est arrivée à lire environ 450 pages et elle trouve que la lecture en devient de plus en plus intéressante au fur et à mesure que l’on progresse dans l’œuvre. On rentre davantage dans la psychologie des personnages et dans l’analyse des éléments sociaux et historique…
Comprendre le contexte dans lequel agit le narrateur du roman
Anna Arendt : réflexion sur le régime totalitaire.
Il s’appuie sur la volonté de soumettre le plus grand nombre. Ce type de régime se met en place en s’appuyant sur les masses, ce que Ionesco a pu appeler « les rhinocéros ». Dans la masse, l’homme perd sa singularité et croit aveuglément ce que la tête lui demande de croire. Les règles élémentaires de la pensée sont abolies. L’esprit critique disparaît. Faute de mots, la pensée s’appauvrit et « s’exécute » au sens à la fois où elle se donne la mort et où elle obéit, elle suit « les ordres », sans comprendre. On peut évoquer en cela la société totalitaire imaginée par Bradbury dans Fahrenheit 451 où les livres ont disparu car ils sont considérés comme des ferments de danger.
Anna Arendt : les camps d’extermination.
Dans le camp d’extermination, le « programme » mis en place est un programme d’élimination systématique. Anna Arendt se pose la question suivante : comment exécuter un programme d’une telle barbarie ? Comme l’indique Lévi, ce ne sont plus des hommes qui sont éliminés mais des marionnettes humaines, de sorte qu’aux yeux des exécutants, l’exécution aille de soi. Extrait des Origines du totalitarisme dans lequel l’auteur explique que le camp d’extermination n’est pas seulement un lieu d’exécution mais un lieu d’expérimentation de la déshumanisation. Extrait de Si c’est un homme de Primo Lévi : l’arrivée au camp d’Auschwitz. L’auteur y explique le processus de destruction à laquelle le prisonnier du camp est soumis.             .
Anna Arendt. Le procès d’Adolf Eichmann ou la banalité du mal.
Un tel homme n’est pas un monstre (ce qui aurait été rassurant) mais un homme ordinaire. La réflexion avait été déjà menée par Robert Merle dans son livre : la mort est mon métier. L’auteur explique que le camp fonctionne de la même manière qu’une machine infernale, et que tout fonctionnaire l’actionne avec la même froideur que le personnage de Kafka dans la Colonie pénitentiaire. Le personnage (Rudolf Hoess, commandant d’Auschwitz dans la Mort est mon métier) est le produit d’une société totalitaire qui engendre des individus incapables de penser par eux-mêmes, des individus qui ont perdu ce qui caractérise l’exercice de la liberté et qui n’agissent que par rapport à ce qu’on leur a enseigné.
Extrait de l’interview de J. Littell et de Raul Hilberg sur France Inter. Raul Hilberg : la Destruction des Juifs d’Europe. Lecture d’un article de Claude Lanzmann dans « le Nouvel Observateur ». La question des limites de la fiction par rapport à la réalité effroyable d’Auschwitz.
 
Réaction de collègue :
Moi aussi, j'aime Gilles Lapouge et pour les mêmes raisons. Mais que 
ma lecture est lente ! Et après il me reste Nothomb pour la soirée.... 
Franchement, nos rencontres de demain ne m'enthousiasment pas. Pour ce 
qui concerne Bataille, j'ai l'impression qu'outre sa propension à la 
boursouflure, il a des problèmes avec la déontologie : son roman est à 
peu près une entreprise publicitaire-Grasset, chez qui il est lui-même 
éditeur, voire, me disait un copain libraire, secrétaire général.
En fait de chataignes, ce sera le Grand Théâtre de Troyes...
Au moins lis-je  le texte avec la voix de Lapouge dans l'oreille, et 
Giono & Pierre Magnan en arrière-fond.
"Professeur d'honnête homme", c'est charmant, non ?
A bientôt, et merci pour votre chronique bloguesque

 

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Retour aux planches

Publié le par Eric Bertrand

Début officiel aujourd’hui des répétitions. Je tire le planning afin que chacun mette à jour son agenda. La dernière avait pour objectif de fixer le texte et la distribution, mais cette fois, il s’agit de commencer à mettre en espace ce texte qui ne demande plus qu’à trouver des gorges et des planches.
              En principe, les acteurs avaient pour mission d’apprendre le texte afin de mieux « proposer » des manières de jouer. Il y aura une phase échauffement aussi, afin de souder le groupe. Françoise (Francesca) et Samantha (Lauredana) étaient absentes la dernière fois… Et puis nous attendons aussi la presse pour la présentation du spectacle.
 
Planning de répétition au Moulin à Sons
 
Les répétitions ont lieu :
Ø      entre 18 h et 19 h pour les claquettistes
Ø      entre 19 h 30 et 21 h 30 précises pour les acteurs.
 
Les dates proposées ci-dessous correspondent à la disponibilité du Moulin à Sons. Elles tiennent compte des périodes de vacances.
 
Il va de soi que chacun des membres de l’atelier s’engage à respecter une assiduité, condition nécessaire à la réussite du spectacle… Par ailleurs, d’autres dates seront proposées à l’approche du spectacle final afin d’intensifier les répétitions en présence des musiciens.
 
 
 
Mois
 
Répétitions les mardis…
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Novembre
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-          24 04
Mai
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-          29/05
 

 

HPIM1343.JPG"Porta Palermo", da Santo Stefano di Camastra.

Rubrique Goncourt :
 
« Les Bienveillantes » au programme ce soir, entre 15 30 et 17h30…
              La compréhension de ce roman dont il faut percevoir la profondeur passe aussi en amont par une réflexion sur les conditions du génocide. D’où le rôle du cours d’histoire dans cette approche d’une œuvre que je n’ai, hélas pas encore lue !
Exposé de Mélinda
Comprendre le contexte dans lequel agit le narrateur du roman
Anna Arendt : réflexion sur le régime totalitaire.
Il s’appuie sur la volonté de soumettre le plus grand nombre. Ce type de régime se met en place en s’appuyant sur les masses, ce que Ionesco a pu appeler « les rhinocéros ». Dans la masse, l’homme perd sa singularité et croit aveuglément ce que la tête lui demande de croire. Les règles élémentaires de la pensée sont abolies. L’esprit critique disparaît. Faute de mots, la pensée s’appauvrit et « s’exécute » au sens à la fois où elle se donne la mort et où elle obéit, elle suit « les ordres », sans comprendre. On peut évoquer en cela la société totalitaire imaginée par Bradbury dans Fahrenheit 451 où les livres ont disparu car ils sont considérés comme des ferments de danger.
Anna Arendt : les camps d’extermination.
Dans le camp d’extermination, le « programme » mis en place est un programme d’élimination systématique. Anna Arendt se pose la question suivante : comment exécuter un programme d’une telle barbarie ? Comme l’indique Lévi, ce ne sont plus des hommes qui sont éliminés mais des marionnettes humaines, de sorte qu’aux yeux des exécutants, l’exécution aille de soi. Extrait des Origines du totalitarisme dans lequel l’auteur explique que le camp d’extermination n’est pas seulement un lieu d’exécution mais un lieu d’expérimentation de la déshumanisation. Extrait de Si c’est un homme de Primo Lévi : l’arrivée au camp d’Auschwitz. L’auteur y explique le processus de destruction à laquelle le prisonnier du camp est soumis.             .
Anna Arendt. Le procès d’Adolf Eichmann ou la banalité du mal.
Un tel homme n’est pas un monstre (ce qui aurait été rassurant) mais un homme ordinaire. La réflexion avait été déjà menée par Robert Merle dans son livre : la mort est mon métier. L’auteur explique que le camp fonctionne de la même manière qu’une machine infernale, et que tout fonctionnaire l’actionne avec la même froideur que le personnage de Kafka dans la Colonie pénitentiaire. Le personnage (Rudolf Hoess, commandant d’Auschwitz dans la Mort est mon métier) est le produit d’une société totalitaire qui engendre des individus incapables de penser par eux-mêmes, des individus qui ont perdu ce qui caractérise l’exercice de la liberté et qui n’agissent que par rapport à ce qu’on leur a enseigné.
Extrait de l’interview de J. Littell et de Raul Hilberg sur France Inter. Raul Hilberg : la Destruction des Juifs d’Europe.
 
Jonathan Littel aux Ursulines
Véra Roth, la documentaliste du lycée Champollion à Lattes a  assisté à une
conférence de Littell au couvent des Ursulines, dont vous trouverez  le résumé. Jonathan Littel aux Ursulines le 4-10-2006 : en vrac
 
Introduction par le Professeur de Littérature Michel Didier de Toulouse : en 1 mois 250 000 ex vendus ; l’auteur ne souhaite pas évoquer sa propre biographie (on apprend quand même que les ancêtres sont originaires des pays de l’Est.) Les Bienveillantes sont plus ou moins son premier livre. Il n’y a pas de confusion entre la fiction et l’Histoire dans l’œuvre, c’est vraiment une œuvre littéraire : éléments d’amour, policiers, narrateur à la 1ère personne agit comme un filtre à travers lequel passe l’histoire.
Convention romanesque : le narrateur est un écrivain nazi brillant, le lecteur est confronté à un narrateur ou il est difficile de faire la part entre le vrai et le faux.
Genèse : l’auteur ne se trouve pas si jeune que ça, il y a eu avant l’écriture une multitude de déclencheurs dans le temps, il a choisi LE génocide européen pour toucher davantage le lecteur européen, et à cause de la disponibilité de la masse documentaire il avait aussi des raisons personnelles (pas de détails là-dessus).
Point de vue : choix du nazi car c’est l’acteur, construction du trajet géographique pour couvrir toute l’étendue de la destruction
Construction du narrateur : sociologique : caste des intellos du SD a vraiment existée : un milieu générateur de concepts. Niveau structurel : schéma de la tragédie grecque (Eschyle, les Atrides) lucidité par rapport aux autres personnages, car il est en décalage par rapport à son homosexualité. A travers ce filtre les autres sont montrés : oblige le lecteur de regarder les choses en face
Littell ne veut surtout pas imposer une seule lecture, le lecteur choisit son approche, il a écrit ce texte d’un coup, sans savoir ce que cela donnerait, à la relecture il voit des connections qu’il n’a pas vu à l’écriture.
La pensée raciale : n’est pas à l’origine antisémite (Disraeli était raciste, mais juif), la destruction des juifs était justifiée par des arguments contradictoires. Le national-socialisme était un terme du discours tout comme la démocratie pour nous, le christianisme au Moyen Age, il y a de l’idéalisme chez le narrateur, comme dans le bolchevisme qui a autant mené au génocide.
Citation p. 30
Exemple IG Farben : a expatrié ses employés juifs : « J’ai été obligé de faire ce que vous avec fait parce que j’étais juif. Quel choix ?
Ila tente une exploration, pas une démonstration, des hypothèses de travail : les monstres pervers existent, mais ce n’est pas la normalité du génocide. Les nazis avaient le devoir de surmonter l’humain pour devenir inhumain.
Inceste, homosexualité, matricide : Eschyle
Des Barrières sociétales doivent tenir contre la barbarie, comment on est élevé par ses parents, cela n’est pas suffisant pour résister. Il y des mécanismes sociaux qui se posent qui permettent l’horreur.
 
Réaction de collègue :
pour ma part, je n'ai pas encore mis le nez dans "Les bienveillantes", 
mais je sais déjà, à  ce que Sylvain m'en dit, que JE ne le lirai pas 
entièrement. Je ne pense pas que l'on puisse exiger des élèves de 
s'enfiler un tel pavé in extenso si la lecture leur en est pénible 
voire douloureuse. Je pense que s'ils sont capables d'exprimer ce qui 
dans le bouquin les rebute ou les dégoûte, c'est l'essentiel.
Y en a-t-il parmi vous qui aient écouté Boulin ? Pour ma part, j'étais 
en voiture et je n'en ai entendu que des fragments, mais à part le 
fait que Finfielkraut m'a eu l'air de déraper, j'ai cru comprendre que 
Boulin - qui a une manière tout à fait stupéfiante de parler de ses 
propres jeunesse-et-naïveté - confond littérature et tract, d'où son 
succès, en particulier auprès de certains jeunes. Pour les adultes, je 
m'interroge.
 

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Contrepoint : alchimie amoureuse

Publié le par Eric Bertrand

« Journal du 9.08 : Je crois avoir trouvé une solution à la difficulté de la scène en contrepoint qui est d’un bon effet scénique mais qui, en revanche dans le récit, nécessite une approche tout à fait différente : le jeu consistera à analyser ce que j’appellerai une alchimie de l’amour.
              Quels sont les ingrédients de l’éternel discours amoureux ? L’échantillon qu’en donnent nos deux amants est suffisamment représentatif des « fadaises » (le mot est de Nougaro) qui peuvent être débitées dans le jeu de la séduction.
              En même temps, par le jeu du contrepoint qui est ensuite reproduit sans la mention des personnages, je donne au lecteur l’occasion d’ouvrir la palette du discours... Ce ne sont pas les mêmes couples qui se parlent. D’un côté, le discours « impudique » et « direct » et, de l’autre, le discours « pudique » et « romantique »…

100-6783.JPG

Templi e turisti americani...

Rubrique Goncourt :Rencontre à Troyes, le 2 octobre 2006
 
              Une collègue de Troyes a assisté à des interviews qu’elle nous transmet généreusement… J’alimente donc cette rubrique par documents suivants, consacrés d’abord à Audouard puis à Bataille, Sneider est aussi annoncé... Pour les matinaux, Boulin ce matin sur France Culture à 9h00.
 
Quelques questions à Antoine Audouard
 
Comment avez-vous réagi à la sélection Goncourt ?
J’étais content, j’ai appelé ma maman.
 
Que pensez-vous de la démarche du Prix Goncourt des Lycéens ?
C’est la première fois que j’y participe. Mon fantasme de scène était de monter un groupe de rock, le PGL est une occasion de monter sur scène… Souvent, les écrivains et les éditeurs se plaignent de ne pas avoir de jeunes lecteurs, cette initiative est une occasion à ne pas laisser passer.
Quel livre vous a marqué ?
La Chanson de Roland, et plus particulièrement la scène où Roland sonne dans l’olifant. En écrivant mon livre, j’ai repensé à cette histoire.
 
Pourquoi écrivez-vous ? Ne redoutez-vous pas de ne pas être compris ?
 
Je me suis mis à écrire parce que je suis tombé amoureux. C’est banal, mais ça reste ça. Ne pas être compris, je crois que ce n’est pas ce dont il faut avoir peur. A un moment ou à un autre, quand on est dans une démarche avec une exigence personnelle, on n’est pas compris. Dans la vie d’écrivain, il faut accepter d’aller sur sa propre voie sans cultiver le goût de la solitude, sans la fête artificielle du succès. …
Un des textes auquel je pense souvent est le discours de réception d’Albert Camus pour le prix Nobel. Chaque ligne parle du métier. Lorsqu’il parle de la nécessité «  d’écrire à hauteur d’homme », il évoque en même temps la solitude et le rapport personnel à la beauté, tout comme l’appartenance de l’écrivain à la communauté des hommes : la notion de succès n’entre pas en ligne de compte. Le succès ne recoupe pas un chiffre de vente, mais une humanité, une fonction sociale de l’écrivain qui n’est pas un être extérieur, mais qui est relié aux autres.
 
Que pensez-vous du métier d’écrivain ?
Tous les gens de la chaîne du livre en vivent, les seuls qui sont dans une posture beaucoup plus délicate, ce sont les écrivains. Le livre constitue une toute petite industrie où la source de richesse, les écrivains, n’en vivent pas, en règle générale. Il existe quelques exceptions heureuses. Finalement, c’est un métier qui n’en est pas un.
 
D’où vient le titre de votre livre ?
Il est inspiré de la légende vietnamienne du début de l’ouvrage.
 
Et vos noms de personnage ?
Je case toujours le nom de copains. Karaz est le nom d’un joueur de tennis, il sonnait bien. J’utilise aussi le nom de gens que je n’aime pas.
 
Dans votre ouvrage, vous mettez en scène un fils à la recherche du père. D’où vous est venue cette idée ?
C’est une question qui se pose, celle du retour du père avant de mourir, d’un père qui ne l’a pas élevé. C’est arrivé à un ami. Son père était atteint d’une dégénérescence neurologique, sa dernière phrase a été « J’ai des choses à dire »… Il me semble que la transmission du silence doit être brisée, parce qu’on en a besoin pour vivre.
Votre livre a-t-il une dimension autobiographique ?
Je n’ai pas fait la guerre d’Indochine … Mon père est né au Viet- Nam en 1914 parce que son père était dans l’armée coloniale. Les traces qui restent sont une photo de lui dans les bras de sa nourrice tonkinoise, et le sabre du grand-père. Mon père dormait avec ce sabre quand on son père lui manquait trop. L’arrière-plan émotionnel est donc un peu autobiographique.
En fait, la fascination est née avec un pays, avec les gens, il y a une dizaine d’années. C’est devenue une obsession, et j’ai été fasciné par la beauté de ce pays, de ses paysages.
C’est aussi une lecture de l’histoire face à une guerre qui aurait pu ne pas être, une guerre qui nous a marqués et nous marque encore. Il s’agissait de garder une trace de cette,mémoire. Ce n’est pas une autobiographie directe, mais qui passe à travers la souffrance et la beauté, des émotions propres. J’ai essayé de rendre compte des deux faces de la médaille, de confronter la mémoire française à la mémoire tonkinoise.
 
Faut-il avoir honte d’être français ?
Dans nos guerres coloniales, les Français se sont alliés avec des gens qui ont cru en eux et les Français leur ont fait croire qu’ils allaient les aider. Il s’est passé la même chose en Algérie, on a assisté à un bégaiement de l’histoire avec le massacre de ces personnes.
C’est une tache dans notre histoire, quelque chose qui n’est pas souvent dit et il y a nécessité d’arriver à le dire, une nécessité d’accepter cette part de notre histoire.
Il ne s’agit pas de repentance ou de fierté, même pas d’ un « devoir de mémoire », mais du devoir de comprendre. On ne peut le faire qu’en se dégageant du devoir moral, de la question du bien ou du mal. Pour avoir la capacité dans l’avenir de donner une réponse meilleure, on a besoin de se replonger dans notre histoire, de savoir et de comprendre.
 
 Réaction de collègue :
Merci à babette nous avons vu Audouard,laurens et shneider j'ai regretté de NE pas avoir enregistré leur  contribution  .........
très étonnée de la gentillesse Des questions posées à Bataille,  nos élèves Ont été très durs avec ce livre   pour eux déplacé dans une Tel concours....
Schneider fut lumineux, chaleureux, attentif  , Laurens contrairement Au souvenir que j'avais d'elle fut assez coincée, impatiente et bien peu souriante, mais Le champion toute catégorie a été audouard, IL a su apporter l'humanité  et la sensibilité qui Ont donné l'envie de lire à ceux que Le sujet avait ennuyés.............     Riche , riche expérience , les élèves étaient enchantés et n'ont cessé d'en parler depuis.
       

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Découverte du texte et de la distribution

Publié le par Eric Bertrand

Nous avons occupé le Moulin à Sons hier pour la première répétition. L’occasion de travailler sur le texte de la pièce, en table ronde, avec une distribution qui est fixée. Du côté garçons, Salvatore, l’ex-Sheumas, Ronan Glaziou de 1ère S, Gigi, l’ex-Max, Matthieu Martinet de 2nde 4. Du côté filles, les nouvelles recrues, Gilda, Coralie Leffondré de Terminale STGC, Ornella, Hélène Bouquet de 2nde 4, Tiziana, Diane Chazenoux, de 2nde 4, et Lauredana, une certaine Samantha de 2nde qui n’a pu venir mais qui est intéressée par le rôle.
              Distribution qui s’est imposée sans difficulté, sans audition, presque naturellement, chacun ayant manifesté une préférence pour l’un ou l’autre des personnages. L’occasion ensuite « d’essayer le texte », de s’amuser sur certaines situations aberrantes, certaines réparties, pas si faciles que cela à dire…
              Nous avons aussi rencontré le reste de l’équipe des musiciens et techniciens, chacun est prêt pour le rendez-vous. Arlette ne connaît pas la sélection italienne que je lui propose, première étape : graver un CD pour qu’on en reparle… Prochain rendez-vous, mardi 17 octobre… Avec pour mission d’apprendre le texte !

100-6770.JPG

Nell'arena del teatro !................

Rubrique Goncourt : de l’utilisation du Goncourt en cours de français…
              Après environ un mois de cours intensif avec les 1ère L (emploi du temps chargé en lettres !) il est temps de voir comment utiliser cette « manne » qu’apporte le Goncourt. Comme dans certains romans, j’ai l’impression de tisser des fils qui finiront par se réunir au bon moment, lorsqu’il s’agira de raconter l’éternelle histoire de la liste de bac
              J’ai d’ores et déjà placé quelques textes en lecture analytique, des textes qui trouvent leur cadre dans le biographique, l’argumentatif, la lettre, la réécriture… D’autre part, j’envisage à partir de cette semaine une série d’exposés rapides sur chacun des romans afin d’orienter la lecture des élèves. De quelle façon ? C’est le thème de la rubrique de demain !
Réaction de collègue :
Quelques nouvelles du front sartrouvillois (78) : les 35 élèves semblent assez bien lancés dans les lectures, les livres tournent, certains -il fallait s'y attendre - s'ennuient sur certains romans (mais faut-il / peut-on tous les nommer des romans ?), mais comme ils ont la liberté de prendre et laisser un livre à leur gré, c'est moins de pression pour eux; L'une de mes élèves en est à son 5e livre. je cite son commentaire sur Nothomb : "j'ai rien compris, on se demande où elle veut en venir, et ce n'est pas non plus vraiment bine écrit : je l'ai lu deux fois pour en être sûre... et je pense la même chose après la deuxième lecture." D'autres, en revanche, ont aimé le vocabuliare facile à comprendre et les phrases pas trop longues... le 1er café littéraire est programmé lundi prochain, avec Nothomb, fleisher et les frères Poivre.
Nous qui rouspétons souvent après des élèves un peu trop bavards, les miens au contraire arrivent en classe, ouvrent leur livre et se mettent à lire; ce sont eux qui râlent lorsque je leur demande de livrer quelques impressions de lecture... les choses avancent doucement, mais, appremment, sûrement.
En ce qui concerne Bataille, même impression que vous tous pour ma part; Je me désespérais de n'y avoir paas compris grand chose en me traitant intérieurement d'inculte, mais je suis un peu soulagée de constater que les rares passages qui ont un peu accroché mon attention sont les mêmes pour d'autres. Quant au reste...
Ouest semble être déjà favori dans ma classe, lu par 6 -7 élèves.
 
je retourne à mes lectures et vous laisse aux vôtres, c'est que plus de 4000 pages (lun des léèves s'est amusé à faire le compte), ça ne se lit pas en 1 nuit (je ne suis pas Grasset !)
 

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Love affair : tomber amoureuse.

Publié le par Eric Bertrand

« Journal du6.08 : je continue la scène du ponton en soignant la relation entre les deux filles. Il faut montrer comment la présence de Gilda aide Tiziana à révéler la profondeur de ses sentiments. L’une est pudique et l’autre impudique. Ce qui les réunit, outre l’intimité du ponton, c’est qu’elles éprouvent le sentiment amoureux. Mais elles le vivent différemment.
              La beauté et l’élégance de Gilda doivent s’affirmer à la fois pour le lecteur et pour Tiziana qui se trouve comme envoûtée par ce qu’elle représente. Ce préambule prépare la scène à venir avec Salvatore. N’ayant pu travailler suffisamment hier, j’entame dans la foulée la scène suivante.
              J’y passe du temps d’autant que les problèmes informatiques viennent compliquer la saisie. Quand je suis absent de mon domicile, je travaille essentiellement sur un vieux portable Toshiba. J’enregistre sur disquette, mais seulement à la fin de chaque session. Les habitués de l’ordinateur connaissent ce genre de tracas : la machine s’est éteinte sans prévenir en plein milieu du travail et j’ai tout perdu…
               C’est difficile de revenir sur ce qui a été déjà fait. L’attrait de la découverte a disparu et je me demande si la « seconde version » est aussi bonne que la première. En tout cas, je retiens la leçon et j’emprunte un autre poste de travail… J’avance dans la scène avec Salvatore ; il subit d’abord une certaine attraction : Tiziana lui paraît plus attirante que de coutume dans ce cadre, mais son tempérament la rend plus désagréable. Il reprend le contrôle de la situation et décide finalement de se jouer d’elle : c’est par Ornella qu’il est attiré.

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Du côté de chez Marilyn, entre New York et Los Angeles...

Rubrique Goncourt : un peu d’Etats-Unis
Du côté lecture, j’avance un petit peu à la manière du rouleau compresseur. Un roman, peut en cacher un autre ! Derrière moi déjà, « le journal d’hirondelle », « le Bois des amoureux », « Ouest », « Fils Unique », « les Contours du jour », « Quartier général du bruit », « Disparaître », « un Pont d’oiseaux »… Je suis en ce moment dans le « Marilyn »…
              De ces lectures, quatre titres se détachent : « Ouest » d’abord, que je trouve écrit avec beaucoup de maîtrise et dont l’histoire est intéressante, « Fils unique », au rythme enlevé, le personnage en est intéressant et malicieux, « Journal d’hirondelle », même si les ailes de l’oiseau battent un peu dans le vide, l’intrigue est prenante et le livre se lit vite (ce qui, vu le contexte, est un avantage…), « Disparaître » enfin, parce que le dispositif narratif pour évoquer la figure de Lawrence me paraît intéressant. Les autres s’ils ne m’agacent, me laissent indifférents. Le « Marilyn », ne me déplaît pas. La personnalité de Marilyn est intéressante. J’ai en mémoire tous les beaux clichés si célèbres et qu’on feuillette en librairie à l’occasion d’une commémoration quelconque. Mais c’est surtout dû au fait qu’il me balade dans l’Amérique des années cinquante, entre des lieux aussi mythiques que Los Angeles et New York… Si le lecteur se souvient, c’est l’axe romanesque et « logistique » de « la Route, la Poussière et le sable », d’où la photo clin d’œil que j’ai choisie ce matin… Ce voyage en stop aux Etats-Unis était aussi lié à la fascination pour les grandes figures du cinéma américain.
Réaction de collègue :
Allez tenons la barre! Une note positive : Léonora Miano que je viens de finir. Une écriture fine , ciselée, une histoire émouvante et bien construite (quoique plus inégale au milieu du livre quand elle décrit les errrances de Musango...est ce volontaire? Pour ma part je le pense)....Merci à elle, et vous qu'en pensez vous?
A Angers, les élèves préparent leur premier "repas littéraire" durant lequel ils débattront avec d'autres élèves, profs ou personnels administratifs... Ils sont stressés mais cela les motive. Ils travaillent aussi pas mal avec la radio scolaire : au programme: une chronique par semaine de 15min et une fois par mois une heure d'émission... Ils Adorent et je suis surprise car les plus timides en classe sont les plus volontaires pour cette activité.
 

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