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theatre au lycee

Répétition du 17 mai : la générale

Publié le par Eric Bertrand

              La répétition générale a donc eu lieu. Et comme d’habitude, c’est la panique... Des musiciens manquent à l’appel, les comédiens ont des trous, les liaisons entre les scènes manquent de rythme, les éléments de décor ne sont pas en place, les diapositives ne passent pas ou le projecteur s’emballe ou se lance dans un monologue édifiant, les journalistes des trois journaux locaux passent prendre des informations, des photos, interrompent la difficile mise en place, ne comprennent pas, posent des questions, collaborent aussi à leur manière à l’impression de chantier qui fait aussi partie du spectacle.
              Il fut un temps où nous prenions peur, où nous nous disions qu’avec une telle pression sur les épaules, nos acteurs, nos musiciens (qui sont pour la plupart des adolescents), ne seraient pas prêts pour le grand moment et offriraient un spectacle pitoyable et rédhibitoire. Cependant, et nous nous accordons tous à le dire, malgré les défauts que je viens de signaler, il y a eu pire dans les années antérieures. Prenons par exemple le cas du « Tennessee club », le plus récent ! Quelle pagaille à quelques jours de la date fatidique et pourtant, quelle réussite, quel moment extraordinaire offert à chacun…
              Pour parler plus techniquement, nous avons testé l’organisation proposée sur le papier et les éclairages mis au point par Alain. Quelques légères modifications. Notons surtout, du fait de la durée et du charme aérien de certains morceaux de musique, la décision de laisser le fond de diapos sur les deux premières scènes de l’acte 1. Ceci dans le but de planter davantage le décor et de laisser le spectateur savourer l’atmosphère
 

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Ackergill Tower from the sea...

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Entrées, sorties, mouvements de scène...

Publié le par Eric Bertrand

             Patience pour ceux qui attendent les fameuses révélations annoncées à propos du voyage en Écosse… Je n’ai pas encore dit l’essentiel, notamment en ce qui concerne les châteaux et ce que j’en ai appris. Mais les événements se précipitent et l’approche du spectacle m’amène à focaliser les articles essentiellement sur le travail préparatoire à la pièce. Cet après-midi, répétition générale au Moulin à sons. Tous les partenaires doivent se retrouver et les jeux de lumière vont compléter les jeux de scène et les différents déplacements qui impliquent à la fois les musiciens et les comédiens. Afin de faciliter les repérages de chacun, j’ai coutume avant chaque spectacle de préparer un tableau comme suit afin que tout le monde, les égarés et les distraits, les angoissés et les faux calmes s’y retrouvent.
 
Entrées et sorties, mouvements de scène, accessoires…
 
Liste des accessoires
 
Diapos. Table d’échecs et figurines. Portable. Bouteilles. Cigarettes. Jambé. Poulet. Chaudron. Bouteille de whisky
 
Ouverture
Lever de rideau : côté cour, une grande harpe pour suggérer l’ambiance surnaturelle. La table d'échecs, pour suggérer l’ambiance machiavélique. Côté jardin, les instruments qu’on ne peut bouger. Diapos.
 
Acte 1
 
Scène un : le synthétiseur, la flûte et le violon sont en place pour le premier morceau : Donnie Munroe, « Calum Sgaire » (CD : plage N°1). Ce morceau est joué avant l’entrée de Heather et Max. À la faveur d'un premier noir en fin de scène pour suggérer le changement de lieu (on passe du bord de la falaise à l'hôtel), le premier groupe de musiciens sort pendant que rentre le suivant : synthétiseur, guitare, clarinette, violon, chant.
 
Scène 2 : Lorsque Sheumas entre, les musiciens accompagnent sur le Run Rig : « Pog aon oidhche earraich » (N°2). Voix : texte en écossais. A la fin de scène, Sheumas enlève sa table d’échec.
 
Scène 3 : Sarabande des sorcières et mise en place du groupe clavier, synthétiseur, guitare pour Mylène Farmer : « avant que l'ombre ». (N°3) Les sorcières ressortent avec les musiciens.
 
Scène 4 : Pendant le noir, un morceau de composition au synthétiseur crée une ambiance Hitchcock. Rebecca avance d’abord sur fond rouge et musique. Puis Ronald. Le seul élément musical qui sera associé à ce long passage sera le jambé. La fin de la scène et de l'acte retrouve la musique Hitchcock qui permet en même temps d'assurer le passage à l’acte 2.
 
Acte 2
 
Ouverture : Se mettent en place côté jardin, violon, violoncelle, accordéon, guitare, accordéon chromatique. Les acteurs ont préparé le décor du pub : table et chaises côté cour. Le verre qui doit servir à la scène de spiritisme.
 
Scène un : au pub : Silly Wizard, « Bridget o’Malley » (n°4). Lou fait son tango. « Gottam Project » (n°5). Excitation des sorcières : (c'est la scène du poulet qui vole). Epouvante des musiciens qui sortent de scène. Heather et Max, eux-mêmes interloqués, avancent avec précaution vers le cercle des sorcières.
 
Scène deux : ultimes plaisanteries avant la musique du ceilidh. Diana propose « On va danser ? » : Lou enlève la table, pousse les chaises, Diana va chercher le groupe guitare piano et chanteuse pour la chorégraphie claquettes sur « Di ni mi » de Run Rig. (n°6) Applaudissements, sortie du groupe musiciens et entrée des autres groupes (le violoncelle et la chanteuse, de la harpiste côté jardin) introduits par Sheumas et moi-même qui vais dire le texte en gaélique.
 
Scène 3 : Présentation du cadre de cette histoire, avec support diapos pendant le texte de Rebecca et Sheumas. Après Ronald, musique : Clannad : « fairy queen » (n°9). Noir : nous sommes au XVIIe siècle, c'est l'histoire de John Sinclair qui commence.
 
Scène 4 : John grave « no hope » sur le mur.
 
Scène 5 : George entre avec le poulet qu’il met sur le coin avant de le lancer à son frère.
 
Scène 6 : Ronald entre, pose la bouteille de whisky sur le côté. La confiera à son fils au cours de la scène. Quand il se retrouve seul, pendant le monologue, Georges boit et invoque les « démons de la nuit ».
 
Scène 7 : Cohorte des sorcières et des musiciens : chant, batterie, pour le second morceau de Mylène Farmer et le ballet de claquettes sur « Fuck them all ». (n°8) Les sorcières repartent avec leurs musiciens. Noir. Installation du groupe harpe flûte
 
Scène 8 : Lumière sur Fiona. Retour des sorcières. Au moment où Fiona se jette dans le vide, musique Clannad : « Theme from Harris Game ». (n°7) Noir.
 
Scène 9 : Retour cachot de John. Georges entre avec sa bouteille. Mort des frères ennemis.
 
Scène 10 : Sorcières et musiciens : Noir.
 
Epilogue
 
Installation des musiciens (accordéon guitare clarinette, accordéon, synthétiseur, flûte).
Musique : Silly Wizard, « The fisherman lament » (N°10)
Relais sur la scène : Sheumas rame. Dernières paroles de Lou.
Musique : Silly Wizard : « Hame », (N°11) Support du texte.
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Put the light on the stage !
 
 

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Répétition du 11.04

Publié le par Eric Bertrand

Petite parenthèse dans le parcours gastronomique afin de revenir sur la répétition de mardi soir. Les répétitions en nocturne ont un certain charme et elles fonctionnent bien. Tous les comédiens sont présents et notamment Françoise dont la présence dynamise le trio des sorcières. Extravagantes, odieuses, obscènes, lubriques, épouvantables, hystériques… Les adjectifs ne manquent pas pour qualifier les trois complices, celles que Heather appelle « les créatures du Master of Caithness ». Cela indique à quel point elles sont « théâtrales », à quel point elles existent pour être incarnées sur la scène surtout avec le brio et l’énergie qu’y mettent les actrices. Les accessoires, les costumes et les jeux de scène ajoutent aussi une touche supplémentaire à l’interprétation débridée : longue tenue noire de la danseuse argentine Lou, chapeau haut de forme et fioles de whisky dans la poche du manteau de Diana, casquette de rappeuse de Suzy… Il faut les voir mener leur sarabande, d’autant qu’elles se sont échauffées dans une salle à côté… Je cite Le Ceilidh, dans sa partie récit s’efforce de mettre en avant le ridicule et le grotesque mais, quand le texte est à ce point joué, difficile d’égaler en intensité le résultat sur la scène !
 
« Diana distribue des cigarettes. Elle porte un chapeau haut de forme et un large manteau aux poches creuses. Sa voix aigrelette perce les tympans et agace les oreilles. 
« C’est quand même dingue, ça ! Il est 18h30, on est en plein centre ville, et on ne croise pas un chat ! »
         Par désoeuvrement, Suzy pioche régulièrement dans la poche du manteau. Noyée dans son vaste blue-jean, elle flotte dans une toile dont la surface varie en fonction de la prise au vent.
         Mais peu de vent dans les voiles.
         Elle se déplace mollement.
         Le slip saillant, la raie des fesses en perpétuel délit d’exhibition.
         Une tranquille assurance. Une arrogance bienheureuse, dans la fumée de cigarette. Ses chairs sont roses et flasques. Deux joues blanches, pigmentées de taches de rousseur, une poitrine abondante, lâche, un magasin de nicotine qui a pignon sur rue. »
 
              J’ajoute le petit article proposé au mensuel « le Cri de l’Ormeau », pour la promo du spectacle, il doit sortir prochainement :
« Mardi 30 mai à 20h30 au Palais des Congrès et vendredi 2 juin, à 20h30 au Moulin à Sons, la troupe de l’Atelier d’Expression Artistique du lycée Fulgence Bienvenue présente son nouveau spectacle en collaboration avec la troupe des claquettistes et les musiciens du Moulins à Sons. « Le Ceilidh », tragédie d’Eric Bertrand (Editions Aléas, 2006). Venez vous plonger au cœur de la légende, dans l’atmosphère à la fois mystérieuse et tragique des Highlands d’Ecosse. Renseignements sur le site de l’atelier d’expression artistique du lycée : http://www.atelier-expression-artistique.com et sur le blog http://genese.over-blog.com »
 

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Ackergill Tower from the other side.

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Les comédiens dans les classes

Publié le par Eric Bertrand

Outre le résumé et la question du théâtre dans le théâtre qu’il faut clarifier, je crois que les élèves ont tout intérêt à programmer lors de leurs passages dans les classes, des choses simples : choisir un extrait, le jouer après l’avoir situé. Pour le théâtre dans le théâtre, il est plus concret de présenter tout simplement les deux personnages que chacun d’eux joue et d’effectuer en même temps une petite analyse de personnalité. Quand j’ai écrit ce texte, je m’intéressais à la question de la distribution au sein d’une troupe : il y a donc une secrète correspondance entre ce que les comédiens sont dans le réel et ce qu’ils sont quand ils jouent (à la fois dans Macbeth et le Ceilidh) Voilà donc le genre de présentation qu’on peut proposer :
-         Je suis Ronald Mac Donald et je suis ambitieux, sadique, jouisseur. Un peu faible aussi, j’ai besoin des femmes pour me réaliser, comme mon personnage Macbeth, et je suis diabolique, comme Sinclair qui est un tyran sans pitié puisqu’il tue son fils.
-         Je suis Sheumas et je suis le bras droit de Ronald. Je suis fourbe, manipulateur, comme mon personnage de Georges, le frère de John. Je voudrais le pouvoir et, comme je le dis dans la pièce, « quand on veut le pouvoir, on avance masqué »
-         Je suis Max, je suis idéaliste et romantique. J’aime Heather et je suis sur mon petit nuage. Comme mon personnage dans le Ceilidh, John Sinclair, qui espérait renverser la tyrannie de son père et réaliser un idéal de justice avec sa fiancée Fiona, je suis tendre et naîf.
-         Je suis Heather. Je suis écossaise. J’ai accompagné Ronald dans sa visite du Caithness et j’ai eu une aventure amoureuse avec lui. Mais je découvre le grand amour aux côtés de Max qui joue, comme un fait exprès, mon fiancé dans la pièce. Je suis en effet Fiona, l’unique amour de John. Nous sommes un couple romantique.
-         Je suis Rebecca, je suis la maîtresse de Ronald et j’ai joué Lady Macbeth dans la pièce. Je suis, comme mon personnage, exaltée et j’ai de la démesure en moi. Notamment, je soupçonne Heather d’avoir couché avec Ronald, ce qui justifie ma jalousie et ma haine, d’autant que je n’ai pas de rôle dans la nouvelle pièce.
-         Nous sommes les trois sorcières et nous jouons les muses du Destin dans le Ceilidh après avoir joué les sorcières dans Macbeth. Nous disons simplement le texte qu’a écrit pour nous Ronald. Seule Lou sait que le texte est à double tranchant puisqu’elle est la maîtresse secrète de Ronald et qu’elle sait que toute la pièce est une sombre machination qui prépare le drame final.

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Interdisciplinarité pour préparer le ceilidh

Publié le par Eric Bertrand

A l’approche de la représentation, nous souhaitons réaliser comme à chaque fois que nous proposons un spectacle au lycée, une action de sensibilisation auprès des élèves, et ceci peut se faire de différentes façons. Le mieux serait de consacrer une séance à la pièce, à ses personnages et à quelques extraits… J’ai distribué des indications dans les casiers des collègues, mais cela ne suffit pas et il est beaucoup plus stimulant d’avoir l’occasion d’échanger de vive voix avec les gens les plus motivés. Inutile de forcer ceux qui n’y voient aucun intérêt.
              Certains collègues ont déjà proposé spontanément quelques idées d’exploitation. J’aime quand l’occasion réveille (chez des gens que je ne connais pas toujours bien) des passions enfouies… En tout cas, c’est très appréciable de ne pas se sentir seul face à la masse de travail à accomplir. Car, malgré son caractère plaisant, le Ceilidh n’est pas une pièce facile d’accès. C’était le cas du Tennessee, du Loft, de Gainsbourg, de Jack : à chaque fois, il s’est trouvé quelqu’un pour me faire remarquer qu’il « fallait s’accrocher ». La facilité ne m’intéresse pas. Il faut tirer les élèves vers le haut et exiger un effort de leur part.
              Une collègue de français a intégré le Ceilidh dans sa liste de bac en première L,  dans la catégorie : « écriture et réécriture » : en effet, le Ceilidh offre à la fois, une réécriture de Macbeth et une réécriture interne (de la pièce au récit). Je programme une intervention dans la classe en mai prochain.
              Une collègue d’anglais me propose également d’aborder à cette occasion le théâtre de Shakespeare, les thèmes, les personnages, les sorcières… Et puis les comédiens envisagent une tournée dans les classes (quelques pistes demain) Ainsi, en amont, la sensibilisation à la référence shakespearienne constitue une excellente approche du Ceilidh. Les élèves ne pourront être que réceptifs.

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