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theatre au lycee

Harpe, claquettes, éclairage : répétition du 5.04

Publié le par Eric Bertrand

              C’est la première « générale » avec les musiciens. Il y a de l’électricité dans l’air. Tous les musiciens ne sont pas là, certains sont égarés. Il y a cependant un peu de monde en salle et cela suffit à perturber les comédiens. Signes de cette « perturbation » : tendance aux bavardages, précipitation dans le débit du texte, trémolos dans la voix, sublimation des ressources (car le trac est aussi favorable au renouvellement et à la créativité de l’acteur… C’est  fonction de la personnalité…
              Autre complice, considérablement impliquée dans cette répétition : Arlette, qui dirige et qui place ses musiciens. Tout est écrit sur le papier, mais du papier à la scène, il y a plus d’une ligne ! Il faut transporter les instruments, les placer de façon à ce qu’ils livrent la plénitude de leurs sons. Et de façon à ce que les musiciens soient à leur aise pour laisser libre cours à leur talent. Et ils en ont, du talent... Magnifique moment de harpe accompagnée de deux flûtes sur un air de Clannad, surprise du ballet claquettes avec le groupe au complet (ce qui accentue l’effet festif caractéristique d’un ceilidh), rythme du groupe jazz qui exacerbe les sorcières.
              Dans cette approche de ce qui sera la réalisation du spectacle, la lumière manque cruellement. Julie, notamment, a livré toute sa mesure, mais à cause du contre-jour, on a perdu beaucoup de son jeu de scène. Je rencontre en mai le technicien afin de régler la question de l’éclairage. Il faut aussi que, d’ici là, je choisisse les diapos. Tout cela devrait fonctionner beaucoup mieux lors de la prochaine générale, le 17 mai. Comme nous nous le sommes dit à l’issue de la répétition, cette année,  nous avons le temps de voir arriver !
On the way to Orkney : the Old Man of Hoy. 
 

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Histoire de Mélody Nelson

Publié le par Eric Bertrand

Avant de revenir sur la répétition d’hier, je boucle aujourd’hui le cycle consacré à Gainsbourg et reviens sur « Histoire de Mélody Nelson »… C’est de loin mon album préféré. Peut être parce que la musique porte en elle cette épaisseur de souvenirs (et de visions) que j’évoquais hier, sans doute aussi parce que je trouve que les textes et les images y sont d’une beauté saisissante. L’évocation de la Silver Ghost de 1920 du début et des sorciers indigènes qui « invoquent les jets dans la jungle de Nouvelle Guinée » ont une dimension surréaliste qui me fascine… Dans mon avant-dernier recueil, Nouvelles pour l’été (Aléas, 2005), j’ai consacré toute une nouvelle (à cette chanson qui me donne l’occasion d’une réécriture du texte d’ouverture de l’album puisqu’elle évoque l’accident d’un quinquagénaire qui roule vitres ouvertes « en écoutant Gainsbourg », au volant de sa grosse voiture, et qui ne peut éviter une jeune patineuse. J’en livre le début dans les lignes qui suivent :
 
« C’est la fin de la journée, centre-ville. L’air est chaud et mêlé de courants tièdes, portes qui claquent, gaz d’échappement, micro-ondes et fours à pain. La vitre ouverte, tout doucement, 30 kilomètres à l’heure, les pneus glissent, le bitume est sur le point de fondre. Le doigt sur l’autoradio, option CD. Forcer sur les aigus, monter le son, choisir le bon disque, se caler dans le siège pour l’écouter. Sur les trottoirs à droite et à gauche, les passants valsent doucement, skaï, cuirs, stretch, soie, jean, lin, coton, nylon, shorts, tee-shirts, casquettes à visières, lunettes de soleil, débardeurs, décolletés, pieds nus, espadrilles, hauts talons, Lévis. Coups de klaxon pour attirer l’attention. Baisser encore un peu la vitre, sourire, mot doux, saillies, esquisses… même à trente à l’heure, ceinture de sécurité, impact violent.
 
Amazone modern style, une imposante voiture noire avance le long du Faubourg Saint Germain. Une musique sourde fait frémir le poitrail du monstre, et les pneus neufs claquent comme des éperons. Les vitres sont ouvertes, il fait bon en ce soir du mois d’août.
Au volant du véhicule, ancien modèle prestigieux, Silver Ghost de chez Rolls Royce, un homme au visage émacié, mal rasé, se laisse aller au plaisir du désoeuvrement.     
Déjà trois fois qu’il passe sur le faubourg.
De gauche à droite, ses yeux oscillent sur les trottoirs. Il conduit à peine et ses doigts caressent le tableau de bord. Douceur absolue, souplesse des pneumatiques épais, cuir des sièges, la souveraine voiture l’emmène quelque part. A la vitre un mégot de soleil rouge, silence religieux pour écouter « l’Histoire de Mélody Nelson » et la répandre dans la rue… Divinité masquée sous l’immense capot, le moteur officie quelque part, indifférent aux mouvements d’ailes qu’exécute, dans les ombres projetées, l’éclat de la peinture noire. Et la Rolls lascive s’alanguit dans la torpeur d’un moment qui pourrait bien durer jusqu’au bout de la nuit.
 
Cheveux de feu, petit boléro noir, caleçon rouge vif, une adolescente en scooter s’amuse à sillonner entre le trottoir et la rue. Comme si la musique l’avait déjà rejointe, elle offre au passant un spectacle de danse improvisée. Les yeux verts et longs, très maquillés, incandescents, allument des projecteurs dans les coins sombres. Cheville fine et tendue, svelte et sensationnelle patineuse, elle suit sa courbe ascensionnelle et sans issue, s’évanouit, réapparaît à l’angle des rues, passages cloutés, culs de sacs, stationnements interdits par la loi…………………………………………. »
 

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"Hautaine, dédaigneuse, tandis que hurle le poste de radio couvrant le silence du moteur, l'esprit ailleurs, elle semble tout ignorer des trottoirs que j'accoste..."

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Gainsbourg et l'Ecosse

Publié le par Eric Bertrand

C’est en Ecosse, au cours du premier voyage en train déjà évoqué dans le blog, que j’ai découvert Gainsbourg. En Ecosse et sur les bords du lac Windermere. Nous venions de décrocher notre bac littéraire et après l’étude de Ronsard, mon copain, Henri, et moi trouvions dans ce Gainsbourg aux accents de Cassandre, d’autres roses et d’autres mignonnes ! Pour accompagner la réussite, je m’étais acheté l’album « Histoire de Melody Nelson » et je n’avais pas encore eu le temps de le prêter à « Sir Henri » (il revendiquait ce surnom, signe de l’élégance du dandy)
              Au moment du départ pour les îles britanniques, j’avais tout le disque bien en tête, et je lui récitais des extraits entiers, et je lui racontais les différents « chapitres » de ce concept album découvert juste après « l’Homme à la tête de chou ». Il n’en revenait pas. L’audace des images, le son des mots, l’érotisme des situations. J’ai vu Sir Henri s’extasier devant les « variations sur Marilou », et « la nuit bleue lavasse de sa paire de Levis »… Et le paysage britannique s’imprégnait imperceptiblement de la coloration du disque, reflets des lacs, bruyères mauves et blanches, moutons égarés, murets en pierres grises, grosses voitures métallisées, petites routes sinueuses et « passing places », Jaguar type E, Silver Ghost… et quand j’entends aujourd’hui cet album, immanquablement il a pour moi les couleurs mordorées de cette fin d’été à Windermere et au Caithness…
              « Tu t’appelles comment ? Melody. Mélody comment ? Mélody Nelson. »

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Le retour de Gainsbourg

Publié le par Eric Bertrand

              Cela n’a, apparemment, aucun rapport avec l’Ecosse mais j’expliquerai demain et après demain pourquoi Gainsbourg est profondément associé à l’Ecosse et à mon travail d’écriture. Par ailleurs, ce blog se veut aussi décryptage des projets littéraires en cours et à venir, et, dans cette optique, je dois noter que j’ai entrepris la semaine dernière une manœuvre qui consiste à rentrer en contact avec les ayants-droit de l’artiste. Je viens enfin de trouver un moyen (fiable) pour leur faire parvenir le texte de l’Homme à la tête de chou et au cœur d’artichaut. J’avais laissé dormir dans un tiroir ce texte que j’apprécie beaucoup et puis, réveillé par cette période de commémoration de la mort de Gainsbourg où beaucoup d’émissions, d’articles et d’ouvrages sont dédiés au maître, je viens de l’exhumer via la SACEM… Je m’explique…
              L’histoire de l’atelier d’expression artistique du lycée est marquée par le spectacle monté en 2002 sur Gainsbourg : me nourrissant de cette œuvre que je connais bien et que je sais traversée par des courants anglo-américains (Lewis Caroll, Nabokov, le film « Bonnie and Clyde » de William Penn …) j’ai écrit « l’Homme à la tête de chou et au cœur d’artichaut »… Mon objectif : imaginer un scénario qui puisse intégrer le maximum de références à Serge. Cela va des premiers textes aux derniers, composés notamment pour Jane Birkin. A l’époque de la création de la pièce sur la scène du Palais des Congrès, intégrer des claquettes et des références à l’anglais ne posait aucune difficulté, bien au contraire… Il y a dans Gainsbourg un rythme particulier en même temps qu’une poésie et un sens dramatique qui conviennent particulièrement bien à la scène … Le problème auquel je me suis heurté en 2002, c’est celui des droits d’auteur, d’où le rejet de toute possibilité d’édition… Des infos sont disponibles sur le site pour ceux qui veulent en savoir un peu plus mais pour ne pas m’égarer, je reviens demain à mon propos : Gainsbourg et l’Ecosse…

Rue de Verneuil

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Journée portes ouvertes

Publié le par Bertrand

Seconde parenthèse avant de retrouver Ossian demain. Elle est liée à la répétition qui vient d'avoir lieu comme indiqué dans une salle de classe. Cinq sur huit des acteurs étaient présents, les autres étaient empêchés. Dans une atmosphère très décontractée, nous avons pu ajuster certains moments de la pièce et profiter du passage de nombreuses personnes intéressées, certains se sont même assis, ont commenté, suggéré. L’après midi, Jenny, Françoise et Angeline ont mis au point leurs ballets jazz et tout s’est bien passé.
              C'était donc l’occasion de montrer les coulisses du théâtre au lycée. Le principe est de diffuser la pièce et de la rendre accessible le spectacle dont la date approche. À ce sujet, j'ai mené deux actions au sein de l'établissement : à l'occasion du bac blanc de français, j'ai proposé dans le corpus des textes donnés à étudier, un extrait du Ceilidh. Il s'agissait de la scène quatre de l’acte un qui se joue entre Rebecca et Ronald. Le texte trouvait sa place dans un ensemble qui donnait à réfléchir sur les scènes d'affrontement où un personnage est jaloux et l'autre tente de se défendre.
              D'autre part, le proviseur adjoint a préparé une circulaire destinée aux professeurs de lettres et d'anglais du lycée afin que les collègues préparent leurs élèves à assister à la représentation. J'ai ajouté à cette circulaire un texte de deux pages visant à exposer dans ses grandes lignes le contenu du travail. Je n’ai rien fait d’original, simplement repris les deux pages qu’on trouve en annexe du Ceilidh et que j'ai baptisées « Exploitation pédagogique ».
              Lorsque j'ai proposé aux comédiens de l'atelier de faire eux-mêmes une présentation au sein de leurs classes (il s'agit de la première S1, et des secondes 1 et 5, Julie étant déjà intervenue dans sa classe de terminale L), ils ont accueilli l’idée avec beaucoup d'enthousiasme et m’ont même proposé de le généraliser à toutes les classes. Par conséquent, dès lundi, ils semblent prêts à s’organiser… La présentation du Loft History 2084 en 2003 avait donné lieu à des débordements au niveau de spectateurs les plus turbulents qui étaient venus en masse et qui avaient lâché prise ou ne s'étaient pas suffisamment impliqués dans l'écoute. L'année suivante, pour que la chose ne se répète pas, j'avais mis au point une stratégie : une présentation de la pièce dans toutes les classes. C'était un travail de Romain et j’ai refusé de recommencer cette année même si, en 2004, pour le Tennessee club, la récompense avait été une magnifique audience de la part des spectateurs. Je crois qu'en adoptant une telle stratégie, chacun y trouvera son compte. Je remets à la fin de cet article le plan de cette fameuse « exploitation pédagogique », mais il y aura quelque chose en plus pour ceux que les élèves viendront visiter… C’est cette possibilité de demander aux acteurs, puisqu'ils seront présents, de jouer une «  bande-annonce » comme nous l'avions fait au milieu de la cour de récréation les années précédentes…
 
Intro : le principe et le fonctionnement de l’atelier
1. La réalité et la fable.
2. « le Ceilidh », une pièce dans la pièce. Un procédé cher à Shakespeare.
3. Les échos à « Macbeth »
-          Une troupe qui a joué Macbeth et qui monte le Ceilidh
-          Le climat de la tragédie.
-          Le fonds historique 
-          « La machine infernale » de la tragédie 
-          Le personnage de Lady M 
Conclusion : Une fenêtre ouverte sur l’Ecosse
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Sunset on the cliff on a bright spring evening
Noss head (collection personnelle)

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