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theatre au lycee

Spiderman... Répétition du 7.11 (2/5)

Publié le par Eric Bertrand

              La scène du bar commence à être rodée même si les vacances ont pour effet de gommer les trouvailles de la fois précédente. Il faut y revenir un peu pour les fixer davantage. Les comédiens travaillent encore trop avec le texte et cela les gêne dans certains jeux. Notamment au moment où Salvatore saute sur la table du bar comme sur le ponton pour se positionner comme les héros de cinéma qu’il a vus sur la toile au cours de l’été précédent. Il faut qu’il mette en place une chorégraphie qui lui permette de travailler davantage sur les postures. Texte en main, il perd de son efficacité.
 
« Salvatore : (visiblement agacé, il mime ce qu’il dit) : tu es dans l’eau tiède, tu nages… La mer glisse autour de toi. Tu la sens couler tout au long de ton corps. Elle se noue à tes jambes, elle caresse… Le ponton se rapproche. Tu t’agrippes aux planches sur le bord. Tu cherches les barreaux de l’échelle. (Progressivement, il s’exalte) Tes pieds s’accrochent. D’un coup de biceps, tu te hisses sur le ponton, et hop, en scène !... Soudain, le monde a changé !... Tu te retrouves là, debout en pleine mer, tu regardes l’horizon ! « James Bond ! Titanic ! Superman ! Batman ! Spiderman ! »… Tu imagines ce que tu veux ! Tu fais ton cinéma !... Et si, par hasard, il y a une fille sur le ponton, tu en fais ta partenaire, c’est encore mieux !... Tu la fais entrer dans ton jeu. Tu lui donnes la réplique ! »
 
 
 

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Il sorriso della "Befana sotto le stelle"...


 
 
Rubrique Goncourt
NB : j’accompagne ce matin la déléguée chargée de representer le choix de la classe aux délibérations à Rennes (ddans le désordre, Littell, Nothomb, Poivre d'Arvor). Rendez-vous à 9h15 pour l’ensemble des délégués et de leurs profs au centre-ville… A suivre !
 
Lecture des Bienveillantes (1/7)
 
              Début de la lecture du « pavé »… Lorsque je referme l’ouvrage pour aller le déposer quelque part ailleurs (au cours d’une journée, je ne lis jamais deux fois de suite dans le même endroit), j’ai l’impression de tenir un ballon de rugby, avec l’intention, du fin fond du terrain, de vouloir défoncer les lignes ennemies qui se dessinent dans un lointain inaccessible… J’aborde aujourd’hui, 23 octobre, cette partie appelée « Toccata » dans laquelle le narrateur explique que ce qui lui est arrivé dans le passé, relativement à son rôle dans la mise en œuvre de « la solution finale » aurait pu arriver à n’importe qui… Explication à la page 26. Le narrateur s’est maintenant reconverti de façon tout à fait inattendue, dans la dentelle…
              Avant la seconde guerre, le narrateur prend contact avec l’horreur en Ukraine où il est témoin d’exécutions sommaires et où il prend en même temps conscience de la nécessité d’une organisation pour « gérer » le nombre des cadavres. Il est envoyé en mission en France pour sonder le rôle des cercles pacifiques et conforter les alliances. Il s’agit pour lui de « rendre service à la nation », de se sentir utile et son ami Thomas, un rien cynique, l’aide à trouver sa place au sein de ce « Reich » en pleine ascension à la veille de l’invasion de la Pologne. Il échappe à des représailles suite à une rafle dans un secteur homosexuel qui révèle son penchant à l’inversion.
 
Réaction de collègue :
J'ai une question très sérieuse à poser, à présent que le chef 
d'oeuvre a été immortalisé, et ce sans craindre de passer pour 
Bécassine : Quelqu'un peut-il m'expliquer la pertinence du titre Les 
bienveillantes? Je veux dire : qu'apporte au tissage de ce roman la 
référence aux Atrides ? Cet Oreste-là est un Oreste meurtrier quasi 
par inadvertance, et en quoi le fait qu'il soit un Oreste est-il lié 
au contexte historique massif qui entoure cette histoire individuelle 
? Où est la Dikê là-dedans ? Et pourquoi les bienveillantes, comme 
telles, surgissent-elles ainsi à la fin ? Serait-ce que l'écriture le 
rend à la communauté des hommes, des "frères humains " du début ? Très 
sincèrement, il y a nombre de choses qui m'échappent, et si parmi vous 
certains les partagent ou les ont élucidées, je leur serais très 
reconnaissante d'éclairer ma lanterne, ou d'y apporter leur bougie.
Autre question : Quid des jumeaux ?
 
 

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Ustensiles : Répétition du 7.11 (1/5)

Publié le par Eric Bertrand

Retour aux planches après l’interruption des vacances. En l’absence de Françoise et Jenny, on concentre l’effort sur les scènes entre adolescents. Quelques détails techniques pour commencer, je reviendrai à partir de demain sur le travail de mise en scène du texte. Comment matérialiser le ponton sur la scène ? Nous prendrons des praticables qui constituent une surface place et en même temps un volume situé à environ un mètre du sol. Cette hauteur facilitera les jeux de scène, support au-dessus de l’eau, siège pour « trôner » et se faire admirer, plate-forme dont il faut faire l’abordage…
              J’amène également une trottinette qui remplacera le vélo. Elle est plus maniable, plus élégante aussi, avec les teintes rouges qui conviennent assez bien à la vanité de Salvatore…
              Scènes abordées à partir de demain : les garçons, Gilda au ponton, les espionnes, Gilda et Tiziana, Gilda et Salvatore, les deux couples...
 
PAS D'IMAGE, PB OVER BLOG... SCUSATE !


 
Rubrique Goncourt : Le feu des caméras.
 
              Le feu des caméras. Des élèves qui voudraient « disparaître »… Le café littéraire a manqué de caféine ! Et pourtant ils avaient des choses à dire… Mais la présence d’un micro, de l’œil baladeur d’une caméra a de quoi perturber les principaux acteurs. La société de production qui était venue filmer les élèves dans l’objectif de réaliser un reportage sur l’opération Goncourt en France espérait de réelles empoignades
              Elles ont eu lieu hors antenne ! Lorqu’en fin d’après-midi, la classe s’est livrée aux tournois. Jeu de tac au tac, climat d’émulation… Rien à voir avec l’atonie de l’après repas de midi. Cela dit, nous avons parlé, nous avons distribué la parole, empoigné chacun des romans et entretenu le doute sur le classement final et de bons moments seront sans doute retenus par le réalisateur pour le film diffusé sur FR3 au printemps prochain, film d’une durée de 50 minutes et tourné dans des endroits aussi variés que Rennes, Marseille, Paris ou Pontivy…
 
Réaction de collègue :
A mon tour de vous donner de nos nouvelles..
Voici le tiercé de notre classe : …….(hélas....Dur dur....ouf....)
Frayeur de la journée : la déléguée ne pouvait plus venir...Et aucun prétendant pour la remplacer....Imaginez mon trouble, mon émoi, ma déception, mon découragement...Ma honte....
Une élève a décidé tout de même de relever le défi...
Ouf ...
Bilan pour moi
Petite prof de lettres histoire en lycée professionnel...Un vrai découragement, l'impression de ne rien avoir transmis.....De mon goût de lire...De mes désirs de transformer nos jeunes en lecteurs critiques....
La nuit, je le souhaite, sera douce....
Un prof découragée  mais qui ne renonce pas....A quoi ?????
A lire et à faire lire...
 
 
 
 

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Coup de foudre : Répétition du 24.10 (4)

Publié le par Eric Bertrand

              L’apparition de Gilda dans la rue fait diversion. Coralie est aussi danseuse, avec l’intervention de Jenny qui a lieu avant le théâtre, entre 6h00 et 7h00, elle a mis au point un numéro de séduction sur un fond musical (Paolo Conte, « sotto le stelle del jazz », en contrepoint avec «  la Befana sotto le stelle » !). Côté jardin, elle paraît, souple, cadencée. Elle avance langoureusement et l’effet produit est radical : Gigi ira au ponton ! Gigi est transcendé…

              Mathieu intériorise beaucoup comme individu. Ce penchant de sa personnalité m’amène à lui demander de jouer l’extase, l’excitation, différemment de la vision que j’ai gardée de certains Siciliens particulièrement ardents sur le chapitre du coup de foudre ! Quand Gilda passe près de lui, elle abandonne le gant, le fameux gant de la scène mythique du film « Gilda ». Gigi s’empare de ce gant, enfouit le visage dedans et retrouve la saveur et la sihouette de la divine créature qui vient de l’effleurer…

              Demain, la scène du double duo amoureux…

 

 

 

« Salvatore : c’est l’Americana !... c’est la première fois que je la vois en ville, d’habitude, elle reste dans sa villa ou voyage avec son père. C’est la fille du réalisateur américain, Ferrari. Gilda Ferrari… Sacré fauve, hein ?

 

Gigi : (abasourdi) : quelle vision ! Ferrari… Quel bolide ! (Reprenant progressivement ses esprits) Quelle villa ? 

 

Salvatore : la villa sur la plage, tu sais, la plage du ponton ! Atterris mon vieux !

 

Gigi : (sous le coup de l’éblouissement) : che marevigliosa ! ... Non ci credo, non ci credo ! Merveilleuse élégance ! Des yeux brillants, malicieux, insolents, des yeux de braise, Salvatore ! Una principessa ! Les cheveux en diadème, la nuque torsadée comme un thyrse, l’échine de bronze ! (Comme un somnambule, il se lève pour mimer la démarche de la jeune fille) Quel déhanchement Salvatore, tu as vu cela ? Un coup à droite, à coup à gauche, une vraie balade entre deux hémisphères !... Je n’ai jamais vu une fille comme ça, Salvatore ! Elle me fait l’effet d’un coup de tonnerre… »

 

 

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Amore sotto il balcone !


 

 

Rubrique Goncourt : avant-goût des événements autour du Goncourt…
 
Je viens de recevoir ce courrier que je mets en ligne histoire d’anticiper et de donner envie à ceux que la tentation d’être délégué brûle encore…
 
« Voici les informations pratiques pour le 1er tour des délibérations du Goncourt des Lycéens le vendredi 10 novembre prochain à Rennes.
L'élève délégué et le professeur qui l'accompagne seront attendus pour 9h30 à la Brasserie La Chope à Rennes (rue de la Chalotais).
Les délibérations commenceront à 10h00 précises.
L’association Bruit de Lire réunira pendant la matinée les professeurs pour présenter les rencontres Goncourt des 7 et 8 décembre.
La Fnac de Rennes organisera ensuite un déjeuner. Les retours pourront avoir lieu à partir de 15h00. »
 
Dans le même ordre d’idée, demain, j’évoque ce que je sais des rencontres qui se tiendront, je le rappelle, les 7 et 8 décembre prochains.
 
Réaction de collègue :
jeudi 19 : Laurens, Audeguy, Audouard et Boulin ; la première parle très bien , donne des explications détaillées et profondes mais , selon les élèves , reste dans son monde. Le deuxième a beaucoup d’humour, il ne semble pas se prendre au sérieux, cela amuse les élèves, en plus il est passionnant ; le troisième les séduit par sa sensibilité , le contact qu’il réussit à établir avec même « s’il est vieux » ! en tout cas nous sommes tous (toutes ?) sous le charme ; quant au dernier les avis sont partagés : certains sont enthousiastes, d’autres (dont je fais partie) sont plus qu’agacés et déconcertés (Boulin serait-il un bon comédien ?)
En tout cas voilà les élèves remontés à bloc pour se lancer dans la dernière phase de lecture… deux ou trois sont à 9 livres, tous en ont lu au moins deux, je me dis que déjà une petite victoire se profile…
Bon courage à tous

 

 

 

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Répétition du 24.10

Publié le par Eric Bertrand

Le petit dernier est arrivé ! Sous pli postal Aléas vient de me l’adresser… « Le Ponton » ! Un seul exemplaire pour l’instant, les autres vont suivre, mais en attendant, je trouve le produit plutôt réussi avec ses deux photos couleur en couverture et en bandeau…
                  
              Comme tous les mardis, la seconde répétition a donc eu lieu et j’y reviens demain, car nous avons déjà abordé quelques jeux de scène. Je propose ce matin quelques idées d’activités que j’avais préparées mais qui n’ont pas pu avoir lieu… Ce sera pour une prochaine fois (très utile quand les comédiens sont un peu « froids » ou « fatigués », ce qui n’était vraiment pas le cas !) Dans ces premières répétitions, les comédiens ne se connaissent pas bien (du moins dans le domaine de la scène)… Il est donc important de reprendre des exercices traditionnels d’échauffement et de les adapter aux conditions de la pièce…
 
-          Le jeu du miroir : certains des personnages de la pièce fonctionnent un peu en miroir les uns par rapport aux autres. C’est le cas notamment de Salvatore par rapport à Gigi et d’Ornella par rapport à Gilda… Par ailleurs l’exercice est intéressant car il permet aux comédiens d’exercer à la fois leurs facultés d’observation et de concentration dans le but de reproduire les propositions gestuelles de leurs partenaires.
-          Rivalité : la rivalité est une des énergies de la pièce. « L’Americana » est la grande rivale, celle qui défie les autres. Cela implique un effort particulier pour s’imposer sur scène… Je demande à chaque comédien de choisir un partenaire et de lui faire front avant de s’avancer vers lui afin de lui « envoyer un message ». La « mission » pour le comédien est donc d’affirmer non seulement un texte mais aussi et surtout, un regard, une démarche, un silence, un affront / « tu es ridicule » / Je suis la plus belle / Le plus beau… Sono la piu bella !
-          La machine : Il y a dans la pièce un système de clan, disons pour faire vite, ceux qui défendent la modernité et ceux qui sont du côté de tradition. L’exercice connu sous l’étiquette « la machine » a le mérite de permettre aux comédiens de fonctionner non pas comme des corps isolés mais comme des éléments d’une machinerie infernale capable de produire de l’énergie. Je leur propose donc de constituer deux machines : la machine euphorique. La machine nuisible.
 
 
 
HPIM1156.JPGTempo per le vacanze...

 
Rubrique Goncourt : « les Désaxés ».
 
              Dernier jour de cours avec les 1ère L : l’occasion de revenir sur le cas de Marilyn à travers la projection d’un film de John Huston : « les Désaxés ». Une réflexion sur le personnage que joue Marilyn et sur sa fêlure telle qu’elle s’exprime dans cet environnement d’hommes. Suite à quoi les élèves partent en vacances avec des objectifs assez variés sur lesquels je reviendrai demain.
 
Réaction de collègue :
Nous étions à Perpignan, lycée Zola Aix en Provence, même constat pour Boulin...Je dois dire que j'avais détesté son livre...j'ai voulu tout de même m'y remettre....Impossible....Je confirme je n'aime pas...Ce jeune homme est un peu démago sur les bords...Débat de deux heures ensuite chez nous avec les élèves....Il ne construit rien, ne propose rien et n'avance aucune réponse...
A Perpignan j'ai été tout de même étonnée de voir toute cette cour autour de lui...Je pense qu'il plaît...Mais que les jeunes ne sont pas dupes....
 
Le 16 octobre a eu lieu la rencontre de Perpignan. Sur le plateau Boulin,
Audouard, Olivier Poivre d'Arvor. Les deux premiers se sont révélés tels que
dans les rencontres précédentes : Boulin, après une entrée presque
fracassante, près à "rapper" sur le plateau fut incapable de répondre aux
questions, finissant presque par disparaître derrière le décor.....Les
élèves ne s'y sont pas trompés. Audouard, profondément à l'écoute et
fournissant des réponses intéressantes, s'avérant captivant dans sa façon de
parler, a touché les élèves (et les grands...). Olivier Poivre d'Arvor était
très tendu au début. Il faut dire que la journaliste conduisant le débat a
parlé avant toute chose de son frère. Il s'est senti agressé et a commencé
en disant qu'il était lui, et que lui était là pour présenter son livre,
contrairement à son frère. Très rapidement, il est entré dans le débat,
répondant aux questions des élèves de façon pertinente et montrant une
qualité d'écoute. Les élèves l'ont aussi apprécié.
Bilan de cette journée : les élèves sont redynamisés. Tant mieux. Ils ont
trouvé cette journée très intéressante et ont hâte de participer aux
rencontres de décembre à Montpellier.

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Les actrices face à Gilda : ce qui se joue sur la scène.

Publié le par Eric Bertrand

Pour entrer dans le jeu et commencer à réfléchir sur les personnages et leurs intentions, mardi soir, nous travaillons sur deux scènes qui se jouent entre les adolescents. D’abord la scène initiale, celle qui se joue en face du ponton. Gilda est en train de se pavaner à l’avant-scène tandis que les trois autres guidées par Tiziana l’observent de la plage à l’aide de leurs jumelles…
              Ce qui est en jeu là, c’est l’affirmation des tempéraments. D’un côté, Ornella, fascinée par l’assurance et l’arrogance impudique de Gilda, et de l’autre, Tiziana et Lauredana, choquées par le scandale de sa position et de son comportement. Ce désaccord souligne bien les caractères.
              Diane, qui joue le rôle de Tiziana trouve assez bien le ton moqueur qu’il faut mettre dans certaines des répliques en même temps que cette intolérance à la limite de la xénophobie dans laquelle elle cherche à entraîner ses camarades. Samantha la suit assez bien sur ce terrain, bien qu’encore timide. De son côté, Hélène joue assez bien sur le registre de la provocation et de la fantaisie. Cette fille qu’elle observe révèle en son personnages des envies qui la troublent et elle parvient assez bien à montrer l’excitation. Demain j’évoque la scène des garçons.
 
 
HPIM1960.JPG
Quando arriva Gilda, Porta Palermo...
Rubrique Goncourt : Jeu d’écriture
 
              En parallèle à la réflexion sur les livres de la sélection, je trouve toujours intéressant de travailler en ce moment sur l’idée de l’effort de lecture, idée d’une errance sinon d’un voyage, d’une épopée à travers la « jungle » des treize romans…
 
              Après avoir demandé aux élèves « comment ils lisaient » (cf : dernière suggestion), je leur ai demandé de présenter l’une de leur lectures non pas simplement comme une lecture mais comme une aventure à travers un espace géographique inscrit dans le roman, ce que le spécialiste appellera « topos ».
              Le recours à cette notion d’espace peut engendrer un intéressant travail sur la métaphore et, en même temps, leur permettre de s’exprimer autrement sur un roman de leur choix. Par ailleurs, cela les oblige à revenir peut-être davantage à la réalité géographique d’un univers romanesque (Orient de « disparaître », Afrique de « contours du jour qui vient », Londres de « l’amant en culottes courtes », Basses Alpes de « le Bois des amoureux », landes breto-normandes de « Ouest », Amérique de « Marilyn, dernières séances »…
 
Exemple : j’avance sur le Sunset Boulevard de ce roman au bout duquel je vois briller, comme sur une enseigne lumineuse, le visage tourmenté de Marilyn. Les sables du désert de Mojave rentrent un peu sous mes paupières, mais le moteur des grosses limousines, les Pontiac, des Buick se mêle à la rumeur des caméras qui filment, jusque dans mon sommeil, les stars de Hollywood.
 
Réaction de collègue :
Dans l’interview qui est sur le site de la FNAC, Fleischer dit et redit « 
c’est la premier texte autobiographique d’ampleur, le premier texte
strictement autobiographique « .
Alors roman ?

Je me demande si le sous-titre roman n’est pas plutôt à prendre dans l’air
du temps et du triomphe de l’autofiction.
A Marseille Camille Laurens a fait un flop quand elle a fini par lâcher
qu’elle en s’appelait pas Camille Laurens dans la vraie vie, et que donc ce
n’était pas elle etc…le pacte de lecture instauré au début, dans la note
liminaire, au feu. Et c’est vrai que les élèves lui en ont beaucoup voulu…
 

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