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livres

The beat generation into the wild

Publié le par Eric Bertrand

                Au détour d’une émission consacrée aux années 50 aux Etats-Unis (j’ai décidément une étrange attirance pour ce pays et particulièrement pour cette période), j’ai entendu cette chanson qui me renvoie au travail effectué autour de Jack Kérouac et des beatnicks au moment de la creation de “Jack on the route again!”…

                 La chanson est intéressante du point de vue du texte et renvoie à l’un des aspects de cette génération dont Kérouac est considéré comme le leader : le « beat », façon particulière d’aborder les « grandes questions » de sa société avec une certaine dose de relâchement et d’impertinence.

                 L’essentiel n’est pas là nous dit Jack, ni dans le fric, ni dans la nécessité de la carrière ou du ciment familial... Il se joue ailleurs, dans le rêve, dans l’éveil du corps refoulé, dans les contrées immenses de l’immense territoire américain, sous ces millions de « feuilles d’herbe » que chantait Walt Whitman, sur la route ! « Into the wild » pour reprendre le titre d’un film auquel j’ai consacré également un long article.

 

 

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Article du mois : « Bel Ami » et le coq de la basse-cour

Publié le par Eric Bertrand

                Les romans du 19° mettent souvent en vedette des figures dont le nom vaut un titre : « la Cousine Bette », « L’Homme qui rit », « Nana », « Mme Bovary », « Bel-Ami »... Tout un programme derrière ces silhouettes souvent édifiantes... Quand on est un homme chez Maupassant, on a plutôt le beau rôle, et ceci au détriment des femmes qui, la plupart du temps, ne sont là que pour assurer la loi de la reproduction au sein de la nature. Conception désabusée de la vie que le génial écrivain a probablement héritée du philosophe Shopenhauer, apôtre de cynisme.

                 Vision décoiffante de la coquette qui ne pare ses cheveux et le reste que pour tomber dans le filet d’un séducteur... Comme son maître Flaubert, Maupassant n’a d’autre projet que de « tordre le cou » au romantisme et aux idées romanesques de ces Mme Bovary qui excitent la convoitise des hommes... Combien de ses œuvres sont consacrées à ce thème ? Relisons « Une Vie » ou la petite nouvelle « une Partie de Campagne »...

                  Les jeunes filles constituent au début des proies idéales et de ce fait, elles fascinent, elles captivent... Puis le temps passe, et on les froisse, on les jette...

                  Beaucoup des contes et nouvelles campés dans la campagne normande s’intéressent au sort de ces pauvresses abusées par la finauderie d’un galant. Il ne s’agit plus alors de petites bourgeoises, de petites cousines d’Emma bien éduquées par les livres, mais de solides paysannes égarées par les feux du printemps ! Prenons le cas de la nouvelle « Histoire d’une fille de ferme » et faisons le rapprochement avec « Bel-Ami » !

Je laisse d’abord le lecteur savourer cet extrait dans lequel on découvre, au tout début de la nouvelle « Histoire d’une fille de ferme », la servante Rose qui se laisse envahir par le trouble de l’été...

Alors caressée par l'ardente lumière, elle sentit une douceur qui lui pénétrait au cœur, un bien-être coulant dans ses membres.

Devant la porte, le fumier dégageait sans cesse une petite vapeur miroitante. Les poules se vautraient dessus, couchées sur le flanc, et grattaient un peu d'une seule patte pour trouver des vers. Au milieu d'elles, le coq, superbe, se dressait. A chaque instant il en choisissait une et tournait autour avec un petit gloussement d'appel. La poule se levait nonchalamment et le recevait d'un air tranquille, pliant les pattes et le supportant sur ses ailes ; puis elle secouait ses plumes d'où sortait de la poussière et s'étendait de nouveau sur le fumier, tandis que lui chantait, comptant ses triomphes ; et dans toutes les cours tous les coqs lui répondaient, comme si, d'une ferme à l'autre, ils se fussent envoyé des défis amoureux.

Que le lecteur veuille bien savourer la richesse de cette description qui en dit long des envies de Rose. Littéralement, elle « attend le mâle » et la suite immédiate de l’histoire ne racontera pas autre chose... Mais il faut aussi apprécier la façon dont les choses s’imposent à la compréhension... Rose est enfermée dans la prison domestique. Le passage qui précède nous la montre dans sa cuisine, affairée à des tâches ménagères. La poule qui « se lève d’un air tranquille », qui, après la bagatelle, « s’étend sur le fumier » est aussi lascive que Rose dont elle est finalement, pour employer un terme à la mode, une sorte « d’avatar » !

Et le coq, parlons du coq ! Ne rappelle-t-il pas le vaniteux Bel-Ami, héros d’un roman façon « amour, gloire et beauté » avant la lettre ! Il est « superbe ». Comme son avatar romanesque, il « choisit » ses poulettes afin de mieux pouvoir ensuite « compter ses triomphes » et accroître le bruit de sa renommée ! Un coq propulsé au sommet de l’Etat ! Un bel-ami portant crête et culotte à poils !

 

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Le couplet rap dans la chanson de « L’Organisme »

Publié le par Eric Bertrand

               A l’invitation de Christian, je l’ai écrit ce week-end et me suis au préalable inspiré d’une enquête lancée par ma fille Nolwenn qui est « en prise directe » avec tous ces mots nouveaux, jargon des ados. Pour la compléter et donner du sens à une série inspirée du « comic strip » de Gainsbourg, je suis allé « glaner » sur « Face Book » dans les échanges entre les plus « ados » de mes « amis ».

               Au total, les huit vers demandés sont écrits et insistent sur le désespoir de mon personnage, amoureux mal aimé, victime du charme tapageur de la bien nommée Zoé (voir le roman « l’Organisme ») dont le nom sonore convient bien au langage SMS...

 

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Echange musical sur « l’Organisme »

Publié le par Eric Bertrand

              Revenons sur ce qui constitue le « grand projet » du moment : la chanson de « l’Organisme »... Je n’ai encore ni révélé le texte, ni la mélodie, afin de garder l’effet de surprise mais depuis notre rencontre de samedi nous avançons à pas de géant ! Christian s’amuse à essayer des arrangements, à rayer, à biffer (je mets de côté les propositions MP3 qu’il m’envoie et qui me plaisent déjà beaucoup)... Cette agitation et ces « repentirs » de partitions me donnent une image spéculaire de ce que j’ai dû faire sur la matière du texte. Témoin cet extrait de courriel...

 

            Je prépare la mélodie mais je tiens absolument qu'elle soit entendue avec un accompagnement de piano (même minime) en dessous, désolé c'est le pédagogue de la musique qui parle ! Donc j'écris tout ça dans l'après midi et je te communique un lien où tu pourras télécharger le morceau.
Pour l'aspect voix parlées pas de problèmes maintenant pour la partie chantée sa voix est fraîchement muée, à voir mais bon d'un autre côté c'est dans l'esprit du texte ; affaire à suivre.
Je sens de plus en plus une partie centrale un peu « rapée » * sur une rythmique de smileys « onomatopées » au risque de tomber dans un genre un peu hybride mais soyons fous !

 

* Je m’occupe donc de cette partie rap !

 

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Coup de foudre et coup d’amok

Publié le par Eric Bertrand

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               L’expression « coup de foudre » fait partie de ces expressions tellement banalisées qu’elles sont rentrées dans le domaine neutre de l’usage et qu’on en oublie les métaphores qui les motivent. En l’occurrence, « le coup de foudre » examine l’état particulier de l’être humain soumis à un choc profond, à un traumatisme provoqué par la « foudre » d’une simple rencontre.

               L’explorateur de l’âme humaine qu’est Zweig invente une fiction dont le personnage est victime d’une secousse interne qu’il nomme « amok » (c’est le titre de la nouvelle)... l’amok est un mal pétrifiant, une « rage », une « monomanie » qui surprend le narrateur de l’histoire. Il est médecin dans un coin perdu de Malaisie (atmosphère lourde, épaisse digne de l’Afrique de Céline ou de « Equateur » filmé par Gainsbourg, et une patiente vient le voir pour lui demander de la débarrasser de l’enfant qu’elle porte. La chose est urgente, le mari, parti depuis plusieurs mois est sur le point de revenir...

                Pour des raisons un peu floues, le médécin refuse d’abord, ou plutôt propose un marché douteux... La jeune femme est offusquée, elle part aussitôt. Alors « l’amok » entre en jeu. Le narrateur se sent soudain comme aliéné. En proie à une idée fixe, il se lance à la poursuite de cette femme fatale qui vient à peine de quitter son cabinet. Il abandonne tout derrière lui, il polarise sur cette silhouette unique à ses yeux et n’est déjà plus que le jouet des événements. 

 

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