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livres

Extrait de « Terre des hommes » (2/3) : ce que l’homme amène avec lui...

Publié le par Eric Bertrand

              Restons du côté des belles réflexions de « Terre des Hommes » et écoutons ce second extrait, plein de sagesse et d’enseignement, méditation auprès du cadavre d’un anonyme esclave de Mauritanie :

 

« Dans la mort d’un homme, un monde inconnu meurt et je me demandais quelles étaient les images qui mouraient en lui. Je ne pouvaiis conniatre si dans cette masse noire s’éteignaient simplement des soucis misérables : le thé à préparer, les bêtes à conduire au puits... si s’endormait une âme d’esclave, ou si, ressuscité par une remontée de souvenirs, l’homme mourait dans sa grandeur. L’os dur du crâne était pour moi pareil à la vieille caisse aux trésors. Je ne savais quelles soies de couleur, quelles images de fêtes, quels vestiges tellement désuets ici, tellement inutiles dans ce désert y avaient échappé au naufrage. Cette caisse était là, bouclée et lourde. »


 

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Terre des hommes : Saint-Exupéry

Publié le par Eric Bertrand

            Le travail sur « le Petit Prince » m’amène à une réflexion sur l’œuvre de Saint-Exupéry et notamment sur l’un de ces ouvrages que j’avais à disposition à la maison : « Terre des hommes »...

            L’ouvrage de l’aviateur porte un regard apaisé et lucide sur la grandeur potentielle de l’homme à condition de dépasser ce qu’il appelle « la glaise », l’immobilisme, l’inertie, la conformité vers lesquels la paresse naturelle tend l’homme. Comme le conclut l’ouvrage « Seul l’Esprit, s’il souffle sur la glaise, peut créer l’Homme »...

               Le livre est organisé autour de souvenirs personnels liés à l’aventure du pilotage dans des conditions extrêmes et à des figures héroïques rencontrées dans ce contexte d’apprentissage de la vie, des figures comme Mermoz ou Guillaumet qui a survécu à un séjour obligé dans les Andes.

                L’auteur est porté par ce souvenir qui lui sera d’un précieux secours face à l’épreuve : il se souvient en effet de sa propre aventure de survie dans le désert de Lybie dans lequel il a survécu avec son copilote pendant plus de trois jours avec pour seules victuailles une orange et quelques centilitres d’eau.

                L’expérience de la mort est doublée de l’expérience des mirages dans le désert jusqu’au moment hallucinatoire où un vrai bédouin leur sauve la vie et leur tend la coupe d’eau salvatrice. Certains passages sont d’une grande beauté d’expression et en même temps parviennent à l’excellence philosophique de la simplicité. Je ne résiste pas à en rapporter trois extraits.

 

 

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« Le meunier hurlant » d’Arto Paasilinna (2/2)

Publié le par Eric Bertrand

           Voici la suite directe de l'article commencé hier sur ce roman qui sollicite à juste titre la curiosité de certains d'entre vous...           

           Il parvient à s’en échapper et évite ainsi le pire... Mais le retour au pays l’entraîne encore davantage dans les tourments de la marginalité. L’épicier refuse de lui vendre de la nourriture, le banquier refuse de lui donner son argent... tous considèrent qu’ils n’ont rien à accorder à un dangereux fou en liberté, obligé de se cacher dans la forêt, de survivre sur un coin d’étang... Une battue est organisée par la petite communauté haineuse et sa cachette est trouvée. Les hommes mettent le feu à ses réserves, et Huttunen perd tout ce qu’il avait si courageusement récupéré.

                Alors, la rage s’empare du forcené : il vole un fusil pour aller réclamer son argent. Quand il repart de la banque, il est facile de l’accabler, de l’accuser de vol à main armée. L’étau se resserre sur lui à partir du moment où, lors d’une visite à la ville, le préfet décide de mener la chasse contre ce « dangereux individu ». Il y mettra les moyens et celui que le narrateur surnomme « l’ermite » est poussé dans ses retranchements et amené à commettre des actes de violence (et de légitime défense...).

                 Finalement attrapé, il est amené mais parvient à s’échapper, avec la complicité de l’agent de police local qui avait aussi des comptes à régler... Tous deux réapparaissent dans l'épilogue sous les traits de deux loups gris qui commettent des actes de vengeance contre un public désigné...


 

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« Le meunier hurlant » d’Arto Paasilinna (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

              La perspective d’une sortie pédagogique au théâtre avec les élèves de troisième attire mon attention sur ce roman d’un auteur d’origine lapone adapté pour le théâtre. Afin de ne pas amener gratuitement les élèves, j’anticipe la pièce par la lecture du roman et j’avoue que c’est une agréable surprise et un bon moment de lecture.

              London, Hugo, Melville, Giono... Les lecteurs de ce blog savent que j’apprécie les histoires qui racontent la confrontation de l’homme à la nature... Panturle, travailleur de la colline, Gilliatt travailleur de la mer, et le meunier hurlant « travailleur de la forêt »...

              Histoire d’un marginal qui, du fait de ses étranges habitudes (il pousse des hurlements la nuit et se plaît à imiter les bêtes, il vient d’ailleurs, il n’est pas comme tout le monde, c’est une force de la nature qui sait ce qu’il veut et ne recule devant aucune entreprise...) est considéré avec suspicion par la population du petit village où il a remis en marche un moulin désaffecté...

               Le nouveau « meunier » passe même pour fou et l’amour qu’il partage avec une jeune « conseillère horticole » ne le met pas à l’abri de l’ostracisme. La petite foule vindicative fait tant et si bien que Huttunen (c’est le meunier hurlant, surnommé aussi « Nanar ») est envoyé à l’asile de fous.


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De Maupassant à Yourcenar

Publié le par Eric Bertrand

                  Spécialement pour Maw, enthousiasmée hier par Marguerite Yourcenar , je remets en ligne le second article publié au sujet de son livre "Nouvelles orientales" en septembre... et comme je la sais fan de Maupassant aussi !!!

La violence dans la littérature opére souvent un phénomène de fascination sur le lecteur. Surtout quand cette violence s’incarne dans le corps d’une vieille femme... On se souvient peut-être ce de conte de Maupassant intitulé « la Vendetta » où une vieille Corse couve sa rage de vengeance contre ceux qui ont tué son fils et pour cela elle entraîne un chien dont elle fait un redoutable tueur.

              Même violence échevelée chez M. Yourcenar dont je continue de feuilleter les « Nouvelles Orientales » On y rencontre une vieille dame dont le mari a été tué par un tyran que les paysans ont fini par exécuter pour la venger.

              Mais ce qu’ils ne savaient pas, c’était que cet homme était aussi son amant. Et quand ils lui ramènent le cadavre et qu’ils se retirent pour festoyer, la vieille (qui porte le doux nom d’Aphrodissia), s’arrange pour sortir son mari de son cercueil et le remplacer par son amant. Ainsi, elle dissimule les marques de son nom qu’il avait gravé sur sa peau. Comme l’amant est plus grand que le mari, la tête ne passe pas dans le cercueil. Un paysan qui surprend la trafiquante avec la tête emballée dans un linge l’accuse d’avoir volé une pastèque, et dans la fuite, elle tombe au bas d’une falaise avec son chargement...

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