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Le rayon vert de Talmine (2/2), samedi 19.07, soir.

Publié le par Eric Bertrand



             Pique-nique dans la lande. Nous marchons en direction de Castle Varich situé tout en haut d’une colline qui domine la kyle de Tongue. Vestige d’un château viking dans le genre de ceux qu’on voit dans l’est. Les vikings ont pénétré jusque là et ont laissé de ces bâtiments destinés à surveiller le territoire.

              Promenade en voiture avec Joan qui connaît l’histoire de chacune des vieilles pierres de Talmine où sa famille vivait. Les descendants occupent toujours les maisons et sont attachés aux pierres de la communauté familiale.

Nous fêtons l’anniversaire d’un proche qui tient à nous inviter. “Vous êtes comme de la famille”… Toasts de saumon frais, fromage, vin, petits gâteaux… La soirée risque de se prolonger au whisky, alors nous prenons l’air.

              Dans le ciel de 20h00, le soleil bataille et les collines qui tombent dans la mer se teintent d’un vert sous-marin. De gros coquillages émergent sur la grande plage qui avance sur l’étendue de la mer (comme une langue immense : “tongue”?) Immensité blanche, ourlée par les dunes et le mouvement immémorial du silence. L’impression d’un début du monde ou d’une plage immaculée dans le genre de celle de l’imagination d’un enfant qui viendrait de lire “l’Ile au trésor”.

              Et là haut, dans son petit cottage, nous attendent Joan et le petit peuple de Talmine : Margaret, Mark, Alison, Rosemary… Un dernier thé avant la pluie qui triomphe  sur les hauteurs du Ben Hope et qui descend en rafales vertes dans les champs de moutons, jusque sur la plage.


 



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Le rayon vert de Talmine (1/2) : samedi 19.07, midi.

Publié le par Eric Bertrand



             Petit matin, vent fort, ciel bas. Petite pluie acérée, style crachin breton en plus fin ! “Drizzle! Freezing drizzle !” Température extérieure : 9°!

Rendez-vous chez Joan cet après-midi, dans le comté du Sutherland à hauteur de Tongue, (petit hameau de Talmine que nous connaissons bien!) C’est un autre paysage chaotique, une lumière d’été labourée par les trombes d’eau, les glaciers, la mer, limite absolue toujours à l’horizon.

              Nous sommes à l’extrémité nord de l’Ecosse, sur des “single tracks”, routes à une voie facilitées par des “passing places”. Entre landes et rivières, rochers et lochs, des plages de sable blanc ouvrent davantage l’horizon et l’espace du rêve.

              Rouler dans cette direction, vers l’ouest, c’est comme franchir un seuil. Les montagnes des Highlands s’arrêtent là, et l’érosion continue par la côte… Le ciel est secoué par les bourrasques de vent, traversé par des nuages gris en déroute, puis blancs, puis de plus en plus effilochés au fil des kilomètres. Flaques de ciel bleu en écho à l’éclat des lochs et rivières. Enfin, le soleil passe un rayon d’or, lumière immense qui inonde le ciel. 

 



PS : du fait de mon déménagement imminent, je me demande combien de jours de connexion il me reste. Il faudra alors un peu patienter avant la "reconstruction" de l'environnement informatique !

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Les phoques de Scotland’s Heaven (vendredi 18.07, après midi)

Publié le par Eric Bertrand


              Dès le Moray Firth, à la sortie d’Inverness, on peut les voir se prélasser sur les rochers, au milieu de l’eau. Au bord de la mer, ils se regroupent à certains endroits qu’il faut connaître. Pendant toutes ces années, j’ai repéré leurs principaux points de ralliements car ces malicieuses créatures semblent tenir à leur habitat!

              Mercredi, à Staxigoe, première tentative, mais ils n’étaient que deux et ont plongé à notre approche et le reste de la colonie se dissimulait derrière des rochers plus au large.

Revanche aujourd’hui, sur cette petite crique de Scotland’s Heaven, située à environ un kilomètre à l’est du castle of Mey.

              Perchés en haut d’une falaise, jumelles en mains, nous en dénombrons une douzaine. Très inquiets, ils plongent aussitôt mais remontent pour nous surveiller du coin de l’œil. Les gens d’ici disent qu’il faut chanter ou siffler pour les attirer, et c’est vrai qu’ils semblent apprécier tout particulièrement les modulations de la voix… 

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Le banc de Holborn Head (vendredi 18.07, matin)

Publié le par Eric Bertrand

             

            Un endroit que je renommerais volontiers “les Hauts de Hurlevent” pour son caractère “hanté” et sauvage. De hautes  falaises qui s’avancent vers l’océan et des rocs qui font comme une chaussée des géants. Des ouvertures sur le gouffre et des coups de vent entre les pointes et les hérissements nombreux.

              Et pourtant, derrière tout cela, l’herbe fraîche et verte, pelouse trompeuse, abondamment fleurie en été, elle aussi éventrée çà et là, ouverte sur des trous béant sur l’océan.

              C’est là, tout en haut d’un mamelon, au beau milieu de cette pelouse farouche, que trône un banc paisible, un banc en pierre, offert au philosophe ou au galant.

Et sur ce banc, l’inscription suivante, que je laisse ouverte à l’imagination du romancier :

« Remembering Mel and Annie laughing for life in the long grass »

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Macareux à Holborn Head (vendredi 18.07)

Publié le par Eric Bertrand

             Particulièrement recherchés par les observateurs, ces petits oiseaux clowns au bec bariolé : “puffins”… On ne les trouve que sur certaines falaises de la côte nord de l’Ecosse. Ils sont protégés et très difficiles à repérer du fait de leur petite taille et des anfractuosités de rochers qu’ils choisissent pour nicher…

              Il faut prendre le temps d’observer, allongé en face de l’une de ces hautes falaises inaccessibles dans le genre de celles que je décrivais hier au “Brough”…

              C’est à Holborn Head, à un bon kilomètre du phare de Scrabster que nous en avons vu quelques spécimens. Les cormorans, mouettes, guillemots, huitriers et autres goélands attirent d’abord l’attention parce qu’ils sont beaucoup plus nombreux et “démonstratifs” mais ceux-là sont discrets dans leurs habits bariolés. Nichés au creux de la roche, on dirait qu’ils sont debout en coulisses et qu’ils attendent le moment de la parade pour exécuter un sacré numéro. Par exemple un vol bien insolite… une chauve-souris de plein jour qui aurait enfilé un habit de foire. 


 

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