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Dosette de lecture n°195 : Serge Joncour : « UV », UV à hauts risques …

Publié le par Eric Bertrand

Comment perturber le calme estival d’une villa cossue située dans l’île de Bréhat alors que, pour la petite famille, tout semble se dérouler normalement et selon un rythme immuable : plage, sieste, piscine, marché à Paimpol, bateau… jusqu’au jour où un homme, décontracté, séducteur et habile arrive pour annoncer le retour de Philip, « le fils prodigue ». Il s’appelle Boris, plaît au père - entrepreneur qui a laissé l’entreprise à son gendre André-Pierre - plaît aussi à la mère, aux deux filles Julie et Vanessa, et même aux enfants du couple.

Seul André-Pierre décèle l’escroc et c’est là que bascule l’intrigue. 

Dosette de lecture n°195 : Serge Joncour : « UV », UV à hauts risques …

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Juke-box n°29 : Michel Berger : Le paradis blanc, la vigueur des poissons d’argent...

Publié le par Eric Bertrand

Qui n’a jamais eu l’envie de crier au ras le bol, de tout laisser tomber et de s’échapper loin du monde afin de rejoindre l’espace dont on rêve dans « nos rêves d’enfant » ? On a déjà évoqué ici « la nouvelle adresse » de Pierre Perret ou « le rafiot craquant » de Charles Aznavour. Avec Michel Berger, c’est encore plus loin, c’est « le paradis blanc » ; pas le Groënland façon Trump, mais l’espace libre où on peut « courir » et même « dormir, tout seul avec le vent ». Se dérouter, oublier le temps qui passe et la folie de tous les jours : « Tant de vagues et de fumée », « de regards de haine et de combats de sang », de « téléphones qui sonnent » qui ne portent que du vent, et puis surtout, tout « ce faux, ce vrai » qu’on « n’arrive plus à distinguer ».

Au bout du compte, on en est là ; on se sent « blanchi comme un cheval fourbu, glacé dans un lit de hasard », on a l’impression amère d’avoir « tout donné » et d’avoir « usé les claviers ». Alors l’issue est ailleurs, du côté des « baleines et des poissons d’argent » ; il faut en effet recommencer autre chose et se laisser gagner par cette « future vigueur » chère à Rimbaud, vigueur imitée des « manchots qui s’amusent dans le soleil levant » parce que « l’air est si pur qu’on se baigne dedans » et parce qu’on peut parler de tout « aux poissons d’argent », sauf d’argent.

 

Juke-box n°29 : Michel Berger : Le paradis blanc, la vigueur des poissons d’argent...

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Dosette de lecture n°194 : Mickhaïl Boulgakov : « Le Roman de monsieur de Molière », le théâtre dans le confessionnal.

Publié le par Eric Bertrand

Comment un enfant de « bonne famille » du XVIIème siècle échappe-t-il à son milieu, et à l’emprise de son père, tapissier du Roi, qui pourrait lui offrir une situation toute faite ? Est-ce à cause de l’influence de sa mère et de son grand-père qui lui donnent le goût des « lubies » et du théâtre ?

En vérité, c’est une passion précoce qui conduit Jean-Baptiste Poquelin et qui le mène, dès qu’il a du temps, devant diverses scènes, des plus nobles aux plus vulgaires et sans aucun souci d’honorabilité : « Que de merde peuvent répandre ces culs qui ne connaissent pas les caleçons » écrit le poète Scarron à propos de certaines comédies. Avec le soutien de son grand-père, le futur Molière tourne le dos à la carrière qu’on lui avait assignée et intègre le prestigieux collège de Clermont où il se forme aux côtés d’autres élèves aux destinées exigeantes.

Puis viennent les années sur les routes, avant le retour à Paris et au Petit-Bourbon, la rencontre de personnages hauts en couleurs, proches ou adversaires, spectateurs ou acteurs : Scaramouche, les Béjart, Gros-René, la Du Parc, Jodelet, le Prince de Conti, Philippe d’Orléans, Corneille, Racine, La Fontaine et même le Roi qui, face aux épreuves que réservent toujours l’audace et la gloire, lui sera un fidèle allié…

Et arrivent les grandes pièces où Molière fait vaciller les dévots, la morale et la religion, bouscule la justice, les médecins, les bourgeois, les nouveaux nobles, interroge le statut des femmes et le sens de l’intelligence, les pouvoirs de l’esprit et ceux de l’hypocrisie sans jamais reculer, quitte à dire comme Alceste : « Je ne hais rien tant que ces contorsions de tous ces grands faiseurs de protestation… Et quand je vois vivre entre eux les hommes comme ils font, je ne trouve partout que lâche flatterie, qu’injustice, intérêt, trahison, fourberie. »

Dosette de lecture n°194 : Mickhaïl Boulgakov : « Le Roman de monsieur de Molière », le théâtre dans le confessionnal.

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Juke-box n°28 : Julien Clerc : « Ce n’est rien », le chant des sirènes.

Publié le par Eric Bertrand

Des mots qui consolent, on en a tous les jours besoin mais on ne les trouve pas toujours parce qu'en face, la douleur est devenue trop grande et qu'elle ravage "le duvet qu'était ton lit un beau matin"...

Alors on essaie les paroles d'une chanson : "ce n'est rien, tu le sais bien le temps passe ce n'est rien !" Et c'est vrai "qu'avec le temps va, tout s'en va" et que souvent il laisse pousser "une fleur nouvelle"...

Mais le problème, c'est que "soudain, ça revient"... Et cette fois, on a beau mille fois se répéter que "ce n'est rien", les mille « radeaux frêles sur l'océan » ne sont plus que des « coquilles de noix » et on finit par ne plus croire aux « mille sirènes de joie ».

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Dosette de lecture n°193 : Patrick Deville, « Fenua », les mille détours de la Polynésie.

Publié le par Eric Bertrand

« Comment pourrait-il imaginer, Louis-Antoine de Bougainville, que de sa petite bouteille enterrée jailliraient un jour, comme d’une lampe d’Aladin, un hypermarché Carrefour de l’autre côté de l’île et des explosions nucléaires à Mururoa ? »

Avec précision et érudition, l’écrivain voyageur Patrick Deville invite le lecteur à une errance littéraire en Polynésie. Au fil de ses escales et dans le sillage du médecin Gustave Viaud – frère aîné de Julien Viaud, alias Pierre Loti - qui réalise à partir de 1860, des photographies de Tahiti, il superpose divers plans ; ainsi, il remonte aux origines du contact entre indigènes et occidentaux et cite l’exemple de Aoutourou, ce « sauvage » ramené en 1768 par Bougainville, qui, devenu très vite la coqueluche des petites marquises, se transforme en libertin ; s’appuyant sur les textes de  Diderot, il évoque aussi ce peuple de « bons sauvages », hélas abusés par l’envahisseur.

Avec une même curiosité, l’auteur part sur les traces des artistes prestigieux qui sont passés ensuite dans l’archipel : Melville, Stevenson, London, Gauguin, Ségalen, Matisse, Simenon, chacun à la recherche de l’autre … et, chemin faisant, par la force des choses, ses pas le conduisent plus près de chez nous, dans une Bretagne primitive chère à Gauguin et à Ségalen, du côté de Pont-Aven ou de la forêt de Huelgoat.

Dosette de lecture n°193 : Patrick Deville, « Fenua », les mille détours de la Polynésie.

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