Dosette de lecture n°188 : Jack London : « Le Talon de fer », pas de chaussette de velours pour un talon de fer
Comment renverser le capitalisme tout puissant qui exploite les faibles et continue à creuser les différences de manière inexorable ? Ernest Everhard, le personnage principal de cette dystopie, ressemble à bien des égards à Martin Eden et à son auteur : comme lui, après avoir beaucoup étudié et médité, il tient des propos socialistes et comme lui, par ses discours, son énergie, il choque la classe dirigeante, au point de séduire la jeune fille qui est la narratrice de ce récit – Avis Everhard - et qui assiste aux réunions auxquelles son père a invité Ernest.
Quand il parle des inégalités et de l’écrasement que cause le pouvoir, ce dernier souhaiterait qu’on lui oppose des arguments. Il ne reçoit en retour que des moqueries et des insultes, malgré la somme de ses références et la densité de ses informations : il cite par exemple cette analyse d’Abraham Lincoln : « Je vois venir dans un avenir proche, une crise qui m’angoisse au plus haut point et me fait trembler pour la sureté de mon pays… Les grandes firmes sont montées sur le trône, et une ère de corruption en haut-lieu s’ensuivra : les puissances de l’argent de ce pays feront tout leur possible pour prolonger leur règne en s’appuyant sur les préjugés populaires, jusqu’à ce que le gros de la richesse se trouve concentré entre quelques mains et que la République soit détruite. »
Malgré tout, il parvient à entrainer derrière lui une partie de ceux qui l’écoutent, dont son futur beau-père écrivain et un évêque qui ne renonce pas à prêcher la vraie parole évangélique et non celle qu’on lui impose. Ensemble, ils essaient de refaire le monde à partir de vraies valeurs humanistes, mais c’est le « talon de fer » qui, toujours, sait comment employer les gros moyens pour s’organiser et manipuler les foules : « Et puis un soir, sans crier gare, une foule d’excités brandissant des drapeaux américains et beuglant des chants patriotiques a incendié l’imprimerie… ».
En cela, ce livre, écrit en 1906, montre la responsabilité du capitalisme dans la montée des régimes totalitaires et la volonté désarmante du Pouvoir à anéantir toute forme de résistance.
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