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Dosette de lecture n°119 : Racine : Andromaque et Bérénice. Tristesse majestueuse ou vertiges de l’amour

Publié le par Eric Bertrand

        Que ressent-on quand on est amoureux ? Question essentielle que se sont toujours posé les artistes, et notamment les écrivains. L’amour chez Racine est un lien qui, certes, lie, veine à veine, les amants, mais qui les ligote aussi. Chez ce dramaturge impitoyable, les amants ne se sont rencontrés ni dans une discothèque, ni dans un bistrot, ni sur la plage et « le mal vient de plus loin ».

On est dans le monde oppressant de la tragédie et même le sentiment si beau, si pur, si fort qui pourrait sublimer et transcender les héros comme c’est le cas dans les pièces de Corneille, cette passion qui l’étreint finit par les étouffer, les anéantir et leur faire percevoir à l’avance l’issue fatale.

Dans Andromaque, Oreste aime Hermione, qui aime Pyrrhus, qui aime Andromaque qui aime un mort… Et dans Bérénice, Titus et Bérénice s’aiment, mais Titus, Empereur de Rome, s’il veut être à la hauteur de sa fonction, n’a pas le droit d’épouser une princesse égyptienne et entend bien appliquer la règle, même si elle va l’écraser.

Il règne donc dans la tragédie, ce que Racine lui-même appelle « une tristesse majestueuse », de quoi « crever l’oreiller et rêver trop fort, quitte à niquer les circuits. »

Dosette de lecture n°119 : Racine : Andromaque et Bérénice. Tristesse majestueuse ou vertiges de l’amour

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Dosette de lecture n°118 : Émile Zola : Comment on se marie, comment on meurt ? Une peinture sans concession de l’homme.

Publié le par Eric Bertrand

Se marier, mourir ? Comment traverse-t-on ces épreuves quand on est ouvrier, paysan, commerçant, bourgeois ou aristocrate ?  Pour y répondre, l’écrivain naturaliste Zola, spécialiste de l’étude des milieux et des déterminismes, offre un échantillon de huit nouvelles.

La méthode qu’il suit est simple et efficace : à travers ces huit récits, il met en scène des personnages bien différents du fait de leur origine sociale. Mais, quel que soit le milieu abordé, riche ou pauvre, démuni ou opulent, le lecteur retient une image bien piteuse de l’homme, incapable d’aimer autre chose que lui-même ou que ses propres intérêts.

On était au XIX° siècle, mais en plein XXI° siècle, les choses ne semblent pas avoir beaucoup changé.

 

Dosette de lecture n°118 : Émile Zola : Comment on se marie, comment on meurt ? Une peinture sans concession de l’homme.

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« Loin, bien loin » : Rimbaud au bac de français

Publié le par Eric Bertrand

« Rimbaud et le départ vers le lointain » … C’est, en d’autres termes, l’un des sujets de dissertation proposé cette année au bac de français aux élèves de premières et c’est aussi l’un des moteurs qui a guidé mon roman « Over the Rimbaud ».

« Loin, bien loin » : Rimbaud au bac de français

 

« Rimbaud et le départ vers le lointain » … C’est, en d’autres termes, l’un des sujets de dissertation proposé cette année au bac de français aux élèves de premières et c’est aussi l’un des moteurs qui a guidé mon roman « Over the Rimbaud » (https://www.helloeditions.fr/product/over-the-rimbaud/).

Il décrit un Rimbaud qui s’en va loin, sous les yeux effarés de la jeune fille qui l’a aimé et qui commence, à travers ce voyage, à devenir une femme autre. Celui qu’elle ne cesse d’aimer s’en va tellement loin de tous les repères petits bourgeois qu’on a cherché à lui imposer à Charleville…

Loin, bien loin des rangs de l’école et des ragots des rues, loin de toutes les « casquettes de plomb », des « mesquines pelouses », de ces « tout petits chiffons à petites bottines », loin de ces « fleuves impassibles » et de ces « cotons anglais » qui enflent « les bedaines flamandes », de ces « habits puant la foire et tout vieillots » qu’on enfile pour honorer « le Livre du Devoir » que brandit « la Mère », l’effrayante « Bouche d’ombre ».

Loin de ces poètes de quatre sous que René Char, dans son poème « tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud » désignera comme des « pisse-lyres » ; loin de ces « mains à plume » et de ces « mains à charrue » et de cette langue de boue et de cendres ; loin de ces brumes et pluies des Ardennes…

« Que les villes s’allument ! » pour le compagnon de la « Grande Ourse ». Quelque part où couve le feu de la langue, sous ce « grand désert où luit la Liberté ravie », là où le soleil « lui tannera la peau » et fera sauter les « anciens parapets », là où l’enfant, « le front plein d’éminences », la semelle alerte et le « pied près de son cœur », décollera à la découverte de cet autre « je », de ces tapis de fleurs qui « lui disent leur nom » (Addis Abeba en langue amharique, ça veut dire « fleur nouvelle »), et de « ces splendides villes » illuminées sous la lampe de ce « génie » qui le mène jusqu’au bout de lui-même et jusqu’à l’extinction des feux.

Il décrit un Rimbaud qui s’en va loin, sous les yeux effarés de la jeune fille qui l’a aimé et qui commence, à travers ce voyage, à devenir une femme autre. Celui qu’elle ne cesse d’aimer s’en va tellement loin de tous les repères petits bourgeois qu’on a cherché à lui imposer à Charleville…

Loin, bien loin des rangs de l’école et des ragots des rues, loin de toutes les « casquettes de plomb », des « mesquines pelouses », de ces « tout petits chiffons à petites bottines », loin de ces « fleuves impassibles » et de ces « cotons anglais » qui enflent « les bedaines flamandes », de ces « habits puant la foire et tout vieillots » qu’on enfile pour honorer « le Livre du Devoir » que brandit « la Mère », l’effrayante « Bouche d’ombre ».

Loin de ces poètes de quatre sous que René Char, dans son poème « tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud » désignera comme des « pisse-lyres » ; loin de ces « mains à plume » et de ces « mains à charrue » et de cette langue de boue et de cendres ; loin de ces brumes et pluies des Ardennes…

« Que les villes s’allument ! » pour le compagnon de la « Grande Ourse ». Quelque part où couve le feu de la langue, sous ce « grand désert où luit la Liberté ravie », là où le soleil « lui tannera la peau » et fera sauter les « anciens parapets », là où l’enfant, « le front plein d’éminences », la semelle alerte et le « pied près de son cœur », décollera à la découverte de cet autre « je », de ces tapis de fleurs qui « lui disent leur nom » (Addis Abeba en langue amharique, ça veut dire « fleur nouvelle »), et de « ces splendides villes » illuminées sous la lampe de ce « génie » qui le mène jusqu’au bout de lui-même et jusqu’à l’extinction des feux.

 

« Loin, bien loin » : Rimbaud au bac de français

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Françoise Hardy : comment lui dire adieu ?

Publié le par Eric Bertrand

C’est une rose en bouton, une silhouette furtive, gracile et gracieuse dont la voix douce qui passe sur les ondes est celle d’une ondine qui se cache sous les roses de « la maison où elle a grandi ». Mais sa rose à elle est unique, c’est « son amie » et elle lui rappelle « des tas de choses » et aussi « qu’on est bien peu de chose » …

Bob Dylan, David Bowie, Mick Jagger, et tous ceux qui « aiment les filles » trouvent aussi que la rose au jardin est « mignonne » et qu’il faut aller la voir… Mais quand les yéyés roulent avec leurs yoyos, à peine « éclose », elle avance précieuse, enveloppée dans « les plis de sa robe pourprée » dessinée à la mode de l’époque par André Courrèges ou Paco Rabanne ; et rien ne dérange, et rien ne fait fausse note quand elle envoie son message tout personnel.

C’est désormais « le temps de l’amour et de l’aventure » et « son cœur de silex vite prend feu ». Cette vie nouvelle, elle ne veut la manquer, « sous aucun prétexte ». « Maintenant, la ville est là, les lumières, les amis, la chance » … Mais un soir, hélas, elle sent que le vent tourne et que « le Temps passe à pas de géant ». Du fond de sa conscience à marée basse, elle écrit : « Les fleurs que j’aimais tant ont disparu, où sont les pierres, où sont les roses ? » Elle avait prévenu dans une autre chanson : « Aucun sable ni la dune n’arrête le sablier quand je prendrai le large. »

Aujourd’hui, l’ondine s’est en allée mais elle nous a « fait une place dans sa bulle » et, sur les ondes, a laissé son sillage et son microsillon, la marque d’un accord de guitare, d’un vent léger : « Blowing in the wind ».

 

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Dosette de lecture n°117 : Thomas Schlesser : « Les Yeux de Mona ». Ouvre toutes les facettes de tes yeux et regarde les choses en face

Publié le par Eric Bertrand

          Comment surmonter le cauchemar de la cécité et de l’aveuglement ?

Comment les œuvres d’art peuvent-elles nous aider à surmonter les traumatismes ? C’est cette interrogation qui permet à l’auteur historien de l’art, Thomas Schlesser, d’entrainer son lecteur dans la découverte patiente et émerveillée d’œuvres situées au Louvre, à Orsay et à Beaubourg.

Celui qui sert de guide à cette aventure particulière est le grand-père de la petite Mona. « L’art d’être grand-père » commence pour lui dans cette démarche qu’il imagine pour aider sa petite fille. Cette dernière a été frappée d’une cécité qui n’a duré qu’une minute mais qui a affolé tout le monde. Afin d’éviter la rechute dans « le trou noir », les parents de Mona demandent à son « papy Dadé » de l’emmener en « consultation ».

Mais à la vérité, le traitement qu’elle va suivre grâce à ses bons soins se manifeste par « l’administration » d’un nouveau tableau que l’apprentie esthète va « ingurgiter » chaque mercredi, guidée par cet expert qui pratique l’art de « soigner » par des injections de beauté… Confrontée à 52 œuvres d’art différentes, en même temps qu’elle s’ouvre au monde et aux multiples expressions de la beauté, Mona (et avec elle le lecteur) réfléchit, à une leçon de vie particulière : « Souris à la vie », « Respecte les petites gens », « Mets le monde à l’arrêt », « Ferme l’œil de ton corps », « Il faut danser sa vie », « Le noir est une couleur » …

En ces temps si troubles, on peut encore espérer avec Mona, Papy Dadé et Dostoïevski que « la beauté sauvera le monde ».

 

Dosette de lecture n°117 : Thomas Schlesser : « Les Yeux de Mona ». Ouvre toutes les facettes de tes yeux et regarde les choses en face

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