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Jolien Janzing au lycée Vieljeux... Le Journal sous la neige…

Publié le par Eric Bertrand

Dans une rue d’Amsterdam, passe un couple de mariés. Anne Frank est à la fenêtre. Elle a l’air heureux d’une fillette insouciante. Elle agite la main. Sur une autre photo en noir et blanc, Audrey Hepburn a le même âge. On la voit déguisée, noyée dans une jolie robe Charleston. Elle joue à la grande dame. Elle a déjà des airs de danseuse et de petite star. Et à la fin de l’échange, sur le diaporama, la dernière image qui reste affichée sur l’écran est celle d’Anne, réunie par le montage en tête à tête avec Audrey. Toutes deux ont le même âge et malgré les traits fatigués et la mauvaise santé de l’une, elles se ressemblent.

Ces deux personnages, qui ne se sont jamais rencontrés, sont ceux que suit avec beaucoup d’émotion et de tendresse l’écrivaine Jolien JANZING venue parler de son roman « Audrey et Anne » au lycée Vieljeux, devant deux classes de seconde. Nervosité, impatience, doutes, les 70 lycéens entrent dans la salle polyvalente. L’autrice est au pupitre, le vidéo projecteur est branché. Le café refroidit au fond des tasses. Tout est paré.

Comment un romancier trouve-t-il son inspiration ? La question intrigue toujours les élèves quotidiennement confrontés au vertige de la page blanche. Au début, confie Jolien, elle avait l’idée d’écrire un roman sur Anne Frank… mais ses recherches l’ont menée à la figure d’Otto, le père, seul survivant du camp de concentration. L’homme est remarié, le journal qu’a écrit sa fille continue de le hanter. Un jour d’hiver 1957, il a rendez-vous dans un village suisse avec la délicate Audrey Hepburn pour lui demander si elle accepterait d’incarner le rôle de sa fille dans un long-métrage. Et c’est là que tout commence…

L’explication ne satisfait pas. Ou bien c’est simplement qu’un élève de l’autre classe veut poser sa question. « Bonjour. Pourquoi avez-vous eu recours à la technique du flash-back ? » Jolien sourit. La réponse d’Audrey ne vient pas tout de suite voyez-vous, l’oblige à un long détour par lequel va lentement émerger le passé. Un passé lourd qui permet au lecteur de croiser la figure trouble de la mère d’Audrey, la baronne Ella de Heemstra, qui, très vite conquise par la « santé » et la vigueur du troisième Reich va, par légèreté et goût de la mondanité, fréquenter des officiers nazis …

Le roman ouvre cette page sombre de l’histoire et examine la période trouble située entre 1929 et 1945 : la famille d’Anne et celle d’Audrey ne la vivent pas de la même façon. « Laquelle des deux préférez-vous ? » demande un élève qui a manifestement bien lu le roman et qui s’étonne de la part que tient Ella dans la narration. En tant qu’être humain, bien sûr que je préfère la famille Frank… Mais en tant que romancière, c’est différent… je pense avant tout à tirer les fils de mon canevas et à m’intéresser aux « fils noirs », peut-être davantage qu’aux « fils blancs ». Parce que les fils noirs sont plus difficiles à débrouiller. C’est pour cela qu’ils fascinent le lecteur et sont source d’inspiration.

Cet appel de l’écriture, elle l’a ressentie très jeune, lorsqu’à sept ans, peut-être après s’être mise, elle aussi, à la fenêtre, peut-être après avoir enfilé, elle aussi, une robe Charleston, elle s’est amusée à pianoter sur la machine à écrire de sa mère. Et puis la partition a continué : les notes, les mots, la lecture des livres, le journal d’Anne Frank, « le petit monde » qu’elle se fabrique, les beaux personnages féminins dont elle veut raconter l’histoire, la complicité avec eux, les recherches dans les bibliothèques, aux archives et sur internet, l’envie de laisser la part belle aux femmes plutôt qu’aux hommes toujours un peu trop présents. (Clin d’œil en direction de son mari, « chez nous, il y a toute une bibliothèque entièrement consacrée à un seul homme : Napoléon, et Paul le connaît par cœur ! Il y a aussi des femmes qui ont fait des choses extraordinaires, n’est-ce pas ?… » Et là-dessus, elle a sa petite idée.)

Car, comme elle le signale à un autre élève, il y a toujours « quelque chose de fantastique dans la vie » et qui dépasse infiniment ce que l’imagination peut inventer. C’est vrai, confie-t-elle avec son regard bleu ébloui, la vie fournit le meilleur tissu quand il faut croiser les fils… C’est par exemple la mère d’Audrey qui reçoit des paquets de cigarettes de la part de l’un de ses ex, un dénommé « Micky », et qui les revend aussitôt pour acheter de la pénicilline afin de guérir Audrey de la typhoïde. Ou bien le dernier train pour Auschwitz dans lequel montent les Frank parce qu’Otto n’a pu cette fois-ci faire en sorte de rayer les siens de la liste des « passagers ». L’ultime départ vers les camps… Ou bien encore le soleil éblouissant au sortir de l’annexe dans laquelle Anne et sa famille ont vécu terrés pendant deux années…

C’est comme ça. La vie fournit de ces coups de soleil au visage de l’écrivain. Le soleil brille sur cette petite route escarpée de la montagne suisse par laquelle Otto va rejoindre Audrey… Au bout de la route enneigée, il y a la perspective d’une rencontre mais aussi, sur la page blanche, le premier flocon de tout roman. Quelque part dans les landes du Yorkshire ou quelque part en Antarctique… 

 

Littérature; Jolian Janzing

Littérature; Jolian Janzing

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Rimbaud et la météorite des Ardennes

Publié le par Eric Bertrand

« Des cieux délirants ouverts au vogueur », parmi les « étoiles au ciel », une météorite de 364 kilos a fait son « doux frou frou » en Forêt de Mont-Dieu, dans ces Ardennes si impatiemment sillonnées par le jeune Rimbaud. C’était en 2010. Le fulgurant corps céleste a fini sa course sur « la route du bois » au moment où « les ailes se lèvent sans bruit » et où « les pierreries regardent ».

Peut-on vendre aux enchères « la déesse » ? Qui peut ramener dans sa poche ou dans son jardin « son immense corps » ? « Le meilleur, c’est un sommeil bien ivre sur la grève »…

Aussi abrasive que « l’air marin », elle a d’abord tiré la « planche folle, escortée des hippocampes noirs » en direction de « la plage armoricaine ». Elle l’a fait accomplir sa rotation du côté des « forêts, soleils, rives, savanes », dans ces « déserts où luit la Liberté ravie », puis elle a jeté « l’éphémère citoyen d’une métropole crue moderne » dessus « la pente du talus », sur « un gradin d’or », parmi « les disques de cristal » et les « herbages d’acier et d’émeraude ».

Elle a passé, « génie au dégagement rêvé », dans le ciel « infusé d’astres ». Jaillie du fond des « cieux ultramarins » et tannée par des « climats perdus », elle a « dévoré les azurs verts » et brûlé les poumons. Creusé un grand trou rouge dans « le bois de lauriers ».

Et « fileur éternel des immobilités bleues », « l’homme aux semelles de vent » continue de sommeiller « d’un sommeil bien ivre » dans son « trou de verdure ». La magie appartient à la forêt des Ardennes, ne levons pas les voiles...

Rimbaud;Ardennes

Rimbaud;Ardennes

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Deux Amériques

Publié le par Eric Bertrand

J’ai repris les anciennes photos du tour des USA en stop sur lesquelles il y avait eu un premier clip toujours disponible sur mon site, et j’y ai associé de nouvelles chansons… L’occasion de revenir sur cette incroyable aventure dans une Amérique si éloignée de celle de Trump et beaucoup plus proche de celle de Kérouac, London et Whitman… Tels sont les thèmes "Taper la route"...

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Rimbaud rising for the climate with Greta

Publié le par Eric Bertrand

C’est le jeune Rimbaud qui fugue avant toi dans la lumière. Avec lui, tu marches pour le climat et tu veux embrasser l’aube d’été car rien ne bouge encore au front des palais.

Les camps d’ombres et de Petits Poucets rêveurs ne quittent pas la route du bois. Á l’aube, ils soufflent sur les écrans, réveillent les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardent et les ailes se lèvent sans bruit.

Votre première entreprise est de retrouver dans les sentiers emplis de frais et blêmes éclats, des fleurs et des millions de papillons qui vous disent leurs noms. De rire au soleil blond qui dénoue ses cheveux à travers les sapins. De reconnaître la déesse à la cime argentée. Et de lever un à un les voiles en agitant les bras.

Elle est belle, elle est pure et transparente. Par les plaines et les campagnes, dénoncez-la aux coqs. Á la grand’ville, où elle fuit parmi les automobiles et les vapeurs d’essence. Trouvez-lui le bon climat et chassez-la comme un mendiant sur les quais de marbre et de fumée. En haut de la route, près d’un bois de lauriers, entourez-la avec ses voiles amassés. Vous sentirez un peu de son immense corps.

L’aube et les enfants tomberont au bas du bois.

Au réveil il sera trop tard.

Rimbaud; Nature; Marche pour le climat

Rimbaud; Nature; Marche pour le climat

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Autre planète pour la valise Petit Prince

Publié le par Eric Bertrand

Plongée dans les Highlands d'Ecosse... Sous forme de fable, voyage en images.

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