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Seconde bande-annonce de "Dévalisée", le début

Publié le par Eric Bertrand

Voici un second extrait et aperçu du prochain roman à paraître chez Morvenn Editions. On est dans les premières pages...

 

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Bande annonce de "Dévalisée"

Publié le par Eric Bertrand

Le livre préparé cette année est prêt. Envoyé chez l'imprimeur pour les dernières réalisations. Il devrait paraître en début d'été...

En attendant voici une première bande-annonce...

Et je joins le synopsis :

 « Par quelles étapes une petite valise en carton achetée chez un maroquinier, accède-t-elle à la conscience et à la maturité ? Comment, au cours d’un voyage dans le nord de l’Écosse, cette surdouée accède-t-elle à la beauté de ce pays  et à quelques épisodes marquants de l’Histoire des Highlands ?

Á travers cette fable contemporaine, l’auteur invite le lecteur à la fois à une aventure fantastique dans des contrées sauvages et mystérieuses et à un questionnement décalé sur les grands moments de l’existence humaine. »

 

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Le peintre triste sous les masques

Publié le par Eric Bertrand

A quelques jours du déconfinement, je revois avec mélancolie les peintures de Vinci, Botticelli, Fragonard, Rubens, Vermeer ou autres Renoir… La liste est longue de tous ces peintres qui ont su si bien traquer la beauté et l’émotion derrière un sourire, la palpitation de la chair sous l’énigme d’un regard…« Ce qu’il y a de plus profond chez l’homme, c’est la peau » affirmait le poète Paul Valéry.

Devant les nouveaux pinceaux imposés par les masques, nous sommes désormais comme des peintres tristes, désarmés devant le chevalet de nos relations aux autres. Le geste spontané et franc est, du jour au lendemain, devenu suspect ! Et le peintre est condamné à traquer, sur la fleur de peau, au lieu de l’harmonie des traits, le postillon et la bactérie.

Si le bâillon coupe la parole, le masque entaille le visage.

Sourire confisqué, voix masquée, lèvres alignées, enrégimentées sous les élastiques et les tissus (et quels tissus ? Certains ont des airs de couches culottes !) La chair est devenue triste, hélas, Mallarmé l’aurait répété, lui qui sentait passer « la brise marine ». Sur les trottoirs et dans les transports en commun, rappelons-nous au moins comme Baudelaire, la lumière des phares et les yeux vers les « traitres yeux, brillant à travers leurs larmes ».

 

Peinture; Baudelaire

Peinture; Baudelaire

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Boire un whisky écossais

Publié le par Eric Bertrand

Sur la platine du verre, la couleur et la senteur mettent de la musique et de l’ambiance. Ambré dans la transparence de la bouteille, le liquide se dore, s’incline et salive. 

Alors la première gorgée roule dans la gorge vide et l’espace engourdi résonne. Dans la brume acoustique, le palais effleure ses touches de pianos jusqu’à l’ivoire des dents. Les notes fruitées et tourbées lèvent et s’embarquent : Ravel, « une barque sur l’océan », Debussy, « la mer », Mendelssohn, orgues basaltiques … Puis la vague arrive, déferle, inonde « la glotte de Fingal ». L’impression éclate et vibre. Un orchestre lumineux s’ouvre sous la langue : lande, bruyère, tourbe. Cuivres des distilleries, teintes mauves ou blanches, timbres de soleil contre la paroi du verre. Ruissellement de l’eau sur les galets. La flaque de whisky coule dans la trachée, laisse une brûlure chaude et sucrée sur les lèvres. Déjà plus rien au fond du petit verre rond. Rien ?

Sauf un bouquet sous la rosée. Un filet d’eau vive, 
une silhouette enivrée qui voltige, et décolle, et s’envole. 
Elle n’est plus là, elle a laissé sa « part des anges ».

 
Boire un whisky écossais

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Les fleurs bleues dans le sable mouillé, hommage à Christophe

Publié le par Eric Bertrand

C’était en pleine période yéyé et on l’imaginait, jeune homme un peu vain, qui avait, avec les filles, un succès fou, qui « se prenait pour Ben Hur en conduisant d’une main », poursuivant le doux visage d’une Aline en bikini. Plages de sables, « dolce vita » et amours grenadines chantés jusqu’à l’été indien.

Mais il est revenu, plus étrange, nimbé de mystère avec ses lunettes fumées bleues, ses bottes blanches et ses airs de dandy. Se décrivant lui-même dans un gilet de satin, ou smoking blanc cassé. « Il est six heures au clocher de l’église, dans le square, les fleurs poétisent ». La plage n’est plus qu’un square, un bassin d’expérimentation des mots et des notes bleues. La voix semble sortie tout droit d’un conte de Théophile Gautier ou d’Edgar Poe.

Décidément, il a plu sur la plage du disque. « Dans sa veste de soie rose, il déambule morose, le crépuscule est grandiose ». Il s’éloigne et revient doucement d’une sorte de paradis perdu qui le hante. La musique est lente, presque funèbre. Elle accompagne et invite la silhouette d’une créature évanescente, peut-être une petite fille du soleil. Celle-là ne laisse pas d’empreintes sur le sable. Mais « dans ce luxe qui s’effondre », il recueille ses mots et la note bleue d’une fleur de clavier mouillée dans l’orage.

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