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Travail du manuscrit

Publié le par Eric Bertrand

           Périodiquement, c’est aussi l’objet de ce blog, je donne des nouvelles de l’évolution de mon prochain ouvrage. Au fur et à mesure qu’il progresse, j’oscille entre le désir d’en approfondir « la genèse » et la volonté d’en garder secret le contenu. Je n’en dirai donc toujours pas davantage.

           Ces vacances m’ont permis d’avancer, de profiter de l’utilisation du net book ou de simples feuilles A4 sur lesquelles j’édite un « morceau » que je retravaille. Attente chez un médecin, dans un café, sur une terrasse, dans une grande surface avant de « prêter main forte » pour le « panier de la ménagère »... Les occasions ne manquent pas et le manuscrit s’allonge encore.

           L’ouvrage surprendra mes lecteurs, habitués à une certaine « douceur ». (Je me rappelle le point de vue de mon ami René Frégni, juge des « Nouvelles pour l’été » et m’affirmant que le lecteur préfère en général « le noir » au « rose »).

           C’est un univers impitoyable que je décris et le héros en est particulièrement cruel et caustique. Et pour cause, puisqu’il s’agit d’un insecte et que le modèle de Kafka n’est pas très loin. Relisez « la Métamorphose » ou « Le Terrier » si vous souhaitez repérer un quelconque « héritage » ! Et patientez jusqu’à ... la prochaine rentrée littéraire si tout va bien !
           Chemin faisant, pour ceux que ces titres ne renseignent pas davantage, j’en dirai plus demain.

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D’autres nouvelles d’anciens sur Face book

Publié le par Eric Bertrand

J’ai évoqué ce bon moyen de retrouvailles qu’est face book dans un article précédent et je publie aujourd’hui deux nouveaux témoignages relatifs aux années consacrées au théâtre à Loudéac, donc directement en liaison avec le thème de ce blog...   Le prof de français qui m'a fait aimer Gainsbourg... Comment allez-vous?"

 

J'ai été ravie de vous retrouver sur facebook, et par manque de temps n'ai pas pu prendre les petites minutes nécessaires pour vous écrire. Mes valises se sont pas mal promenées depuis le lycée, pas encore assez malheureusement...Et sans exagération, c'est amusant de réaliser que ce cours de français de 1ère m'a suivi aussi...De Sciences po dans les cours de littérature en première année (je me souviens vous avoir psychologiquement dédicacé une présentation sur "sur la route"et avoir un peu souri quand la prof s'est étonnée que j'ai l'air si passionnée par Kerouac), d'anglais l'an dernier sur les poètes de la Beat Generation, où j'ai approfondi Burrough, Ginsberg Kerouac et les autres..Jusqu'à San Francisco et ses petits cafés aux noms évocateurs de vos pièces et de Kerouac.. et l'atmosphère de cette ville surtout, qui m'a plus que marquée, et où j'aimerais tant vivre (...)



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Robinsonnades

Publié le par Eric Bertrand

                 

Avec le retour des vacances
revient le temps des escapades et du « out of joint » comme dit l’ami Hamlet. Est-ce un effet des circonstances ? De mes lectures (Hugo, Conrad, Stevenson, Melville) ? Du cadre maritime ? Des copies sur Robinson que, de bon matin, j’ai commencé à corriger (pas toutes très bien écrites et encore est-ce une litote !) ? Des prémices du printemps sur l’océan qui gronde encore de la dernière tempête ?...

                Mais hier matin en accomplissant ma petite course à pied sur le sentier côtier habituel, j’éprouvais un sentiment d’île et de robinsonnade.

                Pourquoi précisément robinsonnade ce matin ? Peut-être aussi parce que le ciel était particulièrement bleu, calme, comme lavé par une tempête, la côte découpée, particulièrement à vif, affleurant de l’affutage, l’eau encore brisée, les dernières mouettes et les cris pointus, refluants, aiguisés des goélands dans les algues, les carcasses et les brisants de coquillages.

                 On avance, on avance, les cheveux à la brise, le torse et la face en figure de proue, meilleure pénétration dans l’air, « la spada » de maître Indurain, tu n’as jamais oublié ! Et puis enfin, dans le défilé de roches, une petite sente qui s’avance sur une langue de sable, puis la prairie déjà verte, émaillée de premières paquerettes, l’écho, de chaque côté, des alouettes, et sur la colline, les façades blanches des maisons, avec leurs volets verts, souvenirs anciens des peintures empruntées par les pêcheurs de Ré aux coques des navires.

                 Et le soleil adoucit l’atmosphère et les premières gouttes de sueur perlent sur le front.

 


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Benjamin Button : livre et film

Publié le par Eric Bertrand

              A ce point marqué par le film, je n’ai pas résisté à l’envie de lire la nouvelle du même titre qu’on trouve facilement dans la collection Folio. Comment un film si long (plus de deux heures cinquante) a-t-il brodé sur une cinquantaine de pages ?

              Le lecteur trouve en tout cas un vrai plaisir à la lecture car le récit est efficace et non dépourvu d’humour, notamment dans ces passages du début où le père et le fils s’affrontent chacun pour imposer « un moyen terme » d’identité, le père cherchant à tout prix une vraie relation père-fils et le fils ne se satisfaisant pas vraiment de l’enveloppe du nourrisson puis de l’enfant !

              Puis les années passent et le livre qui est une nouvelle, rappelons-le, accélère la temporalité, ritualise certains moments de l’existence, amour, mariage, naissance, paternité... L’euphorie de Benjamin est croissante car, au fur et à mesure que les années passent, son énergie et son appétit de vivre augmentent.

               Le hiatus avec ceux de sa génération se creuse inexorablement. A la différence du film, Benjamin ne se sépare pas de son épouse et l’écart entre les deux êtres se manifeste de plus en plus nettement. Il devient le garnement de « sa douairière », puis un enfant qui joue avec son fils et que son fils gourmande, puis un enfant qu’on confie à une nourrice, puis un bébé qui ne sort pas beaucoup de son lit mais qui repasse en accéléré le film de toute sa longue vie ! Bref, dans le livre, le passage à la régression vers les premiers stades de la vie est souligné davantage, le lecteur pénétrant une réalité que les images ne peuvent certainement pas traduire...


 

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L’article du mois : « l’étrange histoire de Benjamin Button » (1/4)

Publié le par Eric Bertrand

          Pour illustrer ma rubrique de l’article du mois, je choisis précisément cet article parce qu’il montre le retentissement personnel que peuvent avoir certains moments de cinéma.

          D’ailleurs, je reviendrai une dernière fois demain sur un prolongement que j’ai voulu encore donner à ce film.

 

          "La vie serait bien plus heureuse si nous naissions à 80 ans et que nous approchions graduellement de nos 18 ans.

 

          Sur cette hypothèse vertigineuse de Mark Twain, le livre de Fitzerald est construit. La nouvelle plus exactement, et de cette nouvelle est tiré le film « l’Etrange Histoire de Benjamin Button », conte bouleversant sur la condition humaine...

          C’est un petit bébé monstre qui naît et qui grandit sous les traits d’un petit vieillard d’abord hideux, puis de plus en plus facétieux et jovial. Car, comme le suggère l’une des images du film, les aiguilles de la grande horloge tournent dans le sens inverse et l’enfant sénile avance dans la vie comme les crabes, non vers la décrépitude et l’avachissement mais vers la santé, l’énergie et la Beauté.

           Au fil des minutes, le spectateur assiste à cette ronde infernale, à cette danse macabre du temps qui fauche les vivants autour de Benjamin lequel, il faut le dire, grandit dans une maison de retraite ! Pas de répit pour ceux qui vont dans l’autre sens ! Pas de répit pour la jeune et belle danseuse à qui Benjamin fait un enfant et qu’il décide d’abandonner : ils sont heureux tous les trois, mais Benjamin est cruellement lucide, dix ans plus tard, elle aurait à s’occuper de deux enfants, et sa fille ne reconnaîtrait pas, en ce compagnon de jeux vieillissant, ce papa dont elle aurait besoin...

            Le film est beau, touchant, perturbant même. La caméra joue avec le prisme de l’image de Brad Pitt que nous avons toujours suivi dans ses grands films comme « Légende d’automne » ou encore « Et au milieu coule une rivière »... C’est un ravissement de le voir revenir à cette effervervescente jeunesse, mais c’est en même temps douloureux de rester un peu comme dans le fond poussiéreux de l’atelier... Douloureux de tenir le pinceau immobile du portrait de Dorian Gray pendant que le « phénomène » continue de narguer ceux qui sont condamnés à vieillir.

             Cette question du vieillissement et du détraquement de « la machine » dans le film « Benjamin Button » est assez présente dans ce que j’ai écrit : puisqu’il s’agit dans ce blog d’établir des passerelles entre ce que je lis, vois, entends et certains de mes ouvrages, je reviens dans les trois articles à suivre sur ce thème du vieillissement..."

 

 

 

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