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Darwin dans le Loft...

Publié le par Eric Bertrand

            Pour illustrer les théories développées dans ce blog à propos de Darwin, relisons un extrait de la fin de pièce, au moment où Tarzan s'indigne contre la bêtise et la simplification de langage, filtres à travers lesquels le nouveau loft vise à les éliminer en tant que consciences :

 

« Tarzan : (les parodiant) « Very simple, very simple ! »... Mais la nature humaine n'est pas simple, elle est tout ce que vous voudrez mais elle n'est pas simple ! On n'est pas encore des rhinocéros, n'est-ce pas monsieur Ionesco, non, surtout pas des rhinocéros ! ... Big Brother, tu ne me feras pas de cornes avec toutes tes caméras ! (serrant contre lui Rosalinde) Moi je m'appelle Tarzan, et je le dis en face, à tous les téléspectateurs et à Big Brother et à tout le reste de sa clique... Je m'appelle Tarzan et je suis encore vivant et j'incarne l'espèce humaine. Les textes que je dis, je les comprends, je les sens, et jamais je n'en ferai commerce, vous m'entendez, jamais !

 

Rosalinde : (se dégageant de l'étreinte de Tarzan) Tout ce que vous nous demandez de faire, c'est odieux ! ni Shakespeare, ni Marivaux, ni Ionesco ne seront les complices de votre mascarade !... (Elle interpelle les projecteurs) Big Brother, t'es là pas vrai ? Eh, Big Brother ! tu m'as bien vue ?... Eh Big Big, avoue-le en face, devant toutes tes caméras et tous tes fidèles, je te plais hein !...  c'est pour ça que tu m'a choisie et t'as plutôt bon goût si je regarde autour de moi !... (Elle montre les autres lofteuses) Eh ben tu m'auras pas !... Tu peux toujours  courir avec tes spots et tes magnums et tes shotguns et tes laborantines !...  Qui va sortir du loft aujourd'hui ? C'est Rosalinde ! Rosalinde sort du loft et elle en est fière, Rosalinde sort du loft et le revendique ! »


 

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Darwin, "le loft" et l’eugénisme

Publié le par Eric Bertrand

             Le paradoxe de la clique de Big Brother, c'est de se réfugier derrière un masque de Vertu et de déclarer la chasse aux sorcières au nom de la Vertu. Cette politique cache un régime corrompu dont les membres ne cherchent qu'à tirer profit de la situation et à abuser de ceux dont ils dénoncent les agissements.

             On voit là à quelles dérives peut mener le fameux principe de la « sélection des espèces ». Par un travail mené en laboratoire, Big Brother cherche à imposer une nouvelle humanité, immuable... Une humanité que le régime contrôlera. On n'est pas loin des dérives qu'a occasionnées la pensée de Darwin : celles qui utilisent le principe de la sélection naturelle pour ériger un modèle social, celles qui prônent l'eugénisme.

            C'est là que la voix des Indécents prend tout son sens dans ce loft qui tourne au cauchemar. Je propose demain de faire un détour par la fin de « Loft History 2084 ».

 

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Darwin et l’indécence

Publié le par Eric Bertrand

           L'un des aspects révolutionnaires de la pensée de Darwin réside dans la pensée de la sélection naturelle. Non seulement les espèces ne sont pas fixes, mais également se transforment et s'adaptent en fonction du milieu dans lequel elles se développent. Celles qui résistent sont celles qui s'adaptent. Et la question de la « nature » définie une fois pour toutes ne peut correspondre à ce point de vue (d'où le lever de bouclier théologique qui se dresse face à Darwin et qui lui aurait bien valu le bûcher dans d'autres temps !)

            Pour survivre dans la société de 2084, ceux des Indécents de la pièce qui s'allient aux autorités rentrent dans le moule (et, ce faisant, évitent le bûcher que promet Big Brother aux contrevenants...) et s'adaptent. En contrepartie, ils renoncent en même temps à tout ce qui faisait d'eux des hommes.

            Les conflits qui se livrent verbalement dans la fin de la pièce montrent que ceux qui refusent tiennent à garder leur identité profonde et rejettent catégoriquement une autre définition de l'humain.

            D'un côté, les Indécents sont du côté de Darwin, de l'autre, Big Brother et sa clique sont du côté de la fausse spiritualité, celle qui consiste à imposer le moule du socialement et politiquement correct. Ils s'indignent au nom de la Morale publique, réclament un type humain plus épuré, plus propre et transparent. Pour donner du poids à leurs propos, ils brandissent le spectre de l'actualité et jouent sur des effets d'annonce :

 

Big Brother : (Les membres du Conseil sont entrés solennellement) Mes chers collègues,  par bonheur, la maladie semble devoir nous débarrasser des individus de la caste des Indécents qui sortent d'ici. (Soudain familier et cynique) Mais dans notre mégabulle, grâce aux bons soins de notre chère scientifique 359 In Vitro, nous ne craignons rien ! L'heure est venue de profiter de l'opportunité, (il s'approche avec complicité de 359, s'installe sur le banc) de resserrer les mailles du filet et d'éliminer définitivement les derniers « primitifs » qui constituent encore un obstacle à notre conception de la civilisation totale.

 

Big Mother : « L'expansion qu'a connue ces dernières années le virus du Sida, loin d'être une calamité, est une grâce du ciel. Elle touche en effet exclusivement les milieux de ces hommes et femmes singes qui obéissent encore à des comportements arriérés et dégradants. Nous venons d'entendre quelques témoignages des pratiques écoeurantes auxquelles se livrent encore ces sauvages... »

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Darwin, Huxley, Bradbury et orwell

Publié le par Eric Bertrand

             2009 est l'année du bicentenaire de la naissance de Darwin ! L'occasion de réviser la pensée de ce grand chercheur audacieux ! Et quel rapport entre ce blog et Darwin ? (Toujours ce souci khâgneux de la problématique !)... Parce que c'est l'occasion de revenir aussi sur le fond de ma pièce philosophico-caustique écrite il y a quelque temps : « Loft History 2084 », diversement comprise et appréciée.

             Bien sûr il y avait dans cette pièce une référence au Loft et à la société dirigée par la téléréalité. Mais en même temps, la pièce mettait en scène une humanité en péril. Dans mon hypothèse initiale, je reprends l'héritage de Huxley et de Bradbury : en 2084, la société est dirigée par une instance inquiétante qui crée l'espèce humaine à son goût, une espèce insipide et docile incapable notamment de lire et donc de penser. Mais il subsiste quelques incorruptibles...

              Un certain Big Brother, dans la lignée directe du roman d'Orwell, livre une guerre sans merci à la caste qu'il désigne comme « Indécents » et ces derniers résistent malgré tout et profitent du Loft pour déclamer, sans vergogne, les textes extraits des Shakespeare et Marivaux... Mais l'audience n'est plus la même, la pression s'exerce sur le métier et certains d'entre eux consentent à se résigner pour survivre. C'est là qu'intervient Darwin et sa loi de la sélection des espèces en fonction du milieu... J'y reviens demain.

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La Fontaine et l’EPS !

Publié le par Eric Bertrand

Etant donné les difficultés rencontrées dans l’organisation du spectacle version EPS, nous avons décidé de travailler à partir d’un film : je rejoindrai seul le prof de gym afin d’assister à sa séance de travail.

             Les élèves seront filmés au cours de leurs exercices et nous choisirons ensuite ce qu’ils pourront retenir pour accompagner le texte et lui donner son relief. Comme le reste de l’équipe ne peut se libérer, nous leur montrerons en réunion plus tard comment nous proposons de faire évoluer la distribution.

              Dans cette optique, l’établissement prévoit d’acheter un petit camescope qui sera également utilisé pour la seconde version de l’IDD Simenon dont j’ai déjà parlé.

 

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