Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Souchon chef de gare

Publié le par Eric Bertrand

           Dans le dernier album, il y a un titre qui me plaît particulièrement. « La Compagnie, des wagons-lits ». Il fait écho à ce que le chanteur disait, vingt ans plus tôt, de « la beauté d’Ava Gardner » et des « vapeurs dans les chemins de fer »…

           Souchon n’est pas le premier à se lamenter sur les effets désastreux du progrès sur la relation de proximité ! Vigny, avant lui, regrettait la lenteur et diabolisait les voyages ferroviaires… Que dirais-tu Alfred, à l’heure du TGV, AGV et autres nouveaux engins au ban d’essai ? Comme  il en a l’art, Souchon ouvre le clavier des réminiscences pour nous avertir du danger :

 

« La petite lampe jaune envoyait ses dorures

On traversait le Rhône à toute alllure

Wagons lancés, lits balancés

Nous étions les amants enlacés… »

 

         Que reste-t-il au voyageur quand la porte électronique se referme, quand on ne voit déjà plus les visages derrière la vitre glacée, quand, déjà, les éclats du jour, les voix dans les gares, les odeurs et les escarbilles ne passent plus ? L’imagination, la sensation, l’intelligence des lieux définitivement bâillonnées ?

 

« Sept heures, pain beurre et jolie porcelaine

Longeant les splendeurs de la côte italienne

Air embaumé, Méditerranée

Transports amoureux surannés… »

 

          A travers « la compagnie », je revis l’un des mes grands voyages en train, et le grand soleil de la Sicile déboulant dans la vitre du wagon, à huit heures du matin, Reggio di Calabria, lueur fauve, grosse orange juteuse qui faisait peler la peau et tomber l’écorce !

Dis, Blaise, tu t’en souviens ?

Voir les commentaires

Salon du livre La Rochelle (3/3) : Comment faire une dédicace ?

Publié le par Eric Bertrand

               

Comme faire une dédicace ? Plutôt qu’une formule passe-partout, je préfère, quand j’ai le temps d’échanger avec mon lecteur, me mettre au diapason de son attente.

                Le Ceilidh… pour ma fille qui aime les chevaux et les grands espaces, et la bruyère et la crinière des chevaux qu’on aggrippe dans la brume… Pour mon fils qui croit dur comme fer à Nessie et à la grandeur jurassique de l’Ecosse… Pour ma mère qui pense que, pour s’évader loin, bien loin, il n’y a pas besoin de changer de méridien

                Pour y voir Clerc… pour un vrai fan de la première heure, un authentique inconditionnel qui connaît tout le répertoire et qui est toujours resté fidèle à la période Roda Gil et Momo… pour « mes années Hair », mes pattes d’ef et mes robes d’indienne… Pour mon mari, qui m’a fait connaître Juju et qui, chaque début de week-end, mettait un de ses disques pour « velouter » la soirée.  

                Le Tennessee Club pour mon fils qui porte le même nom que Tennessee Williams et dont je ne voudrais pas qu’il ressemble aux personnages de Tennessee !

                La Route, la Poussière et le sable, en souvenir de mes kilomètres sur les interstates et la Route 66...

 

La Rochelle by night, après le salon...

Voir les commentaires

Salon du livre La Rochelle (2/3) : lequel des livres ?

Publié le par Eric Bertrand

           J’ai une assez grosse pile de livres devant moi. Des titres, des couvertures, des quatrièmes de couvertures… Mon voisin confie qu’il préfère retirer de son stand un ou deux de ses ouvrages pour ne pas égarer le lecteur… Je n’ai jamais eu ce que certains peintres appellent « le goût du repentir » !

           L’organisation du salon est bonne : je bénéficie de l’espace suffisant pour exposer tous mes livres et poser, en prime, la tasse de café, le croissant, le jus d’orange gracieusement offerts par les Ecrivains de la Côte.

           Les gens défilent là-devant, parfois soulèvent « l’ouvrage de plomb » ! Pas facile de s’orienter dans un dédale dont les parois semblent aimantées pour des semelles en fer ! Ceux qui s’arrêtent s’approprient le livre, révèlent une part d’eux-mêmes… Dans l’article à venir, je propose une promenade dans l’esprit du flâneur de salon qui a choisi de s’arrêter à mon stand pour un instant d’entretien.

Après le salon...

Voir les commentaires

Salon du livre La Rochelle (1/3) : ambiance salon

Publié le par Eric Bertrand

          
           Aux heures pleines, c’est un bruissement continu, des voix, des pas, des mains qui se tendent au-dessus de la pile de livres… Des pas légers, des pas lourds, pompeux, cadencés, militaires, des pas pressés qui sont comme s’ils pesaient les mots le long des galeries.

           Les hôtesses en tenue québécoise, circulent entre les assiettes et les toasts. Les hôtesses, tout sourire, penchées aux stands pour interroger les auteurs. Les hôtesses assises, dépitées sur de hauts tabourets. Plus rien à faire, c’est le moment des auteurs réhydratés.

           Parmi les lecteurs, il y a ceux qui toisent, ceux qui flairent, qui paradent, l’épouse qui entrouvre les livres, l’époux qui s’ennuie, l’enfant qui tire par la manche. L’Aquarium est à côté, on aurait tout de même pu faire la balade du dimanche à l’aquarium !

Voir les commentaires

Homme et animaux

Publié le par Eric Bertrand

              Travailler sur les animaux des Fables c’est d’une certaine manière revenir à la problématique de La Fontaine qui est celle de l’Antiquité. Les élèves me demandent parfois si dans la mise en scène ils auront à se grimer en animaux ! Non bien sûr, et là-dessus la metteur en scène est, elle aussi, intransigeante. Pas de ridicule !

              Les hommes du XVII° étaient, faut-il le rappeler, bien plus savants que nous sur les récits mythologiques. Qui se souvient du récit des Origines dans lequel on voit Zeus confier à Epiméthée, le frère du fameux Prométhée, le partage des qualités entre les différents règnes du vivant... Tel animal obtient la griffe, tel autre, la dent, tel autre les ailes… Mais quand vient le tour de l’homme il ne reste plus rien !

              A défaut d’autre chose, Epiméthée remet à l’homme l’esprit. C’est précisément cet esprit qui va causer tant de tracas à l’homme, le placer dans un corps encombrant, perpétuellement inquiet face à un destin à construire … Et je relisais récemment cette fable moins connue du dernier livre des Fables : « les Compagnons d’Ulysse » qui explique comment les compagnons d’Ulysse métamorphosés en animaux par Circé habitent mieux leurs nouveau corps et refusent de redevenir des hommes…

             Je souhaite que les élèves mettent en scène et donnent à voir la part d’animalité que nous avons gardée.

Voir les commentaires