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Relecture de « Tigre en papier » (3/5)

Publié le par Eric Bertrand

                   Activisme maladroit en mai 68... Voici l’un des thèmes de ce récit dont la force consiste à tourner en dérision les actions prises fort au sérieux par une jeunesse que la fille de Treize a du mal à cerner... Quel écart en effet entre cette jeune fille et les jeunes de 68 ! Le texte dit en même temps le changement d’époque.

                   Derrière la jeunesse en révolte de 68, constate le narrateur, il y avait surtout une absence, une volonté de se hisser à la hauteur de modèles inaccessibles, un père mort en Indochine, un Jean Moulin, un Malraux qui s’engageait dans l’International. Et dans les faits, la joyeuse petite bande ralliée à « la Cause », les Fichaoui, Pompabière, La Chiasse, Momo Mange serrures, Reureu l’Hirsute, Barouf, ces Pieds Nickelés, ne sont des « tigres en papier » incapables de dépasser les coulisses d’un théâtre de Guignol.

                    Tous ne sont pas morts, comme certains d’entre eux, incapables de vivre dans le Présent. Le narrateur les a revus en compagnie de la fille de Treize à l’occasion du « bal des vioques ».

                     Ce « bal des vioches », c’est un autre grand moment du récit. J’y reviens demain !

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Relecture de « Tigre en papier » (2/5)

Publié le par Eric Bertrand

                 Le récit m’a immédiatement touché... Pour plusieurs raisons... Je crois que j’ai une dette envers Rolin, d’abord dans cette façon de prendre ses distances avec le « je » à travers un « tu », ensuite dans la volonté d’établir une confrontation entre deux époques et deux adolescences.

                  Un thème qui a fait mouche dans « Pour y voir Clerc » dans le sens où il fait sentir au lecteur l’écart qui sépare les générations. Le narrateur tente à plusieurs reprises d’expliquer à la fille de Treize la réalité des années 70. Alors que, subjectivement, on a l’impression que peu de temps a passé quand on écrit sur son passé ou sur le jeune homme qu’on était, objectivement, c’est le monde qui est autour qui a changé...

 

                   Internet n’existait pas, même pas les ordinateurs. Ni les périphs ni le TGV ni les portables ni le cable ni les walman ni même les répondeurs, tu te rends compte ? Les pavillons de Baltard ouvraient leurs parapluiesau-dessus du ventre de Paris, la télé était en noir et blanc, il n’y avait qu’une chaîne ou bien peut-être deux, tu ne te souviens plus, c’est tellement loin, si profondément enfoncé dans le puits du temps... Les supermarchés étaient une nouveauté, le PS un groupuscule, le PC on disait « le Parti », faisait 20% des voix ...


Et dans ce cadre, quelle jeunesse ? On y revient demain...  

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Relecture de Tigre en papier (1/5)

Publié le par Eric Bertrand

                 Il y a trois ans, j'ai découvert un ouvrage qui m'a fortement marqué et je suis en train de le relire avec la précieuse intervention de maw. Il s'agit de « Tigre en papier » d'Olivier Rolin. L'auteur revient avec causticité sur ses années de militantisme pendant les événements de 68. Il était alors meneur dans un groupuscule gauchiste et ce retour autobiographique qu'il réalise par l'écriture est un examen sans concession des idéaux d'une époque.

                 Le récit se présente à la façon d'un monologue que le narrateur tient en présence d'une jeune fille, « la fille de Treize », qui essaie de mieux connaître son père. Treize était le compagnon du narrateur, il est directement impliqué dans tous ces souvenirs des années qui réémergent.

                 L'une des originalités de cette autobiographie, c'est de suivre ces confidences au rythme de la progression, j'ai envie de dire « la suspension » de la DS « Remember ». Les deux protagonistes sont en effet installés sur le siège de cette voiture culte des années 70 (dont on reparle beaucoup en ce moment) et le récit épouse la progression sur le périph.

 

Te voilà devenu un ange, un vieil ange aux commandes du vaisseau Remember, vous avez à accomplir, la fille de Treize et toi, un programme d'expérimentation sur la mémoire en état d'apesanteur.

 

                  On continue la lecture demain, si vous le voulez bien !

 

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"Le Ceilidh" aux States

Publié le par Eric Bertrand

               Ce thème est assez réccurent dans le blog et il faut dire que c’est Marina, mon amie actrice et productrice américaine qui me relance régulièrement. Le fait est qu’elle a beaucoup aimé cette production, notamment du fait qu’elle est très sensible à la part celtique de la pièce et à sa dimension « romantique » au sens shakespearien du terme. Une fois le problème de la traduction résolue, elle m’invite à venir produire le spectacle dans cette ville où elle dispose d’appuis divers et d’une troupe d’acteurs professionnels. Je publie cette série d’échanges pour indiquer (à ceux qui comprennent l’anglais) le contenu de sa pensée.

 

Trust me, it's not nearly as impossible as you imagine.  It's quite possible.  We have a theater and a great group of actors.  All we need is an extra bedroom for you and your family.  And then we can really make great things happen.  I should put you in touch with Diane LaSala, the one who directed "Hugo". You can tell her more about "LeCeilidh".

 

"Actually, I don't anticipate the translation being a problem, since the action takes place in an English-speaking country.  The problem will probably be with the accent, considering none of my actors can do a Scottish accent.  I'll just have to make them use a British accent."

 

I come with a cast of excellent and versatile actors.  You have a lot to choose from.  They are definitely not silly, and they are definitely grown up

 

Well, then, I see no other way but for you to come to the States during your looooong summer vacation and teach a workshop here, in New England, and produce LeCeilidh.  That's just how it will have to be.  No other solution."

 

I thought I should introduce you.  Eric(k) is my colleague and penpal from France.  We met discussing Hugo's exile era works online back in 2006.  And Diane is the talented, generous, beautiful director who put "Hugo" on stage.  Perhaps, dear ones, you can exchange tips for stage design.  Eric staged "LeCeilidh", the modern adaptation of "Macbeth".  Remember our discussions about using projector and a white screen?  His wife Jenny is a fabulous choreographer.  Their children also join them on stage.

Beach in John O'Groats...

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Face Book l’auberge espagnole

Publié le par Eric Bertrand

          Après toutes ces années passées à Loudéac ou ailleurs, j’ai souhaité retrouver certains de mes élèves ou de mes anciens comédiens afin de voir comment ils avaient grandi, quelles voies ils avaient prises... Mais avec notre éloignement dans l’espace, les chances de retrouvailles s’amenuisent.

          Pour cette raison, je me suis inscrit sur « face book » et depuis, c’est un petit peu, en virtuel, le rêve qui se réalise enfin. Celui d’un verre qu’on prendrait ensemble à la terrasse d’un café ou d’une auberge espagnole ! Témoin par exemple ce message d’une ancienne actrice que je ne citerai pas mais qui, par son courrier, manifeste un attachement à ce que nous avons vécu au sein du groupe...

 

Quel plaisir de reprendre contact! et ces vidéos... elles me rendent nostalgiques et me remplissent d'étoiles dans les yeux....quelles belles années ces années théâtre!!!!!magnifique! ça me manque terriblement tu sais..Tu réveilles en moi des émotions enfouies... ou du moins, que je tente d'oublier pour ne pas être frustrée...mais c'est un bonheur de repenser aux merveilleux moments partagés ensemble, sur les planches..en coulisses...je n'oublierai jamais les mots que tu m’as fait dire..."             
          Au fil des jours sur « face book », je reconstitue des classes idéales, des troupes idéales et je retrouve des visages, des émotions ,des souvenirs.





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