Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

L’étrange histoire de Benjamin Button (1/4)

Publié le par Eric Bertrand

La vie serait bien plus heureuse si nous naissions à 80 ans et que nous approchions graduellement de nos 18 ans.

 

          Sur cette hypothèse vertigineuse de Mark Twain, le livre de Fitzerald est construit. La nouvelle plus exactement, et de cette nouvelle est tiré le film « l’Etrange Histoire de Benjamin Button », conte bouleversant sur la condition humaine...

          C’est un petit bébé monstre qui naît et qui grandit sous les traits d’un petit vieillard d’abord hideux, puis de plus en plus facétieux et jovial. Car, comme le suggère l’une des images du film, les aiguilles de la grande horloge tournent dans le sens inverse et l’enfant sénile avance dans la vie comme les crabes, non vers la décrépitude et l’avachissement mais vers la santé, l’énergie et la Beauté.

           Au fil des minutes, le spectateur assiste à cette ronde infernale, à cette danse macabre du temps qui fauche les vivants autour de Benjamin lequel, il faut le dire, grandit dans une maison de retraite ! Pas de répit pour ceux qui vont dans l’autre sens ! Pas de répit pour la jeune et belle danseuse à qui Benjamin fait un enfant et qu’il décide d’abandonner : ils sont heureux tous les trois, mais Benjamin est cruellement lucide, dix ans plus tard, elle aurait à s’occuper de deux enfants, et sa fille ne reconnaîtrait pas, en ce compagnon de jeux vieillissant, ce papa dont elle aurait besoin...

            Le film est beau, touchant, perturbant même. La caméra joue avec le prisme de l’image de Brad Pitt que nous avons toujours suivi dans ses grands films comme « Légende d’automne » ou encore « Et au milieu coule une rivière »... C’est un ravissement de le voir revenir à cette effervescente jeunesse, mais c’est en même temps douloureux de rester un peu comme dans le fond poussiéreux de l’atelier... Douloureux de tenir le pinceau immobile du portrait de Dorian Gray pendant que le « phénomène » continue de narguer ceux qui sont condamnés à vieillir.

             Cette question du vieillissement et du détraquement de « la machine » dans le film « Benjamin Button » est assez présente dans ce que j’ai écrit : puisqu’il s’agit dans ce blog d’établir des passerelles entre ce que je lis, vois, entends et certains de mes ouvrages, je reviens dans les trois articles à suivre sur ce thème du vieillissement...


 

Voir les commentaires

Retour à Compostelle...

Publié le par Eric Bertrand

         En parallèle à mes activités d’écriture théâtrale, je mène avec d’autres collègues des projets différents qui ont été déjà abordés dans ce blog. La logique pédagogique implique de travailler ces projets que l’institutition nomme « IDD » (Itinéraire DE Découverte) au cours de deux sessions.

         A chaque session, nous changeons d’élèves, mais le support reste le même. Il s’agit donc, pour ce qui concerne cette année, des projets Simenon et « les Chemins de Compostelle ».

          La sortie à Aulnay et Saint Jean d’Angély (étape importante sur le chemin de Compostelle) a donc eu lieu comme prévu avec le nouveau groupe lundi dernier, 16 février, sous un beau et froid soleil.

          Nous avons pu, mon collègue et moi compléter le dossier et ramener un film et de nouvelles images fixes que je viens d’héberger sur mon blog voyage : pour les voir, cliquez sur le lien puis allez dans album photos et « Aulnay2 ».

 

http://highlandecosse.uniterre.com/

 

 

Voir les commentaires

Darwin dans le Loft...

Publié le par Eric Bertrand

            Pour illustrer les théories développées dans ce blog à propos de Darwin, relisons un extrait de la fin de pièce, au moment où Tarzan s'indigne contre la bêtise et la simplification de langage, filtres à travers lesquels le nouveau loft vise à les éliminer en tant que consciences :

 

« Tarzan : (les parodiant) « Very simple, very simple ! »... Mais la nature humaine n'est pas simple, elle est tout ce que vous voudrez mais elle n'est pas simple ! On n'est pas encore des rhinocéros, n'est-ce pas monsieur Ionesco, non, surtout pas des rhinocéros ! ... Big Brother, tu ne me feras pas de cornes avec toutes tes caméras ! (serrant contre lui Rosalinde) Moi je m'appelle Tarzan, et je le dis en face, à tous les téléspectateurs et à Big Brother et à tout le reste de sa clique... Je m'appelle Tarzan et je suis encore vivant et j'incarne l'espèce humaine. Les textes que je dis, je les comprends, je les sens, et jamais je n'en ferai commerce, vous m'entendez, jamais !

 

Rosalinde : (se dégageant de l'étreinte de Tarzan) Tout ce que vous nous demandez de faire, c'est odieux ! ni Shakespeare, ni Marivaux, ni Ionesco ne seront les complices de votre mascarade !... (Elle interpelle les projecteurs) Big Brother, t'es là pas vrai ? Eh, Big Brother ! tu m'as bien vue ?... Eh Big Big, avoue-le en face, devant toutes tes caméras et tous tes fidèles, je te plais hein !...  c'est pour ça que tu m'a choisie et t'as plutôt bon goût si je regarde autour de moi !... (Elle montre les autres lofteuses) Eh ben tu m'auras pas !... Tu peux toujours  courir avec tes spots et tes magnums et tes shotguns et tes laborantines !...  Qui va sortir du loft aujourd'hui ? C'est Rosalinde ! Rosalinde sort du loft et elle en est fière, Rosalinde sort du loft et le revendique ! »


 

Voir les commentaires

Darwin, "le loft" et l’eugénisme

Publié le par Eric Bertrand

             Le paradoxe de la clique de Big Brother, c'est de se réfugier derrière un masque de Vertu et de déclarer la chasse aux sorcières au nom de la Vertu. Cette politique cache un régime corrompu dont les membres ne cherchent qu'à tirer profit de la situation et à abuser de ceux dont ils dénoncent les agissements.

             On voit là à quelles dérives peut mener le fameux principe de la « sélection des espèces ». Par un travail mené en laboratoire, Big Brother cherche à imposer une nouvelle humanité, immuable... Une humanité que le régime contrôlera. On n'est pas loin des dérives qu'a occasionnées la pensée de Darwin : celles qui utilisent le principe de la sélection naturelle pour ériger un modèle social, celles qui prônent l'eugénisme.

            C'est là que la voix des Indécents prend tout son sens dans ce loft qui tourne au cauchemar. Je propose demain de faire un détour par la fin de « Loft History 2084 ».

 

Voir les commentaires

Darwin et l’indécence

Publié le par Eric Bertrand

           L'un des aspects révolutionnaires de la pensée de Darwin réside dans la pensée de la sélection naturelle. Non seulement les espèces ne sont pas fixes, mais également se transforment et s'adaptent en fonction du milieu dans lequel elles se développent. Celles qui résistent sont celles qui s'adaptent. Et la question de la « nature » définie une fois pour toutes ne peut correspondre à ce point de vue (d'où le lever de bouclier théologique qui se dresse face à Darwin et qui lui aurait bien valu le bûcher dans d'autres temps !)

            Pour survivre dans la société de 2084, ceux des Indécents de la pièce qui s'allient aux autorités rentrent dans le moule (et, ce faisant, évitent le bûcher que promet Big Brother aux contrevenants...) et s'adaptent. En contrepartie, ils renoncent en même temps à tout ce qui faisait d'eux des hommes.

            Les conflits qui se livrent verbalement dans la fin de la pièce montrent que ceux qui refusent tiennent à garder leur identité profonde et rejettent catégoriquement une autre définition de l'humain.

            D'un côté, les Indécents sont du côté de Darwin, de l'autre, Big Brother et sa clique sont du côté de la fausse spiritualité, celle qui consiste à imposer le moule du socialement et politiquement correct. Ils s'indignent au nom de la Morale publique, réclament un type humain plus épuré, plus propre et transparent. Pour donner du poids à leurs propos, ils brandissent le spectre de l'actualité et jouent sur des effets d'annonce :

 

Big Brother : (Les membres du Conseil sont entrés solennellement) Mes chers collègues,  par bonheur, la maladie semble devoir nous débarrasser des individus de la caste des Indécents qui sortent d'ici. (Soudain familier et cynique) Mais dans notre mégabulle, grâce aux bons soins de notre chère scientifique 359 In Vitro, nous ne craignons rien ! L'heure est venue de profiter de l'opportunité, (il s'approche avec complicité de 359, s'installe sur le banc) de resserrer les mailles du filet et d'éliminer définitivement les derniers « primitifs » qui constituent encore un obstacle à notre conception de la civilisation totale.

 

Big Mother : « L'expansion qu'a connue ces dernières années le virus du Sida, loin d'être une calamité, est une grâce du ciel. Elle touche en effet exclusivement les milieux de ces hommes et femmes singes qui obéissent encore à des comportements arriérés et dégradants. Nous venons d'entendre quelques témoignages des pratiques écoeurantes auxquelles se livrent encore ces sauvages... »

Voir les commentaires