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Le projet La Fontaine

Publié le par Eric Bertrand

              Où en sommes-nous de nos projets pédagogiques en ce début d’année ? Je rappelle au lecteur occasionnel de ce blog que deux des projets auxquels j’ai consacré un certain nombre d’articles sont en cours. Celui sur Simenon, qui recommence fin janvier avec un nouveau groupe et celui sur La Fontaine, plus directement lié à la création et qui entre dans sa phase de mise en scène dès janvier.

               Le lecteur a pu suivre les phases de l’écriture de la pièce, et maintenant que c’est derrière, que le texte est prêt à la distribution (j’en ai tiré un jeu de trente exemplaires d’un texte qui fait 9 pages en format A4, police 9, afin d’économiser le papier !), nous nous apprêtons à travailler la mise en scène avec l’intervenante théâtre.

               Les élèves sont impatients d’autant qu’ils ne connaissent pas la dernière mouture de la pièce. Je leur ai demandé de m’indiquer dans quelle mesure ils sont prêts à « jouer » devant public afin d’anticiper la distribution. Sur une classe de 27, il y en a pour l’instant 17  qui oseront ! Mais le travail en atelier peut encore aider à libérer certains d’entre eux, toujours très complexés !

View from Bucholie...

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L’Ecole des Femmes à la Coursive (2/2)

Publié le par Eric Bertrand

               En termes de mise en scène, jean-Pierre Vincent a opté pour une scène qui tourne, ce qui permet au spectateur d’aborder, sous des angles différents, la façade de la maison d’Arnolphe, citadelle « imprenable » en haut de laquelle est enfermée la « princesse Agnès ».

               Daniel Auteuil joue un Arnolphe obstiné, capable de rage, de calcul et en même temps d’humour, presque d’auto-dérision, prenant de temps à autres, dans son costume d’époque, des airs savoureux de Matamore. Agnès, incarnée par Lyn Thibault, a des airs de sotte qui conviennent merveilleusement bien au personnage. Cette comédienne dit parfaitement le texte de Molière et, à la « sottise » qu’on lui a infligée dans les manières, elle oppose des regards francs ou des regards « en-dessous » qui font sentir la capacité du personnage à se mettre à « l’école de l’amour ». Molière a-t-il déjà inventé, bien avant Nabokov, le personnage troublant de la Lolita ?

               A l’issue de ce spectacle qui dure deux heures vingt, le spectateur sort ébloui par la vigueur du texte de Molière que les acteurs de la troupe jouent avec tant de professionnalisme. Les tours de La Rochelle sont éclairées dans la nuit glacée de janvier, et les barbons qui ont beaucoup ri, regagnent leurs voitures sur le parking de Saint Jean d’Acre, en ricanant avec leurs greluches.

The "Brough", near Wick...

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L’Ecole des Femmes à la Coursive (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

              Vendredi soir, à la Coursive, l’une de mes pièces favorites : « l’Ecole des femmes », que Molière a écrit au sommet de sa gloire, au moment où il vivait une union avec une femme beaucoup plus jeune que lui.

              C’est précisément l’un des thèmes forts de la pièce… Le décalage entre deux êtres qui ne se réfèrent pas aux mêmes valeurs pour construire leur existence (en l’occurrence, toute une vie pour la jeune Agnès qui sort du couvent et qui ouvre des yeux éblouis sur la société alentour de son balcon et « un reste de vie » pour Arnolphe, vieux barbon arrogant, gonflé par une sorte de « retour de printemps »…

              Au début de la pièce, il campe allègrement sur ses positions : les femmes sont belles, savantes, souples, enragées et les maris sont pour la plupart cocus. A moins de prendre une jeune fleur à la racine et de lui couper tous les surgeons du vice. De lui enseigner la religion, les principes du bon comportement, les préceptes du mariage… « Les femmes ne sont nées que pour la dépendance, du côté de la barbe est la toute puissance… » Véritable bréviaire du phallocrate qui lui sert de cheval de bataille…

               Le programme est rigide, militaire, Arnolphe monte férocement la garde et a détaché à ses côtés deux sergents ridicules, aussi bêtes et méchants que ses principes. C’est penser sans les astuces de l’amour et la capacité d’Agnès à découvrir toutes les subtilités du jeu amoureux. Car, sitôt qu’elle met le nez dehors, la fleur domestique sent des poussées de sève. Le premier « blondin » qui passe est embaumé par la force de son parfum…

              La bataille entre les fulgurances de l’Amour et les garde-fous du barbon est dés lors engagée. Et la scène est le lieu torride de cet affrontement où jalousie, tourments, rage, pensées criminelles mettent, peut-être pour la première fois de sa vie, Arnolphe aux prises avec la passion… Demain, je reviens sur la mise en scène.

 

Near Old Wick Castle

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Les arbres de janvier

Publié le par Eric Bertrand

          Il y a des moments de janvier où la vie et les vœux s’arrêtent, quand le gel empêche les portes de s’ouvrir, les voitures de circuler et les automobilistes de voir à travers les vitres. Dans la cour des écoles, les enfants glacés s’empressent de regagner les salles de cours. Ils ont le museau froid et leur souffle éperdu rajoute du brouillard au gris de la cour.

          Il paraît qu’on va y faire pousser un arbre en souvenir d’une petite fille de sixième morte tragiquement pendant les fêtes de Noël. Je le lis sur le tableau d’affichage en arrivant. Elle avait onze ans, faisait sa rentrée au collège. Mort aussi dans un tragique accident de la route, au lendemain de l'an, le père d’une élève sage et studieuse que j’ai en classe depuis la sixième. Elève modèle, véritable petit ange.

          L’heure sonne. Les pas sur le ciment de la cour résonnent bizarrement. Je vais chercher les élèves. Je suis ébranlé, je ne sais plus faire cours, je voudrais trouver les mots, leur exprimer autrement mes incontournables vœux, formuler autrement mes condoléances. Les petites silhouettes sont debout, transies et gauches. De l’autre côté de la grille, les arbres du square où sont garées les voitures blanchies penchent piteusement la tête.

Inside Sinclair Girnigoe

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Hillerman, Robinson et réminiscences (Cadeaux sous le sapin (2/2))

Publié le par Eric Bertrand

            Parmi les chapitres que j’évoquais hier, relativement aux perspectives ouvertes par les cadeaux de Noël, j’en privilégierai trois :
 

-          Le chapitre « Pour y voir Clerc » à travers l’ouvrage consacré à Julien Clerc… Quand on tourne les pages, ce sont de vieilles photos, des premières télés, des pochettes d’album, autant d’images qui, à leur façon, jouent le rôle que je décris dans mon livre quand j’évoque l’effet auditif des chansons de Julien. Cette fois, la sensation n’est pas auditive, mais visuelle, ce sont notamment les pochettes plastifiées des disques que m’offraient, pour chaque Noël ou anniversaire, mes parents ou mes grands-parents. Alors j’entrainais le précieux césame vers le mange-disques et j’avalais les chansons et pas des "ptits pois lardons ! (astuce réservée aux initiés au répertoire de l'interprête de Roda Gil !… )

-          Le chapitre « américain », avec le roman de Tony Hillerman qui raconte une enquête en territoire navajo, et celui de Carter qui évoque l’éducation qu’un petit garçon reçoit de ses grands parents Cherokee.

-          Le chapitre « voyage » à travers le thème de Robinson Crusoé qui ne cesse de m’interroger (j’étudie en ce moment avec les 5°, « Vendredi ou la vie sauvage », après avoir étudié en seconde «les Limbes du Pacifique ») Fidèle lecteur de Claude Lévi-Strauss, Tournier réinterprête admirablement le mythe dans ces deux romans… De quelle façon Defoe raconte-t-il l’histoire réelle de cet Ecossais nommé Alexander Selkirk ? Ce sera l’occasion d’un prochain article dans ce blog !

                En attendant, nous sommes deux à lire cet ouvrage car deux « mains » m’ont offert le livre de Poche et je me suis fait un plaisir de l’offrir à mon frère qui est aussi le premier à m’avoir signalé l’intérêt des « Limbes du Pacifique » !

                Je le revois m’attendant à la table d’un café du centre ville de Nantes, il était plongé dans le roman qu’il relisait inlassablement et c’était précisément celui de Tournier !

Visiting Sinclair Girnigoe with Ian

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