Le lecteur se souvient peut-être du point culminant de la pièce « le Tennesse club » : la soirée au « Tennessee
club » de Tom et Telma Desire…un événement musical, une force d’attente, des gens de différents bords réunis dans un espace clos, et le dérapage qui
renverse le bel accord créés par la musique et la danse au point de tout briser...
C’est un peu la même chose qui se produit à ce stade du film : les antécédents refont surface, les fautes, les scandales et
la violence, la frustration, bref, la substance du drame... Les personnages de Kéchiche ont une violence en eux (au point qu’on ne les arrête plus quand ils s’emportent, et c’est le reproche que
je ferai au film : trop de discours ressassés, de ressentis qui tournent en rond et s’expriment dans un discours fleuve, comme si les acteurs n’avaient pas de limites et que
le réalisateur ne savait pas « couper »)…
Mais les complices de Slimane ne sont pas à cours de ressources et la fin du film ménage un morceau d’anthologie
orientale auquel se mêle un drame absurde... Slimane est bouleversant, il évoque pour moi la figure noble et digne de l’immigré italien qu’était mon grand-père (à qui j’ai rendu hommage
dans « Les Nouvelles pour l’été » et « Pour y voir Clerc ».
La graine et le mulet : pédaler dans la semoule (2/3)
Après environ une heure trente de film (avec quelques longueurs il faut le dire), l’histoire se corse…
Slimane a fini de retaper le bateau et l’a fait remorquer par un thônier quai de la République… Les enjeux sont lourds au moment où le restaurant ouvre ses portes : toute la
petite communauté des amis s’est réunie pour tenter de convaincre les gens importants de la viabilité du projet. Cuisine, service, danse, musique…et tous les moyens du bord !
Pour réussir le pari, il faut investir, il faut des prêts, des autorisations, un dédale de difficultés à
surmonter. Le couscous est prêt, les tensions entre les collatéraux sont à peu près apaisées… Tambourin, danse, beaux vêtements, danse du ventre, ambiance orientale, tout semble devoir
réussir devant les invités venus nombreux se laisser surprendre au rythme du repas…
Mais il y a quelque chose qui déraille. L’un des fils a déraillé et s’est tiré avec la voiture sans savoir que dans le coffre couvait la semoule pour cent
personnes ! Et on n’est plus loin d’une situation de crise qui m’a rappelé le drame du « Tennessee Club » : j’y reviens demain ! 
NB : un nouvel extrait du "Ponton" disponible sur you tube :
http://fr.youtube.com/watch?v=FhVr19dU9SE

NB : un nouvel extrait du "Ponton" disponible sur you tube :
http://fr.youtube.com/watch?v=FhVr19dU9SE
La graine et le mulet : du rafiot au restaurant (1/3)
Le mulet n’est pas ce sympathique quadripède qu’on imagine au début d’un roman de Laurent Gaudé mais
ce poisson qu’on pêche à Marseille… Il sert en tout cas de vecteur et de métonymie au titre de ce beau film de Kechiche. J’avais voulu voir sa dernière production parce que je suis en train de
mettre au point une séquence de travail à partir du premier film de ce réalisateur : « l’Esquive ». Je reviendrai prochainement sur ce travail, mais je souhaitais
m’exprimer un peu sur « la graine et le mulet » que je viens de voir au cinéma.
Le mulet, métonymie parce que sa figure, comme celle de la graine, renvoie à tout ce qui fait le charme du film :
convivialité du couscous et des convives présents à la table, valeur des choses simples qui nourrissent et qui assurent le lien social, capacité à oublier, ne
serait-ce qu’un instant, le poids de la réalité.
Le film raconte le projet fou d’un personnage d’origine maghrébine, Slimane, 61 ans, licencié des chantiers navals à
cause de son âge et de la lenteur d’exécution de son travail. Avec le soutien de ses enfants et de son ex-femme, de sa maîtresse actuelle et de sa belle-fille, il transforme un vieux
rafiot en restaurant à couscous… et tout le film converge vers ce moment intense de la soirée d’ouverture… Quelques images pour ceux qui le souhaitent sur le lien suivant :
Quelques images sur You tube
La troupe du « Ponton »
Quoi qu’il en soit, après opérations diverses sur des logiciels adaptés, je suis parvenu à en réduire quelques uns de façon à les rendre accessibles sur you tube. Vous pouvez en
trouver l’accès par le biais de mon site, rubrique « Multimédias. Les vidéos ».
Au passage, le site s’est aussi enrichi du récent article que j’évoquais dans le « phare de Ré », voir rubrique
« Multimédia. Presse écrite ».
attend toujours la réalisation du film de la pièce. J’ai cependant, en fouillant dans le rayon DVD, retrouvé quelques documents relatifs au travail sur la pièce. D’autres sont à venir.
Liliane, notre amie et complice de l’ex atelier, nous fait parvenir d’autres documents autrement plus intéressants !London et Kerouac : Into the wild (8/8)
Cette aventure du film est donc palpitante du point de vue l’écho qu’elle a produit sur moi, par rapport à mon vécu et à par rapport à
mes livres : j’ai déjà évoqué « la Route » et « le Ceilidh », il faut aussi souligner l’évidence de la dette aux deux Jack (London et Kérouac) que j’ai
manifestée dans mon écriture de « Jack, on the route again ! ».
On se souvient que dans cette aventure théâtrale, j’avais suggéré à mes élèves écrivains d’écrire à partir de
Kérouac… A la vérité, j’ai fourni une grosse partie du travail à commencer par la lecture appliquée des grandes œuvres de Kérouac. « Sur la route » et « Les Clochards
célestes ». Voilà pourquoi on trouve dans la pièce des extraits (adaptés !) des « Clochards » dont la fameuse tirade d’un beau personnage baptisé Iris :
« Pourquoi compter avec la société et vivre parmi les moutons de Panurge ? La société est pourrie par l’économie industrielle. Se barder de diplômes, travailler, produire,
consommer, travailler, produire, consommer… Et tout ça pour servir d’un jour à l’autre de chair à canons au Vietnam ! Mais barrons-nous vite ! Disparaissons dans la nature rien que
pour sauver notre peau ! Après on en fera ce qu’on veut… La véritable solution serait la révolution des sacs à dos ! Ruck sack revolution ! Des milliers de millions de jeunes
Américains bouclant leurs ruck-sack et prenant la route, escaladant les montagnes, pratiquant la bonté, donnant l’image de la liberté par leurs actes imprévus... »
En souvenir de cette joyeuse troupe, je renvoie le lecteur à l’extrait de film proposé sur Daily Motion :
http://www.dailymotion.com/relevance/search/eric%2Bbertrand/video/x2cbg5_jack-on-the-route-again_creation
Dans « Into the Wild », on n’est pas à l’époque beatnick, mais l’analogie reste forte… Et la
bande son du film s’y prête assez bien :
http://fr.youtube.com/watch?v=kJB02JWp5Oo&feature=related