Comme je l’indiquais récemment, l’accès à You Tube m’amène à diffuser sur le net et de façon progressive, l’ensemble des
spectacles sur DVD que j’ai à disposition.
C’est un héritage important que je lêgue puisque beaucoup des acteurs qui ont participé à mes pièces n’ont pu récupérer tous les supports.
En même temps, pour tous ceux qui n’ontpas pu assister aux spectacles ou qui ont lu les pièces sans imaginer « le rendu » sur la scène, c’est
l’occasion de découvrir autrement les textes.
J’ai donc mis en ligne Gainsbourg, quasi en intégral, « Jack », et je suis en train de travailler sur
« le Loft » dont l’acte d’introduction est déjà disponible. Vous pouvez accéder à ces vidéos en construction en tapant « sheumas1 ».
L’idée d’un travail sur cet écrivain est en train de germer dans mon esprit avec la même impérieuse nécessité que celle que
j’avais ressentie lorsque j’avais voulu écrire sur « l’Homme qui rit » ou sur « les Travailleurs de la mer »…
Produire un travail de nature universitaire m’a toujours profondément ennuyé. Ce qui sent la poussière et la sueur de cabinet me
rebute. Mais plonger dans la mer avec Gilliatt, remonter les chemins de la Green-Box avec Gwynplaine et Ursus, ça, c’est quelque chose !... Il y a un autre écrivain qui me tenterait, son
père traduisait en anglais « les Travailleurs de la mer » : c’est Robert Conrad !
Ce retour à Jack London se traduit pour moi actuellement dans la relecture de « Martin Eden » et
probablement dans la programmation de l’étude de « L’Appel de la forêt » dans une de mes classes. « Martin Eden » est une œuvre fascinante et d’une richesse extraordinaire.
Je dirai en deux mots qu’elle met en scène un auteur nommé Martin Eden qui est le double de Jack London et qu’elle
nous fait parcourir les tourments de la création littéraire tels que les a vécus cet aventurier marginal dont l’écriture dérangeait les milieux intellectuels et bien pensants par
la force et la rage de sa nature même.
Qu’on lise par exemple cet extrait du chapitre 9 : « Ce fut alors que, dans un élan d’inspiration, naquit son
grand projet. Il écrirait. Il serait les yeux qui font voir le monde, les oreilles qui le font entendre, le cœur qui lui donne l’émoi. Il écrirait sous toutes les formes : de la poésie, de
la prose, des romans, des récits et du théâtre comme Shakespeare (…) » Quel beau programme, si riche en connotations !
Le lecteur un peu assidu de ce blog l’a bien compris : Jack London fait partie pour moi de ces écrivains (rares) dont la seule mention du
nom ébranle mon énergie. J’ai ressenti cela en son temps pour Victor Hugo que je ne supportais pas voir critiquer et dont l’œuvre me paraissait mal appréhendée.
La passion pour Jack London est venue plus tard. Au moment où j’étais installé en Ecosse… Je vivais dans une atmosphère propice à
la représentation du « wild » que mettent en scène ses romans. C’est ce « wild » que j’évoquais dans les articles précédents qui a réactivé mon enthousiasme
pour l’écrivain baroudeur auquel j’avais indirectement rendu hommage dans la pièce « Jack, on the route again » en faisant de lui le modèle de toute révolte et de tout
pari pour l’Idéal.
Peut-être plus encore que l’autre Jack, celui de Sur la Route… Plus énergique, plus fort, moins « junkie ».
On connaît le vieux dicton selon lequel « on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve ». En
l’occurrence, le fleuve de musique et de textes, le libre arbitre et la pleine latitude que j’avais à Loudéac, il semble difficile de la retrouver ici… à l’heure actuelle en tout cas.
J’ai déjà évoqué dans ce blog le dossier que je suis en train de monter au collège pour remettre le pied sur les planches : projet classe à PAC. Mon idée initiale était de
remettre en scène le « Jack on the route again » mais mon administration m’a fait comprendre qu’il était délicat de faire travailler nos élèves sur un texte écrit par moi.
Tout l’édifice de l’Atelier d’Expression Artistique est ébranlé. Il faut revenir à quelque chose de
plus « normal » et de plus classique. Ça ne fait rien, je vais bien trouver une solution et me tourner vers un texte qui me plaise, et, parallèlement, continuer à
travailler sur you tube avec mes acteurs fétiches qui traversent les planches de ma carcasse intérieure de milliers d’échos…
Littérature, écriture et voyage. Comment la lecture et le voyage nourrissent-ils la pensée et suscitent-ils, en même temps que le plaisir, la curiosité, l'écriture ?
Lien vers l'ensemble de mes livres :
http://ericbertrand-auteur.net/