J’ai toujours éprouvé une méfiance à l’égard du genre
autobiographique. S’intéresser strictement à soi, ne se pencher que sur son passé, n’est-ce pas une démarche frileuse et en même temps narcissique ? A moins que le
témoignage ne prenne un tour universel et que le lecteur, à travers ces pages de vie, ne se retrouve…
J’ai donc essayé dans « Pour y voir Clerc » d’ouvrir
les perspectives et de réveiller chez le lecteur des souvenirs enfouis. D’après les nombreux commentaires que je reçois, c’est une opération réussie et cela me réconcilie vraiment avec le travail
autobiographique. Je propose de relire avec vous deux ou trois commentaires qui me paraissent bien résumer le contenu de tous les autres :
Une parenthèse Julien Clerc dans la grisaille de l'hiver.
Et quelle parenthèse !!!!!!
Cette petite histoire, la tienne,
aussi dramatique qu'elle finit bien,
cette histoire (le livre) est un bonheur,
qui se lit d'une traite.
Ce qui m'a le plus étonnée,
à la lecture de ce petit livre,
c'est de me reconnaître et de me retrouver,
moi exactement, à la période de l'enfance
(jusqu'à à peu près 13 ans)
La même grande maison (hélas cette maison n'existe plus)
de ma grand-mère avec le grand jardin.
(et les compote de fraises mi-cuite)
J'en ai la chair de poule tellement c'est bon
J'y suis allée de la petite enfance jusqu'à 15ans.
C'était dans le Loir et Cher.
A la même période,
nous avons passé des vacances merveilleuses,
en Vendée, à Brétignolles.
Et puis est venu "Ma période révoltée"
Moi aussi, j'avais les Saluts les copains
ET mm sans la télé, on arrivait à être au courant
de beaucoup de chose..........
et Julien a disparu (pas tout à fait)
de mon environnement;
jusqu' en 2004, où il m'a été d'un grand secour,
pour affronter les moments difficiles de deuils succesifs.
et des -re- plongées dans l'enfance que ces moments succitent
Son dernier disque "Double enfance"
est tombé à pic, avec des mots, des phrases qui disaient,
exactement ce que j'avais besoin d'entendre me dire.
Et depuis j'ai vraiment "Decouvert "Julien Clerc,
qu'en fait, je ne connaissais pas, ou si peu.
Pour l'instant,
"Les sépares "
"Noé"
et surtout "Balade en blanc "sont les chansons que je préfère
elle sont d'une telle beauté musicales qu'elles me donnent envie de pleurer.
elles sont emplies d'une grande émotion
Tu l'auras compris, Julien Clerc, pour moi,
de part les textes et certains mots et ses mélodies,
est devenu un confident, un amant..........
Et toi tu tombe à pic avec ton livre autobiographique,
qui nous replonge au temps pas si vieux que ça !!!!!!!!!
de HAIR
Pardon d'avoir été si longue.
J'ai oublié de te dire que pour moi qui suis fan de l'Amerique,
et surtout de New York,
j'ai aimé, bien sûr, "bourlinguer"
sur ce continent où j'ai juré de mettre les pieds..........un jour.
Réclamation
Voici la lettre que j’ai envoyée hier afin de manifester mon indignation contre France Bleu et la drôle de politique qu’ils ont menée…
Il y a environ deux mois, dans le cadre de la publication de mon dernier ouvrage que je m’apprêtais à dédicacer dans une librairie de La Rochelle, j’ai déposé un
exemplaire adressé au responsable du service culturel, sollicitant une rencontre et une présentation sur l’antenne de France Bleu.
Au bout de trois semaines, n’obtenant pas de réponse, j’ai téléphoné à plusieurs reprises, laissé des messages, je suis passé plusieurs fois à la radio et à
chaque fois, la malheureuse hôtesse d’accueil s’est trouvée dans l’obligation de fournir une excuse lamentable de fausseté et d’hypocrisie : « Monsieur ne peut pas vous recevoir »,
« Monsieur est en réunion », « Monsieur est malade, mais il vous recontacte sans faute… »
On est en droit de ne pas considérer pertinente la perspective de la mention à l’antenne d’un livre qu’on peut ne pas avoir aimé. Cependant, ce droit n’autorise
pas pour autant l’incorrection ou pire, la malhonnêteté. N’ayant même pas obtenu un entretien, j’eusse au moins aimé récupérer mon livre ! (mon éditeur me fournit un nombre limité d’ouvrages
destinés seulement à la promotion)… Las ! Nouvelle absurdité dans cette affaire kafkaïenne où les hôtesses font écran et où les murs n’ont pas d’oreilles, « on ne rend pas les livres
destinés au service de presse » !
J’admets éventuellement cette politique dudit service de presse mais je me serais attendu à ce que Presse fasse son travail !
L’une des missions des antennes locales de France Bleu ne consiste-t-elle pas à informer les auditeurs des manifestations qui ont lieu dans leur région ?
J’ai eu auparavant l’occasion de l’éprouver : avant d’arriver à La Rochelle, j’ai habité à Nantes et, lors de la publication de certains de mes ouvrages j’ai, à chaque fois, eu l’occasion de
les présenter sur France Bleu Loire Océan.
Comment se fait-il qu’à La Rochelle, ville réputée pour son dynamisme et sa classe, j’aie été confronté à une telle incivilité et goujaterie de la part de
quelqu’un censé représenter la culture et l’élégance intellectuelle ?
Je vous prierai donc de bien vouloir me renvoyer l’ouvrage à l’adresse mentionnée ci-dessus.
Visite à Julien Gracq (2/2)
Nous avons donc pris rendez-vous et je suis allé lui rendre visite. Nous avons parlé
de choses et d’autres, enseignement, littérature, idoles littéraires… Julien Gracq possède, pour reprendre une expression de Marcel Aymé, le « confort intellectuel »
qui lui donne une distance iconoclaste (au passage, je vous conseille de lire ce petit ouvrage de Marcel Aymé).
Distance iconoclaste, qui lui permet d’évaluer les plus grands et de leur trouver des failles. Quand
je l’ai rencontré, il était plongé dans la relecture de la littérature russe et trouvait qu’il n’y avait rien de plus grand…
Nous avons été interrompus dans notre conversation par l’arrivée du médecin et je lui ai laissé à mon
départ un exemplaire de mon ouvrage de l’époque : « la Route… »
Quinze jours plus tard, j’ai reçu un appel : « Julien Gracq à l’appareil… (Forte
émotion)… J’ai lu votre ouvrage. C’est intéressant. Il y a une dimension picaresque dans ce que vous relatez…(Bredouillage)… Voilà. Au plaisir de vous revoir. »
Je suis en train de lire le fameux prix Goncourt qu’il avait refusé :
« le Rivage des Syrtes » : en voici un extrait qui nous met au centre de son univers :
« Dans le silence de ces casemates vides, de ces couloirs ensevelis comme des galeries de mine dans l’épaisseur formidable de la pierre, la forteresse lavée
des regards indifférents reprenait les dimensions du songe. »
Autre Julien : Julien Gracq (1/2)
J’ai été affecté par la nouvelle de la mort de l’inébranlable Julien Gracq. Noblesse du style,
envoutement de l’atmosphère telle que je l’avais découverte à la lecture de « la Presqu’île », du « Balcon en forêt » et de « la Forme d’une ville », j’ai toujours
considéré cet écrivain comme un modèle.
Et un jour, j’ai eu la chance de le rencontrer, chez lui, à St Florent le Vieil. Il avait alors
87 ans et vivait avec sa sœur dans une grande maison en bord de Loire. A cette époque, je travaillais au lycée d’Ancenis et l’un de mes collègues le connaissait personnellement.
Le hasard nous avait amenés à parler de lui, et il m’avait encouragé à lui téléphoner pour prendre rendez-vous…
Imaginez, passer un coup de fil à Julien Gracq, quand on a passé ses études à vénérer ses
livres et à y trouver même des relents de celtisme à l’époque où c’était l’objet de ma thèse !
Presse et radio : ne jamais les lâcher !
Je reviens sur la signature de samedi pour un coup de gueule. Je l’ai déjà dit, je ne suis
ni un vendeur, ni un « rabatteur » et j’estime que l’acte de produire un livre se suffit en soi… Mais il y a des moments où un auteur se montre, représente son livre, en parle avec le
public ou le lectorat. Si ces choses se font très bien depuis un certain temps sur la toile (en mails privés), elles se font aussi dans des lieux publics dans lesquels je me rends avec
méfiance.
Qu’advient-il dans une librairie quand personne ne vous a annoncé ? Et pire, quand des gens vous ont demandé un exemplaire
du livre (quand ils n’en ont pas perdu un premier) et ne se manifestent plus ensuite ? Vous êtes tenace, vous ne lâchez pas, vous téléphonez, vous retournez sur place :
« Monsieur est en rendez-vous, il vous rappelle, Monsieur est souffrant, Monsieur est indisponible, il vous recontacte… »
Je commence à croire le libraire. « Ils disent toujours la même chose ! Je commence à les connaître depuis 25
ans… » Mais je ne vais pas les lâcher, je veux au moins une explication et, diable, qu’ils me rendent les ouvrages !