En même temps que le récit d’une aventure haute en
couleurs, il m’a semblé que le film offrait un tableau très juste des Etats-Unis, marqué par les fausses valeurs d’une politique de la promotion personnelle, d’une
éducation fondée sur l’argent, d’une éthique qui érige la réussite professionnelle comme principe unique.
Dans ce contexte, le libre penseur apparaît toujours
comme un marginal, un dérouté. Les immeubles, les voitures, la densité du traffic, la rigueur de la loi et la présence obsédante de la police l’écrasent et le défient
constamment. (Terrible image de Los Angelès au milieu du film…) Seule, la nature américaine lui offre les grands espaces et un cadre propice à l’épanouissement et aux fantasmes
de la vie sauvage, loin des interstates (le film montre les grands lacs, les torrents tumultueux du Colorado, les massifs rouges du Grand Canyon, les rouleaux du Pacifique, les forêts d’Alaska et
du Yukon cher à Jack London, souvent cité par Alexander Supertramp…)
Into the wild (1/8)
C’est le titre d’un film qui secoue… Je l’ai vu lundi soir, il est long (2h30) et je n’ai pas
bien dormi, bouleversé par cette histoire à laquelle je me suis dès le début identifié ! A tel point que je prévois une série de huit articles pour tâcher de l’expliquer,
d’abord par l’intérêt du film puis par les échos qu’il a produits dans ma conscience par rapport à ce que j’ai déjà écrit.
Le film raconte l’histoire vraie de Christopher MacCandless, 22 ans et promis à un brillant
avenir. Alors qu’il est en passe d’intégrer la grande université de Harvard, il prend la route et abandonne tout. Le voilà lancé en direction de l’Alaska dont il fait un motif
obsessionnel, « the wild ».
Dakota, Colorado, Californie, route, rail, rapides, voitures, trains de marchandises, kayak… Aventure semée de rencontres et de confrontations au bout de laquelle celui qui a
choisi comme pseudonyme « Alexander Supertramp » entre en pleine fusion avec la nature âpre et sauvage d’Alaska où il devient un loup d’abord enragé puis famélique…
Vous pouvez retrouver certaines des images fortes de ce film sur les liens
suivants :
http://fr.youtube.com/watch?v=UDorNilxPUY&feature=related
http://fr.youtube.com/watch?v=2LAuzT_x8Ek
Article dans « le Phare de Ré »
En prévision de la signature du 23 mars prochain à Saint martin de Ré, j’avais
rencontré un journaliste du Phare de Ré et voici l’article (Livres. La sélection du Phare de Ré p15) accompagné d’une jolie photo couleur paru ce matin :
« Ce Lorrain d’origine enseigne les lettres modernes à La Rochelle. Il est déjà l’auteur de nombreux ouvrages. Il a récemment publié chez Aléas éditeur un récit autrobiographique subtil et original. En effet, Eric Bertrand s’est inspiré des chansons de Julien Clerc des années 1970 pour illustrer les étapes de sa vie. L’île de Ré, et plus particulièrement Sainte-Marie, où réside une partie de sa famille, y occupe une place importante. L’auteur organisera une séance de dédicaces de son livre dimanche 23 mars à Ré Presse, rue de Sully à Saint Martin de 10h30 à 12h00 ».
« Ce Lorrain d’origine enseigne les lettres modernes à La Rochelle. Il est déjà l’auteur de nombreux ouvrages. Il a récemment publié chez Aléas éditeur un récit autrobiographique subtil et original. En effet, Eric Bertrand s’est inspiré des chansons de Julien Clerc des années 1970 pour illustrer les étapes de sa vie. L’île de Ré, et plus particulièrement Sainte-Marie, où réside une partie de sa famille, y occupe une place importante. L’auteur organisera une séance de dédicaces de son livre dimanche 23 mars à Ré Presse, rue de Sully à Saint Martin de 10h30 à 12h00 ».
La Flotte en Ré
Réponse à la réclamation
Vous avez été nombreux à réagir au courrier d’indignation
envoyé récemment au responsable culturel de la radio à laquelle je m’étais adressé. Pour clôre la question et « donner le droit de réponse », afin d’être
complet sur ce thème, voici une partie de la réponse obtenue récemment par courriel.
Nous recevons en moyenne 300 livres et 500 CD en service presse chaque année, il va de soi que nous ne lisons pas tout, et que nous ne traitons pas tous les
auteurs, compositeurs et sujets à l'antenne. Jamais on ne nous demande de rendre un exemplaire "service presse" qui souvent est marqué.
Dans votre cas, nous ne retrouvons pas votre ouvrage. Vous l'avez apporté avant les fêtes de fin d'année, il a pu s'égarer dans le tourbillon qui caractérise nos médias en ces
périodes denses à l'antenne.
Je comprends tout à fait votre déception à notre égard quant à l'accueil qui vous a été fait ! Je m'en excuse ici, en mon nom, et en celui de mes collaborateurs.
Si je retrouve votre ouvrage, je me ferai une joie de vous le renvoyer. Si vous ne nous en voulez pas trop, vous pouvez me contacter directement pour en parler…
Conseils pour écrire pour le théâtre (2/2)
Comme annoncé hier, je reprends le courriel au passage qui concernait la présence de la gare et du train dans le script de Thelma…
« Aussi ton idée de train-temps-rencontre me paraît intéressante à poursuivre. Tu veux un bruitage, je
n'en ai pas... Je pense peut-être à un morceau de musique du groupe Kraftwerk : "Trans Europ Express", qui présente toute une variation sur les trains et leurs rumeurs... Le poème de
Cendrars "la Prose du Transibérien" qui imite le rythme de la loco... Ou encore cette envolée de Jack dans "Jack, on the route again" :
"Le train qui passe, toum, toum, l'énorme fracas de la machine noire, les hommes rouges et barbouillés sur la loco, tout défile à toute allure, gratch, gratch, tonnerre, le monde entier défile, rocs de l'étrange nuit tout illuminés, démentiels et couverts d'insectes, les bayous de New orleans, shit, shit, shitiboum, chat, cchatacat, tchacatchac..."
"Le train qui passe, toum, toum, l'énorme fracas de la machine noire, les hommes rouges et barbouillés sur la loco, tout défile à toute allure, gratch, gratch, tonnerre, le monde entier défile, rocs de l'étrange nuit tout illuminés, démentiels et couverts d'insectes, les bayous de New orleans, shit, shit, shitiboum, chat, cchatacat, tchacatchac..."
Tu peux imaginer un personnage un peu déjanté toujours plongé dans son monde de poésie,
un peu hagard, tu sais comme ce personnage qu'on voit périodiquement dans le film "Thelma et Louise" (...!) un dingue sorti tout droit d'un tableau de Hopper...
Mais un coup de sifflet peut être un "signe minimaliste de langage" comme disent les pédants. Il peut signifier à la fois l'arrivée du train et l'ellipse de temps qui passe. Un discours de personnage peut prendre en charge cette économie du signe et lui donner une valeur tragique, ou comique ou dramatique... Pourquoi ne pas attribuer à tes personnages une psychologie en rapport avec l'un de ces registres, cela pourrait amener de la variété et du contraste. (…) »
Mais un coup de sifflet peut être un "signe minimaliste de langage" comme disent les pédants. Il peut signifier à la fois l'arrivée du train et l'ellipse de temps qui passe. Un discours de personnage peut prendre en charge cette économie du signe et lui donner une valeur tragique, ou comique ou dramatique... Pourquoi ne pas attribuer à tes personnages une psychologie en rapport avec l'un de ces registres, cela pourrait amener de la variété et du contraste. (…) »