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Autre cadavre exquis

Publié le par Eric Bertrand

          Je poursuis parallèlement en sixième (dans le cadre de l’atelier théâtre) ma réflexion sur la poésie. L’occasion de revenir sur l’importance des images chez les poètes : comparaisons et métaphores fleurissent en poésie et l’esprit est ainsi invité à un réel dépaysement.

          Je reviendrai demain sur la façon dont je montre souvent aux élèves qu’imaginer une image, ce n’est pas « coquetterie » ou « volonté de faire joli » comme l’ont décrété hier encore certaines des filles. C’est aussi affaire de vision du monde…

          L’exercice du jour consistait donc à reprendre la base du cadavre exquis et de mettre bout à bout ces quatre éléments de façon à faire émerger un vers imagé : déterminant et nom commun + verbe + comme et nom commun + Complément de lieu.

          Une fois la comparaison réalisée par l’intervention du hasard, il restait à compléter l’image par une métaphore…

Exemple de résultat : Le chou-fleur nage comme un soleil à l’intérieur de la marmite qui chauffe.

Vers digne d'un André Breton adepte lui-même (et théoricien) du "cadavre exquis"!

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Cadavre exquis à la rescousse de La Fontaine

Publié le par Eric Bertrand


                 Pour finaliser le travail accompli en parallèle par mon collègue de mathématiques qui, dans la perspective de préparer le décor fait construire aux élèves cubes, losanges, rectangles divers, l’idée est de « farder » ces figures de messages poétiques

                Je rappelle que les spectateurs auront droit, en sortant de la salle de maths, à ces petits coffrets. Reste pour moi à imaginer un exercice qui fasse écrire les élèves de sorte qu’ils puissent surprendre le lecteur par le biais de la langue poétique

                Pour travailler vite et bien et faire sentir l’étrangeté et la spécificité du message de la Poésie, je choisis de passer par le biais du « cadavre exquis » qu’ont si bien pratiqué les surréalistes. Tout écolier a, au cours de sa scolarité, et à des degrés divers, pratiqué cet exercice fort commode pour faire écrire.

                 Son principe réside dans l’exploitation du hasard dans la créativité. Ainsi, je donne des consignes précises à chaque élève (cf ci-dessous). Chacun écrit sa formule, la cache, plie sa feuille, lui affecte un numéro, la met dans la valise que je fais circuler, puis que je secoue avant dépouillement.

                  Voici la consigne :

 

Je pars de la phrase suivante que j’analyse grammaticalement : « le petit lapin part dans la garenne avec grand appétit pour savourer le goût du thym. » puis je demande aux élèves d’inventer chacun l’un des quatre membres de phrase de la façon suivante :

 

- Un verbe de mouvement conjugué au présent à la personne de votre choix.

- Un complément de lieu (précédé par sa préposition : « à », « sous », « vers », « sur »…

- Un complément de manière

- Un complément de but.

 

                     Cette activité permet au passage de réviser la construction du verbe et ses compléments… Je laisse le lecteur imaginer le résultat ! Elle favorise en tout cas la rencontre incongrue de mots.

Un autre exercice consiste à valoriser un autre ingrédient non négligeable en poésie : la part de l’image…

- Un nom commun accompagné de son déterminant.

- Un verbe.

- Un « comme » plus un nom commun

- Un complément de lieu.

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« Pot de terre et pot de fer », hiatus de l’organisation La Fontaine

Publié le par Eric Bertrand


            Février… Nous produisons le spectacle en mai prochain, il faut donc que ça évolue ! Le texte est fini, la distribution est prête. Reste la mise en scène et la préparation des élèves, et ce n’est pas une mince affaire... Ceux-là même qui bougent en cours sont, sur la scène soudain pétrifiés comme sous le regard de Méduse !

            Or, comment, dans le cadre scolaire, conjuguer la mise en scène de la pièce et l’organisation de l’emploi du temps et de nos cours ? Nous sommes nombreux à participer au projet et l’idéal aurait été, comme je l’avais signalé, de nous rendre en équipe au cours du collègue d’EPS pour comprendre la manière dont il fait travailler les élèves.

             La séance durait deux heures, suite à quoi nous pensions nous réunir pour « penser collectivement » la mise en scène. Ce genre d’activité reste du domaine de l’utopie et quelle que soit l’ambition du projet, il faut opérer avec mesure ou consentir au bénévolat.

             Les élèves sont trop jeunes, trop débutants. Les heures partagées le soir avec les lycéens et les membres de l’atelier ne peuvent être envisagées cette année. Bref, il faut faire avec et se coucher dans le lit de Procuste !


Et pour finir, un peu d'italien...

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Auteur ou pédagogue ?

Publié le par Eric Bertrand

 


           Via ce blog, j’ai alternativement l’occasion de me positionner en tant que pédagogue ou en tant qu’auteur. Il me semble pourtant plus évident de choisir l’un contre l’autre. Je ne tiens pas de discours sur l’art d’enseigner, je ne supporte pas les discours ambiants et les effets de mode qui tantôt privilégient une approche et tantôt la renient… Tout ce que je sais, c’est que j’aime enseigner et que les choses ne se passent pas trop mal en cours, quel que soit le lieu où j’enseigne. C’est du moins ce que je puis affirmer, fort de ces années passées dans des milieux bien différents les uns des autres…

             En revanche, là où je me sens parfaitement à l’aise, c’est quand je plonge au sein de mes ouvrages et dans l’exercice d’écriture. Surtout, je n’ai pas à me poser de questions ni à couper les cheveux en quatre, quand j’enfile cette casquette-là !

               L’Education Nationale encourage de plus en plus les derniers temps les expériences du type : « un écrivain dans la classe… Atelier d’écriture… » C’est finalement dans ce créneau là que je trouve le mieux ma place. Mais cela a lieu dans le fil des cours et non dans le cadre d’une rencontre ponctuelle et souvent lourde (et coûteuse !)

               Le lecteur de ce blog se rend bien compte qu’à chaque fois que je traite de pédagogie, je traite en même temps d’expérience d’écriture. Et cela me remet en harmonie avec moi-même puisqu’au fond, j’ai commencé cela très tôt… Colette If du Loup des Acqs (voir bibliographie dans le site) et même au-delà, lors de premiers ateliers théâtre l’année de CPR à Villefranche sur Saône ou encore durant ma carrière de surveillant à Villefontaine…

 


L'heure est à la mélancolie et à la philosophie sur le ponton...

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Article du mois : de la poésie à l’urinoir

Publié le par Eric Bertrand



            Tournant du mois, rendez-vous avec notre rubrique « article du mois »… J’ai envie de reparler art et poésie à travers cet article que j’ai écrit le 3 janvier…

 

            « Et je pisse vers les grands cieux, très haut et très loin avec l’assentiment des grands héliotropes »… Qui se souvient de ces vers d’Arthur ? Restons dans cette coloration pour l’article de ce matin !

           Qu’est-ce que la poésie, qu’est-ce que l’art ? Grandes questions que je m’amuse souvent à poser aux jeunes consciences dont j’ai la charge pendant mes heures de cours, notamment lorsque j’aborde ce que l’institution nomme « objet d’étude : la poésie ». Les réponses sont en général bien décevantes, « la poésie, c’est quand ça rime »…

            Comment expliquer les choses simplement afin, à la fois, de corriger la représentation et d’interpeler ces consciences la plupart du temps vierges de toute culture poétique ? J’écoutais récemment un entretien donné par Claude Lévi Strauss sur une radio qui lui rendait hommage. Le grand ethnologue était interrogé sur les structures de l’art, et il livrait des propos très concrets. Il reprenait l’idée chère aux linguistes selon laquelle le vocabulaire a pour tâche d’affecter à des réalités des signifiés bien déterminés et il prenait l’exemple du fameux « urinoir » de Duchamp.

             Le « génie » de Duchamp a consisté à « déplacer » l’objet de son signifié habituel pour « réveiller » en lui d’autres significations qu’il n’avait pas dans des toilettes publiques… Dans un musée, au contact d’autres objets d’art, sur des murs propres et sacrés par le regard des visiteurs et le culte de la Beauté, l’urinoir se mettait soudain à exister par sa forme, sa blancheur, sa différence, son extravagance…

             Bref, il changeait de vie et se dérobait de son signifié initial. Il en va de même pour la poésie et pour l’acte d’écriture poétique… Je citerais volontiers à l’élève qui a tenu le choc de l’explication, ces trois citations d’auteurs : l’une de Supervielle selon lequel « le poète est le contrebandier de la langue », l’autre de Tardieu : « la poésie c’est quand un mot en rencontre un autre pour la première fois », enfin une dernière de Sartre : « la poésie ne se sert pas des mots, elle les sert ».

              Bonne déglutition !



Le Ponton (13) : épilogue
envoyé par Sheumas1

 Quand l'été est fini...

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