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Reprise du blog : Kérouac, Bretagne et maximes à l’horizon...

Publié le par Eric Bertrand

Hub et Babou (10) [1600x1200]

 

Prêts pour une nouvelle année... J’ai cette fois différé la reprise de ce blog jusqu’à la minute ultime (la prérentrée est aujourd’hui !) dans le but de « remplir les sacs » et de mettre au net les différents projets et bilans qui vont alimenter le contenu des différents articles à venir.

                Au programme donc, retour sur des points qui ont marqué cet été. Et quant aux projets, en dehors de nouvelles œuvres à revisiter en cours, voici les deux vecteurs neufs de cette année : l’aventure Kérouac au théâtre qui recommence au lycée avec une nouvelle troupe et un nouveau partenariat et l’aventure bretonne qui se greffe sur l’enseignement d’exploration dont je suis chargé : littérature et société...

                Deux gros investissements sur lesquels je reviendrai plus précisément dans les semaines à venir quand l’année sera « lancée » ! Au programme également, de petites « maximes » de mon cru qui agrémenteront les articles les plus brefs à venir. Je les ai écrites au fil de mes lectures cet été et elles combinent un ensemble de réflexions. Elles ont le mérite de dire l’essentiel en peu de mots et puis elles satisferont je pense le goût du public qui penche vers la forme brève ?

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« Tais-toi et rame ! »

Publié le par Eric Bertrand

Coucou ! Reprise du blog demain, promis ! Mais en attendant d’en savoir plus, je voudrais faire un détour par cet article de mon amie Anne-Marie qui me semble particulièrement réussi en ces temps de rentrée ! Il est également illustré par une chanson qui va bien ! A demain !

 

http://retournerenbretagne.over-blog.com/article-fin-d-ete-109470947.html

 

Bretagne2012 (75) [1600x1200]

 

 

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Pause estivale du blog

Publié le par Eric Bertrand

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Le soleil semble revenu sur la France, les juilletistes ont déjà mordu un sacré bout de leur part du gâteau, beaucoup de mes lecteurs sont partis, bref, il est temps pour moi aussi de prendre des vacances alors que je m’apprête à promener mes deux livres dans divers lieux d’exposition puis à partir également sur les routes...

 Bref, vacances ! merci de votre fidélité à ce blog. Profitons-en tous et rendez-vous en fin août pour faire le point sur tout cela !

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Qu’est-ce que le surnaturel ? Que reste-t-il du fantastique ?

Publié le par Eric Bertrand

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Les deux questions interpellent l’amateur de paysages et de littérature fantastiques que je suis... Puisque je termine à l’instant l’article qui renvoie à l’Ecosse romantique (vue à travers la goutte de whisky !), je souhaite partager avec mes lecteurs cette page de Maupassant, maître en la matière...

 

                Lentement, depuis vingt ans, le surnaturel est sorti de nos âmes. Il s'est évaporé comme s'évapore un parfum quand la bouteille est débouchée. En portant l'orifice aux narines et en aspirant longtemps, longtemps, on retrouve à peine une vague senteur. C'est fini.

                Nos petits-enfants s'étonneront des croyances naïves de leurs pères à des choses si ridicules et si invraisemblables. Ils ne sauront jamais ce qu'était autrefois, la nuit, la peur du mystérieux, la peur du surnaturel. C'est à peine si quelques centaines d'hommes s'acharnent encore à croire aux visites des esprits, aux influences de certains êtres ou de certaines choses, au somnambulisme lucide, à tout le charlatanisme des spirites. C'est fini.

                 Notre pauvre esprit inquiet, impuissant, borné, effaré par tout effet dont il ne saisissait pas la cause, épouvanté par le spectacle incessant et incompréhensible du monde a tremblé pendant des siècles sous des croyances étranges et enfantines qui lui servaient à expliquer l'inconnu. Aujourd'hui, il devine qu'il s'est trompé, et il cherche à comprendre, sans savoir encore. Le premier pas, le grand pas est fait. Nous avons rejeté le mystérieux qui n'est plus pour nous que l'inexploré.

                Dans vingt ans, la peur de l'irréel n'existera plus même dans le peuple des champs. Il semble que la Création ait pris un autre aspect, une autre figure, une autre signification qu'autrefois. De là va certainement résulter la fin de la littérature fantastique.

                Elle a eu, cette littérature, des périodes et des allures bien diverses, depuis le roman de chevalerie, les Mille et une Nuits, les poèmes héroïques, jusqu'aux contes de fées et aux troublantes histoires d'Hoffmann et d'Edgar Poe.

                Quand l'homme croyait sans hésitation, les écrivains fantastiques ne prenaient point de précautions pour dérouler leurs surprenantes histoires. Ils entraient, du premier coup, dans l'impossible et y demeuraient, variant à l'infini les combinaisons invraisemblables, les apparitions, toutes les ruses effrayantes pour enfanter l'épouvante.

                Mais, quand le doute eut pénétré enfin dans les esprits, l'art est devenu plus subtil. L'écrivain a cherché les nuances, a rôdé autour du surnaturel plutôt que d'y pénétrer. Il a trouvé des effets terribles en demeurant sur la limite du possible, en jetant les âmes dans l'hésitation, dans l'effarement. Le lecteur indécis ne savait plus, perdait pied comme en une eau dont le fond manque à tout instant, se raccrochait brusquement au réel pour s'enfoncer encore tout aussitôt, et se débattre de nouveau dans une confusion pénible et enfiévrante comme un cauchemar.

                L'extraordinaire puissance terrifiante d'Hoffmann et d'Edgar Poe vient de cette habileté savante, de cette façon particulière de coudoyer le fantastique et de troubler, avec des faits naturels où reste pourtant quelque chose d'inexpliqué et de presque impossible.

 

                Faut-il en conclure, plus d’un siècle plus tard, que le fantastique a définitivement disparu ? Non... Même si l’homme accroit toujours sa connaissance du monde et des phénomènes anciennement surnaturels, d’étranges machines sortent encore du « pauvre esprit inquiet, impuissant, borné... » et se mettent à lui échapper. Et puis, pour reprendre la bonne expression du héros de Shakespeare, le fragile Hamlet : « Il y a plus de mystères, Horatio, sur la terre et dans le ciel que n’en a jamais rêvé ta philosophie » !

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« La part des anges » de Ken Loach ou l’alchimie écossaise (intégrale)

Publié le par Eric Bertrand

 

 

 

Ils sont quatre, Robbie, Albert, Rhino et Mo, ils vivent dans un quartier populaire de Glasgow, et ils ne sont pas des anges... Le meneur du groupe, Robbie, a même, sous l’emprise de drogue et de l’alcool, frappé un homme à mort. Il sort du tribunal, écope de 300 jours de « travaux d’utilité publique », se fait frapper à son tour par les gars d’un clan ennemi, arrive le visage en sang auprès de sa petite amie qui vient d’accoucher d’un fils que « la belle famille » lui interdit de reconnaître.

On le voit, Ken Loach n’a pas choisi de tenir un discours angélique ou romantique sur l’Ecosse, dans son dernier film primé au festival de Cannes 2012 : « la Part des anges », « angel share ». Il filme les coups, les visages couturés, les sirènes de police, les groupes de SDF fortement alcoolisés qui trainent dans les rues glauques de Glasgow... Difficile de se sortir de la spirale de la délinquance même si le héros déborde de bonne volonté et fait la promesse solennelle à son fils d’être « un papa modèle » et de ne plus frapper qui que ce soit... Même si, çà et là, quelques figures généreuses tentent de lui « donner une chance » de s’en sortir...

C’est le cas du vieil éducateur qui prend en charge le groupe qu’on lui a confié pour accomplir les travaux d’utilité publique. Il leur propose un dimanche de les amener avec lui à une dégustation de whisky... Et c’est là que le film bascule et que l’aventure romantique commence ! Robbie est doué. Il sait déguster le whisky avec le palais et le nez, lit des articles de connaisseurs, laisse fonctionner son imagination et sa géniale intuition fait mouche aussitôt... Il y a peut être là, dans la lumière du « verre boule de cristal » l’espoir d’une rédemption ?... La caméra accompagne le chaud mouvement du liquide aux couleurs tendres qui tourne délicatement sur les parois du cristal. Le spectateur écoute le discours éclairé, quasi initiatique du « formateur » (doté du solide accent de Glasgow, autre charme du film en VO) qui parle des effets du « vent », de la « tourbe », des « colline des Highlands » et de la « mer » sur le « pure malt whisky ». Le whisky sent la lande, la primitive Caledonia que chantaient pour les héros de « Brave Heart », pour John Wallace, Rob Roy ou Ivanohé, James Macpherson, Robert Burns ou Walter Scott. 

Il comprend que chaque bouteille, en fonction de son origine, a quelque chose de précieux à révéler à celui qui sait le goûter. Il laisse à son tour son esprit s’évader vers les terres magiques où les vieux maîtres préparent le whisky dans des fûts dont le bois est la mystérieuse embarcation. A sa façon, et dans la compagnie de Robbie, il savoure lui aussi « la part des anges ». Cette part des anges, c’est l’infime pourcentage qu’un fût perd au moment de l’ouverture. Au moment du cérémonial très ritualisé de l’ouverture de la bonde, l’amateur de whisky, ce voyageur immobile, se fait complice, avant dégustation, d’une volatilisation... C’est la part fantomatique de l’alcool qui s’en va rejoindre les terres de l’Ecosse fantastique.

Les quatre pieds nickelés, (car nos aventuriers sont de véritables anti héros qui amusent le spectateur par leur balourdise et l’innocente franchise de leurs propos) conçoivent un projet fou : celui de se rendre dans une distillerie du nord des Highlands (le petit village de Dornorch Firth) où doit avoir lieu l’ouverture et la mise aux enchères d’une barrique de whisky dont le coût est inestimable. L’idée est tout simplement de pomperle précieux liquide (comme on pompe de l’essence ou de la bière !) pour ensuite le revendre à prix d’or afin de commencer une nouvelle vie...

Mais pour mener à bien cette mission, il faut « brouiller les pistes » : éclairés par l’étincelle de génie du plus abruti du groupe (celui qui cassera deux des quatre bouteilles ramenées de Dornoch), les quatre picaros troquent le survêtement contre le kilt, un authentique kilt avec tartan, doté de son « sporran », cette petite poche qui bringuebale au bas du ventre et qui « esquinte les couilles » du gaffeur (qui n’arrête pas de la maudire !). Voilà donc nos « highlanders » lancés dans une course folle à travers le pays qu’ils parcourent à grand fracas, à pied, en stop, jurant, pestant, « fuckin rain, fuckin kilt, fuckin sporran... » jusqu’au moment où, à force de longer lochs et bruyère, de croiser moutons et highland cows, ils arrivent au pied de la distillerie, dans cette région dont les crépuscules ressemblent à l’atelier d’un alchimiste. C’est là qu’ils plantent la tente (une vieille canadienne délavée, chahutée par le vent et la douche écossaise) et que le film donne au spectateur le spectacle d’une autre « part des anges »...

 

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