Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Une Bretagne ou des Bretagnes ?

Publié le par Eric Bertrand

Bretagne2012 (117) [1600x1200]

 

La question se pose assez vite sitôt que l’on s’intéresse au domaine celtique. Grande et « petite » Bretagne sont intimement liées dans les textes et la communauté celtique (telle qu’elle se réunit par exemple à Lorient chaque été) en est un signe fort.

Irlande, Ecosse, Pays de Galles, Cornouailles et Bretagne sont unies par la langue gaélique et par une forme de l’imaginaire directement liée à ces paysages si caractéristiques. Plus au sud, sur les rivages atlantiques, la Galice présente étonnamment les mêmes traits... Il semble que la pluie, la lande, le grand océan et sa voix lugubre dans les bruyères sèment dans les esprits le même grain de folie imaginaire.

Dans les récits qui nous intéressent, les personnages naviguent entre ces pôles : Tristan, neveu du Roi Marc, va chercher Iseut en Irlande avant de revenir en Cornouailles. Les chevaliers de la Table Ronde parcourent les landes de Galles ou d’Armorique, traversent les étangs et les lacs d’Ecosse en quête d’aventures et d’Autre Monde. Avalon est toujours quelque part, prêt à émerger à l’horizontal.

 

 

Voir les commentaires

Passion contre raison, Tristan, Titus, Roméo et autres Bérénice

Publié le par Eric Bertrand

100-6781.JPG

 

Raisons morales ou raisons de famille,raisons religieuses ou raisons d’état... « Le cœur a ses raisons que la raison ignore », il semble que les grandes histoires d’amour ou les grands mythes fondateurs nous racontent tous la même histoire... Celle de l’homme aux prises avec ses tourments. Voyons par exemple Tristan et Iseut, forcés de se marginaliser et de cacher dans l’épouvantable forêt du Morois pour pouvoir s’aimer, Roméo et Juliette contraints à des « stratagèmes d’outre-tombe », ou encore la belle tragédie de Racine, « Bérénice ».

                Titus est empereur et la loi romaine lui impose de renoncer à l’étrangère Bérénice dont il ne peut se passer. Exceptionnellement, pas de morts, pas d’issue fatale dans cette tragédie. Toute la tension de la pièce réside dans la souffrance cuisante et le sacrifice progressif qui consiste pour Titus à accepter un lent travail d’écorchement...

                En tant qu’empereur, il lui faut se résigner, supporter, endurer la douleur de voir Bérénice, de savourer sa présence, son discours, sa grâce et en même temps de voir arriver, comme un personnage qui vient annoncer, inexorable, la disparition d’un être cher (Théramène déchiqueté par un monstre dans « Phèdre »), le moment où il faut que les amants se quittent... Définitivement.

                « Tristesse majestueuse » de l’acceptation racinienne. La raison de l’empereur et le cœur de l’amoureux roulent sur la poussière du ring racinien, s’indignent et se dressent l’un contre l’autre , toujours soucieux de majesté, dans un affrontement schizophrène. « Pourrai-je dire enfin : « Je ne veux plus vous voir ! » se demande l’empereur.

                Lorsque l’irréparable a lieu, comme en toute fin de tragédie (« dans la tragédie, on est tranquille » disait Jean Anouilh), la passion a-t-elle définitivement déserté le cœur de l’empereur ? Finalement, aux yeux du spectateur, rien ne s’est produit ! Mais ce rien a quelque chose de terriblement bovaryen !

 

Voir les commentaires

Zola homme de science et grand romancier ?

Publié le par Eric Bertrand

Rues le 21 [1600x1200]

 

Il y a parmi vous des amateurs de Zola... Alors, prêts pour un petit exercice de dissertation que j’ai donné afin de permettre à mes élèves de secondes d’utiliser les connaissances que je leur avais communiquées pendant la semaine dans le cadre d’un cours sur les écrivains réalistes et naturalistes...

 

 « Zola est à la fois un homme de science et un grand romancier » : commentez ce point de vue d’un critique contemporain.

 

« Zola est à la fois un homme de science et un grand romancier » : cette phrase d’un critique contemporain est un hommage aux qualités qui ont fait de cet auteur célèbre à la fois le chef de file du naturalisme et le grand écrivain classique si souvent étudié dans les classes.

A la suite de Flaubert et de Balzac, Zola a cru très vite en une « littérature autopsie », capable d’examiner sans reculer le fond de l’âme humaine. En disciple des grands scientifiques de son époque, Charcot ou Claude Bernard, il entreprend dans son œuvre d’appliquer la théorie des lois de l’hérédité. C’est dans ce sens qu’il faut lire la série des Rougon Macquart qui entreprend de saisir chacun des personnages par le biais d’une lecture génétique de sa destinée. Ainsi, le lecteur comprend mieux les tourments de Jacques Lantier malheureux héros de la Bête humaine ou de Gervaise, héroïne de L’Assommoir : tous les deux, comme bien d’autres, portent en eux la marque de la fêlure initiale, celle de l’ancêtre Macquart.

               Mais si, comme il l’affirme d’ailleurs dans ses préfaces, Zola est « un savant » il n’en est pas moins un grand romancier. En effet, il crée une galerie de personnages très variés qui amènent le lecteur à circuler avec bonheur dans tous les milieux du Paris de son époque. Avec un sens avancé du récit et du suspense, il nous raconte leur histoire. La forme qu’il utilise est également un élément de qualité : la grande nouveauté de Zola (et en cela il anticipe sur les travaux des grands romanciers du XX° siècle) c’est d’avoir un sens particulier de la langue, d’avoir cette passion de « la philologie ». Il l’affirme nettement dans la préface de l’Assommoir et met ce talent en pratique dans la narration, réalisant ainsi un formidable travail lexical qui unit aux termes soutenus « la langue du peuple ». Populaire et raffinée, la langue de Zola constitue un régal pour le lecteur avide de « style » et de « contenu ».

 

Voir les commentaires

« Les Nouvelles pour l’été » chez Alter éditions

Publié le par Eric Bertrand

Couverture---t--.JPG

 

                    Alter est mon éditeur et il s’est spécialisé dans les éditions numériques auxquelles il croit depuis le début (je me rappellerai toujours un certain coup de fil à ce sujet voilà maintenant deux ans... à l’époque où j’ignorais tout de l’aventure numérique du livre)

                Ainsi, petit à petit, il s’est lancé le défi de publier en format e.pub tous les ouvrages qui existaient déjà en format papier. J’ai annoncé récemment la « réédition » de « Jack, on the route again ! »

                J’ai le plaisir d’annoncer aujourd’hui les fameuses « Nouvelles pour l’été » dont il ne restait plus que quelques exemplaires papier !

 

http://alter-editions.org/collections/product.php?id_product=118

 

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Représentations de Bretagne : chevaliers et moustaches en guidon de vélo (3/3)

Publié le par Eric Bertrand

Bretagne2012 (92) [1600x1200]

 

La figure du druide domine un certain nombre de représentations : le nom de Panoramix revient assez facilement dans les esprits. Il met en scène la tribu d’Astérix, ces « farouches Gaulois » qu’Uderzo et Goscini ont dessinés à leur époque moins en référence à la réalité des guerriers celtes d’Armorique qu’en référence à la France des années 60. Gaulois râleurs, bagarreurs, les moustaches en guidon de vélo, aimant boire et banqueter.

            Arthur est également rattaché à cette Bretagne mystérieuse, de par ses origines légendaires qui font de lui un être qui appartient à l’ile d’Avalon. C’est d’Avalon que lui vient l’épée Excalibur. Pas d’Arthur sans sa Table Ronde et son assemblée de glorieux chevaliers. Lancelot, Perceval, Yvain, Tristan, Gauvain, Galaad, sans cesse en quête d’aventures. Chevaliers courtois, lancés dans la quête du Graal, objet de fascination, mi celtique, mi chrétien, parfait exemple du syncrétisme qu’opèrent les religions, à l’image de ces menhirs qu’on trouve au hasard dans la campagne et sur lesquels ont été sculptées des croix.

La réputation d’Arthur est celle d’un roi qui aurait su créer l’unité entre les tribus de Bretagne afin de refouler vers le nord les hordes de Saxons et de Scots toujours menaçants.

(A suivre)

 

Voir les commentaires