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Tristan dans le maquis arthurien (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

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Parmi tous ces noms qui émergent presque spontanément du « maquis » arthurien figurent les noms de Tristan et de sa compagne Iseut. Tristan est originaire de Bretagne armoricaine et est venu au monde de sa mère Blanchefleur, veuve inconsolable de Rivalin. Son père est mort peu avant sa naissance et cette forte mélancolie est marquée dans ce nom qu’il porte comme une cicatrice.

Tristan fait partie de ces hommes valeureux, désintéressés par la vie et capable de s’oublier par désespoir. Il a toutes les qualités du chevalier errant et cette sensibilité exacerbée qui le met un jour au contact d’Iseut la Blonde, créature des terres d’Irlande. Tristan se rend en effet en Irlande pour se faire soigner, suite à l’affrontement de l’un des ces monstres dont la littérature arthurienne est friande. Iseut fait partie de ces femmes dotées de pouvoirs magiques : c’est elle qui soigne le beau chevalier de sa blessure et qui le garde auprès d’elle. C’est elle aussi que Tristan doit ramener à son oncle le Roi Marc.

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Une conteuse au lycée

Publié le par Eric Bertrand

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Autour de cette matière de Bretagne que mes collègues et moi nous efforçons patiemment d’appliquer, couche après couche sur le « tronc commun » de nos élèves, nous avons le projet de faire intervenir une conteuse dans le courant du second trimestre.

Après une première rencontre, la perspective semble d’autant plus intéressante que notre nouvelle partenaire propose également d’engager un travail sur « l’oralisation » des contes. Dans un premier, temps, elle offrira sans doute un fragment de légende (peut-être la légende de la ville d’Ys autour de laquelle je vais travailler) afin de faire entendre aux élèves la magie des mots et des histoires quand ils sont libérés des textes à étudier et du cadre de l’examen...

Puis, dans un second temps, elle les amènera à « dire leur production », à valoriser ce qu’ils auront écrit relativement à la matière de Bretagne. C’est là que l’ensemble des activités se font écho : une fois que mes collègues et moi aurons posé les bases réelles des légendes et des territoires, les élèves auront pour mission d’imaginer un fragment de récit de Bretagne. Belle aventure que nous avons inaugurée hier sur le temps d’une petite rencontre au CDI !

 

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Une Bretagne ou des Bretagnes ?

Publié le par Eric Bertrand

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La question se pose assez vite sitôt que l’on s’intéresse au domaine celtique. Grande et « petite » Bretagne sont intimement liées dans les textes et la communauté celtique (telle qu’elle se réunit par exemple à Lorient chaque été) en est un signe fort.

Irlande, Ecosse, Pays de Galles, Cornouailles et Bretagne sont unies par la langue gaélique et par une forme de l’imaginaire directement liée à ces paysages si caractéristiques. Plus au sud, sur les rivages atlantiques, la Galice présente étonnamment les mêmes traits... Il semble que la pluie, la lande, le grand océan et sa voix lugubre dans les bruyères sèment dans les esprits le même grain de folie imaginaire.

Dans les récits qui nous intéressent, les personnages naviguent entre ces pôles : Tristan, neveu du Roi Marc, va chercher Iseut en Irlande avant de revenir en Cornouailles. Les chevaliers de la Table Ronde parcourent les landes de Galles ou d’Armorique, traversent les étangs et les lacs d’Ecosse en quête d’aventures et d’Autre Monde. Avalon est toujours quelque part, prêt à émerger à l’horizontal.

 

 

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Passion contre raison, Tristan, Titus, Roméo et autres Bérénice

Publié le par Eric Bertrand

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Raisons morales ou raisons de famille,raisons religieuses ou raisons d’état... « Le cœur a ses raisons que la raison ignore », il semble que les grandes histoires d’amour ou les grands mythes fondateurs nous racontent tous la même histoire... Celle de l’homme aux prises avec ses tourments. Voyons par exemple Tristan et Iseut, forcés de se marginaliser et de cacher dans l’épouvantable forêt du Morois pour pouvoir s’aimer, Roméo et Juliette contraints à des « stratagèmes d’outre-tombe », ou encore la belle tragédie de Racine, « Bérénice ».

                Titus est empereur et la loi romaine lui impose de renoncer à l’étrangère Bérénice dont il ne peut se passer. Exceptionnellement, pas de morts, pas d’issue fatale dans cette tragédie. Toute la tension de la pièce réside dans la souffrance cuisante et le sacrifice progressif qui consiste pour Titus à accepter un lent travail d’écorchement...

                En tant qu’empereur, il lui faut se résigner, supporter, endurer la douleur de voir Bérénice, de savourer sa présence, son discours, sa grâce et en même temps de voir arriver, comme un personnage qui vient annoncer, inexorable, la disparition d’un être cher (Théramène déchiqueté par un monstre dans « Phèdre »), le moment où il faut que les amants se quittent... Définitivement.

                « Tristesse majestueuse » de l’acceptation racinienne. La raison de l’empereur et le cœur de l’amoureux roulent sur la poussière du ring racinien, s’indignent et se dressent l’un contre l’autre , toujours soucieux de majesté, dans un affrontement schizophrène. « Pourrai-je dire enfin : « Je ne veux plus vous voir ! » se demande l’empereur.

                Lorsque l’irréparable a lieu, comme en toute fin de tragédie (« dans la tragédie, on est tranquille » disait Jean Anouilh), la passion a-t-elle définitivement déserté le cœur de l’empereur ? Finalement, aux yeux du spectateur, rien ne s’est produit ! Mais ce rien a quelque chose de terriblement bovaryen !

 

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Zola homme de science et grand romancier ?

Publié le par Eric Bertrand

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Il y a parmi vous des amateurs de Zola... Alors, prêts pour un petit exercice de dissertation que j’ai donné afin de permettre à mes élèves de secondes d’utiliser les connaissances que je leur avais communiquées pendant la semaine dans le cadre d’un cours sur les écrivains réalistes et naturalistes...

 

 « Zola est à la fois un homme de science et un grand romancier » : commentez ce point de vue d’un critique contemporain.

 

« Zola est à la fois un homme de science et un grand romancier » : cette phrase d’un critique contemporain est un hommage aux qualités qui ont fait de cet auteur célèbre à la fois le chef de file du naturalisme et le grand écrivain classique si souvent étudié dans les classes.

A la suite de Flaubert et de Balzac, Zola a cru très vite en une « littérature autopsie », capable d’examiner sans reculer le fond de l’âme humaine. En disciple des grands scientifiques de son époque, Charcot ou Claude Bernard, il entreprend dans son œuvre d’appliquer la théorie des lois de l’hérédité. C’est dans ce sens qu’il faut lire la série des Rougon Macquart qui entreprend de saisir chacun des personnages par le biais d’une lecture génétique de sa destinée. Ainsi, le lecteur comprend mieux les tourments de Jacques Lantier malheureux héros de la Bête humaine ou de Gervaise, héroïne de L’Assommoir : tous les deux, comme bien d’autres, portent en eux la marque de la fêlure initiale, celle de l’ancêtre Macquart.

               Mais si, comme il l’affirme d’ailleurs dans ses préfaces, Zola est « un savant » il n’en est pas moins un grand romancier. En effet, il crée une galerie de personnages très variés qui amènent le lecteur à circuler avec bonheur dans tous les milieux du Paris de son époque. Avec un sens avancé du récit et du suspense, il nous raconte leur histoire. La forme qu’il utilise est également un élément de qualité : la grande nouveauté de Zola (et en cela il anticipe sur les travaux des grands romanciers du XX° siècle) c’est d’avoir un sens particulier de la langue, d’avoir cette passion de « la philologie ». Il l’affirme nettement dans la préface de l’Assommoir et met ce talent en pratique dans la narration, réalisant ainsi un formidable travail lexical qui unit aux termes soutenus « la langue du peuple ». Populaire et raffinée, la langue de Zola constitue un régal pour le lecteur avide de « style » et de « contenu ».

 

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