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Pause et projets à nourrir

Publié le par Eric Bertrand

Retour de croisade

          Après ces quelques semaines chargées, une petite « vacance » dans ce blog, le temps de reprendre de l’énergie et de l’air du côté de la Bretagne et de Kérouac. En effet, je vais, sur le terrain même enrichir le cours de littérature et société dont je livre certaines parcelles dans ce blog.
Et puis également, et j’y reviendrai à la rentrée, me lancer dans l’écriture d’une nouvelle version de Jack Kérouac, prochain livre à paraitre chez Alter courant mars dirons-nous !
Bonnes vacances en attendant !

 

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Peloton du Tour de France et Légende maillot jaune

Publié le par Eric Bertrand

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Le verdict est tombé, un peu de la même façon qu’un jour dans le Tour, il était tombé du haut de son vélo impérial. Le lumineux juillet est passé... Passé, en même temps que les tournesols et les maillots jaunes, froissés, tabassés sous le cycle de l’été. C’est déjà le tournant mélancolique après l’ultime sprint des Champs-Elysées et la sentence couperet de l’UCI. La voix de Jalabert, de Brouchon ou de Godart et le micro des légendes continue cependant de vibrer... Le tour comme épopée... les derniers discours, les promesses de transparence et les perspectives immaculées pour l’année à venir et puis l’engourdissement des mois d’automne.

              C’est le moment où « l’Aigle de Tolède » prend son envol, dans le soir qui tombe... le ciel est presque noir. « L’Extra-terrestre » plante son « Espada » tout au fond du rocher et « le Cannibale » s’endort près du torrent, le ventre repu... Les chemins sont désertés, le soleil a disparu. « Il Diavolo » enfonce sa fourche au sommet du Mont-Chauve. Le sol vibre de chaleur accumulée. L’écho s’emplit d’une rumeur sauvage, le « Champion hennissant » retourne à l’écurie du même pas que « le Texan », blessé dans ses derniers galops. L’air est lourd, il descend doucement dans la vallée. « Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle ». Au pied du col de l’Angoisse, « Le Blaireau » inspecte son terrier, et, au seuil de la grande traversée, « le Pirate » plante son drapeau noir...

                 Ils sont encore tous là, autour du sommet impitoyable. Ils savent qu’aujourd’hui les maillots jaunes de Lance Armstrong s’est sont allés avec le jour. Federico Bahamontès, Miguel Indurain, Eddy Merckx... Le vent se lève. Alberto Contador, Ferdi Kubler, Luis Ocana, Fausto Coppi, Bernard Hinault, Marco Pantani. Tous les semeurs de légende, avec ou sans EPO, « pot belge » ou amphétamine. La lune pointe... La nuit tombe. Le vent se lève.

Les ombres immenses décollent des montagnes et continuent d’alimenter les rêves.

 

 

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Chateaubriand Et Hugo : “Je veux être l’Océan ou rien!” (intégrale)

Publié le par Eric Bertrand

 

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Poussé par la vague romantique, le jeune Victor Hugo avait affirmé, vent en poupe, qu’il voulait « être Chateaubriand ou rien ». Lorsqu’il s’est retrouvé en exil à Guernesey, sur son « rocher d’hospitalité » son « tombeau probable » comme il l’écrit dans les Travailleurs de la mer, du haut de son « look-out », il apercevait la côte française, la ville de Saint-Malo et, imperceptible, le Grand-Bé, où gît toujours l’écrivain romantique dont il avait évoqué le nom.

En ces temps romantiques, l’appel à l’océan, aux tempêtes, à la roche granitique révèle une volonté. Hugo est bien conscient d’ériger en toute majesté sa propre figure d’Exilé, cet exilé républicain qui ne « rentrera en France » que « lorsque la Liberté rentrera ». Un martyr de la République, un peu comme le père de Gwynplaine (l’homme qui rit), Lord Clancharlie, envoyé derrière la barrière hérissée des montagnes suisses. 

Et en attendant, il demande à son fils Charles de le prendre en photo, posant contre un rocher, auprès d’un menhir, face à la mer... Il dessine l’océan, le peint, le réinvente, en fait le personnage principal de ses fictions.

Alors, si l’on se tourne du côté de Chateaubriand quelques années plus tôt, il est intéressant d’observer le travail qu’opèrent sur cette thématique ses Mémoires d’Outre-Tombe Lorsqu’il évoque sa naissance, Chateaubriand ne fait rien d’autre que Victor Hugo : un sens aigu de la mise en scène ! Les mots construisent la légende et la bouteille part à la mer laissant ainsi émerger les figures de proue du Romantisme français. 

« La maison qu’habitaient alors mes parents est située dans une rue sombre et étroite de Saint-Malo, appelée la rue des Juifs : cette maison est aujourd’hui transformée en auberge. La chambre où ma mère accoucha domine une partie déserte des murs de la ville, et à travers les fenêtres de cette chambre on aperçoit une mer qui s’étend à perte de vue, en se brisant sur des écueils. J’eus pour parrain, comme on le voit dans mon extrait de baptême, mon frère, et pour marraine la comtesse de Plouër, fille du maréchal de Contades. J’étais presque mort quand je vins au jour. Le mugissement des vagues soulevées par une bourrasque annonçant l’équinoxe d’automne, empêchait d’entendre mes cris : on m’a souvent conté ces détails ; leur tristesse ne s’est jamais effacée de ma mémoire. Il n’y a pas de jour où, rêvant à ce que j’ai été, je ne revoie en pensée le rocher sur lequel je suis né, la chambre où ma mère m’infligea la vie, la tempête dont le bruit berça mon premier sommeil, le frère infortuné qui me donna un nom que j’ai presque toujours traîné dans le malheur. Le Ciel sembla réunir ces diverses circonstances pour placer dans mon berceau une image de mes destinées. »

 

 

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Chateaubriand Et Hugo : “Je veux être l’Océan ou rien!” (2/2)

Publié le par Eric Bertrand

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Lorsqu’il évoque sa naissance, Chateaubriand ne fait rien d’autre que Victor Hugo : un sens aigu de la mise en scène ! Les mots construisent la légende et la bouteille part à la mer laissant ainsi émerger les figures de proue du Romantisme français.  

 

« La maison qu’habitaient alors mes parents est située dans une rue sombre et étroite de Saint-Malo, appelée la rue des Juifs : cette maison est aujourd’hui transformée en auberge. La chambre où ma mère accoucha domine une partie déserte des murs de la ville, et à travers les fenêtres de cette chambre on aperçoit une mer qui s’étend à perte de vue, en se brisant sur des écueils. J’eus pour parrain, comme on le voit dans mon extrait de baptême, mon frère, et pour marraine la comtesse de Plouër, fille du maréchal de Contades. J’étais presque mort quand je vins au jour. Le mugissement des vagues soulevées par une bourrasque annonçant l’équinoxe d’automne, empêchait d’entendre mes cris : on m’a souvent conté ces détails ; leur tristesse ne s’est jamais effacée de ma mémoire. Il n’y a pas de jour où, rêvant à ce que j’ai été, je ne revoie en pensée le rocher sur lequel je suis né, la chambre où ma mère m’infligea la vie, la tempête dont le bruit berça mon premier sommeil, le frère infortuné qui me donna un nom que j’ai presque toujours traîné dans le malheur. Le Ciel sembla réunir ces diverses circonstances pour placer dans mon berceau une image de mes destinées. »

 

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Chateaubriand Et Hugo : “Je veux être l’Océan ou rien!” (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

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Poussé par la vague romantique, le jeune Victor Hugo avait affirmé, vent en poupe, qu’il voulait « être Chateaubriand ou rien ». Lorsqu’il s’est retrouvé en exil à Guernesey, sur son « rocher d’hospitalité » son « tombeau probable » comme il l’écrit dans les Travailleurs de la mer, du haut de son « look-out », il apercevait la côte française, la ville de Saint-Malo et, imperceptible, le Grand-Bé, où gît toujours l’écrivain romantique dont il avait évoqué le nom.

En ces temps romantiques, l’appel à l’océan, aux tempêtes, à la roche granitique révèle une volonté. Hugo est bien conscient d’ériger en toute majesté sa propre figure d’Exilé, cet exilé républicain qui ne « rentrera en France » que « lorsque la Liberté rentrera ». Un martyr de la République, un peu comme le père de Gwynplaine (l’homme qui rit), Lord Clancharlie, envoyé derrière la barrière hérissée des montagnes suisses. 

Et en attendant, il demande à son fils Charles de le prendre en photo, posant contre un rocher, auprès d’un menhir, face à la mer... Il dessine l’océan, le peint, le réinvente, en fait le personnage principal de ses fictions.

Alors, si l’on se tourne du côté de Chateaubriand quelques années plus tôt, il est intéressant d’observer le travail qu’opèrent sur cette thématique ses mémoires d’Outre-Tombe (à suivre)

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