Dans l’esprit de l’article d’hier, je confirme
la « naissance » à d’autres frontières de deux autres sites de mon environnement. Ainsi, les sphères d’influence de mes livres,
Ecosse, Etats-Unis et Italie sont-elles réunies à travers ces différentes traductions.
Le net propose parfois des réalisations
miraculeuses ! Ainsi, et ceci « gracieusement », la traduction instantanée de mes deux sites en anglais. J’avais péniblement tenté il y a quelques années la même chose
avec le site de l’atelier théâtre.
L’avantage, c’est qu’en trois jours la chose a été réalisée. Outre la diffusion de l’info à un niveau beaucoup plus international ces sites me font « relire » ma
production dans une langue avec laquelle j’aime garder le contact !
Dans la foulée, je propose la
même opération en italien et pour le site de Jenny !
La dernière séance de signatures chez Cultura a été un succès et, de ce fait, le magasin m’a proposé de recommencer l’opération demain entre 14 et 19h00.
L’éclairage est plutôt orienté
sur le roman mais, comme la dernière fois, je proposerai les deux livres.
L’un des aspects savoureux des films de Woody Allen, c’est le discours qu’il tient ou fait tenir à ses personnages à
propos de l’intellectualisme au point qu’il est difficile de voir l’un de ses films sans que cette ficelle ne vibre ! Allusions à Shakespeare, Tchékhov, Dostoïevski, souvent au
détour d’une conversation mais parfois davantage, dans une longue « tirade » ou au sein d’un dialogue.
Mais toute l’ambiguïté de ces
bons moments typiques de ses films réside dans la mise àdistance de ce discours.
C'est-à-dire qu’en même temps qu’il le mentionne et lui donne une importance cinématographique, Woody Allen s’en moque et le rejette avec hostilité. Et pour que l’effet burlesque fonctionne, les
discours qu’on entend sont particulièrement lourds et gavés de grands mots et concepts indigestes...
Cette hostilité se manifeste de
manière brutale par exemple dans l’attitude d’un mari qui s’enferme dans une chambre pour regarder un match de football américain et ne pas
écouter les discours fumeux d’un ami venu à la maison... Dans le regard déboussolé du cinéaste qui subit, à la table d’un café, les discours pompeux d’un universitaire (c’est ce qui se passe avec
la jeune new-yorkaise dans « Midnight in Paris » : fiancée du héros, elle tombe par hasard sur un ami universitaire et
« brillant » qui leur propose une visite guidée de la capitale...) Or, le vrai plaisir intellectuel n’est pas là. Il réside plutôt dans ce nouveau « Paris est une fête » qui se révèle au spectateur que le rêve emporte, au hasard de l’intrigue un brin surréaliste, du côté
d’Hémingway, Fitzegerald, Picasso.
En d’autres termes, Woody Allen,
ce brillant intellectuel new-yorkais, bobo en son genre, affecte au cinéma cette attitude de mépris pour la chose intellectuelle que
pourrait aussi bien affecter un prolétaire de Brooklyn, obtus, agressif, vivant comme une discrimination le fait qu’il ne connaisse pas l’art.
Quand on voit la pièce « Art » de Yasmina Résa, on ne peut pas ne pas penser par exemple au fameux « Carré noir sur fond blanc » de Malévitch. Le tableau ne vaut rien, non, ce qui vaut peut-être quelque chose c’est l’idée de tourner en
dérision les recherches sur la perspective. C’est cette intention de l’artiste d’aller renverser un système de représentation qui fait autorité. En cela, le support n’est que la base d’un
concept. Il est néanmoins une réalisation de l’art dans le sens où l’entend Descartes : la perfection artistique dépasse la perfection du gâteau de cire produit avec tant de finesse par les
abeilles parce qu’il est le produit d’une action pensée et méditée.
Même si je sais cela, je ne puis
me résigner à trouver « belle » toute expérimentation du type Malévitch ou Duchamp. Alors, d’où la beauté provient-elle ?
Qu’est-ce qui fait que nous trouvions un objet d’art vraiment « beau » et comment se fait-il que Serge proclame que « son Utrios » est « admirable » alors que Marc
affirme radicalement qu’il s’agit « d’une merde » ?
Nous sommes (disent les
philosophes) tous dotés de ce même clavier d’organes particulièrement sensibles et devrions par conséquent tous pouvoir réagir de la même façon à un objet d’art... Nous sommes tous dotés de
cette même raison capable d’exercer son sens critique et ainsi d’admettre avec Hegel qu’il existe des harmonies dans le monde et que
l’esprit qui est dans le monde est capable de les retrouver (comme un mathématicien est capable de percevoir les lignes harmoniques ou une abeille construire son gâteau de cire). Nous sommes
tous conscients avec le romantique Kant que le Beau est dans la nature et qu’il nous est possible, à travers cette aspiration au sublime, de nous fondre dans ce beau...
Et pourtant, lorsque Marc et
Serge se querellent au sujet d’un tableau blanc, nous rions car nous nous y reconnaissons. Le snobisme serait-il plus fort que le sens
esthétique ?
Littérature, écriture et voyage. Comment la lecture et le voyage nourrissent-ils la pensée et suscitent-ils, en même temps que le plaisir, la curiosité, l'écriture ?
Lien vers l'ensemble de mes livres :
http://ericbertrand-auteur.net/