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Roi Arthur et littérature

Publié le par Eric Bertrand

En 1136, un clerc attaché aux Plantagenêt, Geoffroy deMonmouth fournit un récit épique dans lequel il construit le Roi Arthur sur le modèle d’Alexandre le Grand tout en introduisant et par la même occasion, réhabilite les Celtes et leur mythologie. Il met en scène un peuple d’irréductibles (irréductibles Gaulois avant l’heure !), peuple cantonné dans ses montagnes de Galles et unifié par un roi charismatique tueur de monstres, un être exceptionnel, qui vainc les tribus ennemies. En 1155 : Wace, poète anglo-normand, ajoute dans son « Roman de Brut », une version française qu’il traduit en anglais. Ainsi, ces récits connaissent une plus large diffusion et agissent-ils à la façon d’une propagande car le Roi Henri II de Plantagenêt vient d’épouser la brillante Aliénor d’Aquitaine, se voit rattaché à une lignée prestigieuse. Par ailleurs, la découverte à Glastonbury de la tombe d’Arthur et Guenièvre met le pouvoir à l’abri d’un quelconque retour d’un usurpateur capable de lever rapidement des opposants.

Les éléments ajoutés par Chrétien de Troyes ne font qu’ajouter du prestige au souverain : toute une microsociété balzacienne se met à vivre dans ses récits. Chrétien insiste sur la valeur des chevaliers d’Arthur qui partent à la découverte du monde et vont répandre une image glorieuse de la cour d’Arthur. A travers les aventures de ces chevaliers, le romancier se propose d’éveiller la curiosité et d’initier l’esprit aux mystères du monde. La chrétienté étant aussi la grande affaire de la période, il n’est pas étonnant que les versions suivantes et notamment celle de Robert de Boron aillent dans le sens d’une christianisation des motifs... (Par exemple, à la lecture, ce qui s’impose avant tout, c’est la valeur religieuse du Graal et la quête spirituelle – quasi monacale – entreprise par les chevaliers comme Gallad)

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Roi Arthur, origines ?

Publié le par Eric Bertrand

La figure du roi Arthur et, à travers lui, de ses chevaliers, est indissociable de l’environnement qui a favorisé l’émergence d’un mythe. Tout commence à l’aube des temps en Grande et petite Bretagne après le retrait des Romains en 410. La menace que constituent les Saxons, les Angles et les Pictes impose la présence d’un grand chef qui garantisse l’équilibre et la stabilité de la région. Cette figure est incarnée par le légendaire Arthur, personnage composite construit à la fois de réalité et de fiction qui serait le descendant mythique de Brutus de Troyes, petit fils d’Enée qui, à son retour de Grèce, occupe la Bretagne. Le nom d’Arthur vient du mot « arth » qui désigne « l’ours qui hiberne », destiné à revenir un jour ou l’autre, selon le principe de l’éternel retour, pour sauver sa terre.

Alors, qui est-il au juste ? Roi ours ou chef de guerre, païen ou chrétien, chasseur de sangliers ou héros captif d’Avalon ? S’il règne en Cornouailles, la littérature galloise et écossaise le présente comme une figure d’indépendance (un poème du druide Taliésin mentionne très tôt un héros qui ramène une épée et un chaudron magique de l’au-delà). Il est le fils d’Uterpendragon et d’Ygerne (épouse du duc de Cornouailles). Comme cette union est le résultat d’un sortilège réalisé par Merlin, l’éducation de l’enfant est confiée au vieux druide... Du reste, son « éducateur » est lui aussi vu à travers le prisme de diverses figures : bâtard, devin, prophète, homme sauvage, messie...

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Quand le papillon rappelle le pape François

Publié le par Eric Bertrand

Le papillon est, parmi les insectes, l’un des plus légers, grâcieux, métaphoriques à des degrés divers... Il se pose à peine sur l’herbe et sur les fleurs (comme s’il voulait se faire immédiatement oublier) et ce sont ses ailes qui se poissent d’un pollen persistant. Comme si l’empreinte terrestre se déposait instantanément sur le fil de l’envol... Des chaussures de randonnée toute propres et un sac à dos couvert de la terre et de la poussière des chemins de Compostel !

Le pape François sur la scène du Vatican a quelque chose qui rappelle le papillon. Agitant les deux ailes blanches de sa robe immaculée, il en a la grâce et la légèreté. Et à le regarder quitter la chrysalide de sa papamobile, bénir la foule, se pencher, exécuter la suite de ses gestes emprunts d’humilité et de générosité, on se prend à rêver à l’effet papillon qui rendrait les hommes meilleurs...

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Quand Dino Buzzatti parle du pape François

Publié le par Eric Bertrand

Qui a lu Dino Buzzatti ? L’auteur du « Désert des Tartares », si cher à François Mittérand, ou du « K », brillant recueil de nouvelles, avait entre autres talents, celui de comprendre le fond de l’homme et de l’Histoire. Hitler dans « Pauvre petit garçon », le fascisme dans « les Souris », la troisième guerre mondiale et la guerre froide dans « l’arme secrête »... Telles sont quelques unes des figures qu’il interroge tout au long de ces petites histoires qui dépassent largement le cadre de l’actualité des années 50, époque à laquelle elles ont été écrites.

Mais en même temps, ces récits explorent l’âme humaine, mettent en garde contre les vices de tout poil et honorent les vertus les plus simples, comme « l’humilité ». « L’Humilité » est une nouvelle qui s’intéresse à un ermite, le père Célestin, retiré du monde pour confesser les plus abominables sujets et leur offrir un soulagement ultime par l’absolution de leurs péchés.

Un jour, ce père Célestin voit arriver à lui un prêtre contrit, malingre, rongé d’inquiétude et qui le supplie de l’absoudre : après un long effort, il parvient à avouer « sa faute »... Péché d’orgueil murmure-t-il à l’oreille de celui qui comprend aussitôt ce léger frémissement intérieur à chaque fois qu’il entend ses fidèles l’appeler « mon révérend ».

Trois ans plus tard, le même prêtre meurtri par le même péché revient auprès de Célestin et déclare, tout aussi contrit, qu’on l’appelle désormais : « monseigneur ». Puis, dix ans plus tard, la même fragilité : « votre éminence ».... Puis, c’est un comble : « sa sainteté » ! ... A la fois agacé et amusé par cet original petit écclésiastique, le père Célestin absout, absout, absout...

Un jour, il est devenu vieux, usé... sent sa fin prochaine et décide de s’accorder un moment rien que pour lui, demande qu’on le porte à Rome et au Vatican où il désire rencontrer le Saint-Père... Il ne voit plus grand-chose, quand l’autre s’approche de lui mais il perçoit quelque chose d’immense, comme une lumière et il entend une voix, une voix simple et mal assurée...

Et la nouvelle s’achève ainsi : « Et dans la majesté vétuste du Vatican, pour la première fois dans l’Histoire, on assista à la scène suivante : le Saint-Père et un très vieux moine inconnu, venu d’on ne sait d’où qui, se tenant étroitement par les mains, sanglotaient ensemble. »

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Le projet Bretagne tire sa révérence

Publié le par Eric Bertrand

La fin des cours officiels se profile et avec eux s’achève aussi « l’enseignement de spécialité » qui nous a tant sollicités cette année puisqu’il s’agissait d’une création. J’ai déjà dans ce blog écrit un certain nombre d’articles au sujet de la gestation du projet et de sa réalisation.

L’un des « inconnus » était l’écriture d’un conte collectif autour de la légende de la Ville d’Ys. Après écriture, le travail a consisté dans l’acquisition de l’art de conter. Notre conteuse a parfaitement formé les élèves et la séance s’est très bien déroulée, avec à la clé un « goûter médiéval » concocté par nos élèves : à la base, gaufres au fromage, biscuits salés, crêpes, le tout, on fermera les yeux, arrosé de coca-cola !

Je publierai dans les jours qui vont venir plusieurs articles relatifs à des recherches effectuées autour de la matière de Bretagne...

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