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Quand Dino Buzzatti parle du pape François

Publié le par Eric Bertrand

Qui a lu Dino Buzzatti ? L’auteur du « Désert des Tartares », si cher à François Mittérand, ou du « K », brillant recueil de nouvelles, avait entre autres talents, celui de comprendre le fond de l’homme et de l’Histoire. Hitler dans « Pauvre petit garçon », le fascisme dans « les Souris », la troisième guerre mondiale et la guerre froide dans « l’arme secrête »... Telles sont quelques unes des figures qu’il interroge tout au long de ces petites histoires qui dépassent largement le cadre de l’actualité des années 50, époque à laquelle elles ont été écrites.

Mais en même temps, ces récits explorent l’âme humaine, mettent en garde contre les vices de tout poil et honorent les vertus les plus simples, comme « l’humilité ». « L’Humilité » est une nouvelle qui s’intéresse à un ermite, le père Célestin, retiré du monde pour confesser les plus abominables sujets et leur offrir un soulagement ultime par l’absolution de leurs péchés.

Un jour, ce père Célestin voit arriver à lui un prêtre contrit, malingre, rongé d’inquiétude et qui le supplie de l’absoudre : après un long effort, il parvient à avouer « sa faute »... Péché d’orgueil murmure-t-il à l’oreille de celui qui comprend aussitôt ce léger frémissement intérieur à chaque fois qu’il entend ses fidèles l’appeler « mon révérend ».

Trois ans plus tard, le même prêtre meurtri par le même péché revient auprès de Célestin et déclare, tout aussi contrit, qu’on l’appelle désormais : « monseigneur ». Puis, dix ans plus tard, la même fragilité : « votre éminence ».... Puis, c’est un comble : « sa sainteté » ! ... A la fois agacé et amusé par cet original petit écclésiastique, le père Célestin absout, absout, absout...

Un jour, il est devenu vieux, usé... sent sa fin prochaine et décide de s’accorder un moment rien que pour lui, demande qu’on le porte à Rome et au Vatican où il désire rencontrer le Saint-Père... Il ne voit plus grand-chose, quand l’autre s’approche de lui mais il perçoit quelque chose d’immense, comme une lumière et il entend une voix, une voix simple et mal assurée...

Et la nouvelle s’achève ainsi : « Et dans la majesté vétuste du Vatican, pour la première fois dans l’Histoire, on assista à la scène suivante : le Saint-Père et un très vieux moine inconnu, venu d’on ne sait d’où qui, se tenant étroitement par les mains, sanglotaient ensemble. »

Quand Dino Buzzatti parle du pape François

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Le projet Bretagne tire sa révérence

Publié le par Eric Bertrand

La fin des cours officiels se profile et avec eux s’achève aussi « l’enseignement de spécialité » qui nous a tant sollicités cette année puisqu’il s’agissait d’une création. J’ai déjà dans ce blog écrit un certain nombre d’articles au sujet de la gestation du projet et de sa réalisation.

L’un des « inconnus » était l’écriture d’un conte collectif autour de la légende de la Ville d’Ys. Après écriture, le travail a consisté dans l’acquisition de l’art de conter. Notre conteuse a parfaitement formé les élèves et la séance s’est très bien déroulée, avec à la clé un « goûter médiéval » concocté par nos élèves : à la base, gaufres au fromage, biscuits salés, crêpes, le tout, on fermera les yeux, arrosé de coca-cola !

Je publierai dans les jours qui vont venir plusieurs articles relatifs à des recherches effectuées autour de la matière de Bretagne...

Le projet Bretagne tire sa révérence

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Un autre coin du rideau dans « Jack Kérouac » !

Publié le par Eric Bertrand

Les vidéos arrivent peu à peu... L’un de nos comédiens travaille sur un montage... Affaire à suivre et en attendant voici le film de l’acte 1 qui montre notamment le ballet claquettes qui ouvrait le spectacle...

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La ville d’Ys dans tous ses états

Publié le par Eric Bertrand

L’expérience arrive à son terme, et la bienveillante conteuse a distribué à chacun de ses valeureux conteurs un épi de blé. C’est la tradition pour elle, « la marque de reconnaissance de sa licorne »... En quoi le jeu a-t-il exactement consisté ? Voici en quelques lignes le contenu de cet enseignement d’exploration réservé aux secondes qui avaient choisi cette option.

Parallèlement à un approfondissement littéraire et historique, une formation dans le domaine du conte a été proposée aux élèves sur la base d’une légende bretonne, celle de la Ville d’Ys. Ils ont été nombreux, les écrivains bretons et les autres, à raconter à leur manière cette « histoire écoutée aux portes de la légende » selon la formule de Victor Hugo (qui l’a lui-même souvent évoquée dans ses carnets de voyage, ses romans et ses poèmes)

Les versions de cette histoire sont variées et c’est sur cette idée de prolifération favorable à l’imaginaire qu’ont travaillé nos conteurs en herbe.

Tout commence en plein océan dans les royaumes du nord où le roi Gradlon, roi de Petite Bretagne, fait la rencontre de la divine Malgven. Du couple naît Dahud, princesse trouble, enfant gâtée et vicieuse qui, le jour de ses dix-huit ans, réclame rien moins qu’une ville à son père, une ville pour en être la princesse, une ville pour échapper à la morale et aux principes religieux de Saint Guénolé...

Cette ville, c’est la ville d’Ys, une ville à l’image de Dahud, splendide, brillante et corrompue... Cité damnée, que la fureur du nouveau Dieu va condamner à la submersion au large de la baie de Douarnenez... Mais la fille de Malgven n’a pas encore dit son dernier mot...

Tous ces motifs inspirent l’imagination, libèrent les audaces, multiplient les chemins. Face à ce buisson de mythologie, les élèves ont lu, réfléchi, regardé, puis ils ont pris la plume et réécrit leur propre version à partir d’un schéma narratif... Puis, en atelier théâtre, ils ont appris peu à peu à dire, à bouger, à conter, autrement que sur le bout des doigts !

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Après le spectacle

Publié le par Eric Bertrand

Une salle comble, des gens debout et cette force d’émotion et de partage qu’on perçoit « derrière le rideau ».

Et tout de suite après, cette mélancolique dérive quand un texte et tous ses personnages ont fini de vivre, comme ça, d’un coup, tombés dans la trappe, à l’endroit où s’étouffe le souffleur.

Les costumes gisent par terre, les comédiens défroqués réclament déjà d’autres rôles, ceux qu’ils assumeront l’an prochain, mais c’est encore si loin d’eux et si loin de leur agonisante dépouille dont l’équipe des adultes ramasse, en lançant des projets, les derniers fragments !

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