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Nouveau livre en chantier : Gainsbourg sur la sellette.

Publié le par Eric Bertrand

Ceux qui ont l’habitude de ce blog connaissent mon rythme d’écriture : l’année scolaire est consacrée aux diverses activités périscolaires, au théâtre, aux articles... Mais je réserve plutôt le temps de l’été à l’écriture de mes livres. Il me faut du temps, de la perspective et de l’unité.

Le nouveau projet est parti de l’envie de « remonter » Gainsbourg sur la scène après l’aventure Kérouac. Le chanteur bénéficie toujours de la même aura et cette idée a séduit les lycéens. Cependant, contrairement à ce que j’avais réalisé il y a quelques années à Loudéac, j’ai la détermination de publier le livre (la version que je possède dans mes tiroirs n’est pas sortie du fait des problèmes de droits d’auteurs).

Par conséquent, il tirera sa substance d’une autre utilisation des chansons de Gainsbourg et sera d’abord de nature narrative.

Nouveau livre en chantier : Gainsbourg sur la sellette.

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Reprise du spectacle de l’atelier théâtre autour de l’univers de Kérouac et des beatnicks : « Jack Kérouac, sur la route et sur les planches »

Publié le par Eric Bertrand

Dylan, Whitman, Rimbaud, Kérouac et Burroughs… Hippies, beatnicks, cow-boys et stars de ciné… Grosses voitures, guitares et Remington… Chanteuses de cabarets, truckers et danseuses de claquettes... Tout est sur la scène !

Après le succès rencontré sur le festival Mimésis, les lycéens de la MDL du lycée Vieljeux sont remontés sur la route et sur les planches dans le cadre de la Créateuf le 4 mai au Futuroscope de Poitiers. « Le pied au plancher », ils continuent de « taper la route » le jeudi 23 mai prochain à 19h00 et le vendredi 24 mai, à 15h30 dans le cadre de la journée du cinquantenaire du lycée Vieljeux, dans le nouvel espace théâtral de la salle polyvalente.

Dean : Alors suis-moi maintenant ! Je vais t’amener voir tous ceux qui vivent une autre vie. Les « Petits Poucets rêveurs », les vagabonds du rail, les hobos, les junkies, les beatnicks, les hippies, les fileurs d’étoiles dans les immensités bleues ! Ceux qui conduisent des grosses bagnoles et qui ont un pétard dans le moteur... Ceux qui se retroussent les manches et qui se tatouent les bras à coups d’allume-cigares... Ceux qui ne disent jamais « pouce ! » et qui ont le pouce en panneau signalétique... Ceux qui saignent rouge sur le papier blanc...

« Jack, sur la route et sur les planches », acte 1

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« L’Autre » de Philippe Claudel : comment un « porteur de blé flamant ou de cotons anglais » devient un « bateau frêle comme un papillon de mai » ? (2/2)

Publié le par Eric Bertrand

Pour reprendre les paroles de « la Vie Théodore » de Souchon, « il faut un minimum, une bible, un cœur d’homme, un petit gobelet d’aluminium ». Au contact des grands déserts, « couché sur le sable d’or, les satellites et les météores », son âme continue de s’élever. « Chercheur de trésor », « des prés de flammes... des herbages d’acier et d’émeraude ». « Les fesses talées », déprimés par les conditions de vie et la difficulté de leur mission, peut-être aussi par l’austérité du message biblique, ses trois compagnons ont abandonné la partie mais ils lui ont laissé un âne aux côtés duquel il continue de cheminer, distribuant toujours la bonne parole. L'aube d'or et la soirée frissonnante trouvent notre brick en large en face de cette Villa et de ses dépendances qui forment un promontoire aussi étendu que l'Epire et le Péloponnèse, ou que la grande île du Japon, ou que l'Arabie !(...)

Porté par la lumière de ces visions et ces étoiles vacillantes de poésie, celui qui se fait appeler « Reïmbo » arrive un jour aux portes d’Harrar, souffrant, blessé au genou : c’est là qu’il entrevoit dans un halo, avant de s’évanouir à nouveau, un marchand qui porte presque le même nom que lui et dont le visage lui ressemble « comme celui d’un frère ». Et lorsque le 22 mai 1891, il arrive à Marseille, quasi agonisant, malgré l’amputation de la jambe et la souffrance qui persiste, il entend « un chœur de verre et de mélodies nocturnes ». Sa mort survient le 10 novembre, mais il continue de s’interroger sur cet « autre qui le regarde toutes les nuits » et le médecin lui répond que « cet autre, ce Rimbaud », c’est lui.

Un marchand devenu un poète éclairé, extatique, qui finit par rencontrer un poète devenu marchand... Drôle de correspondance qui s’établit imperceptiblement tout au long de cet étrange récit, aux lisières du fantastique. A la croisée des chemins, de Charleville à Marseille, de Tunis à Harrar, le lecteur est entrainé dans une vertigineuse expérience qui lui permet à la fois de suivre une partie de l’itinéraire initiatique du « Petit Poucet rêveur » et de relire certains de ses textes qui racontent tous, à leur manière, comment il a « embrassé l’aube d’été ».

« L’Autre » de Philippe Claudel : comment un « porteur de blé flamant ou de cotons anglais » devient un « bateau frêle comme un papillon de mai » ? (2/2)

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« L’Autre » de Philippe Claudel : comment un « porteur de blé flamant ou de cotons anglais » devient un « bateau frêle comme un papillon de mai » ? (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

La lecture de Rimbaud conduit à l’illumination. Sans chercher à jouer ni sur les mots ni sur le titre de l’énigmatique œuvre de « l’homme aux semelles de vent », ce récit de Philippe Claudel illustre bien l’effet que peut avoir sur une conscience un peu romantique la découverte du « voleur de feu ». Frolon est un jeune marchand de cordage en gros qui, à l’image de bien d’autres bourgeois de la ville de C., « descend des fleuves impassibles » et prospère paisiblement. Il aime sa femme, sa fille, fréquente la belle société, se divertit, se cultive, lit des magazines littéraires et un soir, par hasard, tombe sur quatre poèmes de Rimbaud. Quand le monde sera réduit en un seul bois noir pour nos quatre yeux étonnés, en une plage pour deux enfants fidèles, en une maison musicale pour notre claire sympathie, je vous trouverai. C’est immédiatement l’éblouissement. Il écrit au directeur de la revue, apprend que Rimbaud vit quelque part en Abyssinie et qu’il est particulièrement « insaisissable », « comme ses vers ».

Du jour au lendemain, Frolon décide de tout laisser derrière lui pour partir à pied, un matin de septembre 1886, en direction de Marseille, dans l’espoir de rencontrer le poète afin de lui parler de la poésie. Il s’embarque donc, arrive à Tunis et entre plus avant dans son nouveau mode d’existence. Il connaît par cœur les poèmes des « Illuminations » qu’il récite en toute occasion à qui veut bien l’entendre. Tel un prophète dans le désert, aux côtés de trois missionnaires allemands partis catéchiser l’Egypte et l’Ethiopie, il s’enfonce dans les contrées africaines.

« L’Autre » de Philippe Claudel : comment un « porteur de blé flamant ou de cotons anglais » devient un « bateau frêle comme un papillon de mai » ? (1/2)

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La journée de la jupe, « vent fripon ou jeu de dupe ?... »

Publié le par Eric Bertrand

« Journée de la jupe » ? C’est le titre du film dont on parle beaucoup cette semaine. Pour les besoins de mon livre intitulé « l’Organisme » qui était sur le point de sortir, moi qui m’interrogeais beaucoup sur le « métier et le milieu », je n’avais pas manqué ce film qui faisait événement. Le film est passé hier, l’occasion de s’attarder à nouveau sur les questions qu’il pose... A cette occasion, essayons de voir ce qu’il y a « sous les jupes des filles » comme le scande une chanson connue !
Tabous sur le port de la jupe ou de quelque autre accessoire susceptible de constituer une atteinte aux bonnes mœurs de nos adolescents fiévreux ? Sujet qui dérange ? Mouchoir qu’on met sur les yeux ? Voile pudique ? Cette thématique du tabou vestimentaire est en tout cas l’une de celles qui motivent le film « la Journée de la jupe ». Isabelle Adjani y incarne une prof « rebelle » qui ose affirmer sa féminité face à « la meute ».
Essayons d’aller plus loin, et de soulever un coin du voile autrement qu’à la manière du vent fripon que sifflait Brassens dans une chanson à son époque aussi leste que celle de Souchon...
Le film braque le projecteur sur un ensemble de problèmes qui vont bien au-delà de ces conflits d’apparences. Essayons dans un premier temps de les répertorier...
Le choc entre les cultures, la violence, les compromissions éducatives, la gestion des bons élèves et la gestion des « cas » difficiles, la délinquance, les rapports garçons-filles, profs-élèves, le problème de la transmission du savoir, l’enseignement des « classiques », la référence aux textes sacrés, constitutifs de notre culture... et d’abord, quels textes ? Molière, Hugo ? Rimbaud ? (Les élèves rient bêtement à ce nom et pensent à Rambo) Quel sacré ? La Bible ou le Coran ? Et puis quelle langue ? La langue littéraire ? La langue utilitaire ? La langue de la rue ?
Bref, ce court film à effet (une prof de français se sert d’un flingue pour gagner la parole et le pouvoir), d’une extrême simplicité dans son scénario, m’a tout l’air d’une fable et en tant que tel donne à réfléchir sur l’éducation.
Dans les premières réactions que j’ai pu entendre, évidemment, certains crient au scandale, à la schématisation, à la stigmatisation de la banlieue... Tous les gamins ne sont pas comme ça ! Il se passe des choses dans les établissements de banlieue sans que, pour autant, les enseignants en viennent à braquer leurs élèves pour se faire écouter...
Néanmoins, le film me paraît juste parce que, justement, le cadre qu’il a choisi dépasse le cadre de la banlieue et prend une valeur de symbole. Derrière la jupe et sous la « dentelle » des sourires salivés, il y a toute la question des corps qui s’expriment au collège. Des corps qui se cherchent et s’affirment dans le malaise et parfois la provocation. Car l’établissement scolaire est le lieu du regard exagéré. Rien n’échappe à l’œil et à la critique souvent méchante, sournoise en tout cas.
Autre aspect essentiel, dans le film, celui de la laïcité. L’enseignante revendique courageusement ces valeurs. En cours, et dans l’ensemble des matières, nous avons pour mission de brandir devant nos élèves le fameux étendard des « valeurs citoyennes ». Du fait de la différence d’âges, de niveau, des intérêts, des stéréotypes, que savent-ils au juste de l’Islam, de la Bible, de la rencontre des cultures et de la vie en société ? Les clichés ont la vie dure...
Pendant le cours, l’enseignant est comme Job. Il consent à se laisser déposséder de ses richesses (intérieures !) pour les achalander souvent dans le souk de la vulgarité ou de l’indifférence. A la différence de la professeure du film, il ne saisit jamais un flingue et livre inlassablement le même combat au nom de cette richesse qu’il veut transmettre à tout prix. D’ailleurs, quand elle a la situation en main, la première chose que la prof veut faire apprendre et répéter au caïd, c’est le nom de Molière !
Car c’est un fait, l’élève qui n’a pas envie d’apprendre n’apprendra pas. Bien au contraire, il se bute et, entre les deux directions devant lesquelles hésitait le fameux âne de Buridan, contrairement à l’âne, il n’aura pas de mal à choisir la voie du refus. C’est celle dont il sait pertinemment qu’elle le mènera à une victoire sur le système qui assurera davantage son rang de caïd ou de bouffon...
Le proviseur le dit clairement aux journalistes dans le film : « nous n’avons aucun moyen de pression sur ces élèves. » Les élèves sont là, bons ou mauvais plants à chauffer au coin des radiateurs ou sur un coin de pelouse... Ils sont là, ils viennent, ils ne viennent pas, ils travaillent, ne travaillent pas, de toute manière, le passage en classe supérieure est un acquis, la scolarisation est obligatoire et le bac est évalué en fonction des statistiques...

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