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Le chevalier en quête... de quoi au juste ?

Publié le par Eric Bertrand

Rien de confortable et de « petit bourgeois » dans cet amour-là ! L’attente et la quête impliquent à la fois patience et prouesse afin d’élever l’image de l’être aimé. Erec et Enide de Chrétien de Troyes illustre bien cela : le vaillant Erec s’embourgeoise au château, il faut qu’il quitte sa femme pour se rehausser à ses yeux par des prouesses, sans quoi il est menacé de devenir un simple mari en pantoufles et robe de chambre. C’est également le cas d’Yvain dans le Chevalier au lion puisque sa jeune femme Laudine lui demande de partir pendant un an afin d’accomplir des exploits. Et l’amant (mari ou chevalier servant) s’exécute sans broncher afin de mériter toujours la considération (sinon le baiser !) de sa dame. Cette conception particulière de l’amour renvoie une image forcément inversée de la réalité des mœurs de l’époque, la littérature fournissant déjà aux lecteurs (et lectrices !) une opportunité de rêve et d’évasion qui fasse oublier les violences et les goujateries des messieurs empressés au retour de la chasse ou de la bataille.

Point de bassesse dans le monde arthurien ! La cour d’Arthur est rendue prestigieuse parce qu’elle est composée de grands et noble chevaliers. Comment définir cette classe particulière de la chevalerie si éloignée de notre société ? Tissue d’influences diverses, visant toutes à l’excellence, elle emprunte ses caractères à la fois à la matière de France, celle de Bretagne et celle de Rome. On peut ainsi définir la figure du chevalier selon trois critères : celui de l’errance, celui de la quête et celui de l’élection. Le critère de l’errance est lié à la volonté d’affirmation de soi à travers une recherche vague des « merveilles » que le monde recèle. Mais l’errance pour l’errance ne mènerait à rien, sinon à une vague forme du narcissisme.

A l’idée d’errance se joint celle de la quête. Viviane indique à Lancelot qu’il doit se dévouer aux faibles et servir un idéal de justice. Dans cette quête, le chevalier trouve un accomplissement de soi : par exemple, Yvain, fils d’Urien, perd son nom, avant de devenir « le chevalier au lion ». Inversement, Lancelot est d’abord seulement désigné sous l’appellatif de « chevalier de la charrette ». Perceval, quant à lui, n’a l’intuition de son nom qu’au terme de sa quête. Mais n’erre pas ni ne quête qui veut... Encore faut-il une élection. Le chevalier est désigné en fonction des exigences de sa mission : la tâche est écrite, Galaad, nouveau Christ, n’a qu’à suivre sa pente naturelle de chevalier « doué », doté d’une « grâce » pour trouver le Graal.

Le chevalier en quête... de quoi au juste ?

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Séance de signatures chez Cultura

Publié le par Eric Bertrand

Ce n’est pas un nouveau livre que je signe (« Jack sur la route et sur les planches » n’existe pas en version papier !) mais le duo « Nantes » et « les 100 tours ».

A l’invitation du magasin, retour chez Cultura, où les ventes avaient été nombreuses l’an dernier à la même période. Au seuil de l’été et des balades (réelles et imaginaires) que comportent ces deux ouvrages, je vous y attends plume et carte en main !

Séance de signatures chez Cultura

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Cour d’Arthur et amour courtois

Publié le par Eric Bertrand

La figure d’Arthur s’impose ainsi dans un territoire où il règne à sa manière après avoir acquis sa légitimité notamment grâce à ses exploits mais aussi à son sens de la société qu’il veut raffinée. Avant ses chevaliers légendairement dévoués aux « dames », Arthur, le grand guerrier, l’ours mal léché, le tueur de monstres a déjà libéré le Mont St Michel dans le but de libérer une malheureuse... Il montre ainsi la voie... Il est essentiel dans cette cour d’Aliénor d’Aquitaine, de montrer du respect envers les femmes. Cette option renvoie à une conception fondamentale des relations entre hommes et femmes dans la civilisation celtique. Ainsi, la souveraine Guenièvre (à l’origine, une fée) se montre très influente auprès de son mari. Convaincue par la nouvelle religion chrétienne, elle s’efforce par tous les moyens de pousser Arthur à renoncer à son attachement à la religion païenne (en cela, elle se dresse contre les autres femmes influentes du roman arthurien, celles qu’on pourrait qualifier après Marion Zimmer Bradley de « dames du lac »). Guenièvre agit de la sorte non par caprice mais par conviction personnelle car elle veut à tout prix garantir l’ordre et la stabilité de la souveraineté.

D’une radieuse beauté, elle inspire un amour dévoué et total à Lancelot, cet amour qui fonde les bases de l’amour courtois. La courtoisie... Autre forme de la distinction prônée à la cour d’Arthur. La littérature du XII° définit ainsi cette nouvelle forme des relations entre hommes et femmes. On parle aussi de « la fin’amor » telle que la définissent dans leurs chansons et leurs ballades les trouvères et troubadours. Beaucoup de poètes se souviendront de la leçon par la suite pour rendre hommage aux « cheveux d’or », au « beau tétin », ou aux « yeux révolver » de leur dame... Un seul regard peut susciter cette relation idéale. L’amour entraine Lancelot à partir des seuls mots de Guenièvre : « beau doux ami ». Pour elle, il est prêt désormais à s’humilier, à monter dans « la charrette » d’infamie, pourvu qu’il lui plaise. Les liens fondés reproduisent au niveau d’amant et d’amante ce qui existe déjà dans la société de l’époque dans les rapports de vassalité.

Cour d’Arthur et amour courtois

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Roi Arthur et littérature

Publié le par Eric Bertrand

En 1136, un clerc attaché aux Plantagenêt, Geoffroy deMonmouth fournit un récit épique dans lequel il construit le Roi Arthur sur le modèle d’Alexandre le Grand tout en introduisant et par la même occasion, réhabilite les Celtes et leur mythologie. Il met en scène un peuple d’irréductibles (irréductibles Gaulois avant l’heure !), peuple cantonné dans ses montagnes de Galles et unifié par un roi charismatique tueur de monstres, un être exceptionnel, qui vainc les tribus ennemies. En 1155 : Wace, poète anglo-normand, ajoute dans son « Roman de Brut », une version française qu’il traduit en anglais. Ainsi, ces récits connaissent une plus large diffusion et agissent-ils à la façon d’une propagande car le Roi Henri II de Plantagenêt vient d’épouser la brillante Aliénor d’Aquitaine, se voit rattaché à une lignée prestigieuse. Par ailleurs, la découverte à Glastonbury de la tombe d’Arthur et Guenièvre met le pouvoir à l’abri d’un quelconque retour d’un usurpateur capable de lever rapidement des opposants.

Les éléments ajoutés par Chrétien de Troyes ne font qu’ajouter du prestige au souverain : toute une microsociété balzacienne se met à vivre dans ses récits. Chrétien insiste sur la valeur des chevaliers d’Arthur qui partent à la découverte du monde et vont répandre une image glorieuse de la cour d’Arthur. A travers les aventures de ces chevaliers, le romancier se propose d’éveiller la curiosité et d’initier l’esprit aux mystères du monde. La chrétienté étant aussi la grande affaire de la période, il n’est pas étonnant que les versions suivantes et notamment celle de Robert de Boron aillent dans le sens d’une christianisation des motifs... (Par exemple, à la lecture, ce qui s’impose avant tout, c’est la valeur religieuse du Graal et la quête spirituelle – quasi monacale – entreprise par les chevaliers comme Gallad)

Roi Arthur et littérature

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Roi Arthur, origines ?

Publié le par Eric Bertrand

La figure du roi Arthur et, à travers lui, de ses chevaliers, est indissociable de l’environnement qui a favorisé l’émergence d’un mythe. Tout commence à l’aube des temps en Grande et petite Bretagne après le retrait des Romains en 410. La menace que constituent les Saxons, les Angles et les Pictes impose la présence d’un grand chef qui garantisse l’équilibre et la stabilité de la région. Cette figure est incarnée par le légendaire Arthur, personnage composite construit à la fois de réalité et de fiction qui serait le descendant mythique de Brutus de Troyes, petit fils d’Enée qui, à son retour de Grèce, occupe la Bretagne. Le nom d’Arthur vient du mot « arth » qui désigne « l’ours qui hiberne », destiné à revenir un jour ou l’autre, selon le principe de l’éternel retour, pour sauver sa terre.

Alors, qui est-il au juste ? Roi ours ou chef de guerre, païen ou chrétien, chasseur de sangliers ou héros captif d’Avalon ? S’il règne en Cornouailles, la littérature galloise et écossaise le présente comme une figure d’indépendance (un poème du druide Taliésin mentionne très tôt un héros qui ramène une épée et un chaudron magique de l’au-delà). Il est le fils d’Uterpendragon et d’Ygerne (épouse du duc de Cornouailles). Comme cette union est le résultat d’un sortilège réalisé par Merlin, l’éducation de l’enfant est confiée au vieux druide... Du reste, son « éducateur » est lui aussi vu à travers le prisme de diverses figures : bâtard, devin, prophète, homme sauvage, messie...

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