Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

« Jack Kérouac, sur la route et sur les planches » : une sélection à la Créateuf qui donne du bonheur

Publié le par Eric Bertrand

 


Jack sur la route et sur les planches (Maison... par Sheumas1

A peine retombé l’enthousiasme de la scène de Mimésis que la nouvelle est tombée : nous avons été retenus pour jouer notre pièce dans le cadre de la Créateuf à Poitiers. 188 projets ont été proposés, 66 ont été sélectionnés et nous en sommes.

Nous serons donc présents sur le site du Futuroscope le 4 mai prochain (qui tombe un samedi) : l’occasion d’une folle journée dédiée à la troupe et à tous ceux qui se sont associés à cette aventure ! Renseignements sur le site ci-dessous !

. https://jeunes.poitou-charentes.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=899:la-createuf-8-la-selection-officielle&catid=48:la-createuf&Itemid=100008

 

Voir les commentaires

Into the wild the Seann Penn : une autre forme de route et un autre Jack...

Publié le par Eric Bertrand

05-11-074--Large-.jpg

 

Il ne fallait pas manquer ce film de Seann Penn qui est passé mardi soir et auquel j’avais consacré un plus long article en février 2008… Il raconte l’histoire vraie de Christopher MacCandless, 22 ans et promis à un brillant avenir. Alors qu’il est en passe d’intégrer la grande université de Harvard, il prend la route et abandonne tout. Le voilà lancé en direction de l’Alaska dont il fait un motif obsessionnel, « the wild ».
           Dakota, Colorado, Californie, route, rail, rapides, voitures, trains de marchandises, kayak… Aventure semée de rencontres et de confrontations au bout de laquelle celui qui a choisi comme pseudonyme « Alexander Supertramp » entre en pleine fusion avec la nature âpre et sauvage d’Alaska où il devient un loup d’abord enragé puis famélique…
              En même temps que le récit d’une aventure haute en couleurs, le film offre un tableau très juste des Etats-Unis, marqué par les fausses valeurs d’une politique de la promotion personnelle, d’une éducation fondée sur l’argent, d’une éthique qui érige la réussite professionnelle comme principe unique.
              Dans ce contexte, le libre penseur apparaît toujours comme un marginal, un dérouté. Les immeubles, les voitures, la densité du trafic, la rigueur de la loi et la présence obsédante de la police l’écrasent et le défient constamment. (Terrible image de Los Angeles au milieu du film…) Seule, la nature américaine promet les grands espaces et un cadre propice à l’épanouissement et aux fantasmes de la vie sauvage, loin des interstates (le film montre les grands lacs, les torrents tumultueux du Colorado, les massifs rouges du Grand Canyon, les rouleaux du Pacifique, les forêts d’Alaska et du Yukon cher à Jack London, souvent cité par Alexander Supertramp…)
                La véritable motivation de Alexander Supertramp, c’est ce que London appelle « the Call of the wild ». Ce magnifique roman qu’on traduit faiblement par « l’Appel de la forêt » et qu’on a encore trop tendance à considérer comme un roman pour enfants… Un enfant de collège, avec bonbons, i.pod et portable dans les poches, peut-il aujourd’hui comprendre ce que c’est que le « call of the wild » ?
                Alex l’a bien compris. Le film met en parallèle deux périodes : celle de la quête de l’Alaska et celle de son séjour dans une carcasse de bus perdu au cœur de la nature.
                Un Ecossais, John Muir, a posé il y a plus d’un siècle le principe selon lequel « Wilderness is a necessity ». A partir de ce principe, il a créé les grands parcs de Yellowstone et Yosemite. Alex a trouvé que cet appel valait bien mieux que celui de la réussite sociale. La route qui le mène en Alaska est semée de rencontres et de temps forts : le hippie et sa femme qui revivent en sa compagnie les heures fortes de leur jeunesse. Le vieux retraité qui veut faire de lui son héritier et qui réapprend l’enthousiasme à ses côtés. La jeune fille sensible et artiste qui tombe amoureuse de lui… Le fermier qui tient une grosse exploitation et qui l’embauche pour un temps. Tous sont charmés par ce garçon dont l’énergie les ébranle et dont la silhouette fugitive les ramène aussi jusqu’aux racines de leurs rêves.

Voir les commentaires

Quelques instantanés du spectacle de « Jack, sur la route et sur les planches » : road et référence filmique (5/5)

Publié le par Eric Bertrand

jackXL.png

 

La scène doit être le lieu de rencontre de personnages hauts en couleurs et de situations pittoresques. Elle est également un carrefour des arts : musique, claquettes, poésie, mais également cinéma : la référence en matière de « road movie » est à mes yeux « Thelma et Louise » de Ridley Scott.

         Tout naturellement, on les retrouve dans la pièce, à la fois dans leur opposition à Jerry et dans leur rôle de « grandes délinquantes »...

 

Thelma : Salut Louise ! Ça fait un petit moment que je ne t’ai pas vue…  Tu m’as laissée tomber comme une vieille chaussette !

 

Louise : Toujours autant d’humour Thelma ! Dis donc, t’aurais pas pris du bide toi, à force de rouler au volant de ta Thunderbird ?

 

Thelma : Non, pourquoi, tu trouves ? (Piquée au vif dans sa coquetterie, elle s’inspecte face public, Jack pouffe de rire) Et dis donc toi le jeunot, pourquoi tu rigoles ? Et d’abord, tu l’as garée où, ta trottinette ?

 

Louise : Laisse-le tranquille, Thelma! C’est un autostoppeur et c’est un novice !

 

Thelma : (Riant à gorge déployée) Un novice ! J’adore les novices !... Rappelle-toi le petit jeune qu’on avait pris en stop juste après que t’aies flingué le gros dégueulasse !... C’est qu’on en a fait de belles toutes les deux, sur la route, pas vrai Louise !

 

Louise : Eh ouais, c’était le bon vieux temps... Le temps où on semait les flics avec la belle Ford Thunderbird toute neuve...

 

Jack : (L’air terrorisé) Vous avez flingué un type ? Vous étiez recherchées par les flics !

 

Thelma : Oh... On n’avait pourtant rien fait de mal, on avait juste braqué...

 

Louise : Non, pas braqué ! On avait juste retiré de l’argent dans une « petite surface commerciale »... Petite surface, petit prix, petit butin, petit délit !

 

Jack : Et… Qu’est-ce que vous aviez dévalisé au juste ?

 

Louise : Voyons, faisons le compte… Une station service, deux, trois épiceries, des magasins d’alcool…

 

Jack : Non !!! Et comment vous vous y preniez ? Racontez !

 

Thelma : Bon… (Avec sa partenaire, elle se met à mimer la scène) D’abord, on discutait dans la voiture, juste pour rigoler. Ensuite, on repérait les lieux et on attendait le bon moment pour opérer. Ça, faut le sentir, ça ne s’apprend pas… Et après… Louise, à toi de raconter la suite…

 

Louise : Après… (Face public, elle joue la menace, durcissant la voix) On s’amenait et on disait à la compagnie, un peu avec la dégaine de Brad Pitt : « Mesdames et Messieurs, à qui la palme du sang froid ?... Jack a dit : « Tous à terre !... Ne perdez pas la tête, comme ça vous la garderez sur vos épaules… Sinon, c’est la morgue ! À vous de voir !… »

 

Thelma : Et on ramassait l’argent ! Et après, on mettait les voiles !

 

Louise : Un jeu d’enfant…

 

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Quelques instantanés du spectacle de « Jack, sur la route et sur les planches » : le rythme du « beat » et l’association claquettes (4/4)

Publié le par Eric Bertrand

Belle Ile février (90) [1600x1200]

 

L’un des paris de cette pièce et de cette mise en scène consistait à mettre en relief le travail syncopé qu’effectue la musique sur le texte, bref l’effet du beat... Un passage fonctionnait très bien à ce niveau, c’est celui de la trépidation du voyage lorsque Jack « tape la route » et voit passer le train chargé de figures pittoresques : il se lance dans un monologue tandis que les passagers du train, équipé de sifflets et de claquettes, marquent le rythme.

 

Jack : Le train qui passe, boum, boum... L’énorme fracas de la machine noire… La route qui tape, tic, tac, tic, tac... Les hommes rouges et barbouillés sur la loco, ouah, ouah... Les conducteurs cyniques aux compteurs de vitesse, Cadillac, Pontiac, Ford Mustang, vroum, vroum... Tout défile à toute allure, gratch, gratch… Le monde entier défile… Rocs de l’étrange nuit tout illuminés… shit, shit, tic, tac, vroum, vroum, gratch, gratch…

 

 

Voir les commentaires

Quelques instantanés du spectacle de « Jack, sur la route et sur les planches » : la mijaurée et l’allégorie de la caverne (3/4)

Publié le par Eric Bertrand

 


Jack sur la route et sur les planches (Maison... par Sheumas1

 

Au début de la pièce, Jack essaie d’aborder une jeune fille maniérée qui le rabroue avec ses allures d’intellectuelle infatuée de sa personne... C’est l’occasion de revisiter avec elle l’allégorie de la caverne...

 

Rebecca : Non, je ne plaisante pas avec ça !... Voyez-vous, j’ai un oncle haut placé en politique. Il m’a conseillé de bucher sur les grands textes de Platon et de viser l’université d’Harvard. Après ça, la voie est toute tracée pour moi. Les paroles de mon oncle sont paroles d’évangile dans la famille : « Le monde est une caverne, ma belle Rebecca, et toi tu es le soleil »... Je ne veux surtout pas le décevoir, puisque je me sens en effet assez « solaire ». (Elle se lève, parade, son livre à la main, face au public) Platon explique bien ça dans ce livre. 

 

Jack : Désolé, j’ai jamais lu de philosophes, mais je demande qu’à apprendre... Vous seriez une excellente professeur et je serais votre élève discipliné.

 

Rebecca : (Dédaigneuse) Demandez plutôt à l’un de ces philosophes néo-péripatéticiens disciples d’Aristote. Quant à moi, je ne suis pas assez péripatéticienne !

 

Jack : Pardon ?

 

Rebecca : (Très doctorale) Voyez-vous, vous êtes, comme votre ami d’ailleurs que je voyais s’agiter là il n’y a pas de cela cinq minutes,  une ombre, une apparence.... Vous n’êtes pas dans la Vérité. Vous êtes dans l’illusion. (Elle montre le public) Voyez-vous, ils bougent, ils tapent des mains, ils allument des briquets... Tout cela produit des ombres dans le rideau ! Et vous croyez que ces ombres sont la réalité ! Erreur ! Ce ne sont que les projections de votre esprit. Moi, j’ai déjà fait tomber le rideau. Moi, j’ai vu ce qui se cachait derrière. J’ai déjà plusieurs années d’avance sur vous... (Elle se retourne vers lui, l’air condescendant) Peut être qu’un jour, vous serez un obscur employé travaillant au fond d’un bureau pour le compte de mon entreprise à l’enseigne lumineuse... (Parodiant la gestuelle de Dean) Continuez vos pantomimes avec vos amis marionnettes ! Un jour, vous vous souviendrez de Rebecca ! (Elle s’en va, avec sa fameuse démarche « solaire »)

 

 

Voir les commentaires