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La part des claquettes dans les spectacles de « Jack sur la route et sur les planches » au « Ponton » (1/4)

Publié le par Eric Bertrand

La fonction des claquettes dans un spectacle ne doit pas être purement ornementale... Elles doivent jouer un rôle dans le spectacle, lui apporter quelque chose de particulier. C’est dans ce sens que les deux formes d’expression artistique peuvent étroitement collaborer.

Dans son œuvre fondatrice, « Sur la route », l’écrivain Jack Kérouac, apôtre de la génération beatnick, en même temps qu’il relate ses voyages au travers des Etats-Unis, part en quête d’un nouveau langage, « le beat », marqué par un rythme particulier, fondé sur des associations de sons et de mots proches de la réalité observée. La pièce « Jack Kérouac sur la route et sur les planches », réécriture de ce récit, utilise le motif des claquettes dans ce sens.

Ainsi, le rythme du train qui quitte la gare, se lance à la conquête des territoires immenses du « wild », roule, ralentit est-il souligné par la voix du narrateur doublée du ballet de claquettes...

Jack : Le train qui passe, boum, boum... L’énorme fracas de la machine noire… La route qui tape, tic, tac, tic, tac... Les hommes rouges et barbouillés sur la loco, ouah, ouah... Les conducteurs cyniques aux compteurs de vitesse, Cadillac, Pontiac, Ford Mustang, vroum, vroum... Tout défile à toute allure, gratch, gratch… Le monde entier défile… Rocs de l’étrange nuit tout illuminés… shit, shit, tic, tac, vroum, vroum, gratch, gratch…

Les danseurs portent des tenues en rapport avec la légende de l’ouest. Ils simulent des voyageurs à bord de la locomotive, mise en abyme du spectacle à venir...

La part des claquettes dans les spectacles de « Jack sur la route et sur les planches » au « Ponton » (1/4)

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Le film « Sur la route » de Walter Salles : voyage au bout de la route...

Publié le par Eric Bertrand

Pour ceux qui suivent l’actualité Kérouac cette année, il n’est pas inintéressant de faire un tour par Canal Plus ce soir. La chaine diffuse en effet le film que j’ai vu au moment de sa sortie l’an dernier et qui m’a donné envie de revisiter l’univers De « Sur la Route » en modifiant tout de même un certain nombre de points...

La silhouette de Dean Moriarty danse sur la route ouverte et la conquête de l’Ouest des Etats-Unis. Dean Moriarty est un phare allumé sur la calandre de la voiture dans laquelle Sal Paradise et sa troupe de déjantés s’enferment pour suivre un ange diabolique qui les entraîne jusqu’au bout de la nuit. Le film de Walter Salles montre cette fascination qu’exerce le personnage sur tous les proches du narrateur de Sur la route. Les syllabes du nom « Dean Moriarty », dont les lettres sonnent à plusieurs reprises tout au long du film, comportent sans doute, aux oreilles du réalisateur, un peu de cet enjeu qu’est le « beat »... « DEAN MORIARTY », alias Dean Cassidy, nocher infernal à bord d’une drôle d’embarcation, mène ses compagnons de l’autre côté du « Fleuve Amérique ».

Autour de Dean et de Sal Paradise (comprenez Jack Kérouac), gravite une joyeuse troupe de rêveurs, junkies, artistes fous, écrivains, poètes, musiciens, lecteurs passionnés de Rimbaud, Proust ou Céline. Tous avides d’expériences extrêmes, de « dérèglements de tous les sens », à l’image de Rimbaud dont l’image surgit au-dessus de la machine à écrire, tous dans cette « fureur de vivre » chère également à James Dean...

Dès les premières images, c’est la route qui prend la vedette, c’est elle que tous dévalent à toute allure. La route droite qui s’enfonce vers l’ouest, la route que les sandales usées martèlent « Sandales tellement pleines de champignons que, si on les plantait, elles pourraient pousser » plaisante un autre stoppeur... Le pas de l’auto-stoppeur s’accélère, la cadence redouble, l’ombre du sac à dos gigote, la portière d’une Cadillac claque. Sal s’installe, discute, redescend, fume un joint, lit trois pages, écrit trois mots, nouveau lift, saute à l’arrière d’un pick-up, discute avec la clique des gens de la route, « on the road ! »... Clac clac de la Remington. Le clavier saisit des mots, ce qu’ils appellent « le it », musique, rythmes, volutes, vapeur, alcool, marijuana, « substances », LSD, jazz, sexe, moteur, vitesse, tête à l’envers, jambes en l’air, noms de lieux, du côté de Denver, du côté de Frisco, Marcel Proust posé en évidence sur le tableau de bord, « Swan’s Way »...

« My name is Sal, I’m going to Denver »... New York - Denver - San Francisco - New -Orleans - Mexico. La route accomplit une capricieuse rotation vers des lieux de promesse. Au début de l’histoire, Sal a perdu son père et Dean cherche le sien. Quête du père spirituel, quête d’une famille décomposée, sans cesse recomposée. Dans un autocar, Sal rencontre Terry, « la petite Mexicaine » et dans la voiture de Dean, c’est la vicieuse Marilou, vampire adorable (à laquelle Kristen Stewart prête ses traits et ses veines palpitantes), qui trône et impose sa loi : à bord de cet espace de fortune, un moteur entre les jambes, un volant dans les pattes et sous la jupe, tous les coups sont permis.

Dean est un feu sur l’horizon, une figure à la fois torride et mélancolique, le « feu de croisement » de Sal qui allume, sur un coin de route, ses feux de position. Le réalisateur a choisi ce point de vue : il nous le montre captif, occupé à contempler Dean, (mauvais génie, figure idéale ?), capable de tout tenter, jusqu’au fond de l’ivresse. Finalement, Sal s’arrête au bord du précipice. Ce que Walter Salles cherche surtout à nous montrer, c’est que Jack Kérouac veut écrire son roman à partir des expériences qu’il est en train de vivre... Que, même s’il est tenté par le bout de la route, il choisit de tout arrêter et de laisser s’évanouir Dean dans la nuit new-yorkaise.

L’une des dernières images du film, très belle, c’est celle de Dean venu revoir son ami après une longue absence, Dean fatigué par la route, les nuits de débauche et de veille. Ce Dean là cède peu à peu la place au Dean que le papier ressuscite... Sal, bien habillé, dandy façon Scott Fitzgerald, décide cette fois de l’abandonner pour suivre des amis à un concert. Il embarque à bord d’une grosse Limousine et Dean reste là, hagard, sur le pavé de New-York.

Mais dans la nuit qui suit la séparation, l’écrivain débridé s’empare enfin de ces brouillons qui ont ponctué son aventure et se met au travail, acharné, halluciné... travail non plus d’autostoppeur mais de mots stoppeur, d’images et de sons stoppeurs...

Le film « Sur la route » de Walter Salles : voyage au bout de la route...

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Nouveau livre en chantier : Gainsbourg sur la sellette.

Publié le par Eric Bertrand

Ceux qui ont l’habitude de ce blog connaissent mon rythme d’écriture : l’année scolaire est consacrée aux diverses activités périscolaires, au théâtre, aux articles... Mais je réserve plutôt le temps de l’été à l’écriture de mes livres. Il me faut du temps, de la perspective et de l’unité.

Le nouveau projet est parti de l’envie de « remonter » Gainsbourg sur la scène après l’aventure Kérouac. Le chanteur bénéficie toujours de la même aura et cette idée a séduit les lycéens. Cependant, contrairement à ce que j’avais réalisé il y a quelques années à Loudéac, j’ai la détermination de publier le livre (la version que je possède dans mes tiroirs n’est pas sortie du fait des problèmes de droits d’auteurs).

Par conséquent, il tirera sa substance d’une autre utilisation des chansons de Gainsbourg et sera d’abord de nature narrative.

Nouveau livre en chantier : Gainsbourg sur la sellette.

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Reprise du spectacle de l’atelier théâtre autour de l’univers de Kérouac et des beatnicks : « Jack Kérouac, sur la route et sur les planches »

Publié le par Eric Bertrand

Dylan, Whitman, Rimbaud, Kérouac et Burroughs… Hippies, beatnicks, cow-boys et stars de ciné… Grosses voitures, guitares et Remington… Chanteuses de cabarets, truckers et danseuses de claquettes... Tout est sur la scène !

Après le succès rencontré sur le festival Mimésis, les lycéens de la MDL du lycée Vieljeux sont remontés sur la route et sur les planches dans le cadre de la Créateuf le 4 mai au Futuroscope de Poitiers. « Le pied au plancher », ils continuent de « taper la route » le jeudi 23 mai prochain à 19h00 et le vendredi 24 mai, à 15h30 dans le cadre de la journée du cinquantenaire du lycée Vieljeux, dans le nouvel espace théâtral de la salle polyvalente.

Dean : Alors suis-moi maintenant ! Je vais t’amener voir tous ceux qui vivent une autre vie. Les « Petits Poucets rêveurs », les vagabonds du rail, les hobos, les junkies, les beatnicks, les hippies, les fileurs d’étoiles dans les immensités bleues ! Ceux qui conduisent des grosses bagnoles et qui ont un pétard dans le moteur... Ceux qui se retroussent les manches et qui se tatouent les bras à coups d’allume-cigares... Ceux qui ne disent jamais « pouce ! » et qui ont le pouce en panneau signalétique... Ceux qui saignent rouge sur le papier blanc...

« Jack, sur la route et sur les planches », acte 1

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« L’Autre » de Philippe Claudel : comment un « porteur de blé flamant ou de cotons anglais » devient un « bateau frêle comme un papillon de mai » ? (2/2)

Publié le par Eric Bertrand

Pour reprendre les paroles de « la Vie Théodore » de Souchon, « il faut un minimum, une bible, un cœur d’homme, un petit gobelet d’aluminium ». Au contact des grands déserts, « couché sur le sable d’or, les satellites et les météores », son âme continue de s’élever. « Chercheur de trésor », « des prés de flammes... des herbages d’acier et d’émeraude ». « Les fesses talées », déprimés par les conditions de vie et la difficulté de leur mission, peut-être aussi par l’austérité du message biblique, ses trois compagnons ont abandonné la partie mais ils lui ont laissé un âne aux côtés duquel il continue de cheminer, distribuant toujours la bonne parole. L'aube d'or et la soirée frissonnante trouvent notre brick en large en face de cette Villa et de ses dépendances qui forment un promontoire aussi étendu que l'Epire et le Péloponnèse, ou que la grande île du Japon, ou que l'Arabie !(...)

Porté par la lumière de ces visions et ces étoiles vacillantes de poésie, celui qui se fait appeler « Reïmbo » arrive un jour aux portes d’Harrar, souffrant, blessé au genou : c’est là qu’il entrevoit dans un halo, avant de s’évanouir à nouveau, un marchand qui porte presque le même nom que lui et dont le visage lui ressemble « comme celui d’un frère ». Et lorsque le 22 mai 1891, il arrive à Marseille, quasi agonisant, malgré l’amputation de la jambe et la souffrance qui persiste, il entend « un chœur de verre et de mélodies nocturnes ». Sa mort survient le 10 novembre, mais il continue de s’interroger sur cet « autre qui le regarde toutes les nuits » et le médecin lui répond que « cet autre, ce Rimbaud », c’est lui.

Un marchand devenu un poète éclairé, extatique, qui finit par rencontrer un poète devenu marchand... Drôle de correspondance qui s’établit imperceptiblement tout au long de cet étrange récit, aux lisières du fantastique. A la croisée des chemins, de Charleville à Marseille, de Tunis à Harrar, le lecteur est entrainé dans une vertigineuse expérience qui lui permet à la fois de suivre une partie de l’itinéraire initiatique du « Petit Poucet rêveur » et de relire certains de ses textes qui racontent tous, à leur manière, comment il a « embrassé l’aube d’été ».

« L’Autre » de Philippe Claudel : comment un « porteur de blé flamant ou de cotons anglais » devient un « bateau frêle comme un papillon de mai » ? (2/2)

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