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Publié le par Eric Bertrand

Belle Ile février (14) [1600x1200]

 

Après cette interruption, de nouveaux articles en perspectives dès demain avec de nouveaux films, livres et projets en voie de réalisation... Le tout illustré par de nouvelles photos de parcours en Bretagne, au Pays basque ou du côté de Limoges.

             Je préviens mes lecteurs une fois de plus : ne vous torturez par l’esprit à essayer de trouver une quelconque « correspondance » entre le contenu de l’article et son illustration. Toute combinaison ne peut être que fortuite !

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Une petite pause pour le printemps

Publié le par Eric Bertrand

Des vacances qui tombent à point pour reprendre un peu d’avance et faire le point sur cette fin d’année. De petits déplacements sont prévus, des cours à préparer et des projets divers que je révélerai en temps voulu ! Bonnes vacances à tous ceux qui m’ont accompagné et rendez-vous aux alentours de la fin avril !

Voyage bretagne Toussaint (101) [1600x1200]

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Une autre version filmée de « Jack, sur la route et sur les planches »

Publié le par Eric Bertrand

Pour être tout à fait « complet » sur le dossier et en attendant la période où il va falloir « remonter sur la route » (version Créateuf), voici un nouveau film tourné pendant le festival « Mimésis » que l’on m’a transmis et qui a notamment le mérite d’être complet !

 

http://www.facebook.com/l/uAQHmQBPd/www.youtube.com/watch?v=AjJ3Aw0Rsl8

 

jackXL

 

 

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Les folies de Cyrano de Bergerac à la Coursive (4/5)

Publié le par Eric Bertrand

Belle Ile février (91) [1600x1200]

 

Agent trouble-fête, ordonnateur solennel, De Guiche a des airs de pitre inquiétant. Dans un étrange accoutrement, c’est lui qui prononce la sentence décisive : les cadets partent à la guerre, finie la bagatelle ! Christian va y perdre la vie : le lit d’hôpital trouve ainsi sa fonction. Le siège d’invalide également. Dans l’impitoyable mise en scène de Pitoiset, l’immaculée Roxane brutalement « frappée » par le poids des ans, enfile sans transition une espèce de corset boudiné à la Mrs Doubtfire. Quinze ans ont passé, et la robe de la nonne qu’elle revêt désormais dissimule mal l’embonpoint de la belle inconsolable. Toujours fidèle à sa bien aimée, Cyrano lui rend visite et, en bon libertin, taquine régulièrement les bonnes sœurs.

             Mais victime d’une agression, il ne peut plus que s’effondrer dans le fameux Fauteuil (figure du Destin ?) Il trouve néanmoins la force (et Philippe Torreton porte brillamment le personnage jusqu’à ses ultimes limites) de défier une dernière fois le monde : « Tous mes vieux ennemis, le Mensonge, les Compromis, les Préjugés, les Lâchetés, la Sottise... » (résonance particulière en ces semaines politiques troubles...)

             Il s’effondre. Lumière bleutée du juke-box... Baschung, « comme un légo »... Retour à la case départ... L’Eternel Retour tragique ? Un sentiment étreint le spectateur... Comme si la pièce allait recommencer à l’infini... Comme si, finalement, le parti-pris de la mise en scène était le suivant : l’histoire de « Cyrano de Bergerac » met en scène des héros décalés, blessés, mortifiés : « J’ai tout raté, même ma mort » se lamente Hercule Savinien Cyrano de Bergerac « qui fut tout et qui fut rien ».

 

             Lessivés par la vie, condamnés à jouer inlassablement le même rôle, à défier des fantômes, à lancer les balles des mêmes mots, à aimer une ombre, dans une vie de toute manière, ratée d’avance ! Sous la lumière des projecteurs, des personnages phalènes et spadassins, enfermés entre les murs d’une blanche clinique neuropsychiatrique...     

              

 

 

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Les folies de Cyrano de Bergerac à la Coursive (3/5)

Publié le par Eric Bertrand

Belle Ile février (99) [1600x1200]

 

Nouvelle trouvaille de Pitoiset... Du fer à repasser à l’étendage, il n’y a qu’un pas, et le linge des lettres est pendu sans essorage sur la scène tout au long des étendages que Cyrano improvise dans toute la largeur de l’espace. Sur la scène, Roxane n’a plus qu’à « décrocher le linge » et à en respirer la fraicheur. La pince à linge est aussi une pince à cœur... Mais les plaisirs rustiques et agrestes n’ont qu’un temps et Roxane n’est pas qu’une enfant de « l’Astrée ». Sous la nuisette, la précieuse est une sensuelle qui réclame son lot de baisers : « ce secret qui prend la bouche pour oreille, cet instant d’infini qui fait un bruit d’abeille... ». A ce moment, la mise en scène délirante atteint l’un de ses sommets. Pas de scène de balcon chez les fous, pas de bras nus dans le feuillage, de paume de main qui tremble dans le jasmin... Roxane a claqué la porte sur « l’éloquence en fuite » de Christian, elle est montée bouder dans sa chambre. Mais un petit écran descend sur la scène, fait oublier le vieux linge et les bassines. L’icône du téléphone clignote à jardin, le visage de Roxane apparaît en gros plan. Skype à la rescousse de Christian...

             Beauté de l’image de la comédienne en gros plan. Toute l’impatience du désir amoureux, l’intimité dévoilée, la rougeur et l’émotion du visage de la femme aimée, peu à peu grisée par les mots... La voix de Cyrano qui relaie la voix de Christian. « Ton nom est dans mon cœur comme dans un grelot »... La communication qui s’interrompt, qui revient... La promesse du baiser qui démasque Roxane, la précipitation de l’amant : « Puisqu’elle est si pressée, il faut que j’en profite »... et la tragique frustration du « passeur » qui se retrouve seul et qui dira plus tard qu’il vient de vivre le moment le plus merveilleux de sa vie : « Pendant que je restais en bas dans l’ombre noire / D’autres montaient cueillir le baiser de la gloire ».

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