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Quelques instantanés du spectacle de « Jack, sur la route et sur les planches » : le trucker... (2/4)

Publié le par Eric Bertrand

Belle Ile février (89) [1600x1200]

 

Beaucoup d’élèves mesurent le plaisir qu’ils prennent sur scène au volume de rire qu’ils déclenchent chez le public. Or, cette pièce est plutôt de celles où on sourit ou s’émeut. Néanmoins, l’un des personnages assume le statut du « drôle », « clown » à sa façon, « bouffon » dirait Shakespeare !

Il s’agit du camionneur Jerry qui a suscité immédiatement le rire débridé du fait de sa vulgarité, de son franc-parler et de son langage « fleuri »...

 

Jerry : Moi, c’est Jerry ! (Il se décapsule une bière et malgré l’air implorant de Jack, boit égoïstement et goulument sa bière) En principe, j’aime pas partager ! La route appartient aux routiers, pas aux stoppeurs ! On sait jamais d’où ils sortent ceux-là ! Même la police nous met en garde contre eux. « Ne ramassez pas d’auto-stoppeurs, ils sont hors la loi… » En juin 1950, un pote trucker a fait la connerie de ramasser deux pétasses sur la route. Et bien dès qu’elles ont grimpé à bord, elles l’ont menacé d’une arme... Elles l’ont humilié, les salopes ! Puis elles s’en sont prises à son camion... Les garces ! Les vicieuses !... Pour un trucker, son camion, c’est sacré ! Quand il m’a raconté ça, j’ai vu des éclairs et j’ai juré de le venger. (Voyant que Jack commence à trembler, il lui tend virilement sa bière en signe de réconciliation. Puis, avec un plaisir visiblement sadique, il continue) Quand j’en vois un comme toi sur le bord de la route et que je suis perché en haut de mon camion, comme du haut d’une chapelle, je sors mon fusil et je tire dessus, rien que pour lui faire peur… Je suis l’ange gardien des truckers et c’est ma prière ! (Rire satanique) Ou bien alors, « je dis la messe » : je ralentis la procession, je vois le pèlerin courir vers moi comme un fanatique… (Faussement spirituel) Alors je me recueille, jusqu’au fond du calice de ma gorge, et je lui crache dessus en mettant les gaz ! Alléluia ! (Tonnerre de rire) Pas facile, le gars Jerry, pas vrai, Jack ?

 

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Quelques instantanés du spectacle de « Jack, sur la route et sur les planches » (1/4)

Publié le par Eric Bertrand

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         Belle émotion hier sur la scène de la maison des étudiants... A la fois parce que ceux qui ont « vécu Dylan » s’y sont retrouvés et parce que ceux qui découvraient cette évocation sentaient obscurément ce que cette jeunesse des années beatnick avaient encore à leur dire...

         Plutôt qu’une longue évocation, et en attendant le film, je donnerai à lire quelques extraits de la pièce qui ont bien marché auprès du public... Je me limiterai à trois extraits afin de laisser au lecteur le soin, s’il le désire, d’aller un peu plus loin.

         J’ajouterai, avant cette série, l’un des commentaires simples et forts reçus sur ma boite mail le matin suivant la représentation, au terme d’une nuit quasiment blanche car, agité par l’émotion d’un spectacle, on dort rarement bien !

« Merci pour la qualité de ton texte, celle du travail de Camille, et toute cette nostalgie de la jeunesse hippie, j'y étais ! » 

 

 

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Jack Kérouac sur la route et sur les planches, comme si on y était !

Publié le par Eric Bertrand

 

 

 

 

Prologue

 

Jack Kérouac (le récitant) est installé devant sa vieille Remington. Il a mis un disque, s’est allumé une pipe. (Dylan, « Blowing in the wind ») Fond claquettes. Entraîné par le rythme, il se met à taper avec un doigt, puis deux, sur sa machine.

 

Jack (récitant) : Ta... Ta... Ta... Ta... Ta... Ta... Jack... Jack... Jack... Jackpot... Back... Back Jack ! Flashback… Parle vieille machine, parle ! Secoue-toi les tripes… Longue route du manuscrit, ligne blanche des mots, ramène-moi dans la patrie de Marcel Proust, d’Arthur Rimbaud et de mon lointain ancêtre, Lebris de Kéroack, tout là-bas dans le Far Ouest, en terre d’Armorique.

 

(Jack s’est mis en arrière-fond. Les autres comédiens se mettent en place pour figurer ce qui est une salle de classe. Le spectateur assiste au spectacle du souvenir)

 

Récitant : Ça faisait déjà longtemps que ça n’allait pas dans ma tête. J’ai quand même fini par craquer pendant le cours de la prof d’histoire, la vieille Madame Spencer. J’ai bien cru, ce jour-là, que j’allais la jeter par la fenêtre...

 

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Création aujourd’hui de « Jack Kérouac, sur la route et sur les planches »

Publié le par Eric Bertrand

Voici venu le jour de la « première ». Pour ceux qui suivent l’aventure, je leur dois quelques mots d’explication afin de participer à l’enthousiasme. Les élèves sont sur place dès le matin (nouvelle salle de la maison de l’Etudiant) pour des ateliers de théâtre. J’ai cours le matin et ne les rejoins qu’en milieu d’après-midi après avoir « ramassé » des éléments de décor. Mon complice de la MDL me prête main forte.

             17h15, répétition générale dans les lieux mêmes. 20h00, les spectacles commencent, 21h15, à nous de jouer ! J’essaie de rapporter un film ! Et pour patienter, voici l’article qui est paru mardi matin.

Mimésis

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Moran et Léo Ferré

Publié le par Eric Bertrand

Moran (4) [1600x1200]

« Tenir le fil »... C’est l’expression de Moran et c’est ce qui le fait avancer depuis dix ans qu’il est dans le milieu. Il s’est entouré de musiciens qui sont aussi ses amis (très importants quand on passe plusieurs dizaines d’heures d’affilée dans la même voiture et qu’il faut aussi apprivoiser l’odeur des partenaires, leurs humeurs et leurs caprices).

              Moran ne supporte pas les circuits commerciaux. Il écrit des textes auxquels il tient. Il les travaille, les adapte ensuite aux musiques qu’il travaille en sous-sol avec ses trois compères. Son maître à penser, c’est Léo Ferré. Le grand Léo qu’avec mon frère j’ai tant écouté.

             Je ne résiste pas au besoin de lui poser la question : à des lycéens qui, pour la plupart, ne connaissent pas le chanteur, quelle chanson conseilleriez-vous d’écouter : sans hésiter « la mémoire et la mer », pour la magie des mots et la façon dont il manie le langage... « La mémoire et la mer »... C’est précisément cette chanson que j’ai récitée à mon frère le jour de son mariage... Décidément, il est bien ce Moran !

 

Je suis sûr que la vie est là
Avec ses poumons de flanelle
Quand il pleure de ces temps-là
Le froid tout gris qui nous appelle
Je me souviens des soirs là-bas
Et des sprints gagnés sur l'écume
Cette bave des chevaux ras
Au ras des rocs qui se consument

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