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Proust et les coffres-forts

Publié le par Eric Bertrand

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Beaucoup d’écrivains depuis Rousseau l’ont brillamment montré : le travail de la mémoire peut enchanter les souvenirs. Dans ce domaine de « la vraie vie », Proust est une cathédrale ! Sur l’immense ban de sable de la Mémoire, A la recherche du Temps perdu érige un sanctuaire, une sorte de Mont Saint-Michel scintillant.

                Sitôt qu’il s’est attablé devant sa tasse de thé, comme une lady sur une terrasse de Balbec, sitôt qu’il a commencé de grignoter sa précieuse madeleine, le narrateur de la Recherche s’enfonce dans une mer intérieure. Le goût de la madeleine ne ravit pas simplement l’estomac creux de la gourmande et maniérée amatrice de tea time, il sollicite aussi le courageux aventurier de la mémoire, le conduit à une plongée délicieuse... Loin le présent, loin les petites cuillères à thé qui tintent, les mandibules de carpe des vieilles dames qui mâchonnent et qui tintent.

                C’est une cité fabuleuse qui émerge peu à peu. L’émeraude du Souvenir, polie par le travail de la Mémoire et de l’Ecriture... Les formes et les couleurs, les visages et les voix se recomposent, se cristallisent derrière la paroi de ce gigantesque aquarium de la vie reparcourue à coups de palmes subtils. Il faut considérer l’un des passages de « A l’ombre des jeunes filles en fleurs » comme la mise en abyme de toute la démarche du romancier.

                Proust y observe astucieusement le phénomène : au moment des vacances, les paysans et les pêcheurs de Balbec en quête de rêve et d’étrange spectacle, défilent devant la baie vitrée du Grand Hôtel pour voir les aristocrates et les bourgeois attablés. L’écrivain évoque alors la métaphore de l’aquarium et assimile le travail de l’écriture à celui qu’accomplirait un « amateur d’ichtyologie humaine », à savoir un spécialiste des poissons et de la faune subaquatique.

                Œil vif, geste précis, méticuleux, gants noirs, micro perceuse, montre de plongée au poignet, notre homme est un artiste, un orfèvre en la matière ! Un peu à la façon de l’un des experts du film « Ocean’s eleven », il commet LE hold-up du siècle ! Mais son « hold-up » se situe à des profondeurs où la caméra de surveillance ne va pas. L’ouverture du coffre ouvre un filon. Il s’en empare, le remonte à la surface. Le lecteur complice est là qui attend. Il n’hésite pas, prend le risque de saisir à son tour le butin dans la camionnette et de l’échanger contre les espèces sonnantes et trébuchantes de la Mémoire intime.

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Quand Rousseau rencontre Cabrel

Publié le par Eric Bertrand

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Rousseau a toujours fait figure de philosophe marginal par son goût préromantique pour la solitude, marginal par ses idées et marginal par l’originalité de sa démarche.

                A l’instar de Montaigne, ou de l’un des ces philosophes péripatéticiens, Rousseau est un philosophe qui marche et qui nourrit son esprit de la grandeur des paysages traversés. Essentiellement Savoie, Haute-Savoie, Suisse, Piémont. Un philosophe de plein air, nourri d’alpages et de pensées mélancoliques qui aurait bien pu hanter les tableaux de Friedrish.

                Le pas de Jean-Jacques a foulé l’herbe des sentiers dès son jeune âge. Il y a un côté Rimbaud dans Rousseau (la marque R-rance- est elle un symptôme ?) Il le rapporte dans ses Confessions, mais également dans ses belles Rêveries du Promeneur solitaire dans lesquelles il témoigne des ses plaisirs d’herborisation. La nature ne l’a pas quitté du début de ses vagabondages à l’ermitage savoyard de l’inoubliable Mme de Warens et jusqu’à ses  pensées existentielles sur les rives du lac de Bienne.

                En cela, l’écriture de l’adversaire de Voltaire ne « sent jamais le cabinet ». Elle est mâtinée de pâturages, elle sent le fruit et la prairie, le vin et le lait. Dans tel passage des Confessions, il raconte le bonheur simple que lui procurent une tranche de pain, un bout de fromage partagés chez un paysan. Dans la Nouvelle Héloïse, il évoque le plaisir des vendanges et de l’activité générée au sein d’un village, d’une communauté quasi tribale, excités par le travail collectif du raisin. 

                A la fin d’une telle journée, la société est loin, la répétition opiniâtre des gestes d’antan a refoulé la menace du Progrès, le luxe ultime, c’est le repas du soir, les brocs de vin, les chansons. Une « Carte postale » comme en chanterait Cabrel... L’état de nature intacte sous cette espèce de grande « cabane au fond du jardin ». Les jeunes ne sont pas encore partis de « ce hameau perdu sous les étoiles ». Mots des serveuses aimables, chiens dormant sous les tables, nuits de moisson... « Tout est bien sortant des mains du Créateur, tout dégénère entre les mains de l'homme."

Goudronnées les pierres des chemins tranquilles, relevées les herbes des endroits fragiles, désertées les places des belles foraines, asséchées les traces de l'eau des fontaines (...)

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France bleu Loire Océan et « les Cent tours »

Publié le par Eric Bertrand

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Première phase de la promo estivale... l’enregistrement en duplex a bien eu lieu jeudi dans les studios de France bleu La Rochelle. L’interview a duré environ 20 minutes mais le résultat sera un montage d’environ trois minutes. Il est programmé le week-end prochain, sur le site suivant (il est donc possible de l’écouter de n’importe où pour celles et ceux qui se plaignaient de ne pouvoir être présents.  http://www.bleuloireocean.fr/

http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-bleu/?nr=32f2b9da4d6cdf2bb7650727aa73d58b&892f07f5df96858ea2a742591ccaefb3_container_mode=item&892f07f5df96858ea2a742591ccaefb3_container_id=118529

 

                L’exercice est intéressant mais délicat. Comment rendre compte de tout ? Installé une quinzaine de minutes avant, j’ai pu griffonner quelques pistes que je livre ici, même si l’interview m’a conduit sur d’autres voies...

 

Deux périodes nantaises :

Nantes en 2100, une jeune femme, Ava, jeune femme moderne mais en même temps démodée, romantique, a choisi le nom d’Ema comme avatar.

Nantes dans les années 1995-2000 à travers le témoignage de celle qu’on appelle « la tante Emma », énigmatique jeune femme qui a laissé une mystérieuse lettre à sa descendante, en même temps qu’un talisman au pouvoir magique. Ava découvre avec le lecteur la passion d’Emma partie à la recherche d’un homme qu’elle a rencontrée lors d’une soirée des Allumées à bord du cargo Melquiadès ville de Nantes et avec qui a elle a noué des liens étranges.

 

La vocation culturelle de Nantes et La Rochelle : « l’effet côte ouest » !

                Une volonté de résister à la pauvreté intellectuelle, naufrage du Livre. Téléréalité, viol de l’intimité. Opération de promotion à grande échelle et à effet spectaculaire. Recherche forcenée de l’Art : cinéma, littérature (Breton, Gracq, Verne), chanson (Tri Yann, Servat), théâtre intéractif (Voltaire et Rousseau, Scribe, Crébillon) polissonnerie et culture... Tentative pathétique de ramener le goût de la culture par les agents du CREC (« Cellule Récréative Educative et Culturelle)

                Une déambulation dans Nantes puis La Rochelle dans des lieux de mémoire en perpétuelle mutation. Pour reprendre l’expression de Julien Gracq à propos de Nantes, c’est « La Forme d’une ville » aux contours sans cesse remodelés : le passé négrier, les chantiers Dubigeon, l’usine LU, le Cours des 50 Otages, Trentemoult

                Des clins d’œil aux Nantais : Folle journée, les Allumées, le muscadet, la Cigale, le Molière, le passage Pommeraye, le tramway, les machines, les robots articulés, Jacques Tatie, Catherine Deneuve.

                Forme d’une ville dans le temps : quel futur ?

Architecture et mémoire : habitat...

Changement climatique.

Obsession de la mémoire et de la culture kitch : mode vestimentaire, happenings dans les rues dont les noms sont associés à la littérature...

                Fonction particulière de l’objet magique : une sorte de talisman à la Dan Brown... Les lieux évoqués (Nantes, La Rochelle, le nord de l’Ecosse) sont associés à une quête spirituelle qui joue le rôle d’un contrepoids face au clinquant de 2100.

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Un article sur « De Nantes à La Rochelle sous la bannière des fées »

Publié le par Eric Bertrand

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                   Anne-Marie est une fidèle lectrice devenue une amie et j’avais à plusieurs reprises recommandé son blog. Voici la dernière analyse qu’elle propose de mon dernier roman :

 

http://retournerenbretagne.over-blog.com/article-de-nantes-a-la-rochelle-sous-la-banniere-des-fees-eric-bertrand-107146303-comments.html#anchorComment

 

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Un parcours pour les livres

Publié le par Eric Bertrand

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                C’est donc un été très actif et très « relationnel » qui s’annonce autour de mes deux derniers ouvrages. En voici globalement le planning concentré sur les semaines qui précèdent le mois d’août :

- Jeudi 21 juin : enregistrement de l’émission sur les livres sur France bleu Loire Océan en duplex des studios de France bleu La Rochelle.

- Samedi 23 juin : signature à l’espace culturel Leclerc Lagord entre 10 et 12h00.

- Samedi 7 juillet : signature chez Cultura entre 14 et 19h00

- A partir du 18 juillet, présence intermittente sur le kiosque des Ecrivains de la côte, Cours des Dames : entre 16 et 18h00, vendredi 20 juillet, dimanche 22 juillet, mardi 24 juillet, vendredi 27-28-29 entre 16 et 18.

- 3 et 4 août : salon des livres du Bois Plage, « l’Ile aux Livres »

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