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Le virus du voyage à l’épreuve de l’ardente patience

Publié le par Eric Bertrand

Aller sous le ciel, Muse… Céder à l’appel du large, à l’appel de la forêt, au « call of the wild » cher à Jack London pour mettre de l’air au confinement de nos vies, de nos agendas, de nos pauvres rituels quotidiens dont nous sentions, il y a quelques jours encore, les limites et les contraintes…

Cet appel doit être aujourd’hui entendu autrement.

Au fil du temps, nous avions tous déjà cédé à cette frénésie. Trépidation des aéroports, promiscuité vibrante des décollages, proses des transsibériens ou route du Far West, « hit the road »… Et toute cette agitation dans un seul et même but : celui de conquérir la part rêvée de sauvagerie qui nous échappe, nous tente, nous malmène… Tout cela pour arriver, au terme du voyage, dans l’auberge à la Grande Ourse, la cabane dans les forêts de Sibérie, la carcasse d’un bus abandonné dans la toundra, l’habitacle éclairé d’une grosse voiture américaine sur la route 66.

Et c’est là qu’est le paradoxe : cette parcelle de « wild » enfin reconquise aboutissait à un confinement, à un moment de grâce vécu dans la claustration et l’immobilité. Cette expérience ne nous montre-t-elle pas que l’esprit du « wild » est en l’homme et que, quand nous sommes enfermés, nous devons savoir aller le rechercher en nous ?

Si notre organisme a laissé un jour entrer le virus du voyage, ce virus est aussi capable de muter et de devenir notre garde du corps et notre phare intérieur.

Et un jour futur, au bout de trois ou quatre semaines, peut-être davantage, comme le dit Arthur Rimbaud à la fin de sa Saison en enfer, nous ressortirons et, « armés d’une ardente patience, nous entrerons aux splendides villes ».  

Le virus du voyage à l’épreuve de l’ardente patience

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« Couleur cafinement »

Publié le par Eric Bertrand

Gloomy Sunday. C’est le confinement, Babe alone in Babylone. Dépression au-dessus du jardin... La petite Marilou fait tinter ses bracelets et les clochettes d’argent de ses poignets. Ses illusions donnent sur la cour…

Elle a délaissé sa Remington portative, et sur son rocking chair, elle n’est plus qu’un appareil à soupirs et attend que ça se tasse. D’abord, elle s’est barrée au pays des malices de Lewis Caroll. Puis elle s’est fait des aéroplanes, 707, avion-cargo de nuit. Elle est marrante, c’est une fan du cap’tain Cook.  

À présent, le cigarillos au bord des lèvres, elle lève les yeux. Elle roule des yeux, roule des hanches. Dieu est un fumeur de havanes …Où est l’ombre des Shadows, des Birds, des Doors ? Sous son ciel de faïence, elle ne voit briller que les correspondances et la couleur café… Très vite passé. Les murs d’enceinte du labyrinthe l’entrainent vers l’infini en soufflant vers l’azur et les aéroplanes.

 

Gainsbourg, chansons

Gainsbourg, chansons

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Virus et biodiversité

Publié le par Eric Bertrand

Extinction des espèces, naissance de parasites. Un papillon rare meurt, un virus nait. Tu m’as donné ton or et j’en ai fait de la boue.

Virus et biodiversité

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Greame Allwright : L’homme à la guitare de vent

Publié le par Eric Bertrand

Un peu oublié Graeme, depuis que les pages se sont mises à tourner. « Ça me fait de la peine mais il faut que je m’en aille… »

Il nous parlait pourtant du « grand désert où luit la liberté ravie », de voyage en deux chevaux vers l’Ethiopie et les Indes, de cet Orient de Nicolas Bouvier et de la guitare de Dylan. Ensemble on écoutait les sirènes et on entonnait les airs de « Petit garçon » et de « Suzanne ». Sa silhouette se découpe encore sur fond de feu de bois dans les colos et les soirées d’étudiants, quand on fêtait la fin des cours et qu’on rêvait des routes de Kérouac et des chemins de Katmandou.

Aujourd’hui, parce qu’on « on fête nos retrouvailles », je propose de libérer le vent de la mémoire, celui du sac à dos, de l’harmonica et de la sacrée bouteille.

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« Des mots magiques dans une langue désespérée » (Roda Gil)

Publié le par Eric Bertrand

Dans cette marmite bouillonnante d’Etienne Roda-Gil, j’ai bu un peu de cette potion magique des mots, « ces mots magiques dans une langue désespérée ». La voix de Julien faisait vibrer « Les mots d’ailleurs », à la fois des images et des sons, des visions et des visages. Des lieux vers lesquels barouder et patiner, rouler comme Rolo, Californie, Niagara, Sertao, « faubourgs de Carthage sous un grand ciel tatoué », Ivanovitch et les charpies de chapka avaient des airs de Pétersbourg et de Barcelone.

J’assistais dans les gares à l’éclosion de fleurs étranges, j’entendais des crécelles et des violons, et je voyais tourner sur mes premiers microsillons la silhouette d’une Andalouse ou d’une femme boréale qui voulait qu’on l’appelle Venise.  C’était un volcan dans mon cœur, une éruption, « j’allais exploser bientôt, Jivaro ! », « le sourd entend, le vautour boit ».... J’étais Macumba, « sorcier de là-bas », « un saxophone bizarre pris dans d’opulents lichens mous » et ça résonnait, ça résonnait.

Les chansons de Julien et de Roda « libéraient ce qui est là au fond de nous comme un magma »

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