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Le tigre sous le masque

Publié le par Eric Bertrand

C’est une bande de tissu ou de papier, un motus et bouche cousue qui empêche de lire sur les lèvres et force à regarder dans les yeux. Une ligne blanche qui interdit le dépassement du convoi dangereux et escorte chacun des véhicules vers une infranchissable conformité. « Tenue correcte exigée ».

Quand on est profs ou élèves, on a du mal à se résigner à ce nouveau code qui étouffe la voix et fait disparaître la part de l’identité la plus vulnérable et la plus précieuse. Celle qui se dévoile dans le bas d’un visage, dans un sourire, un rictus, un frémissement des lèvres, un timbre de voix…

Alors le corps cherche à s’affranchir. Dans le flux du trafic, le regard-tigre essaie de passer au-dessus du ronronnement du moteur. Le vêtement fauve s’insurge contre la police du masque, joue la griffe de l’indécence ou de la provocation. Et puis, il fait chaud. Tous les prétextes sont bons pour bondir et rebondir dans la grande savane de la Liberté déclarée. Jupe au-dessus du genou, cœur croisé, Crop top, nombril grand ouvert comme un œil désespéré, robe à bretelles, chemise au ras des fesses, bandeau croisé sur la poitrine, nuisette de plein jour.

Quand le tigre est attaché, il rugit et son pelage vibre.

 

 

 Le tigre sous le masque

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Théâtre au lycée

Publié le par Eric Bertrand

Théâtre au lycée
Le film de la répétition de "Robeaux et robelles" en juin dernier.
De nombreux membres manquent à l'appel mais l'envie est bien là!

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Verlaine et Rimbaud au Panthéon, pour retrouver l'éternité ?

Publié le par Eric Bertrand

Verlaine et Rimbaud au Panthéon, pour retrouver l'éternité ?

Pour trouver enfin "le lieu et la formule", ils mixturaient ensemble la boue et l'or. Ils prenaient la "grand-route par tous les temps", les "sentiers picotés par les blés", les auberges bleues à la Grande Ourse et le Cabaret vert.

Bouffaient du "jambon tiède" et du "biscuit de la route". Écoutaient les "bons soirs de septembre", buvaient "trente ou quarante chopes" et "pissaient vers les grands cieux, très haut et très loin avec l'assentiment des grands héliotropes."

Ils avaient aussi "d'atroces veillées". Se traitaient de "sataniques docteurs" et de "vierges folles" ... Rêvaient de "musique rare" et de "futur luxe nocturne". Se vautraient sur des paillasses, et se voulaient "fils du soleil" ...

Vont-ils aujourd'hui, chaussés de "leurs semelles de vent",  remettre le bateau ivre à la voile et terminer leur course au Panthéon ? Est-ce bien là qu'ils vont "la retrouver, l'Eternité ?"

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Retour sur Elephant Man

Publié le par Eric Bertrand

Retour sur Elephant Man

Réalisé par mon fils Yann, ce bouleversant retour sur un film majeur ...

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Souchon hobo : du bobo au Beau.

Publié le par Eric Bertrand

« Allo maman bobo »…

Chez Souchon, il y a toujours quelque chose qui ne passe pas et qui le rend « tout empâté, pataud ». Mais d’où vient donc cette « chantilly » qui freine « le tempo » et la plume ? Ce « gâteau » qui abîme l’estomac et la rime ? C’est une matière trouble et dérangeante et cependant si féconde en littérature… Le poète en fait émerger la « brindille et le phosphore », « le satellite et la météore » capables de révéler « la beauté d’Ava Gardner » ou de l’albatros, même « s’il patauge dans l’ice-cream »…

Mais analysons d’abord « d’où la peine vient ». Le chanteur est « peut-être un p’tit peu trop fragile » ? « Fichu, il mange trop » ? « Has been jeune homme, il se détériore » ? « KO. Down. Poussé en bas » ? « Cafard capillaire » ? « De quoi j’ai l’air avec mes détails, mes haltères » ?

Il faut l’avouer, « des fois, on sait pas bien ce qui se passe »… « On s’ennuie tellement »…  , « Wagon lancé, lit balancé », l’envers de l’Idéal, n’est-ce pas le spleen comme disait l’autre ? « Les lumières s’éteignent », « pardon aux play-boys littéraires », c’est une « banale song », une banale histoire de cœur. « Il la laisse, elle l’a laissé. Triste western » pour la chemise de Buffalo Bill. « Largué, classé, il a perdu tout ce qu’il aimait ».

Alors, comment remonter la pente et sortir du tunnel ? « S’asseoir par terre » ou bien « jogging Bois de Boulogne » ? Pour « foncer vers le bonheur », « sortir les gros pétards », rouler les mécaniques et rouler à bord de « la Chrysler », des « bolides extravagants » ? « S’ramener les cheveux en avant en les lavant » ? Se glisser « dans l’anorak de Jack Kerouac »… Et puis mentir, raconter du bidon, péter la gueule à tout le monde » jusqu’à ce qu’ils « rallument la salle » ?

Ou bien, encore une fois comme Baudelaire, ouvrir la fiole de parfum exotique... Tenir dans ses mains « les deux jolis seins de son amie », « coucher sur le sable d’or, marcher dans les pierres » et laisser tinter un « petit gobelet d’aluminium ».

Souchon hobo : du bobo au Beau.

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