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Dosette de lecture n°179 : Didier Daeninckx : « Galadio », le derrière du singe

Publié le par Eric Bertrand

Pourquoi, pendant la période de l’ascension du 3° Reich, un jeune métis nommé Galadio est-il appelé Ulrich par sa mère ? Est-il le fruit du viol d’une « honnête femme » par un « tirailleur sénégalais » comme tend à le faire accroire la propagande nazie ? Or, ce Galadio, fils d’un Soudanais massacré comme les autres, est le narrateur de ce roman et, grâce à lui, le lecteur parvient à lever les masques de la société allemande de l’époque. Avec des accents qui font écho, hélas, à ce qui est en train de se produire à nouveau aujourd’hui, l’auteur pointe des dérives dangereuses : « Seul un dirigeant fort peut nous apporter le salut. Il doit éliminer la partie malade et faible, empoisonnée et nuisible. Il doit aérer la partie saine afin qu’elle puisse croître (…) Nous ne voulons pas, dans nos villes et nos campagnes, vivre sous la botte des Gaulois de couleur ».

L’une des forces de ce petit roman, c’est donc le statut de narrateur confié à cet autre « cannibale » … Dans l’ouvrage du même nom qui précède celui-ci, l’auteur a très bien montré à quel point « l’indigène, le sauvage » est objet de moquerie et de « publicité » en faveur de « la civilisation ».

Au contraire, son héros échappe à ce stéréotype : il est lucide, perspicace, intelligent ; par sa lecture vigilante des journaux, des slogans et des caricatures, il dénonce le mensonge et la propagande. Et si, grâce au cinéma et aux films dans lesquels il obtient un statut de figurant, il a plus de chance que ses semblables, il n’échappe pas au ridicule et au mépris que lui inflige le regard des Blancs. Mais quand on lui fait dire par exemple : « Plus le singe monte haut, plus il montre son derrière. », le lecteur se demande de quel derrière il s’agit. 

 

Dosette de lecture n°179 : Didier Daeninckx : « Galadio », le derrière du singe

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Juke-box n°13 : Pierre Perret : « Ma nouvelle adresse », quand on n’en peut plus...

Publié le par Eric Bertrand

On râle, on s’insurge, on milite, on s’indigne : “Indignez-vous ! » - l’expression est à la mode - Et puis un jour, on a envie de tout laisser tomber, de tourner le dos à « cet air de robot content, à cette course avec le temps », et surtout à cette civilisation bâclée, avec ses « matches à la télé », ses « pubs de mousse à raser » et de produits cosmétiques, ses infos détraquées et ses gangsters « pavoisés ».

Alors, comme Brel, Perret, Souchon ou Aznavour, on a envie de « mettre les bouts », de « tailler la zone » et de se laisser « emmener vers des pays inconnus où l’on vit presque nus dans l’éternel été ». Et, parce que c’est souvent impossible, on s’imagine une « nouvelle adresse », un lieu de décrochage sous « le vent sucré des îles nacrées », un archipel épargné où soufflent « les alizés ».

Par chance, on aperçoit une voile qui s’élève à l’horizon et on entend, sur l’infini de la mer, la chanson de « mon ami Jacques » ; derrière le brouillard de la vie, il chante « Les Marquises » et, avec des frissons dans la voix, affirme que « le rire est dans le cœur » ; lui aussi laisse aux « cocotiers » le soin « d’écrire des chants d’amour » pour des « filles qui s’amusent à rire » de nos souvenirs.

 

 

Juke-box n°13 : Pierre Perret : « Ma nouvelle adresse », quand on n’en peut plus...

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Sortie officielle du "Lit Mac Arthur" chez Hello édition.

Publié le par Eric Bertrand

Le Lit Mac Arthur est désormais disponible sur tout le réseau des librairies et peut être également commandé chez tous les libraires indépendants !

Vous pouvez aussi le retrouver en ligne sur les plateformes suivantes :

ℹ️ À noter : il est tout à fait normal que le livre apparaisse comme indisponible ou en rupture de stock aujourd’hui. La mise en vente effective sur les sites libraires se fait généralement le lendemain de la date de sortie officielle. C’est un délai technique standard, valable pour tous les éditeurs.

Ecosse ; Inveraray Castle

Ecosse ; Inveraray Castle

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Juke-box n°12 : Léo Ferré : « Avec le temps », la course avec le temps…

Publié le par Eric Bertrand

A bien y « farfouiller » dans cette « galerie » du temps, on retrouve « du vent et des bijoux, des visages, des voix, des regards, des mots sous la pluie », mais aussi des « serments » dont le maquillage, avec le temps, a fondu ; des « frangines » au « Quartier Latin », des « amants tristes » et puis, forcément, des moments où « l’on se traînait comme traînent les chiens ».

Mais Léo le dit aussi, avec le temps, on devine mieux, avec le temps, on se réveille « peinard, dans ce quartier qui résonne dans la tête, dans ce passé qui nous sonne et nous guette » ; finalement, « avec le temps va, tout va bien » … Il faut juste savoir « ne pas rentrer trop tard » et ne « pas prendre froid ». Sur « ce lit de hasard », il y a « des chouettes souvenirs », « la route blanche » et tout ça, « c’est extra ! ».

Cependant, attention, ces chouettes souvenirs, « ça s’rupine » car, souvent, hélas, « ça fait la gueule » et « avec les poux, le temps te ronge ». Alors « Merde à Vauban » ! On sait bien que, comme dit l’autre, « le temps passe à pas de géant » et que, « même en courant, plus vite que le vent, plus vite que le temps, même en volant, tu n’auras pas le temps, pas le temps ».

 

Chanson française

Chanson française

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Dosette de lecture n°178 : Jean Echenoz : « Ravel », la mécanique du Boléro

Publié le par Eric Bertrand

Comment raconter le destin si particulier d’un artiste comme Maurice Ravel qui a vécu pendant la période de la Belle Epoque et qui, en digne fils d’ingénieur, s’intéressait surtout aux machines et à la mécanique ? L’auteur a déjà croisé en coup de vent la biographie de Zatopek dans son autre roman, « Courir ». Il procède toujours ainsi, des volumes courts, des chapitres brefs, et une écriture incisive et savoureuse, teintée d’humour.

Avec beaucoup de précision dans le détail – portrait du musicien à différentes périodes, observation de ses manies, de son mobilier dans sa maison « quart de Brie » de Montfort l’Amaury, analyse de son comportement au cours de sa tournée en Amérique, examen des morceaux de musique en gestation – il donne au lecteur l’impression de suivre de près ce personnage fantasque, ascétique, insomniaque, capricieux et émouvant qu’était le créateur du « Boléro », œuvre mondialement connue qu’il appelait « son petit truc en ut majeur ».

 

Ravel; Echenoz

Ravel; Echenoz

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