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Dosette de lecture n°185 : Gaëlle Josse : « Le Dernier gardien d’Ellis Island », quand les hélices continuent de tourner…

Publié le par Eric Bertrand

Au moment où, en 1954, ferme le centre d’Ellis Island, dans quel état d’esprit celui qui a été témoin des grandes migrations aux États-Unis se trouve-t-il ? John Mitchell, directeur du lieu, est aussi le narrateur de ce récit qui permet à son auteure de parcourir toutes ces années au fil de la mémoire de celui qui a vu défiler devant lui des populations venues du monde entier.

Dans son journal intime, il confie avec émotion les épisodes forts de son existence, notamment le souvenir de deux femmes qui ont beaucoup compté à ses yeux : sa jeune épouse Liz, partie trop tôt et Nella, une immigrante sarde avec laquelle il vit une brève liaison amoureuse.

Derrière ces expériences personnelles, se perçoit une grande humanité et un regard douloureux posé sur tous ceux qui venaient là dans l’espoir de franchir « la Porte d’or ». Ainsi, au moment de son départ définitif, John Mitchell cite le passage d’un ouvrage de l’écrivain exilé hongrois Giorgy Kovacs qui relate la déconvenue qu’avec les siens, il a ressentie à son arrivée aux États-Unis : « L’Amérique que nous avions tant désirée se réduisait à un camp de fonctionnaires empressés et frileux, chargés de tenir à distance toute tentative d’approche d’une pensée divergente, tous les germes d’une possible déviance intellectuelle. L’Amérique savait ouvrir grand les bras, elle nous a montré qu’elle savait aussi brutalement les refermer. »

Par les temps qui courent, cet extrait résonne aussi de façon bien sinistre…

Dosette de lecture n°185 : Gaëlle Josse : « Le Dernier gardien d’Ellis Island », quand les hélices continuent de tourner…

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Interview autour de "Lire ou pâlir à sa vue"

Publié le par Eric Bertrand

Dans la continuité de la précédente interview et avec la complicité de TV17 La Rochelle, voici l'interview donnée en mai 2025 à propos de "Lire ou pâlir à sa vue". 

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Juke-box n°19: Mylène Farmer: “L’horloge », l’horloge interne de Mylène

Publié le par Eric Bertrand

« Le jour décroit, la nuit augmente. » … Face au temps qui passe, Baudelaire l’avait bien dit, il est inutile de résister ; l’horloge est « l’Ennemi », avec son doigt de marbre qui menace et qui dit « Souviens-toi ! » et l’univers de Mylène Farmer le montre bien.

« Trop tard ! » … Pour le « joueur avide », et le « vieux lâche », les jeux sont déjà faits et « il n’y a pas d’ailleurs ». Mais Mylène ne capitule pas. Elle a « le vertige de vivre » ; elle « a besoin d’amour » et elle cherche « l’instant X ». Il faut juste attendre « qu’un ange passe » : « ange parle-moi !» et cet « autre » qui, « sait la douceur de ses reins » et qui, comme dans un poème de Musset, « lui ressemble comme un frère ». Lui aussi, il a « le sang qui bouillonne », lui aussi, il a « l’envie pharaonique de frémir ».

Mais l’horloge continue de cogner et, « Dieu sinistre, effrayant » répète, « impassible » qu’il ne faut pas être « prodigue », car « les plaisirs vaporeux » sont éphémères et qu’ils « fuient vers l’horizon » ; alors, « au fond de la coulisse », s’enfuit une Tristana, dont le « cœur a pris froid », légère comme une « petite bulle d’écume » et « d’incertitude. »

Hélas, « entre les dunes », derrière « les morceaux du délice », « les rondeurs » et « la lune », ne promettent pas toujours d’être « douces » … En effet, « trois mille six cents fois par heure, la Seconde chuchote », jusque sous « l’oreiller de sa majesté », que « le monde comme une pendule va s’arrêter. »

De toute façon, « Mylène s’en fout » … « De mutilations en contorsions, elle s’est saignée aux quatre veines » et, « désenchantée » ou pas, du fond de « son gosier de métal », elle peut encore écrire, elle peut encore chanter ; au fond, « prose ou poésie, tout n’est que prétexte » !  Avec son organe, sa « voix d’insecte » et de mante religieuse qui « parle toutes les langues », face à la « pompe immonde », avec insolence, elle affirme que, même « pour un empire, elle ne veut se dévêtir » et que jamais, elle ne se défera de « son manteau de sang ». « Blood and tears »!

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Dosette de lecture n°184 : Emmanuel Carrère : « Limonov », la pointe amère du citron

Publié le par Eric Bertrand

Un écrivain peut-il relever le défi de cerner la complexité d’un être humain aussi trouble que Limonov ? Limonov, c’est un surnom qui veut dire citron, « hommage à son humeur acide et belliqueuse ». Et, de fait, ce personnage bien réel est un véritable héros d’aventures picaresques menées de l’Ukraine à la Russie, puis de la Russie à New-York, puis à nouveau de New-York à la Russie, où il finit par rentrer, en même temps que Soljenitsyne…

Entre temps, ce « citron pressé » sans foi ni loi trouve moyen de tracer sa voie, de « s’assaisonner » à tous les milieux et de goûter à tous les plats, y compris celui d’écrivain à succès – Limonov est le pseudonyme d’Édouard Savenko -. De solide constitution et capable d’affronter le réel sous toutes ses formes, même les plus violentes, ce phœnix ne cesse de changer d’apparence pour se couler dans le feu de l’Histoire contemporaine. À travers ses métamorphoses successives - voyou radical et activiste en Ukraine, icône des milieux branchés à Moscou, clochard dans les rues de New-York, valet de chambre de milliardaire à Manhattan, vedette de magazine et écrivain à la mode à Paris, soldat engagé dans les Balkans, éternel dissident condamné à la prison soviétique et libéré malgré tout, sage et fou, débauché et ascète, vieux beau toujours vert –

En même temps qu’une plongée en sinuosité, Emmanuel Carrère, avec son écriture attentive et cinglante, offre au lecteur un retour sur de grands moments de l’actualité mondiale où se retrouvent, au fil des époques, entre 1943 et 2006, des figures aussi diverses que celles de Brejnev, Gorbatchev, Eltsine ou Poutine et des épisodes comme ceux de la chute du mur de Berlin, la guerre des Balkans ou la montée au pouvoir de Poutine…

Dosette de lecture n°184 : Emmanuel Carrère : « Limonov », la pointe amère du citron

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Interview par TV17 La Rochelle autour du "Lit Mac Arthur"

Publié le par Eric Bertrand

Les signatures en librairies ne sont pas si courantes et elles dépendent de nombreux facteurs que je ne maitrise pas toujours. Samedi 7 mars dernier, j’ai eu le plaisir de venir signer mes derniers livres à l’Espace Culturel de Lagord qui m’accueille régulièrement. A cette occasion, j’ai rencontré l’équipe de TV17 La Rochelle qui m’a accordé une interview : la voici... 

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