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Dosette de lecture n°182 : Jean Echenoz : « Des Éclairs », un héros qui fait des étincelles.

Publié le par Eric Bertrand

Comment réussir en société quand on est un inventeur de génie, qu’on est capable d’avoir une idée à la seconde et de créer des innovations techniques essentielles pour la civilisation ?

Dans ce récit qui commence à la fin du XIXème siècle, tout semble sourire au jeune Grégor, sorte de savant fou bien en avance sur son temps et en passe de devenir très vite l’une des plus grosses fortunes américaines. À condition toutefois d’accorder un minimum d’attention à la prospérité des affaires entreprises…

Or, ce personnage insolite, inspiré très librement de Nikola Tesla (1856-1943), et qui porte, est-ce un signe, le nom du héros de La Métamorphose de Kafka, se désintéresse du profit qu’il peut tirer de ses inventions et préfère à la compagnie des hommes, celle des pigeons qui lui accordent une escorte rapprochée jusqu’à la fin.

 

 

Dosette de lecture n°182 : Jean Echenoz : « Des Éclairs », un héros qui fait des étincelles.

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Juke-box n°16 : Alain Souchon : La vie Théodore, un autre satellite.

Publié le par Eric Bertrand

On est « si loin du grand désert », celui dont rêvait Rimbaud, avec ses « satellites et ses météores », et surtout « ses étoiles à la Grande Ourse » et « son petit gobelet d'aluminium » ... Il ne suffit pas de se savoir comme chacun d'entre nous, « poussière d'étoile », ou fragment de « foule sentimentale » envolé loin du « ras des pâquerettes. Il faut un minimum, un rêve, une voile », un tout petit peu de ce sable d'or qui éblouit et qui libère des « choses pas commerciales ».

Alors la nuit « quand on dort, » et comme on n'a pas la santé, qu'on a « les pilules et l'ordinateur », on laisse s’envoler la Chrysler, l'Audi, et « la vendeuse de glaces », et on « part avec Théodore ».

 

Juke-box n°16 : Alain Souchon : La vie Théodore, un autre satellite.

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Dosette de lecture n°181 : John Steinbeck : « Voyage avec Charley », l’Amérique à la trace.

Publié le par Eric Bertrand

Pour quelles raisons entreprendre, à 58 ans, un grand voyage en camping-car à travers les Etats-Unis et avec quel compagnon ? L’envie de l’auteur des Raisins de la colère est épidermique et quasi animale : « Je n’avais pas entendu le langage de l’Amérique, humé l’odeur de son herbe, de ses arbres, de son fumier, vu ses collines et ses cours d’eau, ses couleurs et ses qualités de lumière. » Et en guise de compagnon, il choisit Charley. Charley, « c’est un très gros caniche d’une couleur dite bleue » doué à la fois de curiosité et de sens critique et son élégance grognonne en présence de ceux qui ne sont pas son maitre aident le narrateur à fournir une série d’instantanés sur les scènes et les personnages qu’il croise sur sa route.

L’Amérique change, mais l’esprit pionnier subsiste tout au long de ces États qui affichent leurs différences sur les panneaux et à travers la façon dont ils interpellent le voyageur en quête de vérité naturelle, humaine et linguistique.  On est en 1960 et le grand écrivain, qui s’interroge aussi sur son besoin compulsif de mouvement, offre à son lecteur un regard lucide sur cette société de consommation qui transforme le pays et tend à écraser, par le biais de l’audiovisuel, les différences entre les accents et les façons de parler. Même s’il fait de belles rencontres et sympathise avec des êtres sensibles, il croise d’authentiques automates, incapables d’échanger trois mots et « pires que des bacilles ».

Véritable métaphore de l’uniformisation, le plastique a envahi le territoire ; il l’observe un peu partout autour de lui, et préfère les endroits « non civilisés », bien loin des cadres administratifs qu’il juge excessifs et liberticides. « Les villes d’Amérique sont comme un terrier de blaireau cerné de détritus : elles sont entourées de piles d’automobiles accidentées, mangées par la rouille ; les ordures les enserrent, les étouffent. Presque tout ce que nous consommons nous arrive sous forme de caisses, de boîtes, de cartons, tous ces emballages que, paraît-il, nous aimons tant. » Et dans ce contexte inquiétant, c’est une nouvelle fois Charley qui lui paraît le plus proche de la vérité : « Là, de son nez délicat, Charley pouvait lire sa littérature personnelle sur les arbres et les buissons, y laisser un message peut-être aussi important en regard de l'éternité que mes traits de plume sur du papier périssable. »

 

Dosette de lecture n°181 : John Steinbeck : « Voyage avec Charley », l’Amérique à la trace.

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Une version en anglais dans Le Phare de Ré à propos du Lit Mac Arthur

Publié le par Eric Bertrand

Pour le voyageur qui se trouve dans la région montagneuse des Trossachs, au nord-ouest de Glasgow, se succèdent, dans le panorama de ces petites routes, qui vont du Loch Lomond à Inveraray, et d’Inveraray à Oban, deux châteaux qui attirent son attention : la propriété du clan Campbell, le majestueux domaine d’Inveraray, au bord du loch Fyne et puis « la ruine romantique » de Kilchurn au bord du loch Awe.

Ces deux châteaux sont reliés par l’Histoire et la légende et c’est d’ailleurs le propos de mon dernier livre qui permet au visiteur d’approfondir le lien profond du lit Mac Arthur - qu’on peut observer à l’étage – avec le cœur de cette région de lacs, de forêts et de montagnes où les clans se sont affrontés jadis…

Pour cette raison, Le Lit Mac Arthur offre au lecteur l’occasion d’une belle réflexion sur l’Histoire tragique de ce cœur de l’Écosse où les fantômes ne sont pas rares ; il donne également au visiteur de passage à Inveraray Castle de nouvelles pistes pour compléter, dans l’imaginaire, les informations que lui ont fournies les guides.

De fait, cet article paru hier dans Le Phare de Ré, est aussi proposé en langue anglaise, sachant toutefois que la novella n’est écrite qu’en français !  

Une version en anglais dans Le Phare de Ré à propos du Lit Mac Arthur
Inveraray castle; Kilchurn castle; Ecosse; histoire de fantômes

Inveraray castle; Kilchurn castle; Ecosse; histoire de fantômes

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Juke-box n°15 : Mylène Farmer : « Désenchantée », la confession d’une enfant du siècle...

Publié le par Eric Bertrand

Corbeaux, lunes, moines pénitents, silhouette d’Edgar Poe, de Baudelaire, de Virginia « dans les rues de Londres », clips sombres où rôdent les spectres et les créatures tout droit sorties d'un tableau de Friedrich et révolte désespérée … Depuis ses débuts, Mylène embarque « les enfants du siècle » dans des aventures d'un romantisme échevelé que n'auraient renié ni Musset, ni George Sand, et quand elle chante la génération désenchantée, cette Tristana (qui est aussi, « sans contrefaçon, un garçon ») et qui vit dans sa « bulle de chagrin » exprime à la fois son « mal de vivre » et son spleen quand « le ciel est trop lourd et que maman a tort » ...

Cela sort comme un cri de détresse, « ainsi soit je, j'ai la Melancholia, je t’aime mélancolie... Comme au lendemain de la Révolution française, juste après la période de l'Empire, quand le monde semble ne devoir jamais changer, quand « il faut que tout change pour que rien ne change » et que « tout est ko, abîmé » ... Mylène se sent désenchantée, et pour cela, comme le « voyageur contemplant une mer de nuages », elle voudrait qu'on lui « dessine un mouton » car « le monde est triste sans imagination »

 

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