Les romans d’exil de Hugo sont marqués par la présence de l’océan et du chaos… De ce chaos émergent des « monstres », dont le personnage principal de l’hallucinant « Homme qui rit », Gwynplaine qui a fait trembler le jeune Rimbaud, lecteur ivre et « voyant ».
Mais qu’est-ce au juste qu’un monstre et quelle cicatrice « celui qui vient du gouffre » porte-t-il en sa chair ? C’est tout le sens de cette trajectoire qui va du rivage de Portland par une nuit de tempête au « chaos vaincu », titre du spectacle que propose le saltimbanque Ursus. Tiré par un loup, sa cahute initiatique, la « green-box » va de village en village et essaie d’amener le rire et la distraction à ceux qui auraient plutôt envie de pleurer…
Comment retrouver le contact avec le monde sauvage et la biodiversité ? Comment s’émerveiller devant le spectacle de la nature et cultiver la joie du regard et de l’engagement ? Ce roman montre avec poésie et lyrisme la manière dont l’homme peut essayer de capter les messages que lui envoie son environnement et de percevoir « les profondeurs magiques de la maison du monde. »
Salon du Livre de l'Houmeau, demain dimanche 19 février. Je vous y attends dans la compagnie d'écrivains et d'illustrateurs divers. C'est entre 10 et 18 h 00. L'occasion de parler de littérature et de vie...
Kafka est l’écrivain du cauchemar. Il excelle à inventer ou à décrire des situations qui donnent le frisson, d’autant qu’elles font hélas écho à notre modernité. Moins connu que « la métamorphose » ou « le Procès », il y a cette nouvelle hallucinante dans laquelle il examine par métaphore le processus de répression de masse par un pouvoir fort.
Comment justifier la programmation du crime et de la barbarie ? Dans « la Colonie pénitentiaire », c’est « un officier » qui explique au narrateur le fonctionnement d’une machine destinée à « corriger la faute » commise par tout condamné… Le malheureux qui enfreint les règles de l’État, qui s’oppose à la ligne du Parti, qui ose dire non et s’indigner devient la victime désignée de cet engin redoutable, la herse, dont le mécanisme permet d’inscrire en quelques heures dans la chair de la victime la marque de son « crime »…
En ce jour particulier de St Valentin, le succès rencontré par « le Joueur d’échecs » et par Zweig m’amène à évoquer un deuxième aspect de son œuvre à travers la nouvelle intitulée « Amok ».
Qu’est-ce que « l’amok » et quel effet dévastateur produit-il sur les organismes ? L’amok est une passion ravageuse qui s’empare du personnage principal comme une mauvaise maladie et qui fait de lui un meurtrier. Mais cette passion complexe et trouble se retrouve dans d’autres nouvelles où elle est à la fois délicieuse et dérangeante. Elle creuse aussi bien la chair des hommes que celle des femmes, elle les déséquilibre et les fait basculer vers un autre pôle d’eux-mêmes, sidérant et magnétique.
L’écrivain autrichien, chirurgien de l’âme humaine, admirateur de Freud et des forces de l’inconscient n’a cessé de puiser dans cette matière vivante qui sourd sous le vernis des principes et de la morale imposée par l’éducation et les normes sociales : comme il l’écrit dans « Amok », de sa plume scalpel il examine « les caveaux, les cavernes profondes et les cloaques du cœur où s’agitent les bêtes dangereuses et véritables de la passion. »
Littérature, écriture et voyage. Comment la lecture et le voyage nourrissent-ils la pensée et suscitent-ils, en même temps que le plaisir, la curiosité, l'écriture ?
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