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Maupassant : Pierre et Jean : (Dosette de lecture n°61)

Publié le par Eric Bertrand

        Il y a dans les familles des secrets qu’on enfouit  et qu’on refoule derrière le masque faussement chatoyant des apparences. Jusqu’au moment de la crise et des tourments qui viennent bouleverser les êtres lorsque le passé resurgit.

Maupassant, spécialiste de l’âme humaine, opère une véritable analyse psychanalytique dans Pierre et Jean. On y observe un « médecin » qui accouche sa patiente du mal profond qui l’habite… Ce « médecin », c’est Pierre, le fils cadet, et sa « patiente », c’est sa mère, la respectable Mme Roland. Au fil des années, elle a « oublié » la blessure de jeunesse qui lui revient brutalement et qui la torture…   

 

Maupassant : Pierre et Jean : (Dosette de lecture n°61)

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Gaufre et livre : même format, autre goût

Publié le par Eric Bertrand

Signer est un moment précieux de rencontre avec les lecteurs, mais la démarche ne va pas de soi et les circonstances influencent aussi les échanges surtout quand, en une après-midi ensoleillée comme c’est le cas aujourd’hui, le stand que m’a préparé le libraire fait face à celui d’un marchand de gaufres.

De l’autre côté de la rue, l’établissement n’a rien d’une baraque à frites. Il offre, sur un autre pan, côté mer, une bibliothèque de parfums de glace (qui parlent toutes les langues) et se prolonge sur le rayon gaufres, dirigé par un vigoureux bataillon de serveurs en chemise blanche. Je suis debout, un peu débraillé et presque oisif, ligoté sur mes deux mètres carrés, devant une petite table en bois pliante.

De leur côté, ils « cassent la baraque » : il y a du sucre qui vole et de belles couleurs mordorées et chaudes, des pages de pâte craquante, des feuilles ampoulées de sucre-glace et de chocolat pour des bouches gourmandes qui ont déjà, pour certaines, tâté du cornet de glace et qui s’en lèchent encore les moustaches. Plaisir fugitif.

De mon côté, les couvertures glacées font moins saliver et les livres frileux que le courant d’air écorne couvent en eux une chantilly secrète qui ne demande qu’à monter à condition de bien vouloir tourner les pages, de penser à aérer les lignes, à battre les mots et de savoir déguster, au fil de longues heures, cette saveur particulière de l’ouvrage dont la pâte à longuement mûri sur un bureau en fût de chêne.

Gaufre et livre : même format, autre goût

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Maupassant : Une Vie : (Dosette de lecture n°60)

Publié le par Eric Bertrand

         La femme est un sujet central dans les romans et notamment dans ceux du XIX° siècle dans lesquels elle apparaît la plupart du temps comme la victime de la convoitise et de la fausseté des hommes. Ce traitement lamentable est celui que réserve le romancier Maupassant à son héroïne d’Une Vie, Jeanne du Perthuis.

          Chez ce chroniqueur et conteur impitoyable, lecteur du philosophe pessimiste Schopenhauer, les femmes n’existent aux yeux des hommes que pour assurer le cycle de la reproduction. Aux mâles trompeurs, superficiels et égoïstes de bien savoir s’y prendre, avec l’aide du printemps, pour donner le vertige à la jeune fille nubile.

Et le reste de la vie de celle qui est soudain devenue femme n’est plus qu’un long tourment.

 

 

 

Maupassant : Une Vie : (Dosette de lecture n°60)

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Maupassant : Bel-Ami : (Dosette de lecture n°59)

Publié le par Eric Bertrand

Comment se hisser en haut de la société parisienne sous Napoléon III quand on est beau garçon et suffisamment mufle pour écraser tous les principes et se servir des femmes « comme des chevaux de relais » (l’expression est de Balzac) ?

Pour Georges Duroy, fils de paysans normands, la tentation est grande et les occasions ne manquent pas de gravir les échelons. Tout n’est plus qu’affaire de politique et d’ambition personnelle, et en cela aussi, le roman est diablement moderne.

 

Maupassant : Bel-Ami : (Dosette de lecture n°59)

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Céline : « Voyage au bout de la nuit ». (Dosette de lecture n°58)

Publié le par Eric Bertrand

      Dans quel état un personnage revient-il à la vie civile après avoir été confronté à ce que Voltaire appelait « Boucherie héroïque » ? L’époque a changé et Bardamu, antihéros du Voyage au bout de la nuit n’est pas un Candide, mais la guerre de 14 n’est qu’un premier jalon dans son cheminement ou plutôt son errance vers « ce bout de lumière qui finit dans la nuit »…

En effet, plus rien n’a de sens pour ce rescapé qui constate par exemple, parmi d’autres naufrages, que « l’amour, c’est l’infini mis à portée des caniches ». Chacune de ses observations sont cinglantes et fait entendre la voix d’un écorché vif qui s’allume à la façon « d’un vieux réverbère à souvenirs au coin d’une rue où il ne passe déjà presque plus personne ». Mais que le lecteur se rassure : c’est l’électricité de la langue de Céline qui balance toute sa lumière…

Céline : « Voyage au bout de la nuit ». (Dosette de lecture n°58)

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