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« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°29). Baudelaire, champion de surf

Publié le par Eric Bertrand

Le surfeur est un poète qui balance sa planche comme une plume dans l’encrier du flot. « Homme libre, toujours tu chériras la mer ». La page, elle non plus, n’est jamais blanche, oscillant entre écume et crête, toujours imprévisible, toujours recommencée. De la même façon, Baudelaire est un de ces poètes qu’il faut suivre « dans le déroulement infini de sa lame ». Beach Boy on a riding surf...

            Qu’on relise seulement « Parfum exotique », « la Vie antérieure », « l’albatros », « la chevelure » ou « l’homme et la mer »... on y prendra peut-être le plaisir qu’on trouve à contempler les figures d’un surfeur en équilibre qui s’amuse des hasards du flot. 

            Baudelaire trouve sa correspondance dans la figure du surfeur. « Nageur qui se pâme dans l’onde », dans les « lames », les « houles », le mouvement de la poésie, le balancement du vers, il entraîne le lecteur dans son sillage...

            Mais avant l’ascension vers la crête, avant le branle, il y a eu chez lui, comme pour le surfeur sous l’emprise du manque, l’attente intense et le guet du rouleau. Et tout à coup, le voilà qui décolle...

            Baudelaire est le poète de la captation du mouvement. Chez lui, tout passe par la plante du pied, cette racine de la sensation ! La chaleur d’un corps, l’odeur d’un sein, le mouvement d’une chevelure aimée imprime définitivement en lui la cadence du poème. Alors, il s’en va, alors il épouse cette ascension vertigineuse au cœur des lames.

« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°29).  Baudelaire, champion de surf

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« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°28) Henri Troyat : « Baudelaire »

Publié le par Eric Bertrand

Ce poète magicien des « Fleurs du mal », c’est celui qui a perdu à 8 ans ce père dont il était si proche, prêtre dandy défroqué âgé de 60 ans, celui qui a fait de sa jeune mère de 20 ans une idole au point de ne vouloir fréquenter que des « prostituées laides », celui que son beau-père exécré, le général Aupick, a envoyé de force aux Indes et qui n’a eu qu’une idée en tête, rentrer à Paris pour retrouver les jupons de sa mère, celui qui, usé de syphilis et d’opium, finira sa vie en Belgique  où il ne sera plus capable que d’articuler une seule expression : « Cré nom ! »

C’est pourtant « le poète impeccable », le nageur « qui s’est pâmé dans l’onde », le poète qui a métamorphosé la charogne en or et qui a trouvé dans le voyage et les ressources de son esprit, l’élan de l’albatros.

« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°28) Henri Troyat : « Baudelaire »

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« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°27) Stéphane Carlier : « Clara lit Proust »

Publié le par Eric Bertrand

Les premiers salons de coiffure dans lesquels m’amenait ma grand-mère sentaient la brillantine : je revois l’image d’un toréador pailleté sur le flacon, avec son visage de Tino Rossi, j’entends la chanson « Marinella, reste encore dans mes bras… » que chantait ma grand-mère dans sa petite cuisine de l’appartement située sur l’avenue du XX° Corps américain, à Montigny les Metz… C’est cette odeur si particulière de la brillantine qui a, tout autant que la madeleine, le pouvoir de ressusciter un peu de temps perdu.

Dans le roman « Clara lit Proust » c’est justement dans un modeste salon de coiffure de la ville de Chalon que le lecteur fait la connaissance de Clara et des autres figures pittoresques qui circulent dans ce périmètre où règnent le sèche-cheveux et la cisaille. Rien a priori qui puisse laisser la place à une quelconque mise en plis proustienne dans ce « salon Verdurin » de quartier où l’on trouve que Proust, c’est rasoir !

Clara  est une bonne coiffeuse et pour elle comme pour Stéphane Carlier qui connaît bien son Proust et la permanente beauté de son oeuvre, il suffit d’une bonne coupe pour révéler l’épaisseur et la souplesse du cheveu.

 

« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°27)  Stéphane Carlier : « Clara lit Proust »

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« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°26) Zola : « les Coquillages de Monsieur Chabre »

Publié le par Eric Bertrand

L’histoire pourrait se dérouler sur les rivages de l’île de Ré, de l’île d’Oléron ou de Marennes… Zola la situe en Bretagne du côté d’un endroit qu’il a lui-même fréquenté, Piriac sur mer. Il y vante les vertus des coquillages…

Pour favoriser la fertilité de l’épouse de Monsieur Chabre qui ne parvient pas à s’assurer un héritier, le médecin prescrit au couple une cure d’huitres, palourdes et autres crustacés dans cette station balnéaire. Mais les tentations ne sont pas que gastronomiques et l'ami Maupassant de son côté, avec son ironie grinçante, « dresse la table » pour une autre « Partie de campagne »…

 

« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°26)  Zola : « les Coquillages de Monsieur Chabre »
« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°26)  Zola : « les Coquillages de Monsieur Chabre »

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Critique de "Dévalisée" par Francis Lepioufle

Publié le par Eric Bertrand

La petite valise de carton, celle d’Eric Bertrand, celle qui a fait parler d’elle chez un maroquinier de La Rochelle il y a quelques années, a fait peau neuve. Depuis ce temps, elle a continué son affirmation, elle a développé sa conscience et parle encore. Elle renaît sous des couleurs chaudes de cuir plissé et de papier jauni au fil des jours de voyage. 

 Que dit-elle donc, cette valise qui regarde autour d’elle, qui analyse les situations, qui part encore et encore en voyage ?

 Elle scrute  l’âme humaine dans ses qualités et ses faiblesses. De son pays adoré, l’Ecosse,  elle parle avec amour de ses Highlands ;  elle essaie avec talent de comprendre son Histoire, ses sanguinaires conflits entre les camps Campbell et les Mac Donald.

Ce n’est pas tout souvenez-vous en ! L’auteur réussit dans cet ouvrage  un tour de force extraordinaire : valises, valisettes, sacs à dos, conversent à qui mieux mieux et délivrent leurs joies, leurs peines comme des être animés, de véritables humains.

Une nouvelle maison d’éditions a sans doute remarqué l’aspect gouleyant de l’histoire et  vient d’en redonner forme, ce n’est pas étonnant. Hello Editions a certainement été séduite par le contenu mais aussi par le style sautillant, alerte mais très limpide de l’auteur.

La couverture prend l’aspect du cuir usagé, plein d’expériences. Posée sur une plage, la valise a le sel du voyage, la couleur des rêves, la lumière de la conscience.

Elle a du chien cette valise qui a connu le monde. Elle est prête à vous transporter dans ses histoires vécues et à vous emmener bien loin dans ce conte philosophique.

 Ce nouvel ouvrage saura sous ce nouveau cuir plaire à beaucoup de lecteurs, à n’en pas douter !

Critique de "Dévalisée" par Francis Lepioufle

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