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« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°35). Stephan Zweig : « Amok »

Publié le par Eric Bertrand

En ce jour particulier de St Valentin, le succès rencontré par « le Joueur d’échecs » et par Zweig m’amène à évoquer un deuxième aspect de son œuvre à travers la nouvelle intitulée « Amok ».

Qu’est-ce que « l’amok » et quel effet dévastateur produit-il sur les organismes ? L’amok est une passion ravageuse qui s’empare du personnage principal comme une mauvaise maladie et qui fait de lui un meurtrier. Mais cette passion complexe et trouble se retrouve dans d’autres nouvelles où elle est à la fois délicieuse et dérangeante. Elle creuse aussi bien la chair des hommes que celle des femmes, elle les déséquilibre et les fait basculer vers un autre pôle d’eux-mêmes, sidérant et magnétique.

L’écrivain autrichien, chirurgien de l’âme humaine, admirateur de Freud et des forces de l’inconscient n’a cessé de puiser dans cette matière vivante qui sourd sous le vernis des principes et de la morale imposée par l’éducation et les normes sociales : comme il l’écrit dans « Amok », de sa plume scalpel il examine « les caveaux, les cavernes profondes et les cloaques du cœur où s’agitent les bêtes dangereuses et véritables de la passion. »  

« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°35). Stephan Zweig : « Amok »

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« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°34). Stephan Zweig : « Le Joueur d’échecs »

Publié le par Eric Bertrand

Quelle partie l’intelligence, la finesse, la mémoire peuvent-elles bien jouer contre la force brutale et aveugle d’un rouleau compresseur ? Cette question est à la base de la nouvelle de Zweig qui oppose sur un paquebot deux joueurs d’échecs usant chacun d’une « stratégie » bien particulière. L’un d’eux est le champion du monde russe, Czentovic, et l’autre un ancien détenu de la Gestapo qui a un jour, pendant sa captivité, pu dérober dans la poche d’un officier SS un manuel d’échecs dont il a, pour occuper son esprit, appris par cœur toutes les parties.

            Sur ce paquebot qui « roule sur les gouffres amers » se joue par métaphore, sous les yeux des autres passagers de cette « branloire perenne » une autre bataille qui prend en ce moment une étrange résonance…

« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°34). Stephan Zweig : « Le Joueur d’échecs »

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« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°33). Olivier Rolin : « Le Météorologue ».

Publié le par Eric Bertrand

Comment Staline a-t-il traité ces intellectuels dévoués qui, avec ferveur, étaient prêts  à participer à la construction de « l’âge socialiste » » et à la victoire du prolétariat ? C’est la question que se pose avec sa causticité habituelle le romancier Olivier Rolin.

Son personnage de météorologue, Alexeï Féodossievitch Vangengheim, a bien existé et, dans les années 30, il conçoit le projet immense de prendre le pouls de la géante Russie et de lui appliquer sur le poil une immense toile de prévision météorologique… Mais attention ! Il faut pour le régime que son action ait un intérêt économique mesurable à la qualité et à la quantité des récoltes : au bout de la toile, l’Araignée veille et tisse un réseau de suspicions contre toute petite bête trop ailée ou zélée.

Comme le signale Rolin qui annonce d’emblée le destin tragique de son héros : « la chose se fait en douce », un peu à la manière du livre tout entier. Il y a en effet une dimension shakespearienne dans ce récit. Pas de pitié pour le météorologue, originaire d’Ukraine. « Voici venu l’hiver du mécontentement… » Accusé de « sabotage », il est envoyé dans l’archipel des Solovski proche du cercle arctique, dans un camp de  « rééducation par le travail » où se prépare « le printemps des nations ». Et c’est « une histoire racontée par un idiot » dont le romancier suit alors l’absurde et effrayante logique.

« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°33). Olivier Rolin : « Le Météorologue ».

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« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°32). Jim Harrison : « Légendes d’automne »

Publié le par Eric Bertrand

Il y a dans les nouvelles de Jim Harrison cette « sauvagerie » des grands espaces qui renvoie notamment à l’État du Montana auquel il était tant attaché. La présence du « wild » si cher à Jack London habite le moindre de ses récits. Vautours, coyotes, grands cerfs, grizzlis y ont autant leur place que les hommes qui tâchent de respirer à la même hauteur tandis que la folie du monde menace de les rattraper.

            C’est le cas des trois fils du colonel Ludlow, personnage principal de la nouvelle « Légendes d’automne ». Au début de la guerre de 14, Tristan, Alfred et Samuel partent se battre en Europe. Le père, raide et intransigeant sous sa peau de bison, choisit de fulminer contre l’hypocrisie des chefs et la corruption des politiques. En compagnie du vieil Indien Un Coup dont il épouse la culture, il bougonne dans son ranch et contemple ses montagnes.

Ce personnage de vieux soldat, si proche de Jim Harrison, est merveilleusement incarné par Anthony Hopkins dans le film d’Edward Zwick, qui offre une version très fidèle du récit original… https://youtu.be/RGBwQPauXEs

 

« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°32).  Jim Harrison : « Légendes d’automne »

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« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°31). John Steinbeck : « Lune noire »

Publié le par Eric Bertrand

On connaît Steinbeck pour ses « Raisins de la colère » et sa grande fresque américaine des années 30. Steinbeck est un écrivain de la route, de l’aventure « cabossée », celui qui, à la fin de sa vie, part avec son chien Charley dans un van pour « sentir » l’Amérique profonde : « Voyage avec Charley. » On connaît moins le Steinbeck qui s’interroge sur les conditions d’installation de l’envahisseur nazi dans un pays riche de sa propre culture : la Norvège.

C’est le sujet de son roman « Lune noire » qui émet, en ces temps agités, une étrange lueur. Il donne à réfléchir, à travers des personnages contrastés, sur la résistance ou la capitulation, la violence ou l’affadissement, la liberté ou « le papier tue-mouches ». Comme le dit l’un des personnages à la fin du roman : « les hommes libres ne déclenchent pas la guerre, mais lorsqu’elle est déclenchée, ils peuvent se battre jusqu’à la victoire ».

 

« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°31).  John Steinbeck : « Lune noire »

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