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Dans l’atelier d’un livre, épisode 15 : le livre comme base de communication

Publié le par Eric Bertrand

« Un jour, j’avais quatre ans et je savais lire, je ne sais pas comment » m’a confié une lectrice. Cette soudaine révélation rend compte d’une opération de magie du cerveau, capable d’aller au-devant du langage et de la pensée comme s’il devinait à l’avance une potentielle récompense. Il semble que, par instinct, le cerveau va vers ce qui peut le satisfaire, lui apporter du bien-être et même, pour utiliser un terme à la mode, l’augmenter. J’ai eu, à cinq ou six ans pour ma part, la même impression que cette lectrice et je me revois encore déclarer fièrement sous les yeux de ma mère qui ne me croyait pas : « Depuis ce matin, je sais lire ! »

Le livre est prêt à nous nourrir toute notre vie à condition qu’on sache aussi se nourrir de lui, sans quoi il erre à la façon d’un spectre de bibliothèque, farfadet perdu dans un vaste champ de ruines. Il est, comme l’écrit le romancier Michel Tournier : « un vampire sec » en mal du sang d’un lecteur. L’écrivain autiste Josef Schovanec témoigne à ce sujet de l’importance qu’ont eue les livres dans sa formation : « J’ai appris le langage par la lecture et l’écriture ».

Sitôt qu’on prend le goût de lire, il faut le transmettre. Dans nos grandes villes de plus en plus éclaboussées de lumières artificielles, de klaxons et de bêtise, il faut faire circuler les feux follets et ménager ces espaces de silence et de recueillement où l’esprit peut encore s’allumer.  Les lecteurs, les professeurs, les libraires, à condition qu’ils soient inspirés, connaissent l’art de libérer un texte et de lui donner une chair et une voix. Alors le livre cesse d’être un ectoplasme, une momie casée à l’intérieur d’un meuble, un objet ratatiné, un produit commercial doté d’un code barre ; il se met à respirer, à palpiter et on a envie de le prendre dans ses mains, de le caresser pour en extraire le malin génie : c’est ce que me fait remarquer, sous forme de boutade, l’une des lectrices qui vante les mérites du concept de « librairie Chat pitre » : je vous invite à la découvrir via le lien suivant : https://youtu.be/D5Hmp15onfk?si=S_TmLbxod_cmpqhw

Quoi qu’il en soit, avec ou sans ronron, derrière une vitrine ou au-devant d’une boite à livres, quand il a trouvé son âme-sœur, le livre est assez vigoureux pour exister et pour aider le lecteur à résister aux menaces de la standardisation et de l’autodafé, aux dangers de l’IA qui voudrait lui enlever sa chair pour la jeter toute crue au brasier de l’amnésie et des totalitarismes. Une lectrice qui connaît mon goût pour la ville de Rome le dit très bien : « L'intelligence artificielle ne pourra jamais comprendre ce que tu ressens lorsque tu es assis sur une terrasse de Trastevere en train de prendre un verre et d'observer ce qui t'entoure, si tu ne lui dis pas... » Sur ces bonnes paroles, je vous invite à vous rendre à la terrasse d’un café, dans l’un de vos lieux favoris, et à ouvrir le livre de votre choix.

La semaine prochaine, nous nous acheminons vers la fin de cette expérience qui accompagnait la naissance de mon livre.

 

Dans l’atelier d’un livre, épisode 15 : le livre comme base de communication

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Sortie officielle de "Lire ou pâlir à sa vue"

Publié le par Eric Bertrand

Après tous les méandres de la création, les multiples relectures, il sort enfin aujourd'hui et vous le trouvez ou le commandez chez votre libraire préféré.

En attendant, découvrez l'avis de l'éditeur sur ce communiqué de presse.

Intelligence artificielle ; lecture ; dystopie ; amour

Intelligence artificielle ; lecture ; dystopie ; amour

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Un premier article au sujet de "Lire ou pâlir à sa vue"

Publié le par Eric Bertrand

Cette semaine dans le Phare de Ré, journal hebdomadaire de l'île de Ré, un article qui accompagne la publication ce vendredi 21 février chez Hello Edition d'un livre qui a mis du temps à germer puisque les premières bases sont en 2022...

 

Un premier article au sujet de "Lire ou pâlir à sa vue"

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Dosette de lecture n°145 : Franck Pavloff : "Matin brun" ou matin américain ?

Publié le par Eric Bertrand

Le soleil se lève-t-il de la même façon tous les matins, et le ciel prend-il toujours la même couleur ? Lorsqu’en 1998 l’auteur Franck Pavloff choisit de donner à son petit récit de quelques pages le titre de « Matin brun », il examine de façon métaphorique la fin d’un lent processus qui a produit un changement radical de couleur et d’orientation au sein de la société.

Dans ce monde où les livres viennent d’être interdits parce qu’ils n’associent pas l’adjectif « brun » aux mots « chat » et « chien », du jour au lendemain, il est interdit de posséder des animaux domestiques qui ne soient pas bruns au risque d’être emmené par « les Bruns ». De la même façon, les autorités imposent une seule radio, « Radio brune » et un seul journal, les « Nouvelles brunes ». Et le narrateur se demande où cela va finir car la radio vient de lancer un nouveau communiqué : « Avoir eu un chien ou un chat non conforme, à quelque époque que ce soit, est un délit. Injure à l’État national. »

On pourrait ainsi, imaginer la suite : chasser tous les agents de l’État qui ne pensent pas brun, obliger les pays d’Europe à voter brun, exploiter le sol ukrainien pour en tirer de l’or brun et remplacer les ruines de Gaza par de belles villas et de grandes étendues de sable brun…  

 

Dosette de lecture n°145 : Franck Pavloff : "Matin brun" ou matin américain ?

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Dans l’atelier d’un livre, épisode 14 : confidences de lecture (3/3)

Publié le par Eric Bertrand

Alors que "Lire et pâlir à sa vue" commence à arriver chez celles et ceux qui l’ont déjà commandé et qu'un premier article relatif à sa publication est programmé prochainement, voici le dernier volet de cette série de trois consacrée aux « confidences » que les lecteurs et lectrices ont eu la délicatesse de me fournir. L’une d’entre elles se revoit enfant, auprès du feu, attachée à son livre et incapable de lâcher prise, au point de chercher à se claquemurer entre la page du début et la page de fin et refusant obstinément les invitations de ses amies à venir jouer, ou plus tard, à aller danser. D’autres d’ailleurs se souviennent aussi de leur enfance et de leur adolescence et évoquent avec mélancolie la présence obsédante de ce compagnon d’intimité qui leur permettait sans faire de bruit, de transgresser la Loi, car on leur disait toujours que « lire, c’était perdre son temps », c’était aussi ne rien produire de concret, se bercer d’illusions ou verser dans des pensées vicieuses. Comme disait ma grand-mère : « lâche donc ce livre, ça va finir par te donner des idées… »

En t’enfermant dans un livre, tu peux rendre jaloux les autres. Qu’est-ce qui vaut le mieux ? Une sortie en boite ? Une rencontre sur Meetic ? Une série Netflix ? Ou alors un bon livre qui ne te décevra pas ? Une lectrice se souvient : « Douce fébrilité quand j’étais gamine devant je ne sais plus quelle série télévisée et qui me prenait encore plus fort quand un livre me happait et qu’il me fallait cependant le refermer dans l’attente délicieuse d’y revenir. »

         Et comment résister ? La lecture offre un moment de grâce et d’oubli qui reste ancré (et encrée) au cœur à la façon de l’un de ces souvenirs miraculeux qui jalonnent l’existence : « Le plaisir de l'interdit, le délice des couvertures et des mots cachés et découverts sous la lampe de poche… Rien ne pourra changer ce que j'ai vécu avec la lecture dans ces moments-là et je recherche souvent ces instants de plénitude. » La lecture transporte. Elle amène loin et fait vivre à peu de frais, des aventures que le monde réel ne peut offrir. « Je ne suis plus la fade personne que je suis dans la "vraie vie" mais une héroïne qui n'a peur de rien ou une pauvre âme sur laquelle tous les malheurs s'abattent mais je "vis" une vie parallèle et deviens une autre. » 

Tout cela peut tout simplement avoir lieu au fond de son lit « avant de s’endormir, comme toutes celles et ceux qu’on appelle librocubicularistes » ou sur le siège d’un train qu’on attend impatiemment de prendre le matin ou le soir ; alors, les paysages et les visages se mettent à défiler, les poteaux télégraphiques et les lignes sur la buée des vitres : « Lorsque je travaillais, je me réjouissais de prendre et de reprendre inlassablement le train. » Mais avec le livre, il n’y a jamais de terminus. Car l’un des plaisirs de lecteur, c’est aussi celui de pouvoir partager et de léguer aux autres les mots et les histoires. À deux semaines de la dernière édition des nuits de la lecture, plusieurs lecteurs confient le plaisir ressenti à faire entendre des textes ou à lire des histoires, et notamment aux enfants : « Moment de partage magique grâce à la capacité qu’ils ont à s’émerveiller, à vivre pleinement l’histoire, à laisser leur imaginaire les emporter ». Une lectrice se souvient d’un oncle qui lisait à voix haute auprès du feu et qui, par ses mimiques, la troublait et la faisait rire parce qu’il était comme possédé par les fantômes du récit.

Je reviens sur cette dimension du livre comme outil merveilleux de communication la semaine prochaine.  Et pour celles et ceux qui souhaitent commander « Lire et pâlir à sa vue », passez par ce lien et bénéficiez d’une réduction jusqu’au 21 février en tapant le code PALIR5 : https://www.helloeditions.fr/product/lire-ou-palir-a-sa-vue/

 

Dans l’atelier d’un livre, épisode 14 : confidences de lecture (3/3)

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