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« Lire ou pâlir à sa vue » enfin disponible !

Publié le par Eric Bertrand

            Je le mijotais depuis quelques années, et l’aborde en ce moment chaque semaine dans la rubrique « Dans l’atelier du livre ». Il est enfin disponible en précommande chez l’éditeur qui vous l’expédiera avant la publication officielle le 21 février prochain. Toutes les indications sont disponibles sur le lien suivant :

https://www.helloeditions.fr/product/lire-ou-palir-a-sa-vue/

En utilisant le code promo suivant : PALIR5 vous aurez droit à une remise valable jusqu'au 21 février prochain.


            N’hésitez pas, vous trouverez dans ce roman une réflexion sur la lecture, sur le monde d’aujourd’hui et les dangers de l’utilisation de l’intelligence artificielle mais aussi un roman d’amour ; il touche à la fois un public adolescent qui se reconnaitra dans ses trois héroïnes et un public de lecteurs avertis habitués à la fréquentation de romanciers aussi divers que Kundera, Jack London ou Flaubert.

 

« Lire ou pâlir à sa vue » enfin disponible !

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Dosette de lecture n°142 : Jean Echenoz : « 14 », « Foutre le camp » des Ardennes

Publié le par Eric Bertrand

               Comment, après l’ordre de mobilisation, un jeune homme se retrouve-t-il confronté à la réalité de la guerre ? C’est le cas d’Anthime, qui abandonne son vélo et part presque aussitôt pour les Ardennes, sous le commandement d’un gradé qui affirme par exemple que : « Si quelques hommes meurent à la guerre, c’est faute d’hygiène. Car ce ne sont pas les balles qui tuent, c’est la malpropreté qui est fatale et qu’il vous faut combattre. » Il s’en va loin de son village natal en compagnie de quelques autres, dont son frère Guillaume qui laisse derrière lui son épouse
               Sur le mode de la découverte, l’auteur suit cinq hommes sur le front et une femme qui ignore tout de la tuerie. Et la « découverte » s’avère de plus en plus rude et impitoyable au point que chacun n’a plus qu’une envie, « foutre le camp » : « Or, on ne quitte pas la guerre comme ça. La situation est simple, on est coincés : les ennemis devant vous, les rats et les poux avec vous et, derrière vous, les gendarmes. »

 

 

Dosette de lecture n°142 : Jean Echenoz : « 14 », « Foutre le camp » des Ardennes

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Dans l’atelier d’un livre, épisode 11 : retour sur vos « îles désertes »

Publié le par Eric Bertrand

               Comme annoncé, je vous présente les titres des romans choisis par les lecteurs après avoir enfin réussi à trancher car la question était très difficile, j’en conviens. Le livre qui s’imposerait dans une telle situation ne vient pas forcément à l’esprit ; l’une d’entre vous va jusqu’à imaginer un ouvrage idéal, qui comblerait sa nouvelle vie dans cette île utopique et qui répondrait tour à tour à ses attentes et à ses élans. Quel beau compagnon !
                Mais revenons aux livres réels : je me bornerai à énumérer les titres en même temps que la justification que vous m’avez fournie mais sous la forme la plus réduite possible afin de laisser les horizons ouverts.
-    La Bible : mystère et conseils de vie
-    Honoré de Balzac : « Le Lys dans la vallée » : évasion et douceur.
-    Honoré de Balzac : « Eugénie Grandet » : avec un sentiment d’interdit, retrouver en cachette les rêveries d’Eugénie et se cacher du père Grandet avec sa lampe de poche sous la couverture
-    Guy de Maupassant : « Contes » : la condition féminine, la campagne, les mentalités et les petites mesquineries.
-    Alexandre Dumas : « Le Comte de Monte Cristo » : le halètement de l’aventure et l’héroïsme du personnage.
-    Léon Tolstoï : « Anna Karénine » : les tourments d’une femme et un horizon de lecture enfin accessible grâce à des « longues plages » de temps libre !
-    George Orwell : « 1984 » : le miroir sidérant et effrayant de la réalité actuelle.
-    George Orwell : « La Ferme des animaux » : la soif du pouvoir et la réflexion sur les systèmes politiques.
-    Vladimir Nabokov : « Lolita » : la subtilité d’une démarche narrative qui amène le lecteur à considérer de près la figure d’un monstre.
-    Charlotte Brontë : Jane Eyre : l’évolution d’un personnage atypique et le romantisme d’une figure féminine atypique.
-    Thomas Hardy : « Tess d’Uberville » : l’époque victorienne, la condition féminine, l’appel des paysages de la campagne anglaise.
-    Albert Cohen : « Belle du Seigneur » : la difficulté de la relation amoureuse.
-    Yasmina Khadra : « Les Hirondelles de Kaboul » : l’obscurantisme et la situation des femmes.
-    Milan Kundera : « L’insoutenable Légèreté de l’être » : la complexité de la relation amoureuse et la place de l’idéologie dans un contexte politique donné.
-    Michel Tournier : « Vendredi ou la vie sauvage » : le décalage entre la vision de l’homme occidental et celle de l’indigène au contact de la nature.
-    Jean-Christophe Rufin : « Les Flammes de pierre » : la grandeur de la haute montagne et le rejet des artifices.
-    Élisabeth Gilbert : « L’Empreinte de toute chose » : la quête de la botanique qui ouvre aussi à la connaissance de toute chose, même des plus intimes.
-    Romain Gary : « La Promesse de l’aube » : l’amour infini d’une mère et le pouvoir de l’écrivain.
-    René Frégni : « Minuit dans la ville des songes » : la conquête de la liberté par la lecture et l’édification (dans le sable de la plage !) d’un rempart contre la bêtise et la barbarie.
-    Jacques Prévert : « Paroles » : la beauté dans la légèreté.
-    Philippe Delerm : « La Première gorgée de bière et autre plaisirs minuscules » : l’école des plaisirs simples et précieux, le goût des textes courts et faciles à savourer entre deux baignades dans l’île.

          Accueillons avec bonheur ces nouveaux « rescapés » qui arrivent avec nous sur l’île et qui nous ouvrent leur boite à outils. La semaine prochaine, je reviens sur d’autres aspects de ce que vous avez livré au fil de ces semaines. Déjà douze !

 

 

 

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Dosette de lecture n°141 : Ray Bradbury : « Les Chroniques martiennes ». Des forages et du fric en abondance dans le sol martien

Publié le par Eric Bertrand

        Au lendemain de l’élection de Trump flanqué de son cynique commandant de bord des fusées SpaceX, ces chroniques écrites par Bradbury en 1950 et publiées en France en 1954 chez Denoël ne reprennent-elles pas une sinistre actualité ?
        À travers l’évocation de la lente colonisation de la planète Mars, le lecteur découvrait comment les pionniers venus de la Terre imposaient peu à peu leurs normes aux Martiens désignés comme des indigènes incultes et sauvages qui n’avaient pas su valoriser leurs terres. Mais, en parallèle, Bradbury donnait à voir entre les lignes un peuple noble, raffiné et subtil et une civilisation à peine perceptible aux grossiers envahisseurs prêts à en découdre au moindre frisson. À un premier niveau, son livre était à lire comme une méditation sur la conquête de l’ouest et sur l’assujettissement du peuple indien.
        Mais en 2025, comment peut-on le relire ? Mars n’est plus la lointaine sœur jumelle peuplée de petits hommes verts malfaisants. Pressés de quitter une Terre en piteux état et menacée de l’explosion atomique, des équipages hétéroclites débarquent progressivement sur la planète rouge entre janvier 1999 et octobre 2026. Ils ne voient rien, ni les fragiles et élaborées habitations des Martiens (nettoyées « avec des poignées de poudre magnétique »), ni « les amphithéâtres de marbre », ni les « canaux de vin vert où se croisent des embarcations délicates comme des fleurs de bronze ».
        Ils se précipitent vers ce nouveau Groenland et sont, pour la plupart, animés des mêmes défauts que les hommes d’aujourd’hui : ils veulent surtout faire du fric, rouler en Tesla, forer le sol, éliminer les derniers étrangers, jouer du colt et de la carabine et tout écraser pour tout recommencer. Témoin par exemple ce Sam Parkhill de la chronique « La Morte saison » qui a eu l’idée d’installer en plein désert un comptoir de hot-dogs : sous les deux lunes de Mars, en serrant son épouse Elma contre lui, il se frotte les mains et s’apprête déjà à accueillir les expéditions à venir, d’autant qu’un Martien bien avisé vient de lui céder « un droit de propriété allant des montagnes d’argent aux collines bleues ». Et, comme pour fêter cette bonne fortune, dans le fond du ciel étoilé, la Terre offre soudain au couple énamouré un effrayant feu d’artifice…

 

Dosette de lecture n°141 : Ray Bradbury : « Les Chroniques martiennes ». Des forages et du fric en abondance dans le sol martien

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Dans l’atelier d’un livre, épisode 10 : un bateau livre, planche de salut dans la tempête ?

Publié le par Eric Bertrand

    Comme je l’ai indiqué la semaine dernière, le choix d’une seule œuvre n’était pas facile, mais j’ai joué le jeu et le titre de l’épisode pourrait vous induire en erreur et vous laisser croire que j’ai choisi Rimbaud ! Facile pour ceux qui me connaissent et qui ont lu « Over the Rimbaud ».
D’autres auraient parié sur un roman de Hugo du type « l’Homme qui rit » ou « Les Travailleurs de la mer ». Ou encore sur "1984" de Georges Orwell (qui joue son rôle dans "Lire et pâlir à sa vue") Ce ne seront ni les uns ni les autres.

     Parmi les ouvrages auxquels je fais référence dans mon roman, certes, ils trouvent leur place, mais « Martin Eden » de Jack London tient une place importante dans la construction de l’intrigue. Il me faut maintenant justifier ici pourquoi j’ai choisi ce titre plutôt qu’un autre. J’en rappelle rapidement le contenu pour celles et ceux qui ne connaitraient pas le roman et qui auraient envie de le découvrir.

     Un jeune marin inculte tombe amoureux de Ruth, une jeune fille de la haute bourgeoisie dont il a sauvé le frère. Elle n’appartient pas au même monde que lui, et pour la séduire, il se lance à la conquête du savoir, des livres et des auteurs et se met à écrire tout en continuant à s’échiner à survivre car la vie ne l’épargne pas.

     La trajectoire du héros est stupéfiante et rappelle étrangement celle de l'auteur. La force de sa volonté l’amène à progresser à pas de géants dans les milieux intellectuels. Il découvre la richesse des livres mais en même temps, il préserve sa nature simple et innocente, ce qui lui donne une force, une fraicheur et une lucidité particulières qui apportent beaucoup au lecteur. Chemin faisant, à la façon d’un Bel-Ami plus noble et authentique que le héros de Maupassant, il traverse tous les milieux, celui des pêcheurs d’huitres de la baie de San Francisco, celui du « Peuple d’en bas » où habitent sa sœur et son beau-frère chez qui il loge, celui de la haute bourgeoisie à laquelle appartient Ruth, celui de l’université où la médiocrité côtoie la fausse élégance et l’arrivisme… Il sillonne les rues, les routes, les mers, fréquente la pensée des auteurs, économistes, philosophes, poètes, romanciers, s’interroge sur leurs idées, les confronte à la réalité.
Et cette soif de savoir l’emmène toujours plus loin dans la voie de la sacralité de l’écriture. Dès les premiers récits qu’il envoie aux journaux dans l'espoir d'une publication, il entrevoit ce que la quête de la beauté et de la vérité peut apporter de plus aux histoires qu’il raconte. Il constate la corruption des éditeurs et déplore la médiocrité de leurs choix. "Martin Eden", c’est la quête insatiable de l’Art à laquelle un travailleur infatigable des mots et de la syntaxe peut aspirer à condition de s’y vouer corps et âme, au mépris des modes et des combines.
       La semaine prochaine, je reviens sur vos choix à vous et, pour les indécis, il est encore temps de me les envoyer.

 

 

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